En république d'Irlande, la nation occupant le sud de l'île d'Irlande, d'après le recensement de 2022, 69 % des habitants se déclarent catholiques et 14 % n'ont pas de religion. Les autres sont protestants, orthodoxes, musulmans..

Le christianisme irlandais s'inscrit dans un contexte culturel celtique, et dans l'histoire troublée des îles Britanniques, puis au moins dès 1200 dans les relations difficiles entre Angleterre et Irlande.

Repères historiques Irlande préhistorique Au dixième millénaire (à partir de avant le présent), après la fin de la glaciation de Würm, arrivent sur le territoire irlandais des populations, de chasseurs-cueilleurs-pêcheurs, par voie maritime, en plusieurs vagues, en provenance d’Écosse (préhistoire de l'Écosse) et/ou de Grande-Bretagne : préhistoire de la Grande-Bretagne, préhistoire de l'île de Man, histoire de l'Irlande primitive.

Des (convictions et) pratiques (sociales et) religieuses de ces communautés, semi-nomades, demeurent cairns, tumulus, cromlechs, menhirs, mégalithes, sépultures, dont l’ensemble archéologique de Brú na Bóinne (résidence de la vallée de la Boyne) : Newgrange ( avant le présent), Dowth, Knowth, Tara. Parmi les autres sites mégalithiques en Irlande (pays) et/ou : Cromlech de Drombeg , , , , dolmen de Poulnabrone, dolmen de Brownshill, allée couverte ()… Comme en Écosse et Cumbrie, en Irlande également se rencontrent des boules en pierre gravées.

Le Néolithique irlandais correspond à la période de 4500 à 2500 L’Âge du bronze en Irlande correspondrait aux années 2500-700 (4500-2700 avant le présent) (homme de Cashel).

Irlande primitive celtique : de -700 à +400

Au , soit vers avant le présent, l’arrivée en Irlande de peuples celtes coïncide avec le début de l’Âge du fer en Irlande (La Tène).

Des Celtes, on retient d’abord ici la religion celtique, la mythologie celtique irlandaise, l'art celte : celtologie sans celtomanie ni cercle celtique.

Les langues celtiques insulaires, se composent de deux branches gaélique (écossais, irlandais et mannois) et brittonique (breton, cambrien, cornique et gallois), des langues celtiques, par opposition au groupe des langues celtiques continentales.

Les Gaëls ont formé l’Irlande gaélique, mosaïque de territoires, au moins jusqu’en 1169, vivant principalement de pêche, de pastoralisme et de ressources minières. La langue et la culture gaéliques sont originaires d'Irlande, mais se sont propagées en Écosse à l'époque du royaume de Dál Riata. La gaélicisation semble avoir d’abord concerné les Pictes. Bien que ne parlant pas l'irlandais ou le gaélique écossais, beaucoup de personnes se considèrent encore aujourd’hui tout de même comme des Gaëls dans un sens plus large, en raison de leur ascendance historique et de leur héritage.

Quelles qu’aient été les relations (économiques, culturelles, politiques) mal connues entre les différents peuples celtes d'Irlande et de Grande-Bretagne, dont la supposée coalition barbare de 368 en Bretagne (Pictes, Scots d’Irlande, Attacotti (d’Irlande-Écosse) et Saxons), la présence de la province romaine de Britannia est une réalité, aux portes de l’Hibernia (Ivernia, Erin) : conquête romaine de la Grande-Bretagne (43-84), Écosse au temps de l'Empire romain (71-213, Calédonie), bataille du Mont Graupius (83), Mur d'Hadrien (120-127 environ), Mur d'Antonin (140-150 environ), liste des noms latins des villes des îles Britanniques.

Contrairement à l’Angleterre, au pays de Galles et aux Lowlands écossais, la terre des Gaëls n’a donc jamais été colonisée par les Romains. Mais les Gaëls entretiennent des relations avec l’Empire romain, manifestement supérieur aux Celtes en matière de génie civil et de puissance militaire. Les Celtes, et plus particulièrement les Gaëls, sont supérieurs aux Romains dans l’art décoratif des métaux précieux, notamment avec le bronze, l’argent et la feuille d’or, ayant aussi hérité de l’émaillerie laténienne, et emploient également l’ambre de la Baltique et le corail importé de Méditerranée.

Ce savoir-faire et la présence de mines d’or et d’argent en Irlande, ont conduit à une riche production d’artefacts tels que de petites armes, des bijoux, des ustensiles domestiques ou religieux. Ce savoir-faire est réputé dans l’Empire romain en raison des caractéristiques décoratives spécifiques, en particulier, les motifs organiques qu’on pense inspirés de la nature, tels que les entrelacs, mais aussi une certaine tendance à l’abstraction. Issue de l’art hallstattien, cette tendance qui est à l’origine du style employé bien plus tard par les enlumineurs d’Irlande et d’Écosse, dans les livres sacrés du Moyen Âge. Ces formes, riches de sens caché, encore mystérieux aujourd’hui, donnent aux œuvres un statut impressionnant, mais constituent aussi un véhicule identitaire puissant, en contraste avec le réalisme développé par les Grecs à la même époque. Dans la Britannia romaine, au moins chez les Britto-Romains, les échanges avec la culture gaëlique ont donné naissance à de nouvelles influences, à des œuvres qui exigent une technique typiquement romaine, comme l’usage d’émaux multicolores, mais dont les formes et l’agencement sont typiquement celtiques.

En outre, les Gaëls n’ont pas fondé de villes. Ces non-nomades vivent dans des villages rudimentaires, habitués à voyager pour faire du commerce entre eux, mais aussi avec leurs voisins, capables de voyager sur de longues distances, en chars légers, et de traverser la mer pour vendre leurs produits en Britannia et en Gaule. Une preuve en Irlande est la présence de grandes quantités de monnaies romaines et d’autres objets romains. Voir aussi , .

Les premiers Gaëls n’ont pas laissé de traces écrites. Ils auraient commencé à écrire avec l'arrivée du christianisme, donc au plus tard peu avant 431, entre le , quand les Gaëls (une minorité dirigeante) ont mis au point l’ogham, un système d'écriture dont on a retrouvé de nombreuses traces sur des pierres tombales et des monuments, surtout en Irlande, mais aussi en Grande-Bretagne, essentiellement dans les terres ayant subi des invasions gaëlles : l'Écosse, le pays de Galles et la Cornouailles. Par abus de langage, on utilise souvent le mot ogham pour désigner l'alphabet gaélique, mais ce terme est impropre, car il désigne le type d'écriture.

La , ancêtre de la musique celtique moderne, a(vait) aussi ou d'abord des usages religieux, quoi qu'on entende par cette dénomination.

Irlande chrétienne du haut Moyen Âge : 400-800 vignette|droite| upright=0.8| En vert, les régions de langues gaéliques des îles Britanniques vers le .

Le Livre des conquêtes d’Irlande, ou Lebor Gabála Érenn, est considéré comme une synthèse des récits mythiques de la fondation de l’Irlande, transmis oralement, depuis les Tuatha Dé Danann, gens de la déesse Dana, jusqu’à l’ancêtre mythique des Gaëls, Mile (pour les Milesiens) : cycle mythologique, cycle historique (ou cycle des rois), cycle d'Ulster ou cycle de la branche rouge), cycle fenian (ou cycle de Leinster).

L’Irlande primitive est longtemps une mosaïque de territoires, régie par une hiérarchie de rois ou de chefs, élus par le système de la tanistrie, avec des guerres fréquentes. Parfois, un chef puissant est reconnu comme le haut roi d'Irlande. La société se compose de clans et, comme le reste de l'Europe, est structurée hiérarchiquement en classes, chefferies, principautés : , dont royaume de Mide (76–1172), Dál Riata (498-850), royaume de Breifne (750-1256), royaume d’Alba… Angleterre, pays de Galles, Écosse, connaissent tout autant de royaumes barbares, dont l’heptarchie. Niall Noigiallach (Niall aux neuf orages) serait un des derniers rois irlandais adeptes de la religion celtique (Uí Néill, liste des rois de Tara), au moment de la conquête gaélique de l’Ulster.

La première christianisation (christianisme irlandais gaël, ) se serait effectuée par des druides/bardes/vates/filid, porteurs de la nouvelle religion apportée par les Romains dans les Îles britanniques (conquête romaine de la Grande-Bretagne, christianisme dans le monde romain). Le christianisme celtique désigne les chrétientés celtiques (), de langues gaéliques, ou christianisme irlandais, volontiers monachiste et missionnaire. L’existence de monastères ne signifie pas tranquillité, ainsi, la Chronique anglo-saxonne fait état d’un massacre de 200 religieux en 613 à Bangor-on-Dee (Bangor-is-y-Coed, au pays de Galles).

Dans son Histoire ecclésiastique du peuple anglais (731), Bède le Vénérable, entre hagiographie, martyrologe et histoire nationale, défend la thèse d'un christianisme fédérateur qui permet de dépasser les différences régionales et qui fonde une unité du monde anglais : il semble qu’il en ait été de même en Irlande, avec les Chroniques d'Irlande.

Dès le , on construit des monastères, des églises, des abbayes : Église d'Armagh (445), monastère de Clonmacnoise (544), abbaye de Bangor (558), monastère d'Iona (Écosse) (563), Skellig Michael, Clonfert , Killeaney, Lismore, Glendalough, Nendrum, Na Seacht dTeampaill (îles d’Aran), école monastique d’Ynys Bŷr (Île de Caldey, pays de Galles)… Voir la catégorie .

L’évangélisation est réputée réalisée par de multiples moines, dont Saint Patrick d'Irlande (vers 380 - vers 460), Palladius (400 ?- 450 ?), Ildut (vers 460-vers 522), Finien de Clonard (vers 470-550), Gildas le Sage (494-565), Saint Cado (497-580), Kevin de Glendalough (498-618 ?), Saint Colomba d'Iona (521-597, à l'origine de l'évangélisation de l'Écosse et du nord de l'Angleterre), Aidan de Ferns (mort vers 630), Aidan de Lindisfarne (590-651).

Les moines irlandais participent à l'évangélisation d'une partie de l'Europe : Canice d'Aghaboe (pays de Galles), Donan d'Eigg (Pictes d'Écosse), Eugène de Aardstraw (Grande-Bretagne), Gall (saint) (Suisse alémanique), Saint Elouan et Saint Gonnery (Armorique), Saint Briac et Saint Uniac (Bretagne), Ultan de Fosses, Fursy de Péronne et Feuillen de Fosses (Nord de la France, Belgique), Saint Vulgan (Pas-de-Calais), Etton de Dompierre sur Helpe et Adalgis de Thiérache (Thiérache), Wasnon de Condé et Gobain de Voas (Hainaut), Kilian, Colman et Totnan en Franconie (Nord de la Bavière), mais aussi Gibrien, Fridolin de Säckingen, Éloque de Lagny, Allon de Bobbio, Kilian d'Aubigny-en-Artois, Potentin ...

La est longue : Douze apôtres de l'Irlande, Brigitte d'Irlande (451-525), Martyrologe de Tallaght d’ (760 ?-824 ?).

La littérature monastique (), en latin hispérique (hiberno-latin), est riche : Hisperica famina, Altus prosator, , Cathach de saint Colomba, psautier de Faddan More, Livre de Mulling, Évangéliaire irlandais de Saint-Gall… Le vieil irlandais est noté en écriture oghamique.

L’art insulaire, dit hiberno-saxon, s’illustre d’abord en architecture religieuse : monastères, abbayes, églises, cathédrales, dont l’essentiel disparaît par les destructions vikings. hautes croix, croix monumentales (croix dressées, celtiques), croix de Muiredach. Les pierres pictes (Highlands, nord et est de l’Écosse), dont les pierres pictes de Ross, peuvent pour certaines se référer à des rituels anciens. enluminure insulaire, Manuscrits enluminés de style insulaire, dont Cathach de saint Colomba, Fragment d'évangiles de Durham, Livre de Durrow, Évangiles de Mac Durnan, Livre de Kells… travail d’orfèvrerie (religieuse) : calice d'Ardagh, broche de Tara, , …

L’ est en grande partie religieuse.