Le tableau suivant liste les sonates pour clavier composées par Domenico Scarlatti en suivant les catalogues musicologiques, les sources manuscrites et les premières éditions ; il permet leur concordance.

Dans leur grande majorité, ces sonates sont écrites pour un instrument seul (clavecin, piano-forte, ou spécifiquement pour orgue, dans quelques cas), mais certaines portent un chiffrage et nécessitent deux instruments, par exemple violon, flûte ou mandoline, accompagné du clavecin.

Importance La production pour clavier de Scarlatti est sans commune mesure avec ses contemporains ou des musiciens qui le suivent, pour ce qui est du nombre de références. Mais l'œuvre, tout comme son importance, est résumée d'un trait par Richard Taruskin, elle

Catalogues

Le tableau général des concordances peut être trié dans l'ordre d'un des cinq catalogues existants, à savoir : K : Ralph Kirkpatrick (1953 ; parfois Kk. ou Kp.) L : Alessandro Longo (1906–1910, 11 vol.) P : Giorgio Pestelli (1967) CZ : Carl Czerny (1840) F : Emilia Fadini (1978)

L'ancien catalogue Longo, rompant les associations par paire des manuscrits, effectue des regroupements en suites de tonalités, ce qui n'est pratiqué nulle part dans les sources manuscrites (en revanche pratiqué par les premiers éditeurs, Boivin et Roseingrave). Il provient de la publication des œuvres de Scarlatti en 11 volumesA. Longo, 545 Scarlatti Sonatas in XI Volumes (Ricordi, 1906-1913).. Il a été utilisé pendant une bonne partie du et parfois aujourd'hui encore, mais généralement à côté du numéro du catalogue Kirkpatrick. Le Longo comprend une partie de suppléments, marqué d'un « S ». Le catalogue Longo correspond à son édition, où le musicologue se permet d'effectuer des corrections, notamment dans les accords dissonants ou le remplissage d'accords à l'origine volontairement incomplets. Ces modifications sont largement critiquées dans le chapitre X du livre de Ralph Kirkpatrick en 1953.

Le catalogue de Kirkpatrick est le plus complet et actuellement le plus utilisé ; il suit de manière privilégiée les manuscrits de Venise. Il recense 556 sonates et comporte 555 numéros. Ce nombre, souvent cité, est en fait une invention de Kirkpatrick, pour produire une figure mémorable. Il a par exemple numéroté deux sonates sur un seul, K. 204a et 204b et a présenté comme authentiques plusieurs œuvres qui ont depuis été largement considérées comme douteuses : sonates 95, 97, 142 à 146, 147. Son but était de classer le corpus dans l'ordre chronologique (en suivant le manuscrit de Venise)., mais d'autres études (notamment celle de Joel Sheveloff, 1970) remettent en cause cette partie du travail de classement du catalogue Kirkpatrick, en comparant les sources manuscrites et les éditions imprimées. Longo retenait 543 sonates, Kirkpatrick 556 — sur les 577 examinées — et Sheveloff en retient 585.

Deux autres musicologues mettent à mal cette prétention chronologique du catalogue « » : celui de Giorgio Pestelli, fondé sur des considérations stylistiques et de structure formelle (en six grandes organisations chronologiques : Venise 1705–1709, Rome 1709–1719, pré-Essercizi, le choix — Essercizi —, la grande floraison après les Essercizi, la dernière décade 1746–1757), et celui d'Emilia Fadini. Son édition, datant de 1978 (privilégie l'ordre des manuscrits de Venise, comme Kirkpatrick) mais suit sa propre numérotation, tout en ignorant certaines des études les plus récentes sur les sonates de Scarlatti. Elle rassemble toutes les sources disponibles .

Éditions anciennes

Les sonates à ont été publiées à Londres en 1738 sous le titre Essercizi per gravicembalo. Quelques éditions ultérieures avec d'autres sonates portent le nom de l'éditeur : Roseingrave, Worgan, Johnson (qui admet avoir, , et ), Birchall, Johnson, Cooke (lié à Roseingrave dans une édition de 1739), Pitman, Avison, Clementi, Haffner en Angleterre ; chez Boivin en France (cinq sélections entre 1742 et 1746). Elles sont toutes citées dans le tableau principal, dans la dernière colonne pour chaque sonate, ce qui permet de connaître ce qui était diffusé au . Sont récapitulées ci-dessous, les seules publications parues du vivant du compositeur :

+ Sonates publiées du vivant de Scarlatti.titreéditeurdatesonates Essercizi per gravicembalo Londresrééd. Vitvogel, Amsterdam 17381742 K. 1–30 42 suites de pièces pour le clavecin Cooke, Londresrééd. Johnson 17391754–1756 K. 1–42 Pièces pour le clavecin… opera prima Boivin, Paris [s.d.] 1742 K. 2, 4, 8–9, 30–33, 36–39 Pièces pour le clavecin, vol. I Boivin, Paris [s.d.] 1742 K. 1–10, 12–14, 19–20, 22, 29–35 Pièces pour le clavecin, vol. II Boivin, Paris [s.d.] 1742 K. 11, 15–18, 21, 23–28, 36–42 Pièces pour le clavecin, vol. III Boivin, Paris [s.d.] 1742 K. 33, 48–49, 55, 96–97 et 4 douteuses Pièces pour le clavecin Boivin, Paris [s.d.] 1742/1746 K. 1, 3, 5–7, 10, 12–14, 19–20, 22, 29, 34–35, 66, 95 Walsh, Londres K. 37 Libro de XII sonatas modernas Johnson, Londres [1752/1754] K. 44, 53, 55, 100–101, 104–107, 116–117, 140 6 sonate per il cembalo Haffner, Nuremberg K. 125–127, 131, 179, 182 20 sonate per il cembalo di varii autori Vernadez, Paris [1754/1755] K. 125, 180 6 sonatas… vol. III Johnson, Londres K. 113, 120, 246–247, 298–299

Les éditions du ont toutes les défauts de la pratique de l'arrangement, notamment celle de Carl Czerny (194 sonates, publiées en 1838–1840), source de tout le , a donné de Scarlatti Dans sa préface de 1839, Czerny écrit : Hans von Bülow, dans sa sélection de sonates largement retouchées (Peters, 1868), « corrige » l'harmonie dont les hardiesses étaient prises pour des fautes. Exprimant une vive opposition à l'édition Czerny, il

Manuscrits Ce tableau permet également de consulter les correspondances entre les manuscrits principaux et les différents catalogues musicologiques.

Il n'existe aucun manuscrit autographe des œuvres pour clavier de la main de Scarlatti, seules subsistent des copies, à l'exception peut-être d'une copie de la sonate K. 30, conservée à Berlin..thumb|Schéma des manuscrits sources des sonates de Scarlatti. L'hypothèse de la troisième source en plus de Venise et Parme, a été développée par Joel Sheveloff, notamment en 1985, lors d'un colloque à Nice. La découverte des manuscrits de Saragosse renforce cette thèse.

La source de la majeure partie des autres se trouve dans deux collections de partitions manuscrites luxueusement reliées, ramenées en Italie par le castrat Farinelli, lorsqu'il a quitté la cour des Bourbons d'Espagne en 1759, puis acquises en 1835 par la bibliothèque de Venise (15 volumes, 496 sonates) et celle de Parme (15 volumes, 463 sonates) série acquise pour sa part en 1908Larousse Dictionnaire de la Musique Domenico Scarlatti.

Copistes Les copistes des manuscrits sont l'objet de suppositions ou parfois identifiés, tels certains volumes de Parme par la main d'Antonio Soler, son élève. Certaines de ces sonates sont pourvues des initiales « SA ».

Manuscrits disparus Les manuscrits de Saragosse, découverts dans les années 2010, suggèrent une collection antérieure à celle des sources italiennes : certaines des sonates ayant une date de copie plus ancienne que celle notée dans Parme et Venise (par exemple la sonate K. 206).

Les 12 Concerti grossi (publiés en 1744) de Charles Avison sont composés à partir de vingt-neuf sonates empruntées au recueil de Roseingrave et des mouvements de sonates pour soliste et une basse continue (notamment les sonates 81a, K. 88, 89b et 91c). Mais le compositeur utilise également pour une dizaine de mouvemements, des sonates inconnues du même genre, qui forment les , empruntés à un manuscrit aujourd'hui disparu. Cet élément confirme encore la disparition de manuscrits.

Venise vignette|La reliure d'un volume du manuscrit de Venise, Bibliothèque Marciana. vignette|page=121|Début de la sonate K. 175 dans le manuscrit de Venise, livre I. Les volumes de Venise [I-Vnm] (Biblioteca Nazionale Marciana) sont la source principale pour presque l’essentiel des sonates conservées. Les manuscrits nommés « XIV » et « XV » par Longo, semant la confusion, sont en fait à placer avant la série I à XIII, puisqu'ils sont respectivement daté de 1742 et 1749. Sur cette constatation, Sheveloff propose de conserver la date et le lieu, par exemple Venise 1742 et les autres, Venise I.

Parme thumb|alt=partition manuscrite|Manuscrit de Parme : la première sonate du volume XII (K. 430). Parme [I-PAc] (Biblioteca Palatina, Sezione Musicale, Conservatorio Arrigo Boito) est une copie antérieure à Venise et la source principale des sonates K. 202 à 205, des K. 356 et 357, ainsi que des douze dernières sonates du catalogue Kirkpatrick, K. 544 à 555, qui ne figurent pas dans Venise.

Autres copies thumb|Page titre du manuscrit de Madrid, Ms 3/1408 provenant de la bibliothèque du Conservatoire de Madrid. thumb|La sonate K. 141 extraite du manuscrit Worgan (Londres, British Library, Ms. add. 31553).

D'autres copies sont détenues à BarceloneBiblioteca de Catalunya, ms M1964 et Biblioteca Orfeó Catalá. Dont deux nouvelles sonates découvertes par María Ester-Sala, à la fin des années 1980., Bologne, Cambridge (Fitzwilliam Museum)MS. MU. 147 et MU. 148 (olim 32 F 12 et 32 F 13)., MontserratAbbaye de Montserrat, MS AM 2786., Naples, New Haven, New YorkNew York Morgan Library, Manuscrit Cary 703., Coimbra, LisbonneLisbonne, Instituto Português do Património Cultural, ms FCR/194.1. Publié en 1991., Londres-Worgan (du nom d'un collectionneur du — le manuscrit qui contient 40 sonates, était celui d'un compositeur, organiste de la chapelle royale espagnole, Sebastián de Albero : le manuscrit Worgan contient, dans l'ordre d’apparition, les sonates : K. 109, 110, 106, 107, 55, 112, 117, 108, 98, 101, 49, 54, 43, 44, 123, 53, 111, 104, 47, 114, 56, 115, 116, 118, 122, 139, 120, 48, 113, 99, 100, 96, 46, 121, 105, 140, 50, 119, 68, 141, 142, 143 et 144.), Madrid (Real Conservatorio de Música, Ms 3/1408, 30 sonates, dont deux en ut majeur d'Albero : )Le manuscrit Ayerbe de Madrid, 3/1408 contient dans l'ordre de leur apparition, les sonates : K. 183, 158, 316, 317, 331, 332, 160, 333, 126, 319, [deux sonates en ut (de Sebastián de Albero)], 306, 190, 315, 179, 424, 425, 139, 116, 432, 430, 399, 392, 434, 427, 105, 364, 365 et 108., MilanBibliothèque du conservatore, ms. Noceda L 22 8., Munich, ParisParis, Bibliothèque de l’Arsenal, MS. 6.784.343., Tenerife (Sonates et Fandango découverts par Rosario Alvarez en 1985), Turin, Valladolid.

Hormis les manuscrits italiens, la plus importante collection de copies manuscrites est celle réunie par Fortunato Santini et conservée à Münster. Une autre à Vienne (7 volumes, 308 sonates), est une série ayant appartenu à Johannes Brahms.

Münster Contient 5 volumes, 360 sonates : (Diözesanbibliothek, fonds Santini), réunies par le collectionneur et infatigable copiste Fortunato Santini. volume 1 (90 sonates) cote : Sant. Hs. 3966. À l'origine ce volume était en deux : le premier de 50 sonates et le second de 40. volume 2 (60 sonates) cote : Sant. Hs. 3965 volume 3 (70 sonates) cote : Sant. Hs. 3968 volume 4 (70 sonates) cote : Sant. Hs. 3967. Ce volume est copié par Antonino Reggio. volume 5 (70 sonates) cote : Sant. Hs. 3964

Vienne Contient 7 volumes, 308 sonates : (Archiv der Gesellschaft der Musikfreun) volume A cote : VII 28011 A volume B (68 sonates) cote : VII 28011 B volume C (45 sonates) cote : VII 28011 C volume D cote : VII 28011 D volume E cote : VII 28011 E volume G cote : VII 28011 G. À vienne, il y a également les Q12 (6 sonates), Q13 (23 sonates), Q14 (16 sonates), Q16 (13 sonates), Q17 (22 sonates), Q19 (10 sonates), Q20 (3 sonates) et Q32 (72 sonates) : cotés respectivement, Q15112, Q15113, Q15114, Q15116, Q15117, Q15119, Q15120 et Q11432.

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