thumb|upright|Un des symboles représentant l'égalité des sexes.

L'égalité des sexes, égalité des genres, égalité homme-femme ou égalité femme-homme est le principe selon lequel les femmes et les hommes doivent recevoir un traitement égal et ne doivent pas être victimes de discriminations fondées sur leur appartenance à l'un ou l'autre sexe ou genre, hormis les cas où une différence de traitement serait fondée, biologiquement, médicalement ou socialement, comme cela peut se justifier dans le sport, la mode ou le spectacle vivant par exemple.

L'égalité des sexes est un objectif de la Déclaration universelle des droits humains et constitue l'Objectif de développement durable de l'Organisation des Nations unies, qui prévoit une égalité en droit et dans des situations sociales, et en particulier un salaire égal pour un travail égal. Les politiques publiques et les dispositifs mis en œuvre par les entreprises en la matière visent à instaurer, notamment dans le cadre professionnel, un environnement inclusif et équitable, en encourageant une attitude responsable de l’employeur et en combattant diverses formes de discrimination, telles que celles liées à l’embauche, au harcèlement, aux écarts de rémunération entre femmes et hommes, ainsi qu’à l’accès restreint des femmes aux postes de direction ou à certains secteurs historiquement masculins. Ces politiques peuvent aussi, plus largement et explicitement, la diversité de genre, en prenant mieux en compte les personnes non-binaires ou non-genrées, et en promouvant des pratiques respectueuses de toutes les identités. Elles soutiennent enfin des mesures favorisant la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle, dans une perspective de justice sociale compatible avec la performance organisationnelle.

Égalité dans les faits

Si l'égalité entre sexes ou genres présuppose une égalité de droits, et notamment la transcription dans les lois nationales des droits des femmes, en particulier, elle ne se limite pas à ces aspects légaux et vise des inégalités de fait, et ainsi à l'équité, lorsque ces lois ne sont pas respectées.

Inégalités au travail : salaires et conditions de travail

La perception des inégalités de genre au travail est contrastée : certains salariés (ou employeurs) estiment que des actions correctrices restent nécessaires voire cruciales pour effacer ou limiter les discriminations persistantes. (évidentes concernant les salaires par exemple)...

D'autres disent estimer que l’égalité entre femmes et hommes est déjà acquise, rendant donc superflues les politiques de genre ; ceux-là sont plus susceptibles de rejeter ou de stigmatiser les politiques d'égalité, par exemple en les disqualifiant par le qualificatif de woke ou wokiste ; un déni qui peut aussi refléter une volonté implicite de préserver un système inégalitaire favorable à leurs intérêts., en lien avec des idéologies conservatrices ou autoritaires qui légitiment un ordre social établi, telles que le conservatisme politique, l’autoritarisme de droite..

Selon le baromètre des discriminations perçues dans l'emploi du Défenseur des droits en France, le genre est le deuxième motif de discrimination dans le monde professionnel.

Salaires

Selon l'Observatoire des Inégalités, en France, les femmes seraient, quel que soit le temps de travail, payées 25,7% de moins que les hommes qui sont eux, payés 34,6% de plus que les femmes (situation en 2012).

Étude INSEE 2013 (France) En 2013, l'INSEE synthétise les facteurs observables qui participent à la différence de salaire entre femmes et hommes. L'INSEE prend l'exemple des salariés de Bourgogne-Franche-Comté : Les salariées perçoivent un salaire annuel inférieur de 26 % en moyenne. Les salariées travaillent en moyenne moins que les salariés car elles peuvent moins se dérober aux charges familiales (36 % d'entre elles font du temps partiel contre 12 % d'entre eux). Ramenée à un volume horaire équivalent, la différence passe de 26 % à 16,7 %. Le temps de travail est donc le premier facteur discriminatoire. Le second facteur est l'inégalité interprofessionnelle : les femmes sont concentrées dans des métiers en moyenne moins bien rémunérés bien qu'indispensables (métiers du soin : puériculture, services d'aide aux personnes âgées, personnels soignants, etc.). L'INSEE estime que sans ce facteur, l'écart passerait de 16,7 % à 10 %. Différents facteurs que l'INSEE nomme les « effets de structures observables » (type de contrat de travail, secteur de l'entreprise etc.), participent, toujours selon l'INSEE, à 3,2% de l'écart salarial. Sans tenir compte de ces facteurs, on arriverait à une différence salariale de 6,8 %. L'Insee évoque une discrimination salariale « pure » de 6,8 % entre hommes et femmes. Cependant, « d'autres facteurs comme l'expérience professionnelle, l’ancienneté dans l’entreprise ou encore le niveau de diplôme acquis peuvent contribuer à l'expliquer. [L'inégalité] peut aussi être le reflet de pratiques discriminatoires en termes d'avancement ou de primes. »

Études Glassdoor 2016 et 2019 (France, États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Canada, Pays-Bas et Singapour) Se basant sur des informations salariales à l’échelle du poste et de l’entreprise dans plusieurs pays riches, le cabinet de ressources humaines Glassdoor publie une étude sur le sujet en 2016, puis une étude similaire en 2019. En France, l'étude trouve un écart de rémunération “non ajusté” entre femmes et hommes est de 11,6 %. En appliquant des contrôles statistiques, on trouve un écart, dit “ajusté”, de 3,7 % (ce dernier étant significativement plus bas que celui de 6,3 % en 2016), qui correspond à l'écart que l'étude ne parvient pas à expliquer.

Présence d'un enfant dans le foyer familial (études OCDE 2012 et Glassdoor 2016) D'après plusieurs études, la différence de revenus serait accentuée avec la présence d'un enfant dans le foyer familial.

En 2012, un rapport de l'OCDE montre une différence de salaires quasiment nulle en France (et en France uniquement) entre femmes et hommes travaillant à temps plein dans la tranche 25-44 ans lorsque aucun enfant n'est présent dans la famille. La différence s'établissait alors à 13 % en défaveur des femmes-mères par rapport aux hommes-pères lorsqu'un ou plusieurs enfants étaient présents dans le foyer. En 2016, le cabinet Glassdoor indique qu'à poste égal, la différence de salaires entre femmes et hommes est quasiment nulle (0,4 %) lorsqu'aucun enfant n'est présent dans la cellule familiale. En revanche, les femmes qui ont eu au moins un enfant gagnent 12,4 % de moins que les hommes.

Conditions de travail les hommes sont plus exposés aux conditions de travail pénibles que les femmes et sont plus touchés par les accidents du travail ; les hommes sont victimes de remarques sexistes lorsqu'il est question de leur statut de père au sein de leur entreprise. Ainsi Noam Leandri, président de l'Observatoire des Inégalités note que « Peu d'hommes prennent un congé paternité et lorsqu'ils le font, cela peut être perçu de manière négative ».

En 2019 le Projet Interrégional Laboratoire de l’égalité (PILE) initié par l’Université de Franche-Comté (UFC) et l’Université de Genève (UNIGE) lancent une plateforme de bonnes pratiques et de ressources transfrontalières pour les entreprises souhaitant s'informer et prendre des mesures en faveur de l'égalité et la diversité professionnelle.

Inégalités dans la famille

Familles monoparentales Dans la majorité des familles monoparentales, en France, les pères et les mères n'ont pas un partage égalitaire des enfants.

+ Comparaison des familles Source : Insee, enquête Familles et logements concernant d'enfants résidant principalement avec un seul de leurs parents, 2011

Certaines revendications hoministes dénoncent les jugements en matière de divorce ou de séparation qui auraient selon eux tendance à favoriser les femmes. Le droit des pères, notamment en ce qui concerne la garde des enfants, y serait insuffisamment reconnu. Ainsi, si d'après Gérard Réverend, président de l'association Les papas=les mamans, "à peine 1 père sur 5 (20%) demande à avoir la résidence principale de son enfant", en 2009 selon le Ministère de la Justice seulement 1 enfant sur 12 (8%) est confié au père contre 74,6 % à la mère et 16,9 % en résidence alternée aux deux parents. D'après Marc Juston, juge aux affaires familiales à Tarascon, mais restent dans un .

Inégalité : les violences contre les femmes De profonds dysfonctionnements existent encore en 2020 quant au traitement réservé aux différents genres. En effet, les violences subies le sont très majoritairement par des femmes et commises par des hommes, cela se nomme la Violence contre les femmes. Cette violence inclut tous les types de violences et dans tous les aspects de la société, qu'il s'agisse du cercle familial et conjugal, du domaine professionnel, ou de l'espace public dans son ensemble le plus large.

Inégalités devant l'institution judiciaire en France Pour un même fait, les hommes sont plus souvent présumés coupables là où les femmes bénéficient plus souvent de relaxe ; Pour un même fait, les hommes condamnés le sont plus souvent à de la prison ferme là où les femmes obtiennent plus souvent de la prison avec sursis; Les femmes bénéficieraient d'une image de victime, mais pas les hommes.

Filières d'études mathématiques et techniques

La sous-représentation des femmes dans tout ou partie des filières d'études des mathématiques, des sciences physiques, des technologies et de l’ingénierie est constatée dans de nombreux pays. La réduction de ce déséquilibre est souvent un objectif affirmé dans les politiques publiques. La sous-représentation des femmes dans les domaines d'étude ayant une forte composante mathématique est restée constante ou a même augmenté dans la plupart des pays développés au cours des deux dernières décennies. Une exception notable concerne le domaine informatique, où les femmes étaient majoritaires dans les temps précurseurs aux États-Unis et en France, à l'époque des calculatrices, et tant que le métier était jugé comme peu qualifié mais où leur nombre a chuté drastiquement à partir des années 1980. Selon une étude largement commentée et critiquée de 2018, les femmes auraient une propension moindre à se diriger vers des études scientifiques et mathématiques dans les pays ou l'égalité des sexes est promue socialement. Une explication couramment avancée dans certains ouvrages récents pour expliquer ce qui est quelquefois qualifié de « paradoxe de l'égalité des sexes » est que, dans les pays plus égalitaires et plus développés, les filles et les garçons ont plus de liberté et de facilité à exprimer leurs préférences et intérêts personnels supposés intrinsèquement distincts. Cette explication prend appui sur des fondements théoriques issus de la psychologie évolutionniste, qui postule l'existence de différences innées entre les sexes sur plusieurs plans, par exemple en matière de personnalité ou d'intérêts. Toutefois, d'autres explications sur cette ségrégation du travail sont plus communément partagées. En Malaisie, où les métiers de l'informatique sont considérés comme particulièrement bien adaptés aux femmes, celles-ci sont majoritaires aussi bien dans le corps enseignant que parmi les diplômés des universités de Penang et Kuala Lumpur. Le poids des stéréotypes de genre jouerait donc un grand rôle dans ces inégalités de représentation. L'Unesco relève par ailleurs que .

Inégalités face au logement en France Les femmes sans-domicile bénéficient de conditions d’hébergement plus stables que les hommes. Ces derniers constituent la quasi-totalité de la population des sans-abri.

Assignations vestimentaires En 2022, au nom de l'égalité entre les femmes et les hommes, la piscine de Göttingen expérimente l'autorisation pour les femmes de se baigner poitrine nue le weekend..

Oppositions à la notion d'égalité des genres