thumb|right|Échangeur autoroutier.

Les ingénieurs des ponts et chaussées (IPC) étaient les membres de l'ancien corps des ponts et chaussées qui est devenu le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts.

Le corps des ingénieurs des ponts et chaussées était, jusqu'au , un corps technique d'encadrement supérieur de la fonction publique d'État, à vocation interministérielleDécret n°2002-523 du portant statut particulier du corps des ingénieurs des ponts et chaussées .

Les ingénieurs civils des ponts et chaussées sont les ingénieurs diplômés de l'École nationale des ponts et chaussées qui ne sont pas membres de l'ancien corps des ingénieurs des ponts et chaussées ni de l'actuel corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts.

Histoire du corps des ingénieurs des ponts et chaussées thumb|Jeton des ponts et chaussées. Titulature revers : ET. FOEDERA. SANCIT ; à l'exergue : 1655. Description revers : Un pont à cinq arches avec deux entrées. Traduction revers : Il garantit aussi le traité. Tentative de réforme de Sully Henri IV avec l'aide de Sully va entreprendre de réformer l'administration du royaume de France en plaçant une direction unique à la tête des principaux secteurs de l'administration économique du royaume : création du grand maître des Eaux et forêts en 1597, « grand maître, superintendant et général réformateur » des mines et minières de France en 1601. La création de l'office de grand voyer de France a pour but de mettre au pas les Trésoriers de France qui étaient compétents pour les voiries depuis l’ordonnance du prise par François L'ordonnance du 20 octobre 1508 enjoint aux trésoriers de France « de voir ou faire voir et visiter tous chemins, chaussées, ponts, pavez et passages de notre royaume et eux informer et enquéryr de l’estat en quoi ils sont et, s’il y en a aucun esquels pour le bien de Nous et la chose publique il soit besoin de faire réparation et édifices et empavement, de les faire faire de nos deniers au regard de ceux qui sont à notre charge et les autres qui sont à la charge d’autruy et qui, pour ce faire, ont et prennent péages, pavages, barrages, treuz ou secours, qu’ils les contraignent à les faire faire, selon qu’ils y sont tenu ». L'édit de création de l'« état et office » de grand voyer de France est pris en . Cet édit va se heurter à l'opposition du Parlement de Paris qui est en conflit avec le roi et émet un arrêt le . Cette opposition était probablement due à la disposition de l'édit qui conférait au grand voyer les « honneurs auctoritez, attribution de jurisdiction, exercice d'icelle, droitz, proffictz, revenuz et esmolumens telz et semblables dont jouissent les baillifs et seneschaulx ». Cette rédaction remettait en cause les attributions des baillis et sénéchaux qui avaient la juridiction contentieuse en matière de voirie tandis que les trésoriers de France avaient une fonction administrative en décidant des travaux à faire et en ordonnançant les fonds nécessaires. Cette première rédaction de l'édit de grand voyer en faisait un administrateur et un juge. Le parlement voulait maintenir la juridiction des juges ordinaires du royaume. Les lettres de jussion de 1598 ne font pas plier le parlement qui rédige des remontrances au roi le . Une troisième lettre de jussion du roi est donnée le pour obliger le parlement à adopter l'édit. Nouvel arrêt du parlement le qui ne veut pas que le grand voyer exerce une juridiction contentieuse et qu'il en résulte la création nouvelle d'officiers ou de levées de deniers. Henri IV aurait pu recourir au lit de justice pour imposer l'édit mais il a préféré le réformer conformément aux exigences du parlement. L'édit réformé est rédigé et approuvé par le parlement de Paris le , enregistré le . Henri IV a nommé le Sully grand voyer de France, chargé de l'administration des voies de communication du royaume. Cependant pour que Sully puisse exercer sa charge avec ses attributions financières il fallait que la Chambre des comptes de Paris et les différentes cours souveraines de province vérifient l'édit. Ce qu'elles firent en mauvaise grâce, en faisant des réserves, et ne plièrent qu'après l'envoi de nouvelles lettres de jussion. La Chambre des comptes ne vérifia l'édit que le , fit des réserves et ne l'approuva que le . Les cours souveraines de province n'enregistrèrent l'édit qu'à partir de 1602 et, pour la Chambre des comptes de Bretagne, le . Le , Sully avait obtenu par lettres patentes l'office de voyer de Paris. Une déclaration du unit la charge de voyer de Paris à celle de grand voyer de France et règlemente ses conditions d'exercice. Cette déclaration permet à Sully d'établir des lieutenants mais aussi de désigner des commis. Les lieutenants sont nommés par lettres de commission. Il a conservé cette charge une douzaine d'années. Le département des ponts et chaussées dispose d'une administration comptable propre créée par l'édit d', avec trois offices de trésoriers généraux, ancien, alternatif et triennal, et un contrôleur général des ponts et chaussées dans chaque généralité. La charge de grand voyer a été supprimée par l'édit de et réunie aux bureaux des finances à la suite de plaintes de trésoriers généraux de France qu'un édit d' avait chargé d'« ordonner les deniers destinés pour les ponts et chaussées »André Brunot, Roger Coquand, Le corps des ponts et chaussées, .Eugène-Jean-Marie Vignon, Études historiques sur l'administration des voies publiques en France aux , tome 1, .. Il ne reste alors plus rien de la réforme de Sully. Sully n'a pas eu le temps de constituer un véritable service des ponts et chaussées. Il s'est heurté à une difficulté, l'absence d'ingénieurs capables de réaliser les travaux. La réalisation des ponts est confiée à des architectes.

Pendant le règne de Louis XIV Après la disgrâce de Nicolas Fouquet, le roi a supprimé la charge de surintendant des finances et créé un conseil royal des finances dont il assurait la présidence. Un de ses membres était intendant des finances, chargé de «l'épargne dans son département, et en conséquence tenir le registre de toute la recette et dépense ...»Règlement du 15 septembre 1661.. Colbert est nommé à ce poste et, peu de temps après, en 1665, a porté le titre de contrôleur général des finances. Colbert va transférer progressivement le pouvoir des communautés à des agents relevant de l'autorité du roi. Il a commencé par retirer aux trésoriers de France la partie administrative et technique des ponts et chaussées, leur laissant la partie financière et contentieuse. Pour cette partie technique, il nomme des intendants ou commissaires départis aux ponts et chaussées dans les généralités qui pouvaient correspondre directement avec luiEugène-Jean-Marie Vignon, tome 1, .. Les pays d'états ont leurs propres services des ponts et chaussées qui n'ont intégré le département des ponts et chaussées qu'à la Révolution.

À partir d', Colbert constate que la charge de commissaire départi est trop lourde, et il fait nommer pour les assister, en arrêts du Conseil d'État, des commissaires pour les ponts et chaussées, un par bureau des finances de chaque généralité, choisi en général par le commissaire départi. Leurs fonctions consistent « à visiter, conjointement avec le sieur commissaire départi en la généralité ou séparément, ainsi que ledit sieur commissaire avisera plus à propos, les ponts, chemins et chaussées de ladite généralité, dresser le procès-verbal de l'état d'iceux et faire faire en sa présence, par personnes intelligentes et capables, les devis et estimations des ouvrages nécessaires pour réparer et entretenir en bon état ; sur lesquels il sera ensuite procédé, conjointement avec ledit sieur commissaire départi et non autrement, à l'adjudication au rabais desdits ouvrages, les publications en tel cas requises préalablement faites ; et après la perfection d'iceux, et fera la réception de la manière accoutumée »Eugène-Jean-Marie Vignon, Études historiques sur l'administration des voies publiques en France aux , tome 1, .. Ces commissaires vont être de plus en plus sous le contrôle des intendants chargés des généralités. Il a fait construire nombre de ponts ainsi que des digues pour parer aux crues de la Loire et également de nombreuses jetées dans les ports. Pendant la période où il a réellement le pouvoir, il multiplie par trente le budget des ponts et chaussées, qui passe de en 1662 à en 1671Colbert, la politique du bon sens, Michel Vergé-Franceschi, Petite Bibliothèque Payot, 2003, . C'est dans un arrêt du qu'apparaît pour la première fois le titre d'ingénieur ordinaire de Sa Majesté dans la nomination de Marcilly Dieulamant pour faire les visites et devis des ouvrages sur la rivière d'Yonne et ses affluents depuis MontereauAndré Brunot, Roger Coquand, Le corps des ponts et chaussées, .. Parmi les personnalités qui sont employées par Colbert et Louvois, il y a Nicolas Poictevin, chargé des ponts et chaussées des Généralités de Bourges, Moulins, Orléans, Riom et Tours, Libéral Bruand, François Romain, André Félibien et son fils Jean-François, Ponce Alexis de La Feuille de Merville ( -1684), commis sur le canal des Deux-Mers.

En 1701, Michel Chamillart est contrôleur général des finances et secrétaire d'État de la Guerre. Ne pouvant remplir ces deux fonctions correctement, il fait nommer deux directeurs chargés de l'administration. Joseph Fleuriau d'Armenonville est nommé directeur ayant dans son département la charge du détail des ponts et chaussées, les turcies et levées de la Loire, le barrage et pavé de Paris. Il est rapporteur au conseil des finances de ces matières. En 1708, Nicolas Desmarets le remplace comme contrôleur général des finances qui supprime le poste de directeur chargé des ponts et chaussées, mais avant 1712, il a rétabli un poste équivalent en l'attribuant à un de ses intendants des finances qui prend le titre d'intendant des finances chargé du détail des ponts et chaussées, Charles Henri de Malon, seigneur marquis de Bercy. Le département administratif des ponts et chaussées est strictement encadré par l'administration centrale des finances qui suit le budget des ponts et chaussées et le paiement des parties prenantes. Cette administration centrale contrôle et valide les documents prévisionnels des recettes et des dépenses, leur exécution à partir de documents comptables des trésoriers qui ont été uniformisés (états de situation, bordereaux de pièces justificatives, comptes de fin de gestion), ainsi que les états circonstanciés des ingénieurs. L'ensemble des procédures comptables de financement est basé sur l'exécution d'un document prévisionnel : l'« état du roi des Ponts et Chaussées » ou états de distribution des finances. L'état du roi des Ponts et Chaussées prévoit les recettes et les dépenses de l'administration des Ponts et Chaussées pendant une année. Il obtenu par l'intendant des finances chargé du détail des ponts et chaussées en agrégeant des états du roi dressés par chaque ingénieur des généralités appelés « états particuliers » ou « états des ouvrages ». L'ingénieur et l'intendant de chaque généralité jouent un rôle essentiel dans l'élaboration de l'état du roi et l'établissement de la politique routière locale. Cependant l'intendant des finances et l'assemblée des Ponts et Chaussées définissent la planification générale des travaux et la fixation des priorités dans chaque généralité.

C'est au cours de la gestion des finances du royaume par Chamillart qu'est pris l'arrêt du conseil, le , posant une règle d'art du tracé des routes qui est une première règle d'expropriation pour cause d'utilité publique. Cet arrêt va permettre la réalisation des grandes routes alignées et larges. Ce premier arrêt ne concerne d'abord que les chemins pavé, mais il va progressivement s'étendre aux chemins non pavés. L'arrêt du fixe la largeur des chemins à . Cet arrêt est modifié le qui crée quatre classes de routes.

Un arrêt du désigne onze inspecteurs généraux des ponts et chaussées.