vignette|Ancien logo. Camaïeu est une entreprise de distribution de prêt-à-porter créée en 1984 et qui a disparu en 2022. Elle est alors focalisée sur le segment de la femme de ..

L'entreprise, qui en 2018 détient 11 % de parts de marché du prêt-à-porter féminin en France, revendique un chiffre d'affaires de 750 millions d'euros réalisé dans 900 magasins dont 650 en France. Au-delà de ces chiffres, l'entreprise accumule, depuis le milieu des années 1990, les problèmes financiers. Elle passe de main en main à plusieurs reprises à partir des années 2000, pour finalement être revendue en .

Le , le tribunal de Lille prononce la liquidation judiciaire de l'entreprise en France, entraînant ainsi la fermeture d'environ 650 magasins et la suppression de emplois. L’enseigne ferme définitivement le soir du .

La marque est rachetée par Celio le .

Le , l'influenceuse Léna Situations annonce par le biais d'une vidéo postée sur sa chaîne YouTube, le retour de la marque Camaïeu pour le mois de .

Histoire Création Camaïeu est créé en 1984 par Jean-Pierre Torck, Éric Vandendriessche, Jean Duforest et Dominique Debruyne.. Ces quatre hommes ont tous travaillé pour les entreprises au sein de l'association familiale Mulliez. Dominique a connu Miniper, le hard discounter de Gérard Mulliez, Jean venait d'Auchan et de Kiabi, Eric a commencé sa carrière à Auchan, et Jean-Pierre y a été formé. L'enseigne tente de court-circuiter ses concurrents tels que Pimkie ou Promod en privilégiant le circuit court et en ajustant l'approvisionnement des rayons en fonction de la demande. L'entreprise vend en petites séries à bon marché les vêtements plébiscités. Dix ans après, l'entreprise compte .

L'entreprise crée Camaïeu Homme en 1991. En 1993, l'entreprise rachète l'entreprise Tandy et ouvre un nouveau siège social accolé d'un entrepôt logistique, avenue Brame à Roubaix.. L'année suivante, Camaïeu Enfant est créé. Jean Duforest reprend l'activité et renomme l'enseigne Okaïdi en 1996.

Après cette croissance rapide, les premières difficultés débutent ces années-là. Camaïeu change de stratégie en 1996 et se recentre sur les boutiques de vêtements et accessoires destinés aux femmes . Camaïeu Hommes est cédé au groupe Mulliez qui rebaptise l'enseigne en 2000 Jules, et Camaïeu Enfants est cédé à Jean Duforest un ancien de Camaïeu Enfant, qui rebaptise l'enseigne en 2000 en Okaïdi, les segments homme et enfant ne font donc plus partie du groupe.

Ouverture à l'international En 2000, le réseau s'étend à l’international en ouvrant des boutiques en Europe. Des accords sont également passés avec des partenaires en Russie et au Moyen-Orient. Pourtant, ces années-là, la rentabilité de ces opérations à l'étranger est loin d'être atteinte. En , Camaïeu part à la conquête de la Hongrie avec l’ouverture de huit magasins, dont six à Budapest, situés dans les principaux centres commerciaux. L’objectif de l’enseigne est de devenir une marque référence du prêt-à-porter féminin en Hongrie, avec une trentaine d’unités d’ici 2014.

En 2015, l'enseigne indique être présente dans différents, totalisant plus de dont près de 650 en France. Le , le distributeur textile français ouvre son premier magasin au Cameroun, sous le modèle de la franchise en partenariat avec le groupe Mercure International. Ce groupe annonce l'ouverture d'un magasin à Libreville au Gabon le , le cinquième en Afrique avec deux établissements en Tunisie, un au Sénégal et un au Cameroun. Mais toutes ces ouvertures successives restent alors une et le virage du commerce sur internet est négligé.

Prise de contrôle par le fonds Cinven Les fondateurs cèdent leurs parts en 2005 : après le rachat par le fonds d'investissement la Financière Addax (Axa Private Equity), le fonds Cinven achète 65 % des parts en 2007, valorisant ainsi Camaïeu à d'euros. Durant cette période, Cinven cherche surtout des dividendes : Challenges cite puis 48 millions l'année suivante. Jean-François Duprez, le président du directoire, est alors mieux payé, dont de nombreuses stock-options qui lui rapportent d’euros, que celui de Total ou de la Société Générale .

En 2011, la société est retirée de la cotation en Bourse de Paris. Le fonds d'investissement Cinven, toujours par l'intermédiaire des fonds Modacin et Modamax, monte de 30 % pour une estimation de valorisation de d'euros.. Le chiffre d'affaires est d'alors d'environ d'euros ; sa baisse régulière est compensée par les ouvertures de boutiques. La même année, en France, un mouvement social dans l'entreprise débute pour réclamer une hausse des salaires... Il est rapidement circonscrit sous des menaces de licenciements. Les de l'hexagone demandent une revalorisation des salaires et des embauches pour les emplois précaires.

Deux ans plus tard, Cinven demande la restructuration de la dette (un milliard d'euros) et en obtient le report en 2018 avec l'intervention de deux autres fonds Polygon et Boussard&Gavaudan, évitant ainsi .

Le Rana Plaza s’effondre en 2013 : ce bâtiment bangladais abritait plusieurs ateliers de confection sous-traitant pour plusieurs multinationales. L’effondrement, dû aux mauvaises conditions de sécurité sur le site, a causé la mort de . Dans les décombres de l’immeuble, des étiquettes de la marque Camaïeu sont retrouvées, symbole de la fast fashion. La perte d'image est importante. Un porte-parole de la marque a déclaré ne pas comprendre comment un pantalon de la marque avait été retrouvé sur place.. Plus tard l’entreprise expliquera qu’un de ses fournisseurs avait sous-traité une partie de la commande au Rana Plaza, malgré l’interdiction de cette pratique dans ses conditions générales d'achat.. Depuis cet accident, Camaïeu améliore sa transparence sur ses achats..

Cinven met en vente Camaïeu début 2016 mais ne reçoit pas de proposition à hauteur de sa demande.. La dette frôle alors le milliard d'euros, à peine inférieure au chiffre d'affaires de l'année précédente.

En , Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France (où se trouve le siège social de l’entreprise), fait pression sur la BNP pour lui demander de maintenir ses lignes de crédit et éviter une crise de trésorerie...

En septembre, Camaïeu réussit la restructuration de sa dette d'un milliard d'euros, transformant la moitié de cette créance en actions. Cette dette reste l'héritage du LBO engagé en 2007. La créance de la dette restante se voit repoussée à 2019. Après cette restructuration, l'enseigne veut alors augmenter sa capacité d'investissement de dix millions d'euros par an et souhaite rénover ses boutiques, en France comme à l'étranger...

En 2017, l'enseigne fait peau neuve à travers un projet de refonte de sa marque et la mise en ligne d'un nouveau site internet.. En 2018, l'entreprise est la première chaîne française en matière d'habillement féminin. Pourtant, sa dette , qui est encore de d'euros (soit environ les deux tiers du chiffre d'affaires d'alors), plombe ses résultats, d'autant plus que les ventes s’essoufflent.

Procédure de sauvegarde de Modacin Le , la société Modacin, holding financière de l’enseigne est mise sous sauvegarde par le tribunal de commerce de Lille. Cette procédure vise à encadrer les discussions avec les créanciers autour de sa dette. Selon l'enseigne, si son chiffre d’affaires s’est replié ( d’euros en 2017, contre d’euros en 2016), la rentabilité a progressé mais .

L'enseigne souffre encore du LBO antérieur, soit l’acquisition d’une entreprise par un emprunt remboursé par les performances de la société, effectué alors que le marché de l'habillement est en perte de vitesse depuis 2008. Camaïeu fait toujours face à une chute importante de la consommation d'habillement en France. En parallèle, la décennie passée, voyant la succession de divers fonds d'investissements, a entrainé un manque d'évolution, une . De plus, l'entreprise reste peu présente sur internet avec moins d'un vingtième de ses ventes réalisées par ce biais et a du mal à lutter face aux enseignes internationales de qui tirent les prix vers le bas.

Le tribunal de commerce de Lille met fin à la procédure de sauvegarde de Modacin le . La dette (alors plus de d'euros) se voit entièrement convertie en capital au profit des créanciers. Ses actionnaires historiques tous individuellement minoritaires, les fonds Polygone, Cinven, Boussard et Gavaudan, Citi, Centerbridge et Barclays, laissent l'enseigne à des fonds d'investissement, notamment les américains Farallon, Carval et l'européen CVC. Le est prononcée l'annulation de la procédure de sauvegarde du holding.

Nomination de Joannes Soënen au poste de président Les fonds d'investissements maintenant propriétaires de la marque ont donc converti la dette en capital afin de réduire le lourd endettement ; à la suite de quoi ils prévoient des investissements de quelques dizaines de millions d'euros.

Fin , l'enseigne indique avoir recruté Joannes Soënen au poste de président. Il s’agit d’un retour aux sources pour ce dernier, il y avait commencé sa carrière en 1992, d’abord aux achats en Asie, avant de devenir directeur du sourcing en 1996. En 2000, il avait pris la tête du département produit mode féminine.

Début , Camaïeu s’apprête à fermer à l’étranger. Ce projet date de l'année précédente, où six des huit filiales de Camaïeu sont destinées à disparaitre. Ces fermetures concerneront les pays où l’enseigne possède ses propres magasins, en Europe. L’enseigne réalise en 2018 un peu plus de d’euros de chiffre d’affaires dont 85 % en France. Le choix de la fermeture correspond donc à la nécessité de se concentrer là où la marque reste forte, mais aussi de réduire la dispersion.

Placement en redressement judiciaire Le , la société est placée en redressement judiciaire. Une période d'observation de six mois est décrétée pour Camaïeu qui vient de fermer plus de à travers le monde en raison de l'impact de la crise liée au Covid-19. L'enseigne a perdu 95 % de son chiffre d'affaires entre mars et , soit un manque à gagner de d'euros. Elle est à bout de souffle. Les représentants syndicaux s'inquiètent d'une possible saignée des effectifs courant 2020.

En , Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, se dit de Camaïeu dans le but de préserver un maximum d'emplois au sein du territoire.

Les éventuels repreneurs ont jusqu'au pour présenter leurs offres. Sept repreneurs se sont manifestés dont deux envisagent une reprise globale de l'activité en France. Parmi ceux-ci, Joannes Soënen (aidé des fonds Farallon, CVC Credit Partners et GoldenTree, mais également de l'entreprise Log's destinée à reprendre la logistique de la marque) qui a mis l'entreprise en redressement judiciaire auparavant, permettant ainsi d'épurer la dette et d'obtenir un prix de rachat faibleArticle et interview : . Finalement, Joannes Soënen quittera l'entreprise fin 2020 pour rejoindre Celio.

En , Camaïeu International est accusé de vider les caisses des filiales belges, luxembourgeoises et suisses afin de pouvoir les déclarer en faillite ; cette « faillite organisée » permet d'éviter de lancer un plan couteux de licenciements dans ces pays, comme la Procédure Renault en Belgique.

Reprise de Camaïeu par la FIB puis liquidation