Sébastien Loeb décroche en 2004 son premier titre de champion du monde des rallyes au terme de sa deuxième saison complète. Il rentre dans l'Histoire en devenant le premier pilote non nordique à s'imposer en Suède et égale le record du plus grand nombre de victoires en une saison, établi par Didier Auriol en 1992 avec six succès. La fin d'année est également marquée par l'annonce du groupe PSA de la fin de son engagement en WRC à l'horizon 2005 et par la retraite sportive de son ami et mentor Carlos Sainz. Il participe enfin pour la troisième fois à la Course des Champions au cours de laquelle il remporte la Coupe des Nations avec Jean Alesi et termine deuxième de l'épreuve individuelle.

Championnat du monde des rallyes

La saison 2004 apporte son lot de bouleversements dans l'organisation du championnat du monde. Le calendrier atteint ainsi le chiffre record de seize manches quand le nombre de voitures nommées pour les points constructeurs est réduit de trois à deux par équipes, réduisant d'autant le nombre potentiel de volants pour les pilotes d'usine et ayant notamment contraint Citroën à se séparer de Colin McRae pour ne conserver que Sébastien Loeb et Carlos Sainz au sein de sa structure. L'intersaison fut l'occasion pour l'écurie française de multiplier les essais sur tous les types de terrains possibles dans le but de gommer les derniers points noirs subsistants et de se donner toutes les chances pour remplir les objectifs fixés par Guy Fréquelin consistant à conquérir l'ensemble des titres mis en jeux : . Loeb, désormais vice-champion du monde, se sent quant à lui plus confiant et plus solide que les saisons passées, et espère être en mesure de dépasser la déconvenue de l'année précédente. Les forces adverses en présence demeurent similaires à ce qu'elles étaient en 2003 mais consolidées par le retour officiel de Mitsubshi et la nouvelle arme de l'écurie sœur : la Peugeot 307 WRC.

Rallye Automobile Monte-Carlo Le rallye Monte-Carlo marque le coup d'envoi de la trente-deuxième saison du championnat du monde des rallyes. Après une première spéciale annulée, Sébastien Loeb accroche le trio de tête en adoptant un rythme prudent pour éviter toute erreur sur les pistes glacées du matin. Marcus Grönholm offre à la nouvelle Peugeot 307 WRC son premier scratch dès son premier secteur chronométré et prend les commandes de l'épreuve. Le nouveau champion du monde Petter Solberg, pourtant désireux de ne pas réitérer le début de saison en demi-teinte de l'an passé, perd plusieurs dizaines de secondes après avoir enfoncé une clôture avec sa Subaru Impreza et chute dans le classement. Loeb, vainqueur sur les terres de la Principauté en 2003, profite des problèmes de boîte de vitesses de Grönholm sur le quatrième secteur pour réaliser son premier scratch de l'année et revenir dans le sillage du Finlandais. Le pilote nordique réplique dans la spéciale suivante mais perd finalement la tête au profit du jeune Alsacien sur un mauvais choix de pneus dans l'ultime chrono de la première journée : . Le lendemain, l'accident de l'ancien champion du monde de VTT Nicolas Vouilloz pour son premier rallye en catégorie WRC neutralise la première spéciale. Les organisateurs en annuleront une supplémentaire au cours de l'après-midi en raison d'un trop grand nombre de spectateurs. Hormis ces deux secteurs, Loeb signe tous les scratchs de la journée et creuse des écarts significatifs sur ses adversaires, portant son avance au général à plus d'une minute. Son coéquipier Carlos Sainz arrache une roue tandis que Grönholm part à la faute et chute à la quatrième place derrière les deux pilotes Ford Markko Märtin et François Duval. Désormais intouchable à la régulière, le natif d'Haguenau assure ses trajectoires tout au long de l'ultime étape, dont les derniers pièges auront été fatals à Petter Solberg. Il décroche finalement sa deuxième victoire consécutive au Monte-Carlo et s'empare dans le même temps de la tête du classement mondial. Le principal intéressé explique à l'arrivée que l'une des clés de ce nouveau succès fut l'osmose établie entre lui et son copilote Daniel Elena, notamment dans les zones de brouillard : .

Étape Jour Heure Nom Distance Temps Étape 1 23 jan SS1 7 h 48 Selonnet - Bréziers 1 Spéciale annulée SS2 8 h 26 Piégut - Urtis 1 17 min 32 s 1 SS3 10 h 09 Selonnet - Bréziers 2 15 min 51 s 8 SS4 10 h 47 Piégut - Urtis 2 16 min 53 s 7 SS5 13 h 05 Laborel - L'Aubergerie 18 min 05 s 9 SS6 13 h 48 Rosans - L'Épine 18 min 15 s 2 Étape 2 24 jan SS7 8 h 18 Lantosque - Col de Braus Temps forfaitaire SS8 11 h 21 Tourette du Château - St. Antonin 1 18 min 14 s 9 SS9 12 h 04 Sigale - Col de Bleine 1 20 min 11 s 6 SS10 15 h 52 Tourette du Château - St. Antonin 2 Spéciale annulée SS11 16 h 35 Sigale - Col de Bleine 2 20 min 36 s 1 Étape 3 25 jan SS12 8 h 45 Sospel - Turini - La Bollène 1 25 min 23 s 8 SS13 9 h 38 Lantosque - Lucéram 1 14 min 09 s 8 SS14 12 h 05 Sospel - Turini - La Bollène 2 24 min 08 s 9 SS15 12 h 58 Lantosque - Lucéram 2 13 min 57 s 9

53rd Uddeholm Swedish Rally Bien que les pistes enneigées ne constituent pas sa surface de prédilection, car absentes des épreuves françaises, Loeb se sent cette année-là plus en confiance au moment du coup d'envoi du rallye de Suède, seule manche du mondial présentant ce type de profil. Il met ainsi en évidence les progrès importants réalisés sur ce terrain par Citroën avec la Xsara pendant l'intersaison et avoue espérer se battre aux avant-postes. Triple vainqueur de l'épreuve, Marcus Grönholm prend la tête dès la première spéciale, suivi d'un trio de poursuivants composé de Carlos Sainz, Markko Märtin et Sébastien Loeb. Le pilote finlandais est alors rapidement confronté aux problèmes de jeunesse de sa Peugeot 307 WRC. La direction assistée le lâche, l'obligeant à concéder plus d'une minute sur ses adversaires. Märtin signe deux temps scratchs et s'empare des commandes au soir de la première journée, vingt-cinq secondes devant Loeb, handicapé par sa position d'ouvreur. Le lendemain matin, les deux pilotes se livrent un combat serré, maintenant l'écart au général pratiquement inchangé. L'Alsacien porte une première attaque en signant le meilleur temps dans Lejen puis grappille trois secondes supplémentaires sur le pilote estonien dans le deuxième passage de Malta. Derrière eux, Carlos Sainz part à la faute, offrant la dernière marche du podium provisoire à Grönholm, auteur des trois premiers temps scratchs de la journée. Le tournant du rallye a finalement lieu dans la onzième spéciale : Märtin craque et arrache une roue, abandonnant plus de cinq minutes au général. Loeb hérite de la première place et remporte deux autres secteurs chronométrés, confortant une avance de plus de quarante secondes sur Grönholm avant la dernière étape : . Le Finlandais n'abdique pas et prend tous les risques dès le premier secteur, mais part en tête-à-queue dans les premiers kilomètres et lâche trente secondes sur le pilote Citroën. Détenteur de plus d'une minute d'avance, Loeb assure son rythme dans les cinq spéciales restantes et rejoint le point d'arrivée sans commettre de fautes. Quelques jours seulement avant de fêter son trentième anniversaire, le Français rentre dans l'Histoire en devenant le premier pilote non nordique à s'imposer en Suède depuis la création du rallye en 1950. Il savoure néanmoins davantage le fait de remporter sa première victoire non asphalte : .

Étape Jour Heure Nom Distance Temps Étape 1 6 fév SS1 8 h 22 Lidsbron 9 min 26 s 4 SS2 9 h 34 Torntorp 10 min 11 s 4 SS3 11 h 37 Granberget 1 25 min 00 s 9 SS4 15 h 05 Granberget 2 25 min 11 s 9 SS5 17 h 04 Hagfors Sprint 1 1 min 58 s 6 Étape 2 7 fév SS6 7 h 46 Sundsjön 1 11 min 23 s 1 SS7 8 h 22 Malta 1 5 min 53 s 6 SS8 10 h 18 Fredriksberg 12 min 02 s 0 SS9 11 h 05 Lejen 13 min 45 s 2 SS10 13 h 32 Malta 2 5 min 39 s 1 SS11 14 h 27 Sundsjön 2 10 min 54 s 4 SS12 15 h 46 Vargåsen 20 min 57 s 9 SS13 17 h 11 Hagfors Sprint 2 1 min 58 s 2 Étape 3 8 fév SS14 8 h 04 Sägen 1 7 min 33 s 8 SS15 8 h 54 Rämmen 1 12 min 14 s 1 SS16 10 h 06 Hara 1 6 min 10 s 7 SS17 12 h 18 Sägen 2 7 min 33 s 1 SS18 13 h 08 Rämmen 2 12 min 10 s 1 SS19 14 h 20 Hara 2 6 min 13 s 2

18º Corona Rally México Le coup d'envoi des épreuves sur terre est donné dans le cadre du rallye du Mexique qui inaugure cette année-là sa toute première édition en championnat du monde. Cette nouvelle manche présente la particularité d'offrir des spéciales à plus de d'altitude, impactant ainsi significativement la puissance moteur des voitures en raison du manque d'oxygène. Le handicap du balayage, dont Sébastien Loeb écope sur la première étape en raison de son statut de leader du classement mondial, se retrouve amoindri à la suite des fortes pluies survenues la veille de la course. Sur des pistes devenues boueuses et glissantes, les pneumatiques Pirelli prennent l'avantage et offrent d'entrée les commandes du rallye à Petter Solberg au volant de la nouvelle évolution de la Subaru Impreza. Loeb se classe quatrième de ce premier secteur avant de se hisser à la deuxième place en signant le scratch dans le tronçon suivant, sur des routes commençant peu à peu à s'assécher. L'Alsacien et le champion du monde en titre se partageront à nouveau les meilleurs temps des deux dernières spéciales de la journée, le pilote Citroën se rapprochant à moins de six secondes de son adversaire au soir de cette première étape : . Mais un coup du sort survenu au parc fermé va priver le jeune Norvégien de sa première place et l'exclure de la lutte pour la victoire. En sortant de la zone d'interview, un problème de batterie empêche le moteur de sa Subaru Impreza de redémarrer. Contraint de demander de l'aide aux journalistes présents sur place pour surmonter la côte le séparant de la zone d'assistance, Petter Solberg écope d'une pénalité de plus de cinq minutes et cède les commandes du rallye à Sébastien Loeb. Le Français se voit débarrasser dès l'entame de la deuxième journée de son plus proche poursuivant, Marcus Grönholm, de nouveau victime de problèmes de direction assistée sur sa Peugeot 307 WRC. Détenteur d'une avance de plus de trente secondes sur son coéquipier Carlos Sainz, Loeb semble avoir course gagnée lorsqu'une pierre transperce son carter d'huile dans la sixième spéciale. Les réparations de fortune ne suffiront pas et le vice-champion du monde se retrouve contraint à l'abandon : .

Étape Jour Heure Nom Distance Temps Étape 1 12 mar SS1 10 h 33 Ortega - La Esperanza 1 16 min 52 s 8 SS2 11 h 21 Santana - Cubilete 12 min 25 s 6 SS3 14 h 16 Ibarilla - El Zauco 17 min 17 s 6 SS4 15 h 34 Ortega - La Esperanza 2 16 min 22 s 9 Étape 2 13 mar SS5 8 h 55 Duarte - Nuevo Valle 1 18 min 51 s 8 SS6 9 h 43 Derramadero - Chichimequillas 1 14 min 00 s 1 SS7 10 h 59 El Gigante - El Zauco 1 Abandon SS8 13 h 57 Duarte - Nuevo Valle 2 SS9 14 h 45 Derramadero - Chichimequillas 2 SS10 16 h 01 El Gigante - El Zauco 2 Étape 3 14 mar SS11 7 h 17 Ibarilla - Mesa 1 SS12 8 h 14 Alfaro - Nuevo Valle 1 SS13 8 h 57 Derramadero - Comanjilla SS14 11 h 18 Ibarilla - Mesa 2 SS15 12 h 15 Alfaro - Nuevo Valle 2

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