L'église de la Nativité de la Sainte-Vierge et Saint-Leu est une église catholique paroissiale située à Jouy-le-Moutier, en France. Longtemps connue comme église Notre-Dame de la Visitation, l'église de la Nativité de la Sainte-Vierge possède comme deuxième patron saint Loup de Sens. Sa partie la plus ancienne et la plus remarquable extérieurement est le clocher roman à deux étages de baies, coiffé d'une flèche octogonale en pierre. Il ne devrait pas être beaucoup antérieur à 1130. S'élevant au-dessus de la croisée du transept, sa base sépare la nef du chœur, et afin de mieux les faire communiquer, elle a été rehaussée au . Les chapiteaux romans ont pour la plupart été conservés lors de cette opération hardie. Si la base du clocher est désormais aussi haute que la nef, elle est toutefois étroite, ce qui a motivé le déplacement de l'autel à la fin de la nef. Le beau chœur des années 1220 / 1240 influencé par l'architecture de la cathédrale Notre-Dame de Paris, dont le chapitre nommait à la cure, est ainsi sans usage. La nef est d'un style gothique flamboyant moins raffiné, notamment autour des fenêtres hautes, mais elle est incontestablement d'une grande originalité tant pour les grands chapiteaux des arcades, que pour les galeries ouvertes avec balustrades à jour qui l'entourent au nord, à l'ouest et au sud. L'église a été classée monument historique par arrêté du .. Sa restauration a toutefois commencé dès les années 1870, et si elle n'a pas été heureuse sur tous les plans, elle a respecté tous les chapiteaux à l'intérieur. L'église de Jouy-le-Moutier est la plus ancienne et la plus grande parmi les quatre églises que compte le groupement paroissial de l'Hautil, mais elle vit aujourd'hui dans l'ombre de l'église Sainte-Claire de Vauréal, inaugurée en 1995 et financée par des dons.
Localisation
L'église est située dans le département français du Val-d'Oise, dans l'agglomération de Cergy-Pontoise, à Jouy-le-Moutier, sur la Grande-Rue (RD 55) au centre du village ancien, non loin de la mairie. Jouy-le-Moutier est à l'origine un village-rue composé du chef-lieu et de trois hameaux, qui s'étire sur sur la rive droite de l'Oise. Le village respecte toujours une certaine distance vis-à-vis de la rivière et se blottit contre le versant oriental du massif de l'Hautil, qui culmine à au-dessus du niveau de la mer. Ainsi l'église est implantée à flanc de coteau, et un escalier d'une bonne vingtaine de marches monte de la Grande-Rue jusqu'au porche devant la façade septentrionale. Cette façade ainsi que le chevet donnent sur la rue, alors que la façade occidentale donne sur un petit parvis accessible sans escalier. C'est par l'une des portes de la façade occidentale que l'on entre dans l'église (habituellement la petite porte du bas-côté nord), le portail septentrional étant désaffecté. En passant par le parking au sud de l'église, l'on peut en faire le tour. Un petit jardin public se situe au sud-est de l'église ; c'est depuis cet endroit qu'on bénéficie de la meilleure vue sur le clocher roman.
Historique thumb|upright|Vue depuis le nord. thumb|upright|Clocher, côté sud. thumb|upright|Nef, vue depuis la base du clocher ; au premier plan, le maître-autel.
Jouy-le-Moutier était l'une des trois paroisses du diocèse de Paris situées sur la rive droite de l'Oise. La plus ancienne parmi elles est Andrésy (Yvelines). Celle-ci ayant été trop étendue, la paroisse de Jouy-le-Moutier en a été détachée à une époque inconnue. Dès le ou , la paroisse d'Andrésy appartient au chapitre de Notre-Dame de Paris qui nomme aussi à la cure, et il en va de même de Jouy dès le début. La plus ancienne mention connue de la cure de Jouy ne remonte qu'à 1186, date à laquelle l'église existe déjà. Vers 1250 environ, la paroisse de Jouy est à son tour devenue trop grande, et la nouvelle paroisse de Lieux (aujourd'hui Vauréal) en est démembrée. L'appellation Jouy-le-Moutier n'existe pas encore : en 1269, on y fait encore référence comme Joiaco ou Valle Joiaci, en latin, ce qui donne en français Joï. Plus tard, apparaissent aussi Villa Joyaci et Joiacum. On a commencé de parler de Jouy-le-Moutier pour éviter la confusion avec le hameau de Jouy-la-Fontaine. Moutier, moûtier ou moustier signifie une grande église en ancien français, mais puisque le terme est aussi donné comme traduction du mot latin monasterium, il s'est établie la croyance que l'église serait issue d'un monastère ; or, il n'en est rien. L'église est placée sous l'invocation de la Sainte-Vierge. Le second patron, saint Loup de Sens (vers 573-623), n'est pas encore mentionné dans les actes de la fin du Moyen Âge. Patron des jardiniers, il est appelé saint Leu en Île-de-France et couramment associé à saint Gilles l'Ermite (640-720), et une chapelle du collatéral nord du chœur était effectivement dédiée à Saint-Gilles (en reste comme souvenir sa statue dans la niche au-dessus de l'entrée de la sacristie). La dédicace de l'église est traditionnellement célébrée le . En 1754, l'abbé Lebeuf ne mentionne point le titre de la Visitation de la Vierge Marie, qui au moment de l'érection de la paroisse n'était de toute façon pas d'usage. Mais l'église a longtemps été connue comme l'église Notre-Dame-de-la-Visitation.... Ce titre a été abandonné par la paroisse, qui a placé l'église sous le vocable de la Nativité de la Sainte-Vierge qui se célèbre le ..
En 1993 / 1994, lors des travaux pour l'installation du chauffage par le sol, des fouilles archéologiques ont été menées dans l'église, et permis de dégager les traces d'édifices antérieurs au . La partie la plus ancienne de l'église actuelle est le clocher central, dont seulement les quatre piles subsistent à l'intérieur. La disposition des chapiteaux dans les angles de la croisée du transept indique un voûtement d'ogives ès l'origine : la proche Normandie et le Beauvaisis sont précurseurs en le domaine et une date au début du second quart du paraît plausible. Par ailleurs, l'influence normande se confirme par la disposition des colonnettes qui supportent les doubleaux secondaires : elles ne sont pas engagées dans les angles rentrants, mais adossées aux dosserets de la pile comme les colonnes supportant les arcades. C'est une disposition rare qui existe notamment dans les églises Saint-Étienne et Saint-Nicolas de Caen. Extérieurement, le clocher ressemble beaucoup à son homologue de Nesles-la-Vallée, qui date de 1130 / 1140 et montre davantage de perfection dans les détails. Ainsi l'on peut considérer que le clocher de Jouy-le-Moutier date des années 1130. Il était probablement associé à une large nef sans bas-côtés, ce que Louis Régnier lit dans la façade occidentale qui remonte à la seconde moitié du dans sa partie centrale, et ce qui est conforme à l'usage dans la région à l'époque. Il devait aussi y avoir un transept à proprement parler, comme le montrent les arcades au nord et au sud de la base du clocher qui datent d'origine : l'on comprend mal pourquoi Michel Join-Lambert exprime son incertitude vis-à-vis de l'existence d'un véritable transept. Entre 1220 et 1240, les chanoines de Paris font bâtir un nouveau chœur de deux travées, qui doit rester étroit afin de contrebuter le clocher. Ce chœur se situe stylistiquement entre la fin de la période gothique primitive et l'essor du style gothique rayonnant. De l'étape de construction suivante, ne reste guère plus que les chapelles à l'emplacement des extrémités des anciens croisillons et les murs extérieurs des bas-côtés de la nef. Après l'achèvement du chœur, les croisillons, la nef et les bas-côtés sont bâtis à neuf, en le laissant que la façade de l'ancienne nef.. Le paragraphe allant de la p. 79 à la p. 80 comporte beaucoup de fautes de frappe pour les siècles ; pour trouver les siècles corrects, il faut comparer avec le reste de l'article..
Au premier quart du , le portail occidental, la nef, les bas-côtés et les anciens croisillons sont largement remaniés dans le style gothique flamboyant ; pour la nef et les grandes arcades, il s'agit même d'une reconstruction presque totale. Les détails seront abordés lors de la description de l'église (voir ci-dessous). Le porche est construit à cette époque. Vers la fin du règne de François I, le remplage de la grande verrière du chevet est refait. — Quand le baron Ferdinand de Guilhermy visite l'église en 1844, le portail occidental possède encore un trumeau central avec une niche, abritant la Vierge à l'Enfant assise et allaitante qui se trouve maintenant à droite du maître-autel. Le portail du bas-côté sud est alors bouché, et son tympan présente un double trilobe superposé ; les quatre chapiteaux datent encore du milieu du . En 1876, le portail du bas-côté nord aujourd'hui couramment utilisé est débouché et fait l'objet d'une restauration maladroite, qui lui fait perdre son aspect ancien (pour Louis Régnier, ce portail serait moderne). Le toit en pavillon du porche est supprimé, les doubles clochetons plaqués à mi-hauteur du contrefort d'angle nord-est ne sont pas restitués, et les moulures de l'arcade ne sont pas non plus refaites : c'est peut-être de cette restauration que date la suppression du trumeau. Presque toutes les bases des colonnettes des grandes arcades du chœur sont refaites à un moment inconnu au . L'église est classée monument historique par arrêté du . Au début des années 1920, seulement l'arc reste encore visible de la porte du portail latéral sud, des rainures des trilobes du tympan, et les voussures de l'archivolte sont dépourvues d'ornements. La façade occidentale est restaurée dans l'entre-deux-guerres, et le portail latéral sud est alors reconstitué, mais il n'est pas certain que sa forme soit conforme aux observations du baron de Guilhermy. Michel Join-Lambert souligne en tout cas que cette restauration met en valeur la façade, et elle dégage également le clocher. Le toit en pavillon du porche est refait ultérieurement, mais il ne retrouve pas sa couverture d'ardoise mentionnée par Louis Régnier...
Après la Révolution française et la création du département de Seine-et-Oise, la paroisse est rattachée au nouveau diocèse de Versailles qui correspond exactement au territoire du département. Dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966, et Jouy-le-Moutier en fait partie à l'instar de toutes les autres paroisses du département. Le diocèse de Paris se limite désormais à la seule ville de Paris. Le groupement paroissial de l'Hautil inclut aujourd'hui les anciennes paroisses indépendantes de Jouy-le-Moutier, Neuville-sur-Oise et Vauréal. Des messes dominicales sont célébrées dans l'église de la Nativité de la Sainte-Vierge de Jouy-le-Moutier tous les dimanches et fêtes à 10 h 00 ; en semaine, une messe a lieu le vendredi matin à 9 h 00. Si l'église de la Nativité de la Sainte-Vierge est la plus grande et la plus ancienne du groupement paroissial, c'est la très récente église Sainte-Claire de Vauréal qui est désormais au centre de toutes les activités en dehors des messes..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.