Erhard Wetzel (en Dans l'historiographie d'après-guerre il n'est pas rare de le voir prénommé Eberhard, Ernest, Eric ou même Alfred. Il ne doit pas être confondu non plus avec Alfred Wetzler, rare évadé juif d'Auschwitz„Alfred Wetzel“ in: Henry Friedlander: Der Weg zum Genozid (La voie vers le génocide). Von der Euthanasie zur Endlösung. Berlin 1997, ; und: Die Holocaust Chronik, Sonderausgabe für Droemersche Verlagsanstalt Th. Knaur Nachf. GmbH & Co, München 2002, S. 275 f. (Die ursprünglichen Quellen dieser falschen Namensnennung müssen noch erforscht werden.)(Les sources originales de ces faux noms doivent encore être explorées)So wurde selbst noch in der 7. deutschsprachigen Auflage des Buchs von Gerald Reitlinger im Jahre 1992 der falsche Vorname von Wetzel angegeben.(à propos des faux noms donnés à Wetzel) ; à Szczecin - ) était un juriste allemand, homme politique sous le Troisième Reich, expert du Ministère du Reich aux Territoires occupés de l'Est pour la « question juive » auprès d'Alfred Rosenberg, participant à la création du projet Generalplan Ost et notamment aux travaux d'étude d'aménagement du territoire portant sur la mise en place du Reichskommissariat Ostland..
Après la dernière guerre, Wetzel fut connu surtout comme étant l'auteur de la du . Cette lettre est restée jusqu'à présent le premier document connu établissant un lien entre l'Aktion T4 (euthanasie des handicapés dans des chambres à gaz)<ref>Christopher Browning: Die Entfesselung der 'Endlösung''' München 2003, S. 528, (fr):Christopher Browning, les origines de la solution finale, Points/Histoire, Seuil 2009</ref> et la Shoah en Europe. Wetzel signale dans sa lettre qu'il n'a pas d'objections à ce que les Juifs des ghettos du Reichskommissariat Ostland, qui étaient inaptes au travail et les Juifs du Reich, entrant dans la même catégorie, soient éliminés par le système des gaswagen de Viktor Brack. Il souhaite surtout éviter les problèmes posés par les massacres de Juifs tels que ceux de Vilnius et le retentissement sur la population qui en était témoin. Il signale aussi que l'utilisation des gaz posent des problèmes techniques encore à résoudre. L'aide du Kullmeyer, chimiste lui semble être bien utile à ce propos. Bien qu'E. Wetzel, qui était un acolyte d'Alfred Rosenberg, n'eusse pas un mot à dire à propos du plan d'extermination général des Juifs, sa lettre est une première allusion directe à ce plan.. E. Wetzel est également connu pour avoir participé aux conférences qui ont suivi la Conférence de Wannsee du 20 janvier 1942. thumb|RSHA-6.März1942-10.3 Wetzel, participant aux discussions sur la solution finale du problème juif le 6/3/1942
Carrière avant l'arrivée des nazis au pouvoir Il existe très peu d'informations sur sa jeunesse. Wetzel était le fils d'un huissier de justice. Il naquit à Szczecin, ville qui faisait partie de l'Allemagne à l'époque (sous le nom allemand de Stettin). C'est actuellement une ville polonaise. En 1928, il défendit sa thèse de droit public à l'Université de GöttingenErhard Wetzel: Der Ausschluß von Vereinsmitgliedern, insbesondere die Frage seiner gerichtlichen Nachprüfung in Literatur und Rechtsprechung(L'exclusion des membres d'associations en particulier le problème de son contrôle judiciaire dans la littérature et dans la jurisprudence). Weiße Ritter-Verlag Voggenreiter, Potsdam 1928. (Staatswiss. Diss. Université de Göttingen.) DNB. En 1933 il fut admis comme conseiller et juge à BerlinErnst Klee: Das Personenlexikon zum Dritten Reich(Lexique des personnalités du Troisième Reich, qui était quoi en 1945. Wer war was vor und nach 1945, 2. Aufl., Frankfurt a.M. 2007, S. 673, .
Carrière sous le régime nazi En mai 1933, il s'inscrivit au Parti national-socialiste des travailleurs allemands. Il commença par y travailler en qualité de représentant du parti auprès de la presse nazie des groupes locaux. En 1935, il obtint un poste d'expert-juridique pour les questions raciales à la direction suprême du parti , quoique, dès 1934, il lui arrivait de donner des consultations sur ces mêmes questions raciales au secrétaire d'état Roland Freisler, futur président du «Volksgerichtshof»Ernst Klee: Das Personenlexikon zum Dritten Reich. Wer war was vor und nach 1945. Frankfurt a.M. 1986, S. 216—218, .. Wetzel travailla aussi sous les ordres d'Heinrich Himmler à la direction du commissariat pour le «renforcement de la race allemande»Gerald Reitlinger: Die Endlösung. Hitlers Versuch der Ausrottung der Juden Europas 1939—1945 (La solution finale.La tentative d'Hitler d'extermination des Juifs d'Europe), 7. Aufl., Berlin 1992, S. 144.
Après le début de la Seconde Guerre mondiale, Wetzel fut nommé délégué pour les questions de politique raciale auprès du chef des autorités civiles à Poznań : le Gruppenführer SS Arthur Greiser. Peu après, le 25 novembre 1939, avec Günther Hecht, il rédigea un mémorandum secret sous le titre «Question sur le traitement des anciens territoires polonais du point de vue de la politique raciale»(en allemand :«Die Frage der Behandlung der Bevölkerung der ehemaligen polnischen Gebiete nach rassepolitischen Gesichtspunkten»)(La question du traitement de la population des anciens territoires polonais sous l'angle politico-racial) dans laquelle il était question de la «déportation» des Polonais et des Juifs dans les «territoires libres restants» (en allemand : Restgebiet)Ingo Haar: Historiker im Nationalsozialismus. Deutsche Geschichtswissenschaft und der «Volkstumskampf» im Osten (Historiens du national-socialisme. L'historiographie allemande de la lutte des races à l'Est). Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen 2002, Google Books. (Quelle: IfZ, MA 125/9, Bl. 380572-597.); Ernst Klee: Das Personenlexikon zum Dritten Reich. Wer war was vor und nach 1945, 2. Aufl., Frankfurt a.M. 2007, S. 673. (Quelle: Nbg. Dok. PS 660.). Dans ce mémorandum on peut lire:
En avril 1940, Wetzel fut nommé chef de la section du service politico-racial.
Après l'invasion de l'Allemagne en URSS et la nomination officielle en juillet 1941 d'Alfred Rosenberg comme ministre du Reich des territoires occupés de l'est, Wetzel travailla comme rédacteur sur la question juive dans la section politique du ministère de la culture.
Le 25 octobre 1941, il rédige une lettre adressée à Hinrich Lohse Reichskommissar de l'Ostland où il valide au nom de l'Ostministerium, après avoir reçu l'aval d'Adolf Eichmann et le soutien de Viktor Brack le 23 octobre 1941 à Berlin, le souhait exprimé par Hinrich Lohse dans une lettre du 4 octobre 1941 d'utiliser des camions à gaz (le procédé de Brack) pour exterminer les Juifs du Reichkommissariat Ostland déclarés inaptes au travailWalter Laqueur: Le terrifiant secret. La "solution finale" et l'information étouffée, p. 23 & suiv., 2010, NRF-Gallimard, .. . Jusqu'à la fin de la guerre, Wetzel partage avec Gehrard Hecht la fonction d'expert des questions raciales à l'« Ostministerium » et rédige plusieurs rapports et memorandums relatifs la solution finale de la question juive.
Biographie après-guerre En 1945, Wetzel tomba aux mains des forces soviétiques sur le territoire de l'Allemagne de l'est et fut incarcéré. En 1949 un tribunal de la RDA le condamna à une peine d'emprisonnement de longue durée Sa peine fut exécutée en URSS. Le 31 décembre 1955 il fut libéré et en février 1956 il passa en RFA dans le cadre d'un accord de répartition entre l'URSS et la RFA. À partir de mai 1956 il fut conseiller du ministère de l'intérieur de Basse-Saxe. En 1958 il partit à la retraite.
À l'époque du procès d'Eichmann, le rôle de Wetzel comme participant à la conférence de Wannsee fut à nouveau remis à l'avant-plan lors des délibérations Le procureur de Hanovre initia une enquête à son encontre qui se termina le 9 décembre 1961Ernst Klee: Das Personenlexikon zum Dritten Reich. Wer war was vor und nach 1945, 2. Aufl., Frankfurt a.M. 2007, S. 673. (Quelle: Einstellungsverfügung vom 9. Dezember 1961, 2Js 499/61 StA Hannover.). Relativement au mémorandum que Wetzel écrivit le 25 novembre 1939, le procureur fit remarquer: «Bien que le contenu du mémorandum apparaisse abominable et témoigne d'un point de vue étroit et sans pitié, il n'en ressort pas qu'il soit un crime punissable». Plus loin le procureur écrivit: «Wetzel est juriste, (...) il est très leste et se trouve dans une forme physique et morale excellente. On peut supposer que depuis longtemps il a prévu que cette enquête serait diligentée contre lui. Pour lui cela ne représente pas une charge difficile d'obtenir des informations sur les charges retenues contre lui (...). Avec cela, il est probable qu'il ne pourra pas s'abstenir de remarquer, que si on part vers une affaire criminelle excitante, les preuves pour le condamner feront défaut. Quant aux documents il est certain qu'il ne pourra pas les renier, et il en attribuera naturellement la cause aux ordres et commandements reçus en provenance de ses chefs».
Bibliographie . (de) Erhard Wetzel: Der Ausschluß von Vereinsmitgliedern, insbesondere die Frage seiner gerichtlichen Nachprüfung in Literatur und Rechtsprechung. Weiße Ritter-Verlag Voggenreiter, Potsdam 1928. (Staatswiss. Diss. Université de Göttingen.) DNB(Exclusion des membres d'une association, en particulier sous l'angle de son contrôle judiciaire dans la littérature et dans la jurisprudence) . . (de) Szeslaw Madajczyk (Hrsg.): Vom Generalplan Ost zum Generalsiedlungsplan''. München / New Providence / London / Paris 1994. (Dokumente.)(Du plan général pour l'Est au plan de règlement général)
Notes
Sources
Références
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