Benais est une commune française située dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.

Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par l'Authion, le Vieil Authion, le ruisseau de Saint-gilles et divers autres petits cours d'eau. Incluse dans le parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, la commune possède un patrimoine naturel remarquable composé de deux sites Natura 2000 et trois zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique. Le « complexe du Changeon et de la Roumer » est une zone spéciale de conservation regroupant des vallées et vallons abritant des lépidoptères rares, des zones humides avec la présence de Flûteau nageant et de grandes étendues de landes sèches et humides encore relativement ouvertes. Le « lac de Rillé et forêts voisines d'Anjou et de Touraine », protégée au titre de la directive Oiseaux, abrite en période de reproduction de la Cigogne noire, espèce rare en Europe et vulnérable au niveau français (liste rouge).

Benais est une commune rurale qui compte en . Elle est dans l'unité urbaine de Bourgueil.

Le patrimoine architectural de la commune comprend deux immeubles protégés au titre des monuments historiques. Le château, construit au , est inscrit en 1929. L'église Saint-Germain, qui n'a conservé de ses dispositions primitives du que la dernière travée de la nef, le choeur et sa chapelle sud, ainsi que le clocher, une chapelle nord a été ajoutée au et des remaniements ayant été faits aux 14e, 15e et début du , est classée en 1991 (église, à l'exclusion de l'adjonction du début du ).

Géographie Localisation La commune est située dans la Touraine angevine, anciennement province d'Anjou jusqu'à la Révolution française.

Hydrographie vignette|gauche|redresse=1.2|Réseau hydrographique de Benais. Le réseau hydrographique communal, d'une longueur totale de , comprend un cours d'eau notable, l'Authion (), et cinq petits cours d'eau pour certains temporaires...

L'Authion, d'une longueur totale de , prend sa source à près de Bourgueil, à Hommes, à la fontaine de la Favrie.. et se jette dans la Loire près d'Angers à Sainte-Gemmes-sur-Loire, à ., après avoir traversé .. Sur le plan piscicole, l'Authion est classé en deuxième catégorie piscicole. Le groupe biologique dominant est constitué essentiellement de poissons blancs (cyprinidés) et de carnassiers (brochet, sandre et perche)..

Trois zones humidesD’après l’article L. 211-1 du Code de l’environnement, « on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». ont été répertoriées sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le conseil départemental d'Indre-et-Loire : « la vallée du Changeon du Moulin Foulon au Moulin Boutard », « l'étang des Landes de Benais » et « les landes humides de la Pataudière »...

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Nicolas-de-Bourgueil à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Benais est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de BourgueilUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. Dans le cas de l'unité urbaine de Bourgueil, il y a une ville-centre et deux communes de banlieue... La commune est en outre hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (56,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (58,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (56,8 %), zones agricoles hétérogènes (16,7 %), cultures permanentes (15 %), prairies (5,9 %), zones urbanisées (4,2 %), terres arables (1,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune de Benais est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), feux de forêts et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à deux risques technologiques, la rupture d'un barrage et le risque nucléaire.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

Risques naturels Pour anticiper une remontée des risques de feux de forêt et de végétation vers le nord de la France en lien avec le dérèglement climatique, les services de l’État en région Centre-Val de Loire (DREAL, DRAAF, DDT) avec les SDIS ont réalisé en 2021 un atlas régional du risque de feux de forêt, permettant d’améliorer la connaissance sur les massifs les plus exposés. La commune, étant pour partie dans le massif de Bourgueil, est classée au niveau de risque 1, sur une échelle qui en comporte quatre (1 étant le niveau maximal)..

vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Benais. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 67 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (90,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 450 sont en aléa moyen ou fort, soit 87 %, à comparer aux 91 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...

Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par des mouvements de terrain en 1999.

Risques technologiques Une partie du territoire de la commune est en outre située en aval d'une digue. À ce titre elle est susceptible d’être touchée par l’onde de submersion consécutive à la rupture de cet ouvrage, chapitre Risque rupture de barrage..

En cas d’accident grave, certaines installations nucléaires sont susceptibles de rejeter dans l’atmosphère de l’iode radioactif. La commune étant située dans le périmètre concerté de autour de la centrale nucléaire de Chinon, elle est exposée au risque nucléaire. À ce titre les habitants de la commune ont bénéficié, à titre préventif, d'une distribution de comprimés d’iode stable dont l’ingestion avant rejet radioactif permet de pallier les effets sur la thyroïde d’une exposition à de l’iode radioactif. En cas d'incident ou d'accident nucléaire, des consignes de confinement ou d'évacuation peuvent être données et les habitants peuvent être amenés à ingérer, sur ordre du préfet, les comprimés en leur possession, chapitre Risque nucléaire..

Toponymie

Benais serait issu du gentilé gallo-romain Benaciusqui dérive du gaulois BenosDenis Jeanson - La maison seigneuriale du Val de Loire: sa vie, son économie, ses habitants, son architecture - Page 52..

Histoire Partie intégrante de la province d'Anjou et de son histoire, Benais et la région de Bourgueil (y compris le domaine du château de Gizeux et jusqu'à Château-la-Vallière) fut rattachée en 1790 au tout nouveau département d'Indre-et-Loire.

La seigneurie appartint notamment aux Beauçay, aux Montmorency-Laval-Loué, aux Du Bellay.

Le premier seigneur connu est Robert, chanoine d'Angers, cité en 1255.. Depuis la seconde moitié du au moins, Benais, châtellenie relevant à foi et hommage-lige du château de Chinon.., appartenait à la Maison de B(e)auçay-en-Loudunais (à Mouterre-Silly et La Mothe) (dont Hugues le Grand, croisé en 1248, † vers 1270/1280), qui acquit aussi Champigny. Au début du , Eustach(i)e de Beauçay, fille de Hardouin de Beauçay (petit-fils d'Hugues) et veuve de Guillaume d'Usages, vidame du Mans, qu'elle avait épousé en 1303, transmit Benais à son deuxième mari, André de Montmorency-Laval, sire de Loué et de Châtillon, épousé vers 1311.

Les Montmorency-Laval-Loué se succèdent alors à Benais tout au long des , :

le fils d'André et d'Eustache, Guy ; ses fils Jean et Thibault , deux seigneurs de Brée ; le fils de ce dernier, Guy II, sire de la Faigne et Montsabert ; son fils Pierre de Laval, sire de Bressuire et Lezay ; son fils Gilles , héritier des Maillé par sa femme Françoise de Maillé (avec Maillé et Rochecorbon), épousée vers 1500 ; Gilles II, leur fils ; ses fils René († 1562) et Jean († 1578 ; comte de Maillé en 1572) ; le fils de ce dernier, Guy III, † sans postérité à la bataille d'Ivry en 1590 en combattant pour le roi Henri IV.

La femme de Guy III, Marguerite Hurault († 1614), fille du chancelier Philippe Hurault de Cheverny, cède le le comté de Maillé (érigé en 1572 avec Maillé, Benais et Rochecorbon) aux du Bellay (de la branche de Gizeux, Thouarcé, Yvetot, représentée alors par Martin III, prince d'Yvetot (1571-1637), qui descendait du mariage vers 1496/1498 entre René du Bellay et Marquise/Marguerite de Laval, fille de Pierre et sœur de Gilles de Laval ci-dessus, mais aussi des Maillé par le mariage de Louis du Bellay († v. 1522) avec Marguerite de Maillé de La Tour-Landry)..