La faculté de droit et science politique de Montpellier est une unité de formation et de recherche composante de l'université de Montpellier, pour la formation, les enseignements et la recherche en lien avec le droit et la science politique.
La faculté de droit et science politique est située en centre-ville de Montpellier, sur trois bâtiments proches les uns des autres : bâtiment 1, rue de l'Université ; bâtiment 2, rue du Cardinal de Cabrières ; bâtiment 3, rue de l'Arc-des-Mourgues.
Historique de la faculté de droit de Montpellier Des origines au Les origines de la faculté de droit de Montpellier remontent au , époque où l'italien Placentin, juriste venu de Bologne, enseignait le droit à Montpellier. Aujourd'hui encore le hall du bâtiment 1 de la Faculté de droit rappelle son nom dans une devise : « Aula Placentina »Fiche de la Faculté de Droit et Science Politique sur le site de l'Université de Montpellier..
En 1242, l’évêque de Maguelone, chancelier des écoles, confère à l’école des arts libéraux ses premiers statuts. L'école de droit est créée officiellement en 1249, par une bulle pontificale créant « l'École de droit et des arts », puis elle est intégrée à l'université de Montpellier par la bulle papale « Quia Sapientia » de 1289 qui octroie les premiers statuts de l'université de Montpellier regroupant le droit, la médecine, les lettres et la théologie. Le cardinal Bertrand de Deaux donna à la faculté de droit ses statuts en 1339. L'école de théologie resta indépendante jusqu'à une bulle pontificale de Martin V du qui la rattacha à l'école de droitBiographie et histoire des Universités et Collèges de Montpellier, site des archives départementales de l'Hérault..
L'école de droit de Montpellier se trouvait primitivement sur le puech de Sainte-Aularie, à côté du couvent de la Merci, une rue baptisée rue de l'École de droit indique approximativement son emplacement d'origine. La rue de la Tour Sainte-Eulalie rappelle également le bâtiment dans lequel était enseigné le droit. L'arrivée des protestants à la tête de la ville en 1562 s'accompagne de la destruction complète de la tour Sainte-Eulalie. L'école de droit fut rétablie peu après et logée à la Chapelle-Neuve dans le Collège Duvergier (actuelle rue des écoles laïques) où elle resta jusqu'à la Révolution qui décida sa suppression. De l'an V à l'an XII, la ville de Montpellier a abrité l'Ecole centrale de l'Hérault, dans laquelle des cours de législation ont été dispensés par le jurisconsulte Albisson..
Par décret du , la faculté de droit de Montpellier est enfin rétablie. La municipalité dirigée par Alexandre Laissac s'étant engagée à prendre en charge le fonctionnement de l'école. Elle est installée dans les locaux de l'hôpital Saint-Éloi, rue de la Blanquerie (actuel bâtiment du Rectorat, rue de l'Université) après la construction du nouvel hôpital suburbain, (toujours dénommé Saint-Éloi de nos jours). Elle a été regroupée avec les facultés des lettres et des sciences qui occupaient les mêmes locaux, siège de l'université à partir de 1890.
Époque contemporaine 150px|thumb|right|Entrée du bâtiment, 1 rue de l'Université. La faculté déménage définitivement en 1956 avec l'acquisition de l'ancien couvent de la Visitation Sainte-Marie datant de 1631 (actuel bâtiment 1, rue de l'Université).
En 1973, à la suite du déménagement de l'IUT de Montpellier au nord de la ville, la faculté fit l'acquisition de l'actuel bâtiment 2 (situé rue du cardinal de Cabrières) construit en 1939 et qui fut le siège de la faculté des lettres de sa construction jusqu'en 1967. L'acquisition de ce bâtiment permit de doubler sa superficie.
En 1969, la faculté de droit disparaît en tant que personne morale, elle est intégrée à l'Université de Montpellier 1, conformément à la loi du et devient l'UER droit, puis UFR (en 1984). En 2009, la composante prend le nom officiel d'UFR Faculté de droit et science politique.
En 1968, une antenne est créée sur la ville de Nîmes complétée en 1971 par l'ouverture d'un premier cycle complet en droit. Comptant près de 800 étudiants, l'antenne nîmoise est rattachée en 2007 à l'Université de Nîmes qui devient autonome cette même annéeDécret n° 2007-733 du 7 mai 2007 portant création et organisation provisoire de l'université de Nîmes..
Particulièrement vétuste et surpeuplée au début des années 1990, un projet de déménagement de la faculté de droit sur le nouveau campus de Richter est envisagé dès 1991 afin d'y rejoindre les facultés d'AES, d'économie et l'ISEM construits durant la première phase d'aménagement du nouveau quartier en 199]-1994 et anciennement domiciliées dans le bâtiment 2. La faculté, la majorité des enseignants, le doyen Olivier Dugrip ainsi que le président de l'Université de Montpellier 1 de l'époque, Yves Loubatières, s'y opposèrent farouchement. L'affaire prit un tournant politique et médiatique en 1995-1996 opposant le président de l'Université et le maire de Montpellier, Georges Frêche, favorable au déménagement sur Richter et à la création d'un grand campus regroupant les disciplines juridiques, économiques et de gestionMontpellier Notre Ville d'avril 1996.. Finalement la faculté de droit resta en centre-ville et la région Languedoc-Roussillon (présidée par Jacques Blanc, opposant politique de Georges Frêche) accepta de financer la réhabilitation totale des bâtiments qui fut réalisée en 1997-1998 par le cabinet d'architecte Pierre TourreLa Faculté de Droit de Montpellier sur le site de l'agence Pierre Tourre.. Seule la grande bibliothèque universitaire de droit-économie-gestion rejoignit le site de Richter en 1999, ce qui explique son éloignement du centre-ville et son implantation sur Richter.
En 2005, l'IPAG, initialement logé dans le bâtiment 1, déménage également sur le site de Richter dans le bâtiment B nouvellement construit.
En 2009, la faculté de droit de l'université de Montpellier se dote d'un collège de droit. L'enseignement y est principalement axé sur une approche philosophique et historique du droit.
Affrontements des 22 et 23 mars 2018 Le , lors de la journée nationale de mobilisation contre le Plan Étudiants, l'amphithéâtre A de la faculté de droit est occupé par des manifestants. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre des jeunes femmes, mécontentes de la fermeture systématique des toilettes de droit en début de soirée, brandir des tampons hygiéniques devant le doyen Philippe Petel et l'humilier.. Dans une interview diffusée sur France 3, le doyen Philippe Petel déclare : ., il aurait sollicité à deux reprises le préfet., qui refusa de donner l'ordre aux forces de l'ordre d'intervenir pour déloger les étudiants.. Dans la nuit du 22 au , les occupants sont chassés des locaux et frappés par des hommes cagoulés et armés de morceaux de palettes. Mis en cause par les occupants, le doyen Philippe Petel nie toute implication dans l'intervention des personnes cagoulées, sur France 3 il déclare : avant d'ajouter . Il estime néanmoins possible la présence d'un professeur de droit parmi les agresseurs : .. Jean-Luc Coronel de Boissezon, professeur d'histoire du droit, mis en cause dans cette affaire, dément sur France Bleu les accusations portées à son encontre : ..
La Ligue des droits de l'homme demande au doyen de la faculté d'expliquer .. Des pétitions circulent alors, la première appelant à la démission du doyen., l'autre soutenant le doyen.. Le , 200 à 400 étudiants issus pour la plupart de la faculté de droit manifestent sur la parvis de la faculté pour réclamer la réouverture de cette dernière et la reprise des cours dans les meilleurs délais. On peut lire différents slogans tel que « Libérez nos facs ! » ou encore « Non au blocage de nos facs ! ». S'oppose dans un climat tendu, à ce cortège, une autre manifestation, accompagnée de la députée La France Insoumise Muriel Ressiguier, composée de certaines victimes des événements du et certaines personnes cagoulées.. Le lendemain matin, des tags diffusant des messages haineux envers le personnel de l'établissement et d'autres dégradations sont retrouvés sur les murs de la faculté de droit.. Depuis les événements du , les étudiants en droit ont été victimes d'un lynchage médiatique mais aussi sur les réseaux sociaux, traités de « fachos » et de « SS ». Certains se font même cracher dessus lorsqu'ils réclament la réouverture de leur faculté ou critiquent le comportement violent des occupants de la nuit du .. Ne cautionnant pas les violences du commando cagoulé, la plupart des étudiants en droit jugent cependant qu'il est inconcevable que des personnes provenant d'une faculté extérieure puissent venir occuper et décider du sort de leur faculté.. Les étudiants en droit se retrouvent dans un conflit politique divisant les pro-blocage et anti-blocage.
Une enquête de l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche est diligentée. Le président de l'université de Montpellier, Philippe Augé, porte plainte contre X et ferme la faculté de droit jusqu'au .. Le , Philippe Pétel donne sa démission de directeur d'UFR au président de l'université Philippe Augé qui l'accepte et nomme Bruno Fabre en qualité d'administrateur provisoire.. À la suite de sa démission, il reçoit de nombreuses menaces, auxquelles il réplique en portant plainte..
Philippe Pétel et Jean-Luc Coronel de Boissezon sont suspendus de leurs fonctions par la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, et mis en examen le , le premier pour complicité d'intrusion, le second pour complicité d'intrusion et violences en récidive (en raison d’une condamnation datant de 2013), et placés sous contrôle judiciaire..
Un étudiant de 53 ans, inscrit à la faculté depuis de nombreuses années et présent dans l'amphithéâtre lors des violences, porte plainte pour subornation de témoin, accusant de menaces et pression le policier qui avait recueilli son témoignage sur les affrontements.. Le est rendu public le rapport à la ministre des inspecteurs généraux Françoise Boutet-Waïss et Didier Lacroix., qui préconise de sanctionner Philippe Pétel et Jean-Luc Coronel de Boissezon.. Emmenés par le Montpelliérain Rémy Cabrillac, 450 enseignants-chercheurs des facultés de droit s'élèvent, dans un courrier à la ministre, contre la probable reconduction de la suspension du doyen portant atteinte, selon eux, à la présomption d'innocence, le procès pénal n'ayant pas eu lieu.
À l'automne 2018, l'enquête conduira à l'arrestation de personnes soupçonnées d'avoir été réunies, par téléphone, soit par conversation ou par message par une amie de l'ancien professeur d'histoire du Droit.
Le , Philippe Pétel et Jean-Luc Coronel de Boissezon sont frappés par des sanctions disciplinaires, une suspension de cinq ans pour le premier, et une révocation de l'enseignement supérieur pour le second.. Après plusieurs recours, la révocation de Jean-Luc Coronel de Boissezon est définitivement confirmée par le Conseil d'État en 2024.
À l'issue du procès pénal, Philippe Pétel est condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, et l’ancien professeur Jean-Luc Coronel de Boissezon à six mois ferme.
Administration et effectifs actuels Directeur de l'UFR : Guylain Clamour ; Nombre d'étudiants (2018-2019) : ; Nombre d'enseignants rattachés : 145 dont : Professeurs des universités : 51 ; Maîtres de conférences : 56 ; Autres enseignants (12 PRAG, 7 PRCE, 15 ATER, 4 Lecteurs) : 35. Nombre de personnels IATOSS rattachés : 74.
+ Directeur(ice)s de l'UFR Droit depuis 1977 Période Nom 1977-1982 Jean Ousset 1982-1990 Michel Lacave1990-1993 Michel Vivant 1993-1995 Paul Alliès 1995-1999 Olivier Dugrip 1999-2004 Bernard Durand 2004-2009 Paul-Henri Antonmattei 2009-2017 Marie-Élisabeth André 2017-2018 Philippe Pétel2018-2019Bruno Fabre depuis janvier 2019Guylain Clamour.
Formation 240px|thumb|right|Salle des actes de la faculté : ancien réfectoire du couvent des Visitandines, depuis lieu de soutenances des thèses.