Maurice Frédéric Dide, né le à Paris et mort le au camp de BuchenwaldActe de naissance à Paris , n° 869, vue 27/31, avec mention marginale du décès à Buchenwald en 1945., est un médecin neurologue, aliéniste et résistant français. Il est l'inventeur de la catégorie nosographique de l'idéalisme passionné, une des formes, parmi les délires passionnels, du délire de revendication caractéristique de certaines personnalités paranoïaques.

Biographie Maurice Dide est le fils d'Auguste Dide, pasteur protestant, sénateur du Gard de 1885 à 1894 et de Mathilde Sophie West, d'origine anglaise. Il épouse le , Adrienne-Jenny Bauduin au Cateau-Cambrésis (Nord).

En il remplace le Dubuisson en tant que médecin-directeur de l’asile de Braqueville à Toulouse, un établissement d’environ . créé par Gérard Marchant.

Dispensé en 1900 de service militaire, il vient volontairement sur le front ; il est d'abord affecté à ce de chasseurs à pied comme médecin major d' jusqu'au début de 1916. Il aura par la suite d'autres affectations jusqu'à son retour à son poste à Braqueville en 1919..

En , Dide est mis à la retraite mais reste un temps chargé de cours à la faculté de lettres de Toulouse.

Libre-penseur et républicain, il est hostile à l'État Français mis en place en et résiste en organisant des passages en Espagne d'officiers anglais, et en participant à une publication clandestine, Vive la Liberté. Il entre dans le mouvement Combat, devient le responsable régional du réseau Noyautage des administrations publiques (NAP)..

Le , il est découvert et arrêté par la police allemande. Il est par la suite emprisonné à la prison Saint-Michel de Toulouse jusqu'en , puis transféré à Compiègne le . Il est finalement déporté à Buchenwald dans le convoi du où il meurt le , à l’âge de 71 ans...

Travaux scientifiques Dans la continuité de Valentin Magnan, pour qui l'origine de la pathologie mentale est organique et transmissible par l'hérédité, Dide reste très positiviste dans sa pensée théorique tout en essayant de le faire évoluer.. En 1906, il écrit ainsi : ..

En 1910, avec Gassiot, il crée le terme de psychose hallucinatoire chronique comme synonyme d'hallucinose, c'est-à-dire des cas d'hallucinations sans délire..

Avec Paul Guiraud, il crée en 1922 le terme d'athymhormie, perte de l'ardeur vitale et de l'affectivité, en remplacement du terme de de Kraepelin voire du terme de créé par Bleuler. Les travaux se situent dans l'entre-deux-guerres, à un moment de forte compétition entre la France et l'Allemagne entretenue par le revanchisme.

Pour Dide et Guiraud, ..

Néanmoins, dans la direction de la clinique, Dide garde une voie humaniste qui fera dire à Albert Londres en 1925. : .

Il est surtout connu pour sa description de l'idéalisme passionné produite en 1913. "Il y dépeint, selon Caroline Mangin-Lazarus, une véritable fresque shakespearienne d'hommes célèbres de l'Histoire comme Calvin, Torquemada, Tolstoï et Robespierre, ou de saintes figures comme François d'Assise et Thérèse d'Avila. Dans le rapport passionné de ces hommes et femmes à leurs objets idéaux, et dans la fixité de l'attachement à leur cause, Dide a décelé une pathologie affective qu'il baptise d'un terme nouveau l'idéalisme passionné: de l'amour (des femmes, des mystiques), de la bonté (des réformistes religieux ou mystiques), et de la beauté et de la justice aboutissant à la cruauté (des esthètes et des réformistes politiques)"Caroline Mangin-Lazarus. Comment on redécouvre Maurice Dide après deux guerres. Préface à la réédition de Maurice Dide. Les idéalistes passionnés Frison-Roche.Paris. 2006, p. 2. . Il annonce en conclusion: "Les idéalistes de la justice sont capables de torturer l'humanité entière et de la détruire pour permettre à la justice de régner sans conteste, fût-ce dans un désert". C'est en rapprochant son ouvrage et sa mort à Buchenwald que l'on reconnaît après coup la pertinence de sa description.

Publications Des troubles circulatoires encéphalitiques associés aux phénomènes convulsifs, Paris, Carré et Nau, 1900. Étude cytologique, bactériologique et expérimentale du sang chez les aliénés, Lille, Le Bigot frères, 1906. Les idéalistes passionnés, Paris, F. Alcan, 1913. Ceux qui combattent et qui meurent, Paris, Payot, 1916. Les émotions et la guerre : réactions des individus et des collectivités dans le conflit moderne, Paris, F. Alcan, 1918. Psychiatrie du médecin praticien (avec P. Guiraud), Paris, Masson et Cie, 1922. La métaphysique scientifique (avec P. Juppont), Paris, F. Alcan, 1924. Introduction à l'étude de la psychogenèse, Paris, Masson & Cie : essai de bio-psychologie évolutive, 1925. bibliographie méthodique, 1925. essai de bio-psychologie évolutive, 1926. L'hystérie et l'évolution humaine, Paris, E. Flammarion, coll. « Bibliothèque de philosophie scientifique », 1935.

Distinctions Légion d'honneur en 1916 par décret du

à titre posthume par décret du .

Hommages Le Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie du CHU de Toulouse - Hôpital La Grave porte son nomPrésentation du Centre Maurice Dide.. Une unité de soins porte son nom à l'hôpital de Saint-Vaury (Creuse)Unité Maurice Dide.. Un rond-point porte son nom à Toulouse, sur la route d'Espagne, au carrefour avec l'avenue du général Eisenhower.

Références

Voir aussi Bibliographie .

Articles connexes Organicisme en médecine

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