La république de l'Altaï, , et , Altaï Respoublikasy est un sujet en Sibérie de la fédération de Russie, dont la capitale est la ville d'Ulalu. La région est aussi connue sous le nom de la république du Haut-Altaï ou son nom historique de Haut-Altaï, pour la différencier du kraï de l'Altaï. Rosstat lui attribue le code 84, et son code d'immatriculation est 04. Les langues officielles sont le russe, l'altaïen et le kazakh dans certaines parties de la république. La république est située au centre même de l'Asie à la jonction de la taïga sibérienne, des steppes de Kazakhstan et du désert de la Mongolie
La république de l'Altaï est l'un des sujets les plus montagneux de la Russie, et possède le mont Béloukha, le deuxième plus haut sommet de Sibérie après le Klioutchevskoï. Il s'agit du massif de l'Altaï, et de ses nombreuses chaînes qui le composent comme les Alpes de la Tchouïa ou les monts Katoun. Les vestiges des premières civilisations humaines dans la région remontent à la période du Paléolithique moyen, entre et ans avant notre ère. Elle est ensuite tour à tour peuplée par des tribus Scythes de Pazyryk, les Xiongnu, les Xianbei, avant de faire partie intégrante pendant le Moyen Âge du khanat des Ruanruan, du Khaganat turc, du Khaganat ouïgour puis du Khaganat kirghize du Ienisseï au . Après diverses guerres et batailles, la région devient sous tutelle de l'Empire mongol au . Après l'effondrement de celui-ci, elle devient partie intégrante de la dynastie Yuan du Nord, puis du Khanat dzoungar, et après la guerre Dzoungar-Qing, les Zaïsans, des chefs mongols, rejoignent volontairement en 1756 l'Empire russe.
En 2024, la république comptait , en augmentation par rapport à 2010 en raison de ses soldes naturel et migratoire positifs. Lors de la saison touristique, sa population peut doubler; ceci s'explique par le développement de l'économie touristique grâce au patrimoine naturel de la région, la République possédant les montagnes dorées de l'Altaï, un site du patrimoine mondial de l'UNESCO. Ce site regroupe quatre sites que sont la réserve naturelle de l'Altaï, celle de Katoun, le plateau de l'Oukok ainsi que le Teletskoïe, le « lac doré ». Ces sites attirent une clientèle principalement sibérienne, et dans une moindre mesure de la Russie européenne, et la République cherche à en attirer de l'étranger. Il y a au total 22,7 % de la république qui est protégée.
En dehors du tourisme, le secteur de l'agriculture est celui qui contribue le plus au régional. En 2020, la valeur des marchandises agricoles exportées représentaient ainsi 10,2 milliards de roubles. L'élevage, la sylviculture et l'horticulture contribue aussi à l'économie régionale dans une moindre mesure.
Enfin la république de l'Altaï possède un patrimoine culturel dont archéologique important, du fait de la diversité des civilisations qui l'ont occupé au cours du temps. Au 19 janvier 2016, la région comptait 168 objets inscrits patrimoine culturel. Ces monuments couvrent toutes les époques : le complexe mégalithique de la Tarkhata datant du Néolithique, les pétroglyphes de la vallée du Ielangach datant du néolithique jusqu'au haut Moyen Âge, les ruines de la forteresse de Ialoman (Moyen Âge), ou encore le Théâtre dramatique national de Gorno-Altaïsk datant de l'ère soviétique.
Géographie
Situation Couvrant une superficie de , la république de l'Altaï est un sujet possédant une superficie moyenne comparé aux autres sujets russes; mais une superficie petite comparé aux sujets sibériens comme le kraï de l'Altaï avec ou l'oblast de Novossibirsk avec . Elle compose 0,5 % du territoire de la fédération de Russie, et 1,5 % du district fédéral Sibérien, soit le dixième le sujet le plus grand du district sur 12.. La république de l'Altaï donne naissance à la Katoun et la Biia, les deux rivières qui donnent naissance l'Ob, un des trois grands cours d'eau de Sibérie.
La république de l'Altaï fait partie de la Sibérie, et ainsi du district fédéral Sibérien. Le territoire altaïque est contigu avec quatre sujets russes (la république de Touva, la république de Khakassie, l'oblast de Kemerovo et le kraï de l'Altaï), d'une province kazakhe (le Kazakhstan Oriental), d'une région autonome chinoise (le Xinjiang) et d'un aïmag mongol (l'aïmag de Bayan-Ölgii) ; soit au total de 7 subdivisions administratives de quatre pays différents. Sa frontière avec la république du Kazakhstan est de , avec la Chine de , et avec la Mongolie de . Pour les sujets russes, elle borde la Touva sur , la Khakassie sur 200 autres, l'oblast de Kemerovo sur et enfin pour le kraï de l'Altaï.
La république de l'Altaï possède un relief très montagneux, avec très peu de plaines fluviales, à part vers Maïma, et quelques steppes et plateaux dans le sud du territoire, avec la steppe d'Ouïmon, l'Oukok, les steppes de la Tchouïa et de Kouraï, ainsi que plateaux d'Oulagan et de la Tchoulychmann. Son point le plus bas est à Maïma () et son point culminant de pour le Béloukha dans les monts Katoun, soit un dénivelé de plus de . Les forêts couvrent en tout environ 67,7 % du territoire de la république. La distance entre le point le plus au nord et celui le plus au sud est de , celle entre ceux d'ouest et d'est est de .
vignette|Stèle d'entrée dans la république de l'Altaï sur la R256.
Hydrographie La république de l'Altaï peut être considérée comme un château d'eau pour une bonne partie de la Sibérie, grâce aux nombreux cours d'eau auxquels elle donne naissance à travers tout son territoire, et en particulier des deux grands affluents que sont la Katoun et la Biia, dont la confluence à Biïsk forme l'Ob, l'un des trois grands fleuves de Sibérie, qui s'écoule jusqu'à l'océan Arctique. La République est aussi riche en lacs, sans compter les glaciers en haute montagne.
En ce qui concerne les cours d'eau, il y aurait rivières, selon le gouvernement de la république, représentant une longueur totale de . Les plus petites rivières, avec une taille inférieure à , et les petites, soit entre 10 et de long représentent 98,6 % des cours d'eau de la République, ainsi que 78,4 % de la longueur totale des rivières. Quant aux rivières dites moyennes, c'est-à-dire entre 100 et de long, il y en a 15 à travers la région; l'Anouï, l'Antrop, l'Argout, la Bachkaous, la Biia, le Djazator, l'Icha, la Koksa, le Lebed, la Pestchanaïa, la Tchapcha, la Tchouïa, le Tchoulychman, et enfin l'Oursoul. Il y a aussi de rivières supérieures à , la Katoun et la Tcharych.
Concernant les étendues d'eau, elles représentent environ 0,6 % du territoire, et se présentent sous trois différentes formes principales ; les lacs, les étangs et les marécages. Il y aurait environ 7000 lacs à travers l'ensemble du territoire, avec une superficie totale supérieure à .. La grande majorité de ces lacs sont de petites tailles, et sont majoritairement à une altitude comprise entre 1500 et . En termes de nombre, le plateau de la Tchoulychman et celui de l'Oukok sont ceux qui en contiennent le plus. Les vallées des monts Katoun regorgent aussi de nombreux lacs, comme celui de la Koutcherla ou d'Akkem. Le plus grand lac est sans aucun doute le Teletskoïe, ou Altyn-Köl en altaïen, soit littéralement « lac doré », qui a une superficie de et un volume de . Outre ce lac, on peut citer parmi les étendues d'eau conséquentes le lac Djouloukoul, l'Oukok, le Kaldjhn-Köl ou encore l'Ouzoun-Kol, le dernier sur le plateau d'Oulagan.
Il y a au total, selon l'université d'État de Tomsk, 1035 glaciers, avec une superficie de et un volume d'eau de . Parmi les glaciers, on retrouve celui du massif du Tavan-Bogd-Oula, d'une superficie de , lui de Maacheï, faisant Sofia faisant ou encore lui de Taldoura, faisant et celui d'Akkem, le plus visité de la région. La région héberge aussi de nombreux marécages, que ce soit ceux de la rivière Ynygra, de la rivière Katoun dans la steppe d'Ouïmon mais aussi et surtout ceux des steppes de Kouraï et la Tchouïa. Sinon, les étangs sont certes bien moins conséquents en nombre que les lacs mais ils existent. La plupart d'entre eux sont artificiels et ont été créés afin d'alimenter en eau des villages ou des mines comme celle de Kalgouty.
Enfin, la région possède une quantité importante d'eaux souterraines, avec des estimations portant à un total de 7480,3 milliards de mètres cubes d'eau. Cependant toutes ces réserves d'eau, souterraines ou non, ne sont que peu utilisés, malgré un potentiel énergétique estimé à 80 voire 85 milliards de kW. Actuellement, les quelque petites centrales hydroélectriques des rivières Tchemal, Kairu et Tyoun produisent d'électricité.. Il y a aussi un potentiel touristique important, avec des balades en bateau, la pêche mais surtout le rafting, l'Altaï étant connu pour ses championnats de rafting., comme dans les rapides de Mandjerok sur la Tchouïa près de Tchibit.
Géologie vignette|Carte des glaciers et lacs des pendant la dernière période glaciaire dans l'Altaï. La république de l'Altaï possède un sol très riche, avec de nombreux richesses minérales ainsi que d'autres métaux dans son sous-sol. Certaines de ses ressources sont exploitées, permettant un développement économique de certaines zones reculées. Cependant, sur tout ce qui est connu, seulement une faible proportion est exploitée, du fait de l'isolement géographique ainsi que du classement de nombreuses naturelles..
Les espaces forestiers composent 44,4 % du territoire, dont 14 % de ce total avec des sols en tchernoziom, et 13 % pour les sols bruns. Les sols des forêts sont principalement argileux et limoneux, et en ce qui concerne l'érosion, elle est faite par l'eau en plaine et en basse montagne, faite par l'eau et le vent dans les zones montagneuses et principalement par le vent en haute montagne;
L'or est la richesse de la république de l'Altaï la plus connue, et le territoire est connu depuis l'Antiquité pour cette richesse. La région tire d'ailleurs son nom de ce métal noble, la racine "alt" signifiant or en proto-turc. Le gisement d'or le plus important est Sinyoukhinskoïe dans la raïon de la Tchoïa, exploité depuis les années 1950 avec la mine Vessely, qui produit annuellement 90% de l'or de la région. Ce gisement est, malgré son exploitation longue, toujours sous-exploité, et on estime des réserves totales de l'ordre de . Outre cette mine, ce raïon est celui où l'or est le plus exploité, auquel il faut ajouter des mines dispersées dans le nord de la République ainsi que la teneur en or de nombreuses rivières (Ielangach, Argout, Tara, Totchan, Tchouïa). vignette|Sol à forte teneur en mercure près de Tchagan-Ouzoun. On retrouve aussi de l'argent, découvert dans les années 1980 dans les monts Tchikhatchov non loin de Koch-Agatch, qui regorge d'ailleurs aussi de plomb, de cuivre et de bismuth. Le raïon de Koch-Agatch est d'ailleurs un des plus riches, avec le mercure qui est en quantité importante sur une ligne Aktach (raïon d'Oulagan pour ce village) - Tchagan-Ouzoun. Seul le gisement d'Aktach fut exploité entre les années 1940 et 1990. Sinon dans le raïon de Koch Agatch, le gisement de Karakoul regorge, en plus de l'or, de bismuth et de cobalt, à une altitude allant jusqu'à d'altitude. Il y aussi le gisement de Kalgoutin, non loin de l'Oukok riche en tungstène, molybdène et en béryllium.
Climat