Saint-Point-Lac est une commune française située dans le département du Doubs, la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.
Géographie Elle se situe au bord du lac de Saint-Point, sur la rive gauche du Doubs qui le traverse, à côté des Grangettes en face de Malbuisson non loin de la frontière suisse en Franche-Comté.
Toponymie De lacu donni Valtheri en 1263 ; Villa de lacu en 1269 ; Lou lay dam Vatier en 1282 ; Lay Damp Wauthier en 1325 ; Saint Ponce en 1454 ; Saint Poing en 1598 ; Sainct Point en 1614..
Communes limitrophes
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Jura, caractérisée par une forte pluviométrie en toutes saisons ( à ), des hivers rigoureux et un ensoleillement médiocre.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Labergement-Sainte-Marie à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saint-Point-Lac est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Pontarlier, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (34,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (34,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (34,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (27,5 %), prairies (16,4 %), zones agricoles hétérogènes (14,4 %), zones urbanisées (7,3 %), zones humides intérieures (0,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Histoire Origines historiques Au , la haute vallée du Doubs est un grand désert vert. À partir du , les grands changements qui affectent le monde occidental depuis un siècle, atteignent la région : les routes s’animent, les villes sortent de leur torpeur, la population augmente, l’outillage s’améliore, la culture gagne des terres, le climat lui-même semble se réchauffer légèrement… De tous ces facteurs, l’accroissement démographique paraît le plus important, puisqu’il provoque un afflux de main d’œuvre disponible pour les défrichements et déclenche une "fringale de terres" chez ceux qui veulent se faire une place au soleil. Ainsi les regards se tournent-ils vers ces régions jusque-là désertes, où l’espace ne manque pas à condition de pouvoir le maîtriser : peu à peu, des colons vont arriver, la haute vallée du Doubs entre dès lors dans l’histoire." Les premiers colons furent des religieux, des ermites qui fuyaient le monde des humains pour se retirer dans des "déserts" et réaliser leurs aspirations à la pauvreté, au travail et à l’ascèse. Contrairement au sens habituel du terme, ces ermites ne vivent pas isolément, mais en petits groupes qui tentent d’assurer leur survie matérielle au milieu de ces joux hostiles. Trois îlots religieux voient ainsi le jour en amont de Pontarlier, à Mouthe et entre les lacs de Dampvauthier (lac de Saint Point) et Savoureux, (lac de Remoray)".
L'abbaye clunisienne de Romainmôtier (à de Saint-Point, en Suisse voisine), détient des biens en Franche Comté dès le , à Bannans et à Sainte-Colombe. Pour rejoindre ses possessions, l’abbaye a envoyé une colonie de religieux et pris possession de terres à Vaux, non loin du bout du lac de Saint-Point. Une seigneurie ecclésiastique est créée à cet endroit qui va devenir un relais sur la route de la Chaux d’Arlier, où se trouvent ses possessions. Des moines, venus de Vaux, créent sur la rive gauche du lac un ermitage, puis un prieuré. La création du prieuré du Lay Dampvauthier n’est attestée par aucun acte, mais on peut supposer qu'il a été fondé alors qu'Étienne IV (1193-1223) était prieur de Romainmôtier. Ce dernier faisait aussi partie du chapitre de l'Église Sainte-Madeleine de Besançon. Lay Dampvauthier devient un prieuré clunisien qui dépend directement de Romainmôtier et le seul prieuré qui sera créé par cette abbaye dans le diocèse de Besançon. Le territoire appartenait au baroichage de Pontarlier et le défrichement s’y faisait avec l’accord de la ville.
La tradition raconte qu’un ermitage aurait vu le jour dans ce vallon, au bord du lac. Dom Vauthier et Fournier s’y seraient installés. Un village se forme en ce lieu, les habitants l’appellent Dampvauthier, du nom de l’un des ermites. C’est le début des défrichements, ce nom est donné au lac, et même, pour un temps, à toute la communauté des villages installés autour du lac. Jusqu’à la Révolution, le "tombeau" de Vauthier et de Fournier était dans l’allée centrale de l’église, plusieurs documents le décrivent avec précision.
Le seul bâtiment actuellement conservé est l’église. Ses plus anciens éléments existants datent de la fin du ou du début du , ce qui correspondrait à la fondation du prieuré. En 1226, un certain Girard, prieur du prieuré du Lac reçoit à Pontarlier un acte portant arbitrage par Henri II sire de Joux. En 1239, Pierre Barthelet fait donation à l’Abbaye de Mont-Sainte-Marie d’une terre située au Lay Dampvauthier. Ce sont les premiers actes qui parlent de l'endroit.
Les défricheurs de la communauté villageoise vont bientôt rencontrer ceux de l’Abbaye de Mont-Sainte-Marie, abbaye cistercienne établie entre le lac Dampvauthier (lac de Saint-Point) et le lac Savoureux (lac de Remoray). Ce sont les premières contestations de voisinage en 1243 puis en 1257 où les hommes de Romainmôtier à Vaux, se querellent avec ceux de l’abbaye de Mont-Sainte-Marie. Le prieur de Dampvauthier représente Romainmôtier dans ce différend.
Aucun document ne donne le nombre de moines au prieuré ou le mode de fonctionnement de celui-ci à ce moment, pas plus que le nombre d'habitants de la communauté villageoise qui s'est formée à cet endroit. Mais les occupants des lieux sont des hommes libres, ils dépendent de Pontarlier et ne sont pas mainmortables comme leurs voisins des seigneuries ecclésiastiques du Mont-Sainte-Marie ou de Romainmôtier.
Nommé anciennement Dampvauthier locus Domni Pontii heremitae ce nom sera changé au pour prendre celui de Saint-Point-LacEsquisse historique, légendaire et descriptive de la ville de Pontarlier. Ce choix de Ponce (Domus Pontius) serait en hommage à Ponce de Faucigny, (1100 - 1178), frère d'Arcadius (ou Ardutius) de Faucigny évêque de Genève, entré comme moine à l'âge de en l'Abbaye d'AbondanceAnnuaire départemental du Doubs. La légende raconte qu'un hiver les habitants d'une ville appelée Damvautier étaient restés sourds aux appels à l'aide d'une femme courant de maison en maison en portant son enfant qui se mourait de froid ; seul un vieil ermite nommé Ponce lui aurait accordé l'asile et sauvé l'enfant. Dans la nuit le vieillard décédait et l'enfant recouvrait la vie, dans le même temps la ville disparaissait sous les eaux d'un lac. Une autre légende raconte qu'un ermite nommé Pontius avait bâti une cellule et un oratoire en bordure du lac de Damvautier au .
Le baroichage Ce nom vient de « Parochia » ou « Barochia » qui désigne le district d'un juge ou d'une administration. Dix neuf villages composent le « baroichage » : Les Granges-Naboz, Les deux Malpas, La Planée, Touillon-et-Loutelet, Malbuisson, Montperreux, Les Grangettes, Les Etraches, Doubs, Arc-sous-Cicon, Athose, Nods, Aubonne, Saint-Gorgon, Septfontaines et Saint-Point ; bien que ce territoire soit très vaste il doit son existence aux liens qui se sont tissés entre ces villages au cours de la domination romaine sur la région. La communauté du « baroichage » s'est formée dans la même période que celle où les hommes libres (« ingenuii ») furent autorisés à choisir pour suzerain un prince de l'empire de Charlemagne ou l'un de ses vassaux, c'est-à-dire au début du , et devait durer jusqu'au , cette particularité leur valait le droit de posséder des fiefs et les armoiries des terres que leurs ancêtres, s'ils étaient des Varasques, avaient tenu sous forme de "charge militaire" à l'époque de la Gaule romaine. À cette période les terres sont défrichées et mises en culture et au l'abbaye d'Agaune reçoit du roi burgonde Sigismond de vastes propriétés dans le comté de Warasch où elle implante des colons dans les localités de Pontarlier, Des Grangettes et de Doubs ; petit à petit ils vont occuper les territoires en direction du nord-ouest et du nord, s'écartant ainsi de la Chaux d'Arlier, et mettre à profit l'usage qui donne le droit de propriété au premier occupant.