Le parcours de l'Amiens SC en Coupe de France présente les résultats sportifs de l'Amiens Sporting Club, club de football situé à Amiens en Picardie, en Coupe de France de football, compétition annuelle organisée depuis 1917.
Entre 1923 et 1936, l'Amiens AC obtient de bons résultats, participant systématiquement aux de finale de l'épreuve, en se qualifiant à chaque fois pour la suite de la compétition. Le club atteint une fois les demi-finales en 1930 et quatre fois les quarts de finale en 1925, en 1928, en 1931 et en 1934, sans toutefois réussir à remporter la coupe.
Historique
Une équipe de premier plan (1920-1937)
Apprentissage (1920-1924)
Édition Tour Dernier adversaire Lieu Score+Parcours en phase finale 1921-1922 A2 de finale Red Star AC (A1) N 0–4 1922-1923 A2 de finale US quevillaise (A1) D 0–3 1923-1924 A1 de finale FC rouennais (A1) E 0–1
La première édition de la Coupe de France a lieu lors de la saison 1917-1918. À cause de la Première Guerre mondiale, l'Amiens AC ne participe pas aux trois premières éditions. Le club dispute son premier match lors de l'édition 1920-1921, où est battu d'entrée par le Sporting Club de Tourcoing par 2-1.
Dès l'édition 1921-1922, l'Amiens AC atteint les de finale après avoir passé cinq tours. Le club profite du de finale joué le face à l'AS française, finaliste du championnat de France dix ans plus tôt, pour inaugurer son nouveau terrain rue Louis Thuillier, se qualifiant par 2-1. Malheureusement, les Amiénois sont opposés en au Red Star AC, vainqueur en titre et meilleur club de France de l'époque, et ne peuvent rien face au futur double vainqueur de la compétition, battues 4-0.
Cette bonne performance permet au club de démarrer dès les de finale lors de édition 1922-1923, mais l'Amiens AC est éliminé dès les de finale par l'US quevillaise. L'édition suivante, l'Amiens tombe 1-0 en de finale face au FC rouennais, demi-finaliste en 1922 et 1923, le Journal d'Amiens parlant toutefois de pour saluer la prestation des Amiénois.
Premiers quarts de finale (1924-1929)
Édition Tour Dernier adversaire Lieu Score+Parcours en phase finale 1924-1925 A1 Quart de finale FC Cette (A1) N 0–1 1925-1926 A1 de finale FC rouennais (A1) N 1–7 1926-1927 A1 de finale US quevillaise (A1) E 0–2 1927-1928 A1 Quart de finale Red Star Olympique (A1) N 3–4 1928-1929 A1 de finale US boulonnaise (A1) N 0–1
Le championnat de France n'apparaissant qu'en 1932 en même temps que la professionnalisation des clubs français, la Coupe de France est l'occasion pour les Amiénois de se mesurer aux meilleures équipes des autres Ligues régionales.
Ainsi, lors de l'édition 1924-1925, l'Amiens AC, lui-même champion du Nord en titre, s'impose en de finale 3-0 face au Cercle athlétique messin, déjà quadruple champion de Lorraine. Vainqueur du Sporting Club nîmois au stade Bergeyre de Paris en de finale, l'Amiens AC se qualifie dès 1925 pour son premier quart de finale. Le club affronte à Marseille le terrible Football Club de Cette, quintuple champion du Sud-Est et double finaliste de la Coupe de France en titre. Les Amiénois sont éliminés 1-0, au bout de la prolongation, mais ont néanmoins, en peu de temps, montré qu'ils pouvaient désormais rivaliser avec les meilleurs clubs français.
En 1925-1926 et 1926-1927, l'Amiens AC est éliminé coup sur coup par les Normands du FC rouennais puis de l'US quevillaise, qui atteindra la finale. L'élimination face au FC rouennais en de finale, sur le score lourd de 7-1, laissera des traces. Le gardien Fernand Cappronier, au club depuis 3 ans, est accusé d'avoir laissé filer le match. Suspendu pendant 6 mois de ses droits de membre du club, il ne rejouera plus jamais avec l'Amiens AC.
Après deux saisons décevantes en Coupe, l'Amiens AC retrouve les quarts de finale lors de l'édition 1927-1928. En chemin, les Amiénois éliminent le CA Sports généraux, double vainqueur de la Coupe en 1919 et 1925, puis le Stade rennais UC 7-3, en inscrivant cinq buts en deuxième mi-temps alors que le club était mené 2-3 à la mi-temps, pour défier en de finale l'Olympique de Marseille, double vainqueur en titre et qui n'a perdu qu'un seul match de Coupe de France depuis 5 ansDepuis son élimination le 4 février 1923 en de finale de la Coupe de France 1922-1923, l'Olympique de Marseille n'a perdu qu'un match, en quart de finale de l'édition 1924-1925, remportant trois fois la Coupe en 1924, 1926 et 1927..
L'Amiens AC va créer l'exploit face au meilleur club de France de l'époque. Le , à Lyon, les deux équipes finissent sur un match nul 4-4 et doivent rejouer le match. Les deux équipes se retrouvent le à Paris, et pour l'occasion, deux trains emmènent Amiénois assister au match. La deuxième manche est tout aussi disputée, et tourne finalement à l'avantage des Amiénois, qui l'emportent 3-2. La presse marseillaise se plein de l'arbitrage, mais Gabriel Hanot, dans Le Miroir des Sports, tranche : .
Pour son deuxième quart de finale, l'Amiens AC est opposé à Tourcoing à l'autre grand club des années 1920, le Red Star Olympique, triple vainqueur de l'épreuve en 1921, 1922 et 1923. De justesse, le club s'incline 3-2, et laisse le club parisien partir à la conquête de son quatrième titre dans l'épreuve. Lors du match, Paul Nicolas, l'avant centre international du Red Star inscrit deux buts. Il rejoindra quelques mois plus l'Amiens AC et y jouera sept ans.
Avec l'arrivée de Nicolas, l'Amiens AC espère passer un cap mais est éliminé en de finale de l'édition 1928-1929 par l'US boulonnaise.
Première demi-finale (1929-1930)
Édition Tour Dernier adversaire Lieu Score+Parcours en phase finale 1929-1930 A1 Demi-finale RC France (A1) NN 1–1 1–3
L'Amiens AC réalise le plus beau parcours de ses 99 premières années d'existence lors de l'édition 1929-1930 en atteignant les demi-finales. Le club élimine la Jeunesse athlétique de Saint-Ouen et le Racing Club d'Arras pour se qualifier en de finale face au rival du Racing Club roubaisien. Les deux équipes, qui se sont partagé les titres de champions du Nord entre 1923 et 1927, se connaissent par cœur, d’autant que nombre de joueurs des deux équipes jouent régulièrement ensemble en équipe du Nord.
Le match a lieu à Tourcoing le ; en championnat, lors du dernier match, les Roubaisiens sont venus battre les Amiénois 2-0. Cette fois-ci, devant 10 000 spectateurs, le duel tourne à l'avantage de l'Amiens AC, lui l'emporte 1-0 au bout de la prolongation grâce à un but de Paul Nicolas. En quart de finale, l'Amiens AC est de nouveau opposé à une équipe du Nord, l'Union Racing Dunkerque-Malo, demi-finaliste l'édition précédente. Au bout de quelques minutes, le match est arrêté ; le public proteste car les deux équipes jouent avec les mêmes couleurs, bleu azur et noir pour Amiens, bleu clair et blanc pour Dunkerque ! Les Amiénois rentrent aux vestiaires enfiler un maillot rouge et reviennent sur le terrain pour se qualifier 2-1.
Pour la première demi-finale de son histoire, l'Amiens AC est opposé le dimanche au Racing Club de France. Ce grand club Parisien d'avant-guerre, qui a récemment fortement investi dans le recrutement d'internationaux français, revient sur le devant de la scèneBarré par la domination dans les années 1920 du Red Star, de l'Olympique et du Stade français, le Racing remporte le championnat de Paris en 1932, passe professionnel et réalise le doublé Championnat de France - Coupe de France en 1923.. Amiens est quelque peu lésé dans l'organisation : alors que les demi-finales sont censées, comme pour les éditions précédentes, se tenir sur terrain neutre, le match est organisé sur la pelouse légendaire du Racing, le stade olympique Yves-du-Manoir à Colombes.
Pour l'occasion, les supporters amiénois se déplacent en masse. L'Amicale des supporters organise un déplacement spécial en train. Environ 2000 supporters seront présents, acheminés en grande partie par des trains spéciaux mis en place par la Société des transports en commun de la région parisienne entre la gare Saint-Lazare et la gare du Stade. Pour préparer le match, l'Amiens AC, qui n'a plus d'entraineur depuis 1927, loue pour l’occasion les services de Bob Fischer, l’entraîneur autrichien du Club français. Les deux équipes, malgré une prolongation, se quittent sur le score de 1-1. Le match est donc à rejouer. Côté amiénois, le fait de jeu principal est la blessure de Paul Nicolas au bout de 5 minutes de jeu. Les changements n'existant pas à l'époque, il reste sur le terrain. Lors de la prolongation, il aura le but de la qualification au bout du pied, mais handicapé par sa blessure, il sera dans l’incapacité de pousser le ballon à seulement un mètre du but.
Les deux formations se retrouvent le samedi , toujours à Colombes. Dans la semaine, Bob Fisher a prêté à l'entrainement une attention particulière à l'arrière Viseur, appelé à remplacer le titulaire André Lapierre. Paul Nicolas semble quant à lui rétabli de la blessure musculaire, ce qui incite le club à l'optimiste. L'Amiens AC domine largement la première mi-temps, mais ne mène que 1-0 à la pause grâce à un but de Marcel Braun sur une passe d'Ernest Libérati. Marcel Galey, déjà buteur lors du premier match, égalise pour le Racing à la minute. À 10 minutes de la fin, le destin des Amiénois bascule sur une occasion qui fera la légende du club. Le Racing prend l'avantage sur une action confuse : sur un centre, Ozenne et Veyssade, deux Racingmen, sautent. Pour Match, les deux joueurs ; pour L'Auto, ; pour le Miroir des sports, . Mais pour le Progrès de la Somme, l'action est clair : .
Urbain Wallet, placé à côté de l'action, proteste vertement auprès de l'arbitre. Il le prend par le bras, le secoue par les épaules et lui demande d'annuler le but à cause de la main. L'arbitre consulte son assistant et valide le but. Hors de lui, Wallet quitte le terrain et rentre au vestiaireL'Auto indique que Wallet proteste contre un hors-jeu, ce qui est contredit par toutes les autres sources de presse.. Il reviendra peu avant la fin, au moment où le Racing inscrit le but du 3-1.
L'Amiens AC est éliminé, et se sent volé. Dans le vestiaire, Paul Nicolas s’exclame Traditionnellement, le président de la République sert la main à tous les joueurs avant la finale.. Le Progrès de la Somme parle de .
Dernier quart de finale avant... 67 ans (1930-1937)
Édition Tour Dernier adversaire Lieu Score+Parcours en phase finale 1930-1931 A1 Quart de finale SO montpelliérains (A1) N 1–2 1931-1932 A1 de finale OGC Nice (A1) N 4–6 1932-1933 A1 de finale RC Strasbourg (A1) N 3–4 1933-1934 2 Quart de finale FC Sète (1) N 0–3 1934-1935 2 de finale Red Star Olympique (1) NN 1–1 0–1 1935-1936 2 de finale Red Star Olympique (1) N 1–3 1936-1937 2 de finale RC Arras (3) E 0–1
Après la frustration de l'élimination en demi-finale, l'Amiens AC repart à la conquête de la Coupe lors de l'édition 1930-1931. En et en de finale, le club passe des 11-1 et 10-0 records au SC Sélestat et à l'USA Clichy, avec à chaque fois un quadruplé de Roland Balavoine et un triplé de Paul Nicolas. Après avoir éliminé l'Iris Club lillois, l'Amiens AC reprend le chemin du stade olympique Yves-du-Manoir à Colombes pour affronter en quart de finale les Sports olympiques montpelliérains, vainqueurs de la Coupe 2 ans plus tôt. Comme l’année précédente, un train spécial conduit joueurs et supporters vers la capitale. Battus 2-1, l'aventure s’arrête une nouvelle fois à Colombes pour les Amiénois.
Lors de l'édition 1931-1932, l'Amiens AC arrive jusqu'en de finale. Opposé à l'OGC Nice, le match a lieu à Marseille au stade de l'Huveaune, comme sept ans plus tôt, quand le club avait disputé son premier quart de finale de Coupe. De cette équipe, il ne reste que l’éternel Urbain Wallet, qui finit sa carrière au poste d'ailier droit. Dans un match spectaculaire, les Amiénois s'inclinent 6-4.