La Tour Blanche (en ) est le donjon de la tour de Londres, située à Londres, en Angleterre. Elle a été construite par Guillaume le Conquérant à la fin du , et plusieurs fois remaniée.

Localisation La Tour Blanche est située à Londres, au cœur de la ville en bordure de la Tamise, sur la rive nord, dans le comté cérémonial anglais du Grand Londres.

Historique La tour de Londres (en ) est un ensemble médiéval de la ville de Londres. Il s'agit d'une forteresse du particulièrement bien conservée. Elle forme un ensemble touristique avec le (en ), le pont à bascule de la capitale du Royaume-Uni.

Le château qui plus tard fut connu sous le nom de tour de Londres fut commencé par Guillaume le Conquérant en 1066. Il s'agissait au début d'une fortification de terre et bois entourée d'une palissade. À la décennie suivante, les travaux débutèrent à la Tour Blanche, le grand donjon de pierre qui domine encore le château aujourd'hui. La date précise de la fondation de la Tour Blanche est inconnue, tout comme le temps qu'il a fallu pour la construire. On estime généralement que le début de la construction remonte à 1078 puisque le Textus Roffensis indique que Gundulf, évêque de Rochester, supervisa les travaux de construction sur instruction de Guillaume le Conquérant. Des datations dendrochronologiques laissent penser que le début de la construction de la Tour Blanche remonte à la période 1075-1079. L'archéologie du bâtiment érigé suggère qu'il y eut une pause dans la construction entre 1080 et 1090-1093, bien que l'on n'en sache la raison. Gundulf fit plus que superviser les travaux, c'était un architecte qualifié. Le château et la cathédrale de Rochester furent reconstruits sous ses auspices. En tant que château principal dans la capitale de l'Angleterre, la tour de Londres était une résidence royale importante. Le donjon construit par Gundulf en témoigne puisqu'il est l'un des plus importants de la chrétienté.

vignette|La Tour blanche.

La Tour blanche avait plusieurs fonctions. Sur le plan militaire, il s'agissait de la partie la plus importante du château, mais elle fournissait également un logement adapté pour le roi et ses représentants. Dans l'architecture médiévale, le donjon était un symbole signifiant la puissance d'un seigneur. La Tour Blanche fut probablement terminée en 1100 au plus tard, date à laquelle elle fut utilisée pour emprisonner Rainulf Flambard, évêque de Durham. Ce fut probablement sous le règne d' (1154-1189) qu'un avant-corps fut ajouté sur le côté sud de la tour afin de fournir des moyens de protection supplémentaires à l'entrée, mais il n'a pas survécu. Les relations d' avec ses barons étant difficiles, il améliora dans les années 1220 et 1230 les moyens de défense du château et des bâtiments domestiques. Bien que les travaux commencés ne fussent achevés de son vivant, il agrandit le château sur les parties nord et est, construisant un nouveau mur de pierre tout autour. Une galerie de bois fut ajoutée au sommet de la Tour Blanche dont les murs faisaient saillie afin de mieux défendre la base de la tour. Henri entreprit également l'entretien de la Tour Blanche et ce fut sous son règne que la tradition de blanchir le bâtiment commença.

En , le responsable des travaux (en ) à la tour de Londres ordonna . Plus tard cette même année, le roi écrivit au responsable, ordonnant l'allongement des gouttières de plomb de la Tour Blanche afin que . Henri ne donna pas d'explication quant à l'ordre qu'il avait donné concernant le blanchiment du donjon, mais il se peut qu'il ait été influencé par la mode contemporaine en Europe consistant à peindre les bâtiments prestigieux en blanc. Il ajouta également des décorations à la chapelle du donjon, tels que des vitraux, des statues, et des peintures.

vignette|La Tour blanche, dans un manuscrit du de poèmes de (1394 † 1465), commémorant son emprisonnement en ce lieu (British Library). Devant la Tour Blanche se dresse la tour Saint-Thomas, également connue sous le nom de porte des Traîtres ; la Tamise coule au premier plan.

Au début du , l'activité au château diminua par rapport aux périodes précédentes. Bien que la tour de Londres fût encore parfois utilisée comme résidence, dans les années 1320, la chapelle de la Tour Blanche servait de lieu de stockage dans lequel étaient déposées les archives. Ce fut à cette période que la fonction de résidence royale du château commença à diminuer. Les archives quittèrent brièvement la Tour Blanche en 1360 afin d'accueillir le roi français qui était en captivité. Ce fut peut-être sous le règne d' (1327-1377) que fut créé le bâtiment de butée situé côté sud de la Tour Blanche. Construit comme lieu de stockage, il se peut qu'il ait fait partie du programme de construction entrepris à la tour de Londres par Édouard, qui fit passer au premier plan son rôle de magasin militaire. La structure n'existe plus, mais elle est notée sur les plans de 1597 et 1717.

fut emprisonné à la tour de Londres et il abdiqua en 1399 ; selon la tradition, l'événement eut lieu à la Tour Blanche. Dans les années 1490, un nouvel étage fut ajouté à la Tour Blanche, agrandissant ainsi l'espace de stockage. Il ne reste architecturalement quasiment aucune trace de l'avant-corps de la Tour Blanche, même s'il apparaît dans un dessin effectué à la main vers 1500 représentant l'emprisonnement de Charles, duc d'Orléans, et figure dans un plan de 1597. Il fut démoli en 1674. Le de cette même année, au cours de la démolition, des os appartenant à deux enfants furent découverts dans l'avant-corps, sous les escaliers. On supposa qu'il s'agissait de ceux des princes de la Tour. Les restes furent réinhumés dans l'abbaye de Westminster. L'histoire des princes de la Tour est l'une des histoires les plus infâmes liées au château. Après la mort d', son fils âgé de 12 ans fut couronné et devint . Richard, duc de Gloucester, fut déclaré Lord Protecteur alors que le prince était trop jeune pour gouverner. Édouard fut confiné dans la tour de Londres avec son plus jeune frère, Richard. Le duc de Gloucester devint le roi en juillet. Les princes furent vus pour la dernière fois en public en ; la raison la plus probable de leur disparition est leur assassinat à la fin de l'été 1483.

À la période Tudor, l'aspect des fortifications avait changé afin de mieux les adapter à la puissance des canons. Les nouveaux modèles, dotés de bastions à angles faibles, ne furent pas reproduits à la tour de Londres. Certaines adaptations propices à l'utilisation de canons furent tout de même réalisées : ces changements comprenaient l'ajout d'une plate-forme de bois au sommet de la Tour Blanche, censée servir d'emplacement pour les canons. Le poids de ces derniers endommagea le toit, si bien qu'il dut être renforcé. La seule utilisation documentée relative à ces canons date de la rébellion de Wyatt en 1554 et ils furent inefficaces. Le Board of Ordnance et l'Office of Armoury avaient établi leurs quartiers à la tour de Londres jusqu'au . Leur présence influença l'activité au château et fit de lui le dépôt militaire le plus important du pays. Dans les années 1560, deux dépôts d'armes furent créés dans la Tour Blanche, et sous le règne d' (1558-1603), ce fut dans la Tour Blanche que la plus grande quantité de poudre fut stockée. Au cours du dernier tiers du , le château était devenu une attraction touristique avec des visiteurs autorisés à y pénétrer en dépit de son utilisation par les Offices of Ordnance and Armoury. Son rôle de lieu d'approvisionnement eut un impact direct sur la structure de la Tour Blanche : des pieux furent ajoutés pour soutenir les étages. En 1636, un trou fut percé dans le mur nord de la Tour Blanche afin de faciliter la circulation des provisions. En 1639-1640, l'aspect extérieur de la Tour Blanche fut modifié, le matériau de parement étant sur une grande partie remplacé.

En 1640, ordonna que l'on préparât la tour de Londres en cas de conflit. Des plates-formes pour les canons furent construites et 21 canons furent installés au sommet de la Tour Blanche avec trois mortiers supplémentaires. Malgré ce nouveau système défensif, les Parliamentarians capturèrent la tour de Londres, sans l'utilisation des canons. En , tenta d'arrêter cinq membres du Parlement. Lorsque sa tentative échoua, il fuit la ville, et le Parlement riposta en supprimant Sir John Byron, alors lieutenant de la Tour. Les groupes miliciens locaux, les Trained Bands, avaient changé de camp, ils soutenaient maintenant le Parlement ; alliés aux citoyens de Londres, ils bloquèrent la Tour. Avec la permission du roi, Byron abandonna le contrôle de la Tour. Le Parlement le remplaça par un homme qu'il avait choisi, Sir . Au moment où la Première Révolution anglaise éclata, en , la tour de Londres était déjà sous le contrôle du Parlement. En 1657, l'ensemble du bâtiment, à l'exception de la chapelle, était utilisé pour stocker la poudre à canon. Stocker à la fois de la poudre à canon et les archives du gouvernement à l'intérieur de la Tour Blanche n'était pas idéal, et à plusieurs reprises, en 1620, 1718, et 1832, on suggéra de déplacer la poudre dans un autre lieu, mais ces propositions furent infructueuses.

vignette|upright|L'armurerie royale est toujours exposée à l'intérieur de la Tour Blanche. Cette armure appartenait à .

En 1661, des plans consistant à nettoyer une zone de autour de la Tour Blanche furent proposés, afin de préserver le matériel dangereux se trouvant à l'intérieur. Rien ne fut fait jusqu'au Grand incendie de Londres en 1666. Pendant l'incendie, on eut des craintes pour le château, pour la Tour Blanche en particulier, soulignant la nécessité de prendre des mesures de sécurité. Les années suivantes, un mur de protection fut construit autour de la Tour Blanche. Dans les années 1670, les bâtiments qui s'étaient accumulés autour de cette tour afin de fournir un lieu d'approvisionnement pour les Offices of Ordnance and Armoury ("commission du matériel militaire") furent détruits. À la suite de cela, des réparations furent effectuées sur la façade de la Tour Blanche. Un escalier fut également ajouté sur la face sud, permettant un accès direct aux archives situées dans la chapelle.

Alors que la tour de Londres était ouverte aux visiteurs depuis des siècles, il fallut attendre le début du pour constater de réels changements concernant les visiteurs. En 1825, au sud de la Tour Blanche, on construisit un bâtiment appelé le New Horse Armoury, destiné à abriter les effigies des rois d'Angleterre. Le style néogothique de la structure - l'un des premiers musées construits à cet effet en Angleterre - fut beaucoup critiqué. À la fin du siècle, les effigies et l'armurerie de la reine Élisabeth étaient en exposition dans la Tour Blanche. Au milieu du , sous les encouragements du prince Albert, Anthony Salvin entreprit un programme de restauration du château. En 1858, le toit de la Tour Blanche fut renforcé par des poutres de fer. Le , une partie de l'exposition fut endommagée par une bombe dans la Tour Blanche.