Joris Diels, né à Anvers, le , et mort à Scheveningen, le , est un acteur flamand, un metteur en scène de théâtre et un réalisateur de cinéma.
Introduction Il fut le fondateur, en 1923, du (le Théâtre de chambre flamand) Marianne Van Kerkhoven et Alex Mallems, « Joris Diels: in de bedding van de traditie », Etcetera, 1985-04, année 3, 10, .. Avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut directeur du Théâtre royal néerlandais () d'Anvers. Pour ne pas avoir renoncé à son poste pendant l'occupation, il fut d'abord condamné, puis, en 1948, acquitté. Certains groupes s'opposèrent à son retour en Belgique, de sorte qu'après la guerre, il travailla surtout aux Pays-Bas, où il put rejoindre sa femme qui s'y était déjà établieJoos Florquin, Ten huize van… 6, Louvain, Davidsfonds, [s. d.] [ 1970 ], .. En 1949, il fut cofondateur de la (l'Académie de théâtre de Maastricht)Marianne Van Kerkhoven et Alex Mallems, « Joris Diels: in de bedding van de traditie », Etcetera, 1985-04, année 3, 10, .Joos Florquin, Ten huize van… 6, Louvain, Davidsfonds, [s. d.] [ 1970 ], ., puis, à partir de 1955, metteur en scène et, finalement, directeur artistique de la compagnie (Comédie de La Haye).
Diels était marié avec l'actrice juive Ida Wasserman (1901-1977) et était le frère du chef d'orchestre et compositeur Hendrik Diels (1901-1974)Jan Dewilde, Diels, Hendrik, [En ligne], [s. d.], [www.svm.be] (biographie sur le site web du Centre d'études de la musique flamande)..
Biographie 1903-1925 : le Théâtre de chambre flamand Comme son frère, Diels fit des études d'instituteur à l'école normale de la Ville d'Anvers. Au théâtre de l'école, il joua, entre autres, des pièces françaisesToon Brouwers, Tussen De dronkaerd en Het kouwe kind: 150 jaar Nationael Toneel, KNS, Het Toneelhuis, Anvers, Ludion, 2003, .. S'étant consacré davantage au théâtre, il fonda, en 1923, après ses études, le Théâtre de chambre flamand (). Dans une salle à l'étage du théâtre , au marché Saint-Jacques 96, la troupe portait à la scène le théâtre innovateur de dramaturges modernes tels qu'Arthur Schnitzler, Georg Kaiser ou Anton Tchekhov. Diels y était à la fois acteur et metteur en scène, portant une attention particulière aux innovations dans le monde du théâtre, où on réagissait, dans cette période, contre le réalisme et le naturalisme.
1925-1938 : première période au Théâtre royal néerlandais En 1925, Diels fut recruté comme régisseur et acteur par Jan Oscar De Gruyter, le directeur du Théâtre royal néerlandais. Plus tard, De Gruyter lui confia la tâche de metteur en scèneMarianne Van Kerkhoven et Alex Mallems, « Joris Diels: in de bedding van de traditie », Etcetera, 1985-04, année 3, 10, .. En 1927, Diels joua une saison au (Le Théâtre néerlandais) d'Amsterdam, où sa future épouse Ida Wasserman était actriceMarianne Van Kerkhoven et Alex Mallems, « Joris Diels: in de bedding van de traditie », Etcetera, 1985-04, année 3, 10, .. Ils se marièrent en Joos Florquin, Ten huize van… 6, Louvain, Davidsfonds, [s. d.] [ 1970 ], . et jouèrent ensuite ensemble au Théâtre royal néerlandais.
Malgré la politisation des nominations au sein de l'administration communale d'Anvers, et bien que Diels n'appartînt ni à la franc-maçonnerie ni au parti socialiste, mais grâce au soutien du bourgmestre socialiste Camille Huysmans, qui alla à l'encontre de l'opinion des membres de son propre parti, Diels put succéder à Willem Benoy (1882-1939) au directorat du Théâtre royal néerlandais le Marianne Van Kerkhoven et Alex Mallems, « Joris Diels: in de bedding van de traditie », Etcetera, 1985-04, année 3, 10, .. Il introduisit quelques innovations et, grâce à la reprise économique en 1935-1936, il put raviver l'intérêt du public. Toutefois, après trois saisons, son contrat ne fut pas renouveléMarianne Van Kerkhoven et Alex Mallems, « Joris Diels: in de bedding van de traditie », Etcetera, 1985-04, année 3, 10, ..
1938-1939 : la Compagnie Joris Diels Diels, ayant décidé de former sa propre troupe, rassembla autour de lui plusieurs comédiens importants, comme sa femme Ida Wasserman, René Bertal, Jos Gevers, Bob Storm et le metteur en scène néerlandais Ben Royaards, qu'il avait recruté pour le Théâtre royal néerlandais l'année précédente. Le , le théâtre du Cercle royal artistique (), qu'il avait loué près du théâtre Bourla, fit salle comble pour la pièce (Comme il vous plaira) de William Shakespeare, la première représentation du Toon Brouwers, Tussen De dronkaerd en Het kouwe kind: 150 jaar Nationael Toneel, KNS, Het Toneelhuis, Anvers, Ludion, 2003, .. Le bourgmestre d'Anvers, Huysmans, qui n'avait pas marqué son accord avec le changement de direction au sein du Théâtre royal néerlandais, assista au spectacle d'ouverture.
1939-1944 : deuxième période au Théâtre royal néerlandais Quand, en 1939, le Théâtre royal néerlandais était à nouveau en difficulté, la Ville revint sur sa décision, après de longues négociations, et rengagea Diels comme directeur le , après quoi celui-ci se produisait dans deux salles de théâtre. La nouvelle saison débuta le avec Madame Sans Gêne de Victorien Sardou et Émile MoreauToon Brouwers, Tussen De dronkaerd en Het kouwe kind: 150 jaar Nationael Toneel, KNS, Het Toneelhuis, Anvers, Ludion, 2003, ..
Encore en 1939, Diels fonda l'Institut supérieur d'art dramatique et de mise en scène (), où de futurs acteurs recevaient, à part une formation de comédien, aussi une éducation culturelle plus large. Des actrices telles que Dora van der GroenToon Brouwers, Tussen De dronkaerd en Het kouwe kind: 150 jaar Nationael Toneel, KNS, Het Toneelhuis, Anvers, Ludion, 2003, . et Yvonne Lex étudièrent à cet institut, qui cessa déjà d'exister en 1944Erwin Jans et Klaas Tindemans, en collaboration avec Dries Moreels, Dora van der Groen , Bruxelles, Vlaams Theater Instituut, 1998 , (Kritisch Theater Lexicon; 16)..
Le , au début de l'envahissement de la Belgique, tous les théâtres fermèrent leurs portes, et Diels s'enfuit avec une grande partie de sa compagnie vers le sud de la FranceMarianne Van Kerkhoven et Alex Mallems, « Joris Diels: in de bedding van de traditie », Etcetera, 1985-04, année 3, 10, .Joos Florquin, Ten huize van… 6, Louvain, Davidsfonds, [s. d.] [ 1970 ], .. Après la capitulation, Diels revint en Belgique et, le , avec le consentement du bourgmestre catholique d'alors, Delwaide, et du allemand Delius, il fut réembauché pour la saison 1940-1941. Toutefois, l'occupant lui imposa certaines restrictions quant au répertoire, comme l'interdiction de jouer des pièces d'auteurs juifs ou anglo-saxons, à l'exception de Shaw ; de surcroît, il ne lui fut pas permis de rengager son épouse juive, Ida WassermanJoos Florquin, Ten huize van… 6, Louvain, Davidsfonds, [s. d.] [ 1970 ], ..
À la suite de la création du Grand AnversL'arrêté du , signé par Romsée, sous l'occupation allemande, instaura le Grand Anvers à partir du , c'est-à-dire la fusion de la ville d'Anvers avec huit communes voisines pour former une grande agglomération anversoise. Cette fusion avait déjà été envisagée avant la Seconde Guerre mondiale. Voir, entre autres : Etienne Verhoeyen, La Belgique occupée : de l'an 40 à la libération, Bruxelles, De Boeck Université, 1994, . en 1942, les théâtres furent placés sous une direction unique. Le , Diels fut nommé directeur général des Théâtres royaux d'Anvers, y compris l'Opéra royal flamand (), où son frère Hendrik assurait la gestion quotidienne. La même année, Diels prit l'initiative de créer le Théâtre de la jeunesse (), dont le metteur en scène Fred Engelen obtint la direction, et dont la première représentation eut lieu dans la salle de la rue du Grand Hôpital () d'Anvers le Toon Brouwers, Tussen De dronkaerd en Het kouwe kind: 150 jaar Nationael Toneel, KNS, Het Toneelhuis, Anvers, Ludion, 2003, .. En outre, Diels introduisit une nouveauté : celle de clore la saison du Théâtre royal flamand avec une revue des comédiants (), une tradition de courte durée, puisqu'elle ne se maintint que jusqu'en 1955Toon Brouwers, Tussen De dronkaerd en Het kouwe kind: 150 jaar Nationael Toneel, KNS, Het Toneelhuis, Anvers, Ludion, 2003, .. À partir de la saison 1943-1944, Diels organisa les Après-midi de la poésie (), sous la direction du déclamateur Jan BrouwersToon Brouwers, Tussen De dronkaerd en Het kouwe kind: 150 jaar Nationael Toneel, KNS, Het Toneelhuis, Anvers, Ludion, 2003, ..
1944-1992 : après la libération de la Belgique Fin , Diels, qui était membre de la DeVlagMatthijs de Ridder, « Mijn bruid, ik kom! O stormig hart der zee: Hegenscheidt Starkadd tussen individueel-anarchisme en Vlaamse romantiek », (réd. Nele Bemong), Hilversum, Verloren, 2010 , ., fut averti de l'épuration imminente et il décida de se cacher. Dans sa cachette, il s'occupa d'écrire des scénarios de film, entre autres avec Henri Storck. Le , il fut condamné par contumace à une peine de quinze ans de prison. Diels se rendit aux autorités, mais fit appel de cette décision. Après avoir purgé six mois en prison, il fut acquitté le . Toutefois, il lui était impossible de reprendre sa fonction au Théâtre royal flamand. Il rejoignit alors sa femme, qui, ayant été engagée par la Comédie de La Haye, s'était établie aux Pays-Bas,. Diels y travailla principalement pour des compagnies néerlandaisesMarianne Van Kerkhoven et Alex Mallems, « Joris Diels: in de bedding van de traditie », Etcetera, 1985-04, année 3, 10, ..
Invité à réaliser une mise en scène pour la Comédie de La Haye en 1950, Diels se vit confronté à ces détracteurs : avec de l'aide venue de la Belgique, l'Association des Comédiens () avait établi un dossier à charge contre lui, qu'elle avait envoyé aux journaux, de sorte que tous les critiques dramatiques l'avaient reçu avant la première. Même si la campagne de diffamation n'eut aucun effet sur les critiques, une représentation à Amsterdam fut annulée et d'autres projets ne purent se réaliser. Ce ne fut qu'en 1955 que Diels devint metteur en scène permanent de la Comédie de La HayeJoos Florquin, Ten huize van… 6, Louvain, Davidsfonds, [s. d.] [ 1970 ], ..
À une autre occasion, mais vers la même époque, Diels subit l'inimitié des calomniateurs, à savoir à Woluwe-Saint-Pierre, où il avait été invité pour monter la pièce Marie la Misérable de Michel de Ghelderode (dans la version néerlandaise : Lenneke Mare), mais il bénéficiait du soutien de deux francophones, Maurice Huysman, responsable de ce projet, et l'échevin Pierre Lévi de Woluwe, de sorte que la représentation put avoir lieuJoos Florquin, Ten huize van… 6, Louvain, Davidsfonds, [s. d.] [ 1970 ], .. Il est à noter qu'en 1942, Diels aurait refusé de jouer, au Théâtre royal flamand, une autre pièce du même dramaturge dans la traduction néerlandaise de Willem Doevenspeck sous prétexte qu'elle était trop brève pour remplir la soirée, alors que De Ghelderode, un antisémite notoire, soupçonnait la femme juive de Diels d'être à l'origine, en pleine Seconde Guerre mondiale, du refus de sa pièce Hop SignorRoland Beyen, Michel de Ghelderode et l'Académie : communication de Roland Beyen à la séance mensuelle du 4 avril 1998, Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 1998, , [En ligne], réf. du , [www.arllfb.be]. !