Dans le livre IX de l’Énéide de Virgile, Serranus est le nom d'un adolescent rutule, célèbre pour la beauté de son visage, qui suit le roi Turnus dans la guerre contre les Troyens d'Énée.
Histoire
La guerre vient d'éclater, et Turnus charge 14 jeunes commandants de son armée au siège de la citadelle des Troyens : parmi eux, il y a Rémus, dont Serranus est l'un des 100 guerriers qui l'accompagnent. Arrive la nuit, et Serranus doit garder Rémus endormi dans sa tente : amant de la convivialité, l'adolescent essaie de rester éveillé en jouant aux dés, puis improvise avec quelques camarades un joyeux banquet, mais ils exagèrent avec le vin et s'endorment sur le sol, près du lit où leur seigneur est couché. Peu après, Nisus et Euryale, deux jeunes Troyens, font irruption dans le camp italique, tuant les guerriers qui dorment.
C'est Nisus qui pénètre dans la tente de Rémus, où surprend avec l'épée six ennemis endormis: dans l'ordre, l'écuyer de Remus, le cocher, Rémus, et un trio de ses guerriers, Lamyre, Lamus, Serranus. Le conducteur de char est le premier à mourir décapité, puis c'est le tour du seigneur. Virgile s'attarde sur la description de l'âme de Rémus qui s’échappe de son buste, sanglotant dans le sang, pendant que la tête roule dans la poussière ; enfin, le poète dit que Lamyre, Lamus et Serranus partagent ce sort.
Nisus laisse derrière soi la macabre séparation du tronc et de la belle tête de Serranus (truncumque relinquit/ sanguine singultantem; atro tepefacta cruore/ terra torique madent, initialement rapporté à Rémus, est ensuite étendu aux autres victimes destinées à partager son sort, avec la double négation Nec non qui donne donc un sens affermatif) : le poète, qui a une prédilection pour tous les jeunes victimes de la guerre, semble être très touché par cette mort, sans doute pour la kalokagathie de l'adolescent italique, caractérisé par une beauté exceptionnelle et une nature très aimable Dans la traduction en épagnol de Gregorio Hernández de Velasco, on dit explicitement que le beau visage de Serranus était la manifestation physique de sa douceur : . ; on peut également noter que le détail de l'âme gémissante dans sa sortie du torse après la décapitation contraste violemment avec les moments de jovialité vécus par le garçon dans sa dernière nuit.
Son assassinat suscite grand deuil dans l'armée de Turnus:
Mais le prénom du personnage ne disparaîtra pas, entrant dans l'histoire future de Rome: Serranus est, en effet, l'agnomen de la gens Atilia. Ce lien est présent dans le poème : dans le Chant VI, Anchise montre à Enée dans les Champs Élysées les âmes des futurs protagonistes de l'histoire romaine, parmi lesquels un membre de la Gens.
Notes et références
Bibliographie
Liens externes
Serranus Catégorie:Personnage de l'Énéide Catégorie:Décapitation dans l'art et la culture Catégorie:Personnalité des origines de Rome