Le Lauterbach, également appelé ruisseau de la Lauter, est un ruisseau français et allemand dans le département de la Moselle en France et dans le land de Sarre en Allemagne. Prenant source en région Grand Est, il traverse du sud au nord la région naturelle du Warndt, qui forme une vaste boutonnière s’ouvrant sur la vallée de la Sarre en Allemagne. C'est un affluent gauche de la Rosselle, donc un sous-affluent du Rhin par la Sarre et la Moselle. Le ruisseau a donné son nom à la localité autrefois indépendante de Lauterbach (Sarre), aujourd'hui réunie à la ville de Völklingen ainsi qu’à la revue du cercle d’histoire de L’Hôpital-Carling qui se nomme Entre Lauter & Merle. Le village de Geislautern qui est rattaché à Völklingen, doit également son nom au ruisseau (en allemand Bach) de la Lauter.
Étymologie Pour le ruisseau Lauterbach: der Luderbach (1543) ; der Lauterbach (1705) ; le Loutrebach (1797) ; Lauterbach (1815). Pour la localité de Lauterbach: Loderrbach (1490) ; Hof Luderbach (1543) ; Lauterbach (1708) ; Meyerei Lauterbach (1756) ; Loutrebach (1797) ; Lauterbach (1815).
Géographie De en France et de www.saarland.de en Allemagne jusqu'à sa confluence avec la RosselleRevue du cercle d'histoire de L'Hôpital-Carling Entre Lauter & Merle , page 24, juillet 2007., le Lauterbach prend ses sources dans les prairies situées le long de la forêt de Saint-AvoldCarte géologique de la France à 1/50 000, secteur Boulay-Moselle XXXV-12, réimpression de la du Bureau de Recherches Géologiques et Minières, Saint Lambert imprimeur à Marseille, 1978 (une des forêts domaniales de Saint-Avold), à Diesen, à , à côté de la centrale thermique Émile-Huchet et de la voie de contournement formée par la Route nationale 33 (France), située à l’ouest de Carling dans le département de la Moselle. Ses sources sont formées de petites mares et de marécages. Certaines sources ayant été asséchées par les travaux d'exploitation minière et les prélèvements de la centrale thermique Émile-Huchet, le débit est actuellement assuré par les eaux pluviales des localités avoisinantes (Carling, L'Hôpital (Moselle), ainsi que par les quartiers de Lauterbach, de Ludweiler et de Geislautern qui font partie de la ville de Völklingen) et par l’apport de ses nombreux affluents. L'on peut noter également l'apport des eaux usées des localités traversées (dont la station d’épuration de Carling qui se situe au niveau de la frontière franco-allemande).
À Carling, le petit cours d’eau est canalisé et son parcours reste souterrain sous la plus grande partie du centre-ville. La confluence en rive gauche de la Rosselle s'effectue sur la commune de Völklingen, à dans le quartier fortement urbanisé de Geislautern.
Communes, cantons, pays traversés Dans le seul département de la Moselle en France, le Lauterbach traverse sur les deux communes (Diesen ; Carling) qui font partie du Canton de Saint-Avold dans l'arrondissement de Forbach..
Dans le sens amont vers aval : Diesen (sources), Carling (frontière franco-allemande). Les lieux-dits des sources se nomment Binsenwiesenstuecke et Wiesenstuecke. Dans le land de Sarre en Allemagne, le Lauterbach coule et conflue avec la Rosselle dans la commune de Völklingen. Il passe par les quartiers de Lauterbach, Ludweiler et Geislautern. La ville de Völklingen fait partie du district de Sarrebruck. De la frontière franco-allemande à sa confluence, le Lauterbach coule sur une distance de .
Affluents Le Lauterbach a des affluents référencés (parmi les principaux on note : le Meisenberbach ; le Mühlenberbach, le Lauterbacher Fischbach ; le Scheidenschlagbach ; le Mühlenfeldbach ; le Krämerbach. Son rang de Strahler est de deux.
Côté français, l'on peut signaler deux anciens affluents, un petit ruisseau aujourd’hui asséché dont la source ferrugineuse naissait sous l'actuel quartier de L'Hôpital Bois-Richard et qui n’avait pas de nom. Le second affluent, également sans nom, était constitué par un petit ruisselet actuellement asséché qui trouvait sa source à hauteur de la rue de l’Hôpital (quartier Ziegelstuecker) et coulait le long d’une partie de la rue du Stade à Carling, formant partiellement limite entre Carling et L’Hôpital. Ces deux affluents se réunissaient et formaient un marécage se versant dans un étang (disparu) nommé Flachsweyer (ce qui signifie étang du lin)L'acte de concession accordé par Charles-Louis comte de Nassau-Sarrebruck du 25 août 1716 qui cite cet étang nommé Flachsweyer.Revue du cercle d'histoire de L'Hôpital-Carling Entre Lauter & Merle , page 25, juillet 2007.Revue du cercle d'histoire de L'Hôpital-Carling Entre Lauter & Merle , page 44, juin 2011. établi sur le Lauterbach à hauteur de l’actuel terrain sportif de la ville de Carling.
Hydrologie Le régime du Lauterbach est essentiellement pluvial et stabilisé par la remontée des eaux souterraines de la nappe phréatique par pression artésienne. L’implantation de nombreux captages d’eau a considérablement abaissé la nappe et a contribué à assécher sa vallée et à la disparition quasi complète de ses anciens étangs. S’y ajoutait l’apport historique des eaux d’exhaure de l’ancien puits Saint-Max (siège de l’exploitation minière de Carling) aujourd’hui fermé et les eaux usées de l’ancien bassin de décantation (disparu) de la centrale thermique Émile-Huchet à l’origine d’une importante catastrophe en 1978.
Le Lauterbach est un ruisseau moyennement abondant présentant des fluctuations saisonnières de débit peu marquées. Les hautes eaux se déroulent en saison hivernale et au printemps. L'on peut noter quelques rares épisodes de crues.
Géologie Le Lauterbach prend ses sources dans les terrains siliceux du Trias inférieur, dans les alluvions parfois tourbeuses formées au sommet des couches du grès vosgien principal (Obererbundsandstein). Sa vallée est constituée d’alluvions formées par la décomposition des couches du même étage gréseux, visibles sous forme de falaises autrefois exploitées sous forme de carrières à hauteur de Ludweiler.
Dans la vallée du Lauterbach on peut noter la présence de dépôts de tourbe dus à la remontée des eaux souterraines sous pression artésienne. Au niveau de sa confluence avec la Rosselle, le Lauterbach traverse les couches affleurantes du Westphalien D (Flammkohle). Ce sont des schistes, des grès gris et des conglomérats, présentant parfois des lentilles de houille.
Qualité de l'eau Le grès vosgien est le réservoir naturel d’une eau potable remontant par pression artésienne et recherchée par sondages. Cette eau forme les sources du Lauterbach et de ses affluents. Cette eau d’excellente qualité est actuellement polluée par les usines situées sur la plate-forme industrielle de Carling – Saint-Avold et les rejets de la centrale thermique Émile-Huchet.
Le , à 14h25, une partie de la ville de Carling et la vallée du Lauterbach sont engloutis sous d’eau et de boue de cendre provenant de la rupture de la digue du bassin de décantation de la centrale Émile-Huchet qui sera à l'origine de la « marée grise » à Carling. Ce bassin retenait environ d’eau chargée de suie provenant des chaudières de la centrale. Une partie de cette digue a cédé, libérant 400 millions de litres d’eau qui ont ravagé et pollué la vallée du Lauterbach.
Le , le site industriel de la Cokerie de L'Hôpital-Carling est signalé dans l'Atlas des zones polluées par le PCB (polychlorobiphényles). L'Atlas présente les informations tirées de la base de données BASOL sur les sites et sols pollués, de la base nationale de données BASIAS qui regroupe les inventaires historiques régionaux d’activités industrielles et de services susceptibles d’avoir engendré une pollution de l’environnement et la base de données ARIA du Bureau d’Analyse des Risques et Pollutions Industrielles (BARPI). Les sols du site (qui s’étend sur plus de 50 ha) sont perméables et gréseux et contiennent 20 000 fois plus de benzène que ce qui est autorisé.
Le site étant fortement pollué, l'arrêté préfectoral du 20/06/2011 impose à la société Cokes de Carling SAS : la mise en œuvre de mesures nécessaires à la limitation de l’extension de la pollution ; la définition d’un programme de surveillance de la pollution.
Le Lauterbach se jette dans la Rosselle. En 2006, l'Agence de l'Eau Rhin-Meuse attribuait à l'eau de la Rosselle, analysée au niveau de Petite-Rosselle, la qualité générale de « mauvaise » (catégorie 3).
Toponyme Le Lauterbach a donné son hydronyme au village de Lauterbach et forme une partie du nom du village de Geislautern. Tous deux sont aujourd’hui rattachés à la ville de Völklingen.
Histoire de la vallée du Lauterbach
Âge de pierre : près des hauteurs du Spazenhübel situées entre Ludweiler et Geislautern, des haches de pierre ont été découvertesWalter Zimmermann, Die Kunstdenkmäler der Stadt und des Landkreises Saarbrücken, éditions L. Schwann, Düsseldorf, 1932, rubrique Ludweiler, page 262.. D'autres haches et instruments de pierre ont été découverts dans la Spitteler Straße (rue de L'Hôpital) de LauterbachPlaquette d'information éditée à l'occasion des 300 ans de Lauterbach .
Époque gallo-romaine : de nombreux vestiges archéologiques ont été trouvés dans la vallée du Lauterbach à Carling (France) et dans les localités de Lauterbach, Ludweiler et Geislautern (Allemagne). Un autel portatif dédié au dieu Cissonius (découvert à CarlingAuguste Prost, Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et des Belles-Lettres, année 1880, vol. 23 , p. 266.), un bas-relief dédié au dieu Mercure (découvert à Lauterbach), une voie romaine (district Weiherdamm de Lauterbach) en sont des exemples significatifs. La vallée du Lauterbach se situe près du passage de l’ancienne grande voie romaine de Metz-Mayence-Worms d'axe ouest-est et d'une seconde voie romaine de moindre importance d'axe sud-nord mais d'origine plus ancienne, correspondant à l'ancienne route celtique qui reliait les gisements salifères lorrains aux populations septentrionales et qui longe sa vallée.
Le , fondation dans la vallée du Lauterbach du village de Ludweiler, par 12 Huguenots français de religion calviniste réfugiés dans le comté de Nassau-Sarrebruck. L'église des Huguenots est construite en 1785 sur la place du Marché (Marktplatz) de Ludweiler.
En 1707, fondation de l’industrie verrière dans la vallée du LauterbachPeter Colling, Festschrifft zur 250 Jahrfeier der Gemeinde Lauterbach, éditions Warndt-Druck G.m.b.H. Völklingen-Wehrden, 1956, pages 16 à 21. par des sujets catholiques du comte de Sarrebruck Louis Crato (1697-1713).
En 1789 l'industrie verrière de Lauterbach s'arrête.
En 1815, une partie importante de la vallée du Lauterbach (Lauterbach, Ludweiler, Geislautern et Völklingen) devient prussienne.
En 1825 débute l'exploitation du charbon à Geislautern.
Le un sondage est effectué dans la vallée du Lauterbach à Carling sous la direction de l'ingénieur des mines André-Eugène Jacquot (1817-1903) qui espère y trouver du charbon. Le on atteint une couche de charbon à 184 m de profondeur. Le , la société décide le fonçage du puits qui sera appelé puits Maximilien ou puits Saint-Max en l'honneur de Maximilien Pougnet propriétaire de la Compagnie houillère de la Moselle Maximilien Pougnet et Cie. Le , le gisement houiller est atteint et les premiers blocs de charbon sont extraits. En 1864, on atteint la profondeur de 335 m. Par suite d'effondrements et de fortes venues d'eau le puits est noyé en 1875. En 1908, le puits Saint-Max est dénoyé et ravalé jusqu'à pour servir de puits d'aérage et de service aux puits de L'Hôpital. Il prendra alors le nom de puits 8. L'exploitation s'arrête en 1918. En 1963, les bâtiments de l'exploitation ainsi que le chevalement typique du en bois, sont détruits. Il subsiste de l'exploitation, les bâtiments restaurés de l'ancienne direction.