vignette|redresse|Affiche pour la Journée mondiale de la santé mentale en 2023. Le ruban vert est le symbole de la santé mentale. vignette|redresse|« Pyramide des besoins mentaux », incluant l'activité physique, la lecture, l'apprentissage de langues étrangères, la méditation, la pratique de la musique et l'entraînement cognitif.

La santé mentale, la santé psychique, la santé psychologique, l'hygiène mentale ou le bien-être psychologique est le bien-être psychique, émotionnel et cognitif, qui va, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), au-delà de l'absence de trouble mental. Le terme est relativement récent et polysémique. La santé mentale est selon Jean Sutter. perçue comme

Le bureau de l'administrateur de la santé publique des États-Unis la définit comme

Selon l'OMS, OMS, La santé mentale: renforcer notre action, Aide-mémoire , août 2014

La santé mentale est influencée par un grand nombre de facteurs individuels et collectifs.. Des facteurs génétiques, la capacité des personnes à gérer les émotions mais également les conditions de vie. Environ 60 % de l'état de santé général des individus est déterminé par l'environnement socio-économique et le contexte sociétal dans lequel ils évoluent. De la même façon que pour la santé physique, de nombreux facteurs externes et internes à la personne influencent la santé mentale. Le revenu, le logement, l'emploi, les dettes, la vie sociale mais aussi l'environnement urbain ou la politique sociale et économique d'une communauté, ont donc une grande influence sur le bien-être social et la santé mentale, à un niveau individuel mais aussi collectif. Une politique publique soucieuse de lutter contre les discriminations, les inégalités socio-économiques et l'exclusion, est donc une politique publique soucieuse de la santé mentale des personnes..

La santé mentale peut être altérée par des troubles, dont la dépression, les troubles anxieux, les troubles bipolaires ou la schizophrénie. Une liste des troubles de la santé mentale et leur description sont données dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l'Association américaine de psychiatrie et la Classification internationale des maladies de l'OMS.

Les pays européens (Commission européenne et Conférence ministérielle européenne de l'OMSMinistère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, La conférence européenne ministérielle sur la santé mentale, 2009) distinguent deux aspects de la santé mentale : la santé mentale « positive » (autonomie, bien-être, épanouissement personnel), et la santé mentale « négative » qui regroupe deux formes : d'une part la détresse psychologique réactionnelle (induite par les situations éprouvantes et difficultés existentielles), d'autre part les troubles mentaux, affections psychiatriques de durée variable et plus ou moins sévères et/ou handicapantsMinistère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Santé mentale, 2009..

L'OMS promeut un mouvement de désinstitutionnalisation dans laquelle le soin en santé mentale classique sera remplacé majoritairement par une « santé mentale communautaire ». Celle-ci consiste à :

intégrer les soins de santé mentale dans le système de premiers soins. (premiers secours en santé mentale) ; réadapter les patients hospitalisés à long terme en hôpital psychiatrique dans la communauté ; mettre en œuvre des programmes de lutte contre la stigmatisation au sein des communautés ; lancer des interventions préventives efficaces auprès de la population ; assurer la pleine participation et l'intégration des personnes atteintes de troubles mentaux dans la communauté.

Selon l'OMS, « il n’y a pas de santé sans santé mentale ».. En 2024, 5 % des adultes souffrent de dépression..

Historique En 1843, William SweetserWilliam Sweetser, 1797-1875, USA, Prof. de médecine à l'Université de Vermont (1825-32), Bowdoin College (1845-61). Biographie : (en) John R. Shook, Dictionary of Early American Philosophers, Bloomsbury, 2012. (en) Ouvrages de William Sweetser en ligne. crée le terme d'« hygiène mentale », précurseur des futures notions de santé mentale Wallace Mandell, Origins of Mental Health, The Realization of an Idea, 1995, Johns Hopkins University. qui sera défini par Isaac Ray (l'un des trente fondateurs de l'Association américaine de psychiatrie ou AAP) comme un art de préserver l'esprit contre les incidents et les influences qui pourraient endommager ou détruire son énergie, sa qualité ou son développement. Une figure importante de l'« hygiène mentale », est l'américaine Dorothea Dix (1808-1887), une institutrice qui a consacré sa vie à aider les personnes atteintes de troubles mentaux, et à faire la lumière sur les conditions déplorables dans lesquels ils étaient traités, au sein du Mouvement d'hygiène mentale... Au début du , les porteurs de troubles mentaux étaient encore considérablement négligés, souvent laissés seuls dans des conditions déplorables, ayant parfois à peine de quoi s'habiller. Les efforts de Dix ont servi : nombre de patients atteints de troubles mentaux ont été mieux pris en charge dans des hôpitaux psychiatriques d'État, même si ces institutions manquaient largement de personnel.

En 1908, Clifford Beers fonde aux États-Unis le National Committee for Mental Hygiene et ouvre la première clinique pour patients atteints de troubles mentaux aux États-Unis Clifford Beers Clinic. (30 octobre 2006). About Clifford Beers Clinic. Consulté le juin 2007, depuis CliffordBeers.org.

Un nouvel élan est impulsé dans les politiques de santé mentale dans les années 1990, allant bien au-delà de ces dispositifs limités ; avec un changement de paradigme des politiques de santé publique : là où le champ psychiatrique de la folie constituait le fondement et le socle légitime des interventions de l'État, la santé mentale est désormais la priorité et l'objectif d'un nouveau domaine illimité. C'est que le malaise social est de plus en plus décrit et appréhendé comme un malaise subjectif : la dépression est déclarée « mal du siècle » et tout lien social peut être cause de traumatisme. Et surtout, l'idéal de santé, conçue comme le capital-ressource nécessaire pour faire face aux aléas de la vie en société, constitue le nouveau bien démocratique. La santé mentale a ainsi été déclarée « nouveau droit de l'homme ». L'idéal est celui de la « santé mentale positive », dont la production est posée comme préoccupation de l'État, et dont la réalisation doit être le souci de chacunVoir Robert Castel, La Gestion des risques, Paris, Minuit, 1981..

Au début des années 2020, avec l'émergence de l'IAg, de nombreux dispositifs d'e-santé (ou santé numérique), basés sur l’intelligence artificielle apparaissent pour diagnostiquer et améliorer la santé mentale, incluant par exemple des outils d'analyse des données cliniques, de soutien au diagnostic ou à certains traitements, voire proposer des traitements très personnalisés. Ils pourraient améliorer l’accessibilité aux soins, la prévention des troubles et l’efficacité des thérapies cognitivo‑comportementales.

Obstacles

Facteurs alimentaires

Différentes études tentent à montrer une dépendance à la malbouffe et de démontrer un lien entre santé mentale et malbouffe.....

Si l'alimentation ne peut pas être considérée comme unique cause de la maladie mentale, il est par contre prouvé qu'il existe un lien entre la moindre qualité de celle-ci et ces pathologies : il est notamment établi pour la dépression, l'autisme et la schizophrénie..

Marion Leboyer, psychiatre et chercheur à l'INSERM, pense que l'impact d'un régime alimentaire déséquilibré est réel : nous savons que chez les malades, certaines règles d’hygiène de vie ne sont souvent pas respectées, que certains aliments ne sont pas assez consommés (menant à des carences en nutriments comme le zinc, la vitamine D ou B9), et que d’autres aliments sont, à l’inverse, trop consommés. De plus, nous rencontrons deux fois plus de syndromes métaboliques (obésité, hyperglycémie ou diabète, hypertension artérielle, excès de cholestérol et de triglycérides…) chez les patients avec, par exemple, un trouble bipolaire ou une schizophrénie, que dans la population générale.

Facteurs toxicologiques Un nombre important de troubles et séquelles, éventuellement irréversibles, peuvent avoir été induits in utero, dans l'enfance ou à l'âge adulte, à la suite du contact avec des neurotoxiques inhalés, ingérés, ou absorbés par la peau ou des muqueuses. Il peut s'agir par exemple du plomb ou du mercure, ou de pesticides, d'alcool ou d'autres corps chimiques, qui parfois peuvent agir en synergies. Il est probable que la neurotoxicité de certaines molécules n'ait pas encore été identifiée. En Europe, le règlement Reach invite à une meilleure évaluation des impacts des produits chimiques. Faute de recherches anciennes, et d'une approche écoépidémiologique adaptée, l'origine écotoxicologique de certains troubles a pu être sous-estimée chez des populations collectivement exposées à des toxiques d'origine naturelle ou artificielle (arsenic du sol, plomb des cartouches de chasse, plomb et radionucléides de Tchernobyl).

Facteurs infectieux Des millions de personnes dans le monde sont victimes de troubles neurologiques induits par des virus ou bactéries. C'est selon un rapport Rapport OMS sur la santé mentale (2007) de l'OMS la sixième cause de consultation neurologique dans les services primaires de soin, touchant particulièrement environ un quart des états-membres de l'OMS, essentiellement en Afrique et dans le Sud-est asiatique. Les neuroinfections restent un problème difficile à traiter même avec l'arrivée des antibiotiques et de vaccins efficaces, dans beaucoup de régions du monde, particulièrement dans des pays dits « en voie de développement ».

Ces infections ont généralement été contractées dans l'enfance voire in utero (dans une étude nord américaineFlu during pregnancy linked to adult schizophrenia, Archives of General Psychiatry, 2004 En savoir plus . ayant porté sur plus de , les enfants dont la mère était grippée durant la première partie de leur grossesse ont eu un risque triplé de développer une schizophrénie plus tard). Dans ce cas, une étude ayant porté sur plus de n'ayant pas détecté d'effets de la vaccination de la mère sur le fœtus, la vaccination préventive de la femme enceinte a été recommandée par les CDC américains.

Facteurs liés au stress

vignette|redresse|Auto-scarifications d'une personne dépressive.

Le contexte sociopsychologique a une importance dans l'apparition de certains troubles, en particulier, dépressions pouvant conduire au suicide. Le stress et la souffrance durant les études (qui peut toucher l'élève comme l'enseignant), puis au travail, ou le stress induit par la difficulté à trouver du travail. et à la peur de le perdre ; le stress lié au vieillissement dans la solitude ou le handicap, certaines délinquances sexuelles, divers troubles de la sexualité, la non-reconnaissance sociale ou l'interdit de certaines formes de sexualité, ou encore divers stress liés au sida, à la stérilité du couple, aux drogues dures ou à d'autres addictions (y compris aux écrans ou au smartphone), ou le stress induit par une grande précarité et une société où la famille a éclaté, le stress de mineurs en grande difficulté, la perte de repères des mondes virtuels offerts par les jeux vidéo, le stress des jeunes chercheurs confronté au Publish or perish. sont des problèmes parfois nouveaux pour les thérapeutes.