Eugène de Malbos, né le aux Vans (Ardèche) et mort le à Toulouse (Haute-Garonne), est un peintre et lithographe français.
Il est surtout connu pour ses dessins des Pyrénées et du Toulousain, tirés en lithographie par « Constantin à Toulouse », conservés en partie au musée Paul-Dupuy à Toulouse. Artiste pyrénéiste, ses autres œuvres, notamment sur le VivaraisLes périodes de ses longs séjours annuels à Berrias d'où il rayonne sont connues par ses dessins datés : ., sont moins connues.
Biographie Naissance Louis Aimé Eugène Bastide de Malbos naît le dans l’hôtel particulier de la famille de sa mère aux VansActe de naissance, sur archives.ardeche.fr (vue 330/382). ; il est le fils de Jules Bastide de Malbos (1782-1867), savant géologueportrait de Jules de Malbos sur medarus.org rédigé d'après l'article de Gaston Bonpascal dans Cévennes Magazine du 11 août 2012., anobli par Louis XVIII et de Julie de Lahondès Lafigère, née protestante, en 1783. Il est baptisé le , son parrain est Jacques Lahondès de Lafigère son oncle, et sa marraine sa grand-mère Marguerite Aubert de La Mogère la veuve de Louis Bastide de Malbos qui périt dans la prison de Pont-Saint-Esprit, étranglé« (...) Malheureusement la trahison fit avorter ce plan ; la fédération fut disloquée avant d'avoir combattu ; Malbos fut lâchement étranglé dans sa prison et les jacobins triomphèrent. (...) » in . par les révolutionnaires« (...) M. de Malbos, père, fut président du comité qui provoqua le premier rassemblement contre-révolutionnaire de Jalès, (...). M. de Malbos, père, fut une des victimes des évènements de cette époque si tourmentée. Arrêté, conduit au Pont-Saint-Esprit, il fut, pendant la nuit, précipité dans le Rhône (...) » in . pour sa participation aux camps de JalèsChristian de Seauve, Caraman 1581-1858. Chronique d’une maison l’hôtel de Malbos, son environnement catholique et protestant. Les collectionneurs amateurs 31460 Caraman. 1998, page 116..
Enfance, adolescence et mariage L'enfance d'Eugène de Malbos se passe à Berrias en Ardèche. Le Vivarais et sa famille imprègnent son esprit. Julie de (Lahondès Lafigère) Malbos « inspire à ses fils le goût des arts, et leur donne l'exemple d'une admiration prompte à s'exalter devant les beautés de la nature », écrit le cardinal de Cabrières.. Son père le géologue, décrit avec enthousiasme la nature dans ses œuvres scientifiques. Lors de ses promenades, il taille des bâtons en canne, sur lesquels il grave mille et un petits poèmesenviron 800 cannes dans 300 variétés de bois : portrait de Jules Bastide de Malbosc sur medarus.org rédigé d'après l'article de Gaston Bonpascal dans Cévennes Magazine du 11 août 2012..
Eugène fait des études secondaires au lycée de Tournon. Son grand oncle, Augustin Besqueut, ancien député de la Haute-Loire au corps législatifAugustin BESQUEUT, appelé BESQUENT sur le dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 d'Adolphe Robert et Gaston Cougny repris par assemblee-nationale.fr. et maire du Puy le destine à l'École des Mines de Saint-Étienne. Mais il poursuit une licence en droit dès 1832 à faculté de droit de Toulouse, parce qu’il est accueilli à Caraman, en Lauragais, à l’est de Toulouse par sa tante Sylvestre de Pagès-Bannières épouse de César de Toutoulon.
Il épouse le , à Toulouse, Louise de Carayon Talpayrac, fille de Jean Jacques Philippe et de Thérèse Philippine Jeanne Adèle CassaingCarayon de Talpayrac et Carayon La Tour, famille du Tarn in : .
Artiste Le ménage Eugène et Louise habite à Toulouse, au 22 grande-rue Nazareth, où Eugène a établi son atelier au fond de la deuxième courChristian de Seauve, Caraman 1581-1858. Chronique d’une maison l’hôtel de Malbos, son environnement catholique et protestant. Les collectionneurs amateurs 31460 Caraman. 1998, page 120. et à Caraman.
Eugène est l'élève et l'ami du peintre toulousain Joseph LatourJoseph Latour, Dessins d'un peintre voyageur de Toulouse en Espagne, catalogue du Musée des Beaux Arts de Gaillac, page 7 : « son élève le plus connu, Eugène de Malbos ».. Celui-ci est né à Noé en Haute-Garonne, le , il est donc l'aîné d'Eugène de seulement quatre ans, il enseigne le dessin à l'école de Feuillants, tenue par les Dames de Saint-Maur, et très vite son atelier de la place des Carmes est fréquenté par la jeune aristocratie toulousaineJoseph Latour, Dessins d'un peintre voyageur de Toulouse en Espagne, catalogue du Musée des Beaux Arts de Gaillac, page 12.. Eugène Fil, Maxime Lalanne, Charles de Saint Félix, son cousin Jules de Lahondès... M. de Malbosc pourrait bien avoir contribué à faire un archéologue de M. de Lahondès, que l'atelier du peintre Latour influença très heureusement.... in : . sont les condisciples de Malbos chez Latour.
Eugène de Malbos publie avec son ami Gustave de Clausade : Un voyage d'artiste. Guide dans les Pyrénées par deux amis (Dagalier, Toulouse 1835) qualifié de « Un des plus curieux morceaux de la bibliographie pyrénéiste » par Henri Beraldi dans Cent ans aux Pyrénées. Gustave de Clausade est né le à Rabastens (Tarn) et meurt à Toulouse le ; il est avocat à la cour de Toulouse. Dans cette plaquette ils évoquent avec lyrisme (« le style est une vibration continue » selon BeraldiLe style est une vibration continue : « Artiste, vois-tu cette tour crénelée se dessiner sur le flanc de cette montagne lointaine ? Eh bien, c'est le château de Lourdes, la porte des Pyrénées : hâte-toi de prendre tes crayons ! ... Debout, artiste, arme-toi de tes crayons, nous voulons aujourd'hui t'introduire au sein des Pyrénées. » in ) les paysages de Bagnères-de-Bigorre à Saint-Béat, qu'ils ont parcourus l'été précédent : Beraldi relève que les deux jeunes auteurs du Voyage d'artiste sentent vivement, et avec justesse, la poésie des Pyrénées et de la montagne, et l’expriment souvent très bien. Ce guide de voyage « à l'usage des artistes en quête de point de vue » est qualifié de parodie du romantisme« Ce petit livre qui se veut « à l'usage des artistes en quête de point de vue », est une parodie - volontaire ou involontaire ? - du romantisme » in .
Sur la plupart de ses dessins l'artiste note la date et le lieu. Les plus anciens sont de 1827, mais ils ne s'échelonnent de manière suivie qu'à partir de 1836. Ils permettent alors de reconstituer les courses qu'il effectue chaque année, de mars ou plus souvent avril-mai jusqu'à la fin de novembre. Par exemple, soixante-treize dessins, pour l’année 1841. Ils révèlent une grande mobilité, alors que les moyens de transport sont encore très limités.
Il campe des châteaux en ruine, d'autres non, des églises à chevets romans, clochers murs, ou clochers baroques. Puis ce sont des maisons sur piles, les cascades et les ponts qu'il affectionne. Les dessins sont souvent rehaussés de crayon blanc, de gouache blanche ou des ocres, sur un papier à dessin normal ou sur un fond bistre..
De nombreux dessins sont conservés au musée Paul-Dupuy à Toulouse. Le musée Paul-Dupuy a édité des cartes postales de ces dessins. D’autres éditeurs entre les deux guerres et dans les années 1960 avaient édité des cartes à partir des lithographies toulousaines ou ariégeoises.
Par son maître et ami Joseph Latour, Eugène est associé au courant de rénovation du paysage qui trouvera son aboutissement avec l'école de 1830/école de Barbizon...
Art de la lithographie vignette|right|Eaux-Bonnes, en 1843. De nombreux dessins sont ensuite transformés en lithographies originales, c'est-à-dire que l'artiste est à la fois l'auteur du dessin et le lithographe, et publiés pour la plupart chez Constantin à Toulouse. L'estampe est l'exact reflet du dessin : même dimension, même contraste ; il réussit, malgré l'inconvénient de la monochromie à donner l'illusion de la couleurChristian de Seauve, Caraman 1581-1858. Chronique d’une maison l’hôtel de Malbos, son environnement catholique et protestant. Les collectionneurs amateurs 31460 Caraman. 1998, page 126.. Les premiers plans sont parfois modifiés, pour devenir plus conventionnels, peut-être plus commerciaux. « Certaines lithographies du dessinateur, nous dit Marguerite GastonMarguerite Gaston, Images romantiques des Pyrénées. Les Pyrénées dans la peinture et dans l'estampe à l'époque romantique. Amis du Musée Pyrénéen (1975)., ont quelque chose des dessins orientaux. Sa planche des Eaux-Bonnes ressemble à certaines estampes japonaises avec ses plans étagés verticalement. Le crayon de Malbos, dans ses lithographies, reste très souple. Le grain de la pierre donne des ombres douces et des passages onctueux ». Au milieu du siècle, l'influence des estampes japonaise diffusées par la presse illustré, notamment par Le Magasin pittoresque, se fit sentir chez plusieurs artistes et se manifeste par la traduction en aplat et la verticalisation des plans de la montagne, l'estompage de leur base tendant à les isoler les uns des autres relève Hélène Saule-Sorbé. « Eugène de Malbos assujettit à ce style novateur le site des Eaux-Bonnes : sur la gauche la silhouette tourmentée d'un arbuste rappelle les mises en pages tant chinoises que japonaises. ».
Il publie, en premier non daté, un album, Croquis d'un élève de M. Latour, chez Constantin à Toulouse, 22 planches dessinées en 1825 et 1830. Toujours chez Constantin, un album de 15 planches Une visite au bon roy Henry, suivie d'une excursion au Guispuscoa, par Bayonne est publié en 1843. Le texte est de Gustave de Clausade. Il publie encore, non daté, en album, Les plus beaux sites des Pyrénées, édité par Dufour à Tarbes, et Frick imprimeur à Paris. Sur 29 planches, 13 sont d'Eugène et 16 sont de Maxime Lalanne. Enfin en 1859, un an après son décès, est publié l'ouvrage de Frédéric Soutras Les Pyrénées romantiques, qui contient 9 lithographies d’Eugène de Malbos, à côté de celles de Maxime Lalanne (14) et 3 de Seguin et Deroy. Dans Le Routier des Frontières Méridionales se retrouvent plusieurs autres lithographies signées ou non. En 1842, il illustre des mélodies publiées chez Constantin, par exemple : Monte dans ta nacelle - Barcarolle à 2 voix, paroles de Théobald d'Escouloubre, musique de Philippe de Bray, dédiée à H de Cantalauze ; la lithographie représente un château en ruine avec à ses pieds une barque et son nautonier. Certaines lithos sont intitulées : Souvenir d'Ardèche, une composition dans laquelle se trouvent réunis le château de Largentière et le pont de Jaujac ; Souvenir des Alpes en 1838, Souvenir du Grésivaudan, où plusieurs sujets sont ainsi regroupés, peut être d'une façon un peu naïve, sur la même planche. Quelques lithos individuelles, œuvres de jeunesse, comme celle de Berrias (Ardèche), ou à usage domestique comme celle du château de Riveneuve en Ariège, complètent cette production. Louise, son épouse fait aussi de la lithographie mais d'une manière plus simple comme celle de maisons des Pyrénées faites avant son mariage en 1839, puis en 1842.
De son côté Louise, son épouse signe « LC », en 1839 et 1842 deux lithographies avant son mariage, ainsi que deux dessins du Pont de Mauléon, du château de Calviac et du Pont d'Arc en 1849.
Peintre