vignette|alt=Dans un cercle, un aigle est représenté au centre avec divers symboles dont un blason aux couleurs des États-Unis, et autour de ce dessin il est écrit en anglais : sceau du président des États-Unis d'Amérique.|Le sceau présidentiel américain.
Huit présidents des États-Unis d'Amérique sont morts en cours de mandat depuis l'élection du premier d'entre eux, George Washington, en 1789. Quatre sont assassinés et quatre meurent de causes naturelles..
Le mandat le plus court est celui de William Henry Harrison, qui ne reste que 31 jours en poste avant de mourir d'une pneumonie en 1841. C'est aussi le premier président à mourir en cours de mandat. Zachary Taylor meurt également de maladie en 1850. Abraham Lincoln est tué en 1865 : c'est le premier président assassiné. Seize ans plus tard, en 1881, James Garfield est assassiné à son tour, et William McKinley est tué lui aussi près de vingt ans après. Par la suite, les présidents Warren Harding et Franklin Roosevelt meurent de causes naturelles. Enfin, le président John Fitzgerald Kennedy est abattu en 1963 à Dallas. Dans chacun de ces huit cas, c'est le vice-président qui prend le pouvoir présidentiel, comme prévu par les textes constitutionnels.
La période en cours depuis l'assassinat de John F. Kennedy, le , est la plus longue de l'histoire pendant laquelle aucun président américain n'est mort dans l'exercice de ses fonctions ; le record a été battu le , sous la présidence de Barack Obama.
Règles de succession
vignette|redresse|alt=Photo d'un homme en costume portant des lunettes|Sous la présidence de Harry Truman, en 1947, les règles de succession présidentielle sont réécrites et précisées. De manière générale, en cas de décès du président en exercice, le droit américain prévoit que ce soit son vice-président qui assure immédiatement sa succession ; l'ordre de succession prévoit ensuite de désigner le président de la Chambre des représentants puis le président pro tempore du Sénat..
Deux textes constitutionnels régissent essentiellement le fonctionnement de la présidence en cas de mort, de démission, d'empêchement ou de destitution du président en poste : l'article 2 section 1 de la Constitution d'origine, puis le amendement ratifié en 1933. Ces deux textes forment la base d'une loi, le Presidential Succession Act de 1947 qui codifie précisément les règles de succession et est toujours en vigueur. Le amendement ratifié en 1967 complète ces dispositions en éclaircissant certaines règles de successionQue se passe-t-il si le président des États-Unis venait à décéder ?, article de janvier 2009, Le Point.fr..
Sur les 45 présidents successifs (jusqu'à Joe Biden), 8 trouvent la mort pendant leur mandat ; à chaque fois, l'ordre de succession théorique est effectivement respecté puisque le vice-président est immédiatement investi du pouvoir.
William Henry Harrison vignette|redresse|gauche|alt=Portrait peint sur fond noir d'un homme à l'air sévère, aux cheveux gris, portant un costume noir.|Portrait de William Henry Harrison par James Reid Lamblin, 1835. Maison-Blanche, Washington, D.C. Le , William Henry Harrison tombe malade. Beaucoup pensent que cette maladie est liée au mauvais temps subi pendant la cérémonie d'investiture trois semaines auparavant, ce qui correspond aux connaissances médicales de l'époque. Le rhume de départ se transforme vite en pneumonie. Tout repos est rendu difficile par l'agitation qui règne à la Maison-Blanche et à cause d'un emploi du temps très chargéPresident Harrison Dies–April 4, 1841, Miller Center, université de Virginie..
Les différents remèdes proposés par ses médecins échouent et Harrison finit par sombrer dans un état de délire. Il meurt neuf jours après le début de sa maladie, à minuit et demie le , succombant aux complications de la pneumonie.
Les derniers mots qu'il prononce sont à son médecin mais il les destine probablement à son vice-président et successeur John Tyler : Les funérailles de Harrison se déroulent le à l'église de Wesley Chapel à Cincinnati dans l'Ohio. Il est enterré au cimetière du Congrès à Washington, D.C., mais ses restes sont transférés plus tard vers le cimetière de North Bend dans l'Ohio où est érigé un monument funéraire à sa mémoire.
Harrison est le premier président américain de l'Histoire à mourir pendant son mandat. C'est également le président qui détient le record du mandat le plus court : , et entre le et le . Sa mort constitue un rude coup pour le parti Whig, qui ne sera pas soutenu par John TylerWilliam Henry Harrison sur whitehouse.gov, site officiel de la présidence américaine.. Cette succession par Tyler, qui assume immédiatement pleinement la responsabilité de la présidence, marque un précédent juridique important pour faire avancer la question de la succession présidentielle, qui se posera plusieurs fois par la suite.
Zachary Taylor Les causes de la mort de Zachary Taylor ne sont pas bien établies. Il est attesté que le , il participe aux célébrations de la fête nationale, assiste à la pose de la première pierre du Washington Monument et absorbe de grandes quantités d'eau glacée, de lait froid, de pommes vertes et de cerises. Quelques jours plus tard, il est terrassé par une affection digestive inconnue, et malgré les traitements médicaux il meurt le matin du . Sa mort est annoncée à l'époque comme étant due à .
Bien qu'une rumeur persistante laisse croire pendant des décennies que la mort du président Taylor ait pu être due à un empoisonnement intentionnel, des analyses médico-légales achèvent de contredire cette hypothèse en 1991, et confirment que le décès a dû faire suite à une infection gastro-intestinaleSecrets d'ossements: La science au service des énigmes de l'histoire, Guy Gauthier, EDP Sciences, p. 118-119. Lire en ligne..
Abraham Lincoln redresse|alt=Dans une loge de théâtre, un homme barbu armé d'un couteau dans sa main gauche pointe de sa main droite un pistolet sur la tête du président Lincoln, qui se recule dans les bras de sa femme.|vignette|L'assassinat de Lincoln par Booth, gravure de Henrique Fleiuss, 1865 (, Brésil).
Bien qu'une tentative d'assassinat ait déjà été perpétrée trente ans plus tôt sur le président Andrew Jackson, Abraham Lincoln est le premier président américain à mourir assassiné, le , jour du Vendredi saint, alors que la guerre de Sécession s'achève tout juste (cinq jours auparavant, Robert Lee, général en chef de l'armée de Virginie du Nord, s'est rendu au général Grant qui dirige l'armée du Potomac).
L'assassin de Lincoln se nomme John Wilkes Booth ; c'est un acteur assez connu qui s'oppose violemment à la politique de Lincoln et à l'abolition de l'esclavage aux États-Unis. Avec des complices, il prévoit initialement d'enlever le président, puis il se rabat sur le projet de tuer Lincoln ainsi que son vice-président Andrew Johnson et le secrétaire d'État William Seward afin de soutenir la cause des confédérés.
Booth abat Lincoln d'un coup de pistolet à la tête le soir du , dans sa loge du théâtre Ford à Washington, D.C. alors que le président assiste à la représentation de la pièce . Il meurt des suites de sa blessure dès les premières heures du lendemain..
James Abram Garfield
Le président Garfield est abattu par Charles J. Guiteau à Washington, D.C. le matin du , près de 120 jours après sa prise de fonction comme président des États-Unis. Il meurt onze semaines plus tard, le , et Chester Arthur, son vice-président, lui succède immédiatement. Guiteau est un avocat qui n'a pas supporté de se voir refuser un poste consulaire Biographie du président Garfield sur le site de la Maison-Blanche..
Garfield avait prévu de partir en congé le jour de l'attentat : il devait se rendre à l'université de Williams College où il avait fait ses études, afin d'y prononcer un discours. Il est accompagné de deux de ses fils, James et Harry, ainsi que du secrétaire d'État Blaine. C'est donc à la gare ferroviaire de la ligne Baltimore and Potomac Railroad que l'attend son assassin. Aucune équipe de sécurité ni aucun garde du corps ne l'accompagne, ce qui est tout à fait habituel : seul le président Lincoln bénéficiait d'un entourage de protection pendant la guerre de Sécession. Le secrétaire à la Guerre Robert Todd Lincoln l'attend à la gare pour le saluer avant son départ.
Au moment où Garfield entre dans la salle d'attente de la gare, Guiteau s'avance et lui tire dessus dans le dos à bout portant, à deux reprises. L'une des balles lui effleure l'épaule, mais l'autre lui pénètre le dos, manque de peu la colonne vertébrale et vient se loger dans le pancréas. Encore conscient et en état de choc, le président est évacué à l'étage supérieur pour y recevoir les premiers soins, mais la balle restée dans son corps ne peut pas être extraite. Il est ensuite ramené à la Maison-Blanche, où les médecins lui annoncent qu'il ne passera pas la nuit ; néanmoins l'espoir revient dès le lendemain, lorsqu'il apparaît que son état général est stable. Pendant tout l'été de l'année 1881, la santé du président Garfield fait l'objet de toutes les attentions et de nombreux communiqués publics de la part de ses médecins ; son état évolue par vagues et il ne peut consommer que de la nourriture liquide. Il est même fait appel à Alexander Graham Bell pour qu'il tente de repérer l'emplacement de la balle grâce à une machine permettant de détecter les masses métalliques, mais sans succès. Il est possible que ce soient les traitements médicaux, davantage que la balle elle-même, qui provoquent finalement le décès du patient, faute d'attention portée à la stérilisation de la blessure et des instruments médicaux employés Reportage CBS...
Garfield meurt finalement le d'infection et d'une hémorragie interne, dans l'État du New Jersey où il avait été transporté pour bénéficier de l'atmosphère du bord de mer. Le vice-président Arthur, qui se trouve alors à New York, prête serment sur place auprès d'un juge de la Cour Suprême ; puis il se rend à Washington où le corps de Garfield reste exposé pendant deux jours sous la rotonde du Capitole avant de partir pour Cleveland, où ses funérailles se tiennent le .
William McKinley vignette|redresse|alt=Gravure en noir et blanc montrant un homme, la main dissimulée sous un linge, s'approchant d'un autre homme au centre pour lui tirer dessus tandis que d’autres hommes convergent vers la scène.|L'assassinat du président McKinley, gravure de T. Dart Walker, v. 1905 (détail).
William McKinley est assassiné le pendant sa visite du , une salle de concert construite à l'occasion de l'Exposition Pan-américaine de Buffalo. Alors que le président serre la main de visiteurs dans le public, il est abattu à coups de pistolet par un anarchiste nommé Leon Czolgosz. Il meurt huit jours plus tard, le , d'une gangrène provoquée par ses blessures..
Au moment où il est assassiné, McKinley effectue son second mandat entamé en 1900. C'est un homme qui aime le contact avec le public, et qui rechigne à accepter les conditions de sécurité liées à sa fonction. Son secrétaire personnelLa fonction de « secrétaire personnel » du Président correspond à celle de l'actuel chef de cabinet de la Maison-Blanche. George B. Cortelyou, craignant une tentative d'assassinat pendant cette visite du , l'avait décommandée à deux reprises ; mais McKinley l'avait à chaque fois remise à son agenda.