La Croix-Rouge française (CRF) est une association d'aide humanitaire française, reconnue comme «personne de droit privé chargée d'une mission de service public », qui a pour objectif de venir en aide aux personnes en difficulté en France et à l'étranger. Ses missions fondamentales sont l'urgence, le secourisme, l'action sociale, la formation, la santé et l'action internationale.
Fondée le sous le nom de Société française de secours aux blessés militaires (SSBM), des dissensions internes amèneront à la création, en plus, de l’Association des dames françaises (ADF) en 1879, puis de l'Union des femmes de France (UFF) en 1881.
La Croix Rouge Française ne sera véritablement créée sous son nom actuel qu'en par fusion des trois entités précitées (SSBM, ADF et UFF) et actée par un décret du maréchal Pétain du .
Reconnue d'utilité publique depuis août 1940, la Croix-Rouge française est l'une des 192 sociétés nationales du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Elle compte plus de et . Son réseau est constitué de locales, départementales et territoriales et sociaux, médico-sociaux et sanitaires, répartis sur l'ensemble du territoire français, y compris dans les départements et territoires d'outre-mer. La Croix-Rouge française est par ailleurs présente dans pour y développer des programmes spécifiques afin d'améliorer notamment l'accès à l'eau, la précarité alimentaire et la santé des personnes vulnérables.
Histoire vignette|redresse|alt=Infirmière de la SSBM (Société de secours aux blessés militaires) fondée en 1864, ancêtre de la Croix-Rouge. 1914-1918.|Infirmière de la SSBM (Société de secours aux blessés militaires) fondée en 1864, ancêtre de la Croix-Rouge. 1914-1918.
Naissance de la Croix-Rouge française vignette|Ancien siège de la Société de secours aux blessés militaires, actuellement occupé par la délégation territoriale de la Croix-Rouge française à Paris, 12 rue Chardin ( de Paris). En , Henry Dunant fait un voyage d'affaires en Italie, où il constate les dégâts de la bataille de Solférino () qui opposa l'armée française de Napoléon III et l'armée du royaume de Piémont-Sardaigne à l'armée autrichienne. Le , le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est fondé à Genève.
Le voit la création, sous la présidence du général-comte de Montesquiou-Fezensac et sous l'impulsion d'Henry Dunant lui-même, de la Société française de secours aux blessés militaires (SSBM). Cette société est reconnue par le Comité international de secours aux blessés, créé l'année précédente sur les idées d'Henri Dunant et dépositaire de l'emblème. La France est l’une des premières nations à signer, le , la première Convention de Genève lors d'une conférence diplomatique convoquée par le Conseil fédéral suisse à la demande du CICR. Comme son nom l'indique, le but de la SSBM est d'abord de prendre en charge les militaires mis hors de combat lors de conflits sur le territoire français. Elle réunit sa première assemblée générale le et est reconnue d'utilité publique le . Elle reçoit très vite son « baptême du feu », puisque la guerre franco-prussienne éclate en 1870 et est suivie en 1871 d'une période insurrectionnelle à Paris d'abord puis dans différentes villes françaises (la Commune). Elle parvient déjà à récolter des fonds. Sa mission est de seconder les services de santé militaires. Outre le secours aux blessés et mutilés de guerre, elle apporte un soutien aux veuves et orphelins de soldats.
Le Mouvement a été fondé selon sept principes fondateurs : humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.
La Croix-Rouge française est la quatrième plus ancienne société nationale : créée le , elle est fondée après l'allemande (le ), la belge (le ) et l'espagnole (le ).
Divisions : trois sociétés de la Croix-Rouge française vignette|150px|Médaille décernée par l'Association des dames françaises (ADF) à ses infirmières après la Première guerre mondiale.
À la suite de divergences et de scissions, deux autres sociétés nationales sont fondées en France. L’Association des dames françaises (ADF)L'ADF a été présente « sous le drapeau de la Convention de Genève » à l'Exposition internationale de Bruxelles en 1897 : Thomas Braun, La Vie Moderne à l'Exposition internationale de Bruxelles, 1897, , Lyon-Claesen. Bruxelles-Paris, 160 p. voit le jour à Paris en 1879, à l'initiative du docteur Auguste Duchaussoy, fondateur et dirigeant d'une école de garde-malades et d'ambulancières ouverte en 1877, intégrée à l'association. Marqué par l'insuffisance de l'organisation des ambulances durant la guerre de 1870, il est désireux de remédier à cet état de fait et fait appel aux femmes.Le Voltaire, 15 novembre 1880, La France, 15 novembre 1880Notice biographique, Revue internationale de la Croix-Rouge, 1919. L'ADF mettra aussi en cause l'inertie de la SSBM et le refus de sa direction de constituer une société de femmes, pépinière d'ambulancières préparées en cas de guerre.. L'Union des femmes de France (UFF), issue d'une scission de l'ADF, est formée en 1881 sous l'impulsion notamment de sa première présidente, Emma Koechlin-Schwartz, en raison notamment d'un désaccord sur la féminisation exclusive ou non de la société.. Ces deux associations interviennent au profit des militaires mais aussi auprès des civils, et ce même en temps de paix. Le nom complet de l'ADF est à l'origine l'Association des dames françaises pour les secours aux blessés militaires mais rapidement elle se propose de donner des ainsi que des .. Elles sont également reconnues par le Comité international comme faisant partie du « Mouvement Croix-Rouge », et peuvent donc utiliser l'emblème.
L'ADF et l'UFF sont nées dans les premières années de la République des républicains, ce qui explique les polémiques politico-religieuses dans les années 1880. Des journaux républicains saluent la naissance de l'UFF, moquant la SSBM, qui a pour président . tandis que le docteur Duchaussoy affirme que son association se place et , se défend contre les accusations portées contre l'ADF (elle serait trop proche de la SSBM, serait devenue et trop aristocratique) par ces journaux et par les fondatrices de l'UFF qui ont critiqué la direction de l'ADF en 1880 et ont quitté cette associationDiscours du docteur Duchaussoy lors de l'AG de l'ADF, novembre 1880 (Il dénonce le groupe qui a voulu s'emparer de l'ADF lors de l'AG de et qui a mené une campagne ensuite contre la direction de l'ADF)... Des journaux catholiques conservateurs comme L'Univers reprochent au cours des années 1880 aux deux sociétés nouvelles, à l'UFF surtout, leurs , leur neutralité en matière religieuse, leur volonté de secourir aussi les victimes des catastrophes civiles, les attaches de leurs dirigeantes avec les milieux républicains et , alors que la SSBM a fait ses preuves ; les ambulances de la SSBM étant à l'origine largement ouvertes aux prêtres, pour les mourants, ainsi qu'à d'autres religieux, hommes et femmes (les « bonnes sœurs ») qui venaient soigner et assister les blessés....Ibid., 10 mai 1887,Ibid., 21 décembre 1887.....
La place que doivent tenir les femmes les distingue également ; les deux dernières leur accordent plus d'indépendance. Un des secrétaires généraux de l'UFF notant ainsi : .. Les dirigeantes de l'UFF sont secondées par un conseil consultatif d'hommes. Un secrétaire général joue toutefois un rôle d'animateur actif. Ont occupé ce poste le docteur Pierre Bouloumié, durant , jusqu'en 1919, le baron Albert d'Anthouard, ancien diplomate, administrateur de sociétés, de 1919 à 1928, le vice-amiral Jean-François-Charles Amet, de 1928 à 1938. De même, le fondateur de l'ADF, le docteur Auguste Duchaussoy, est l'actif secrétaire général de l'association durant , jusqu'à son retrait en , à 89 ans.. Le conseil d'administration de l'ADF, présidé par une femme, est composé à la fois de femmes (parmi lesquelles trois vice-présidentes en 1938) et d'hommes (parmi lesquels un seul vice-président et le trésorier en 1938)..
Après la SSBM (1866), l'UFF est reconnue d'utilité publique en 1882, l'ADF en 1883. Elles sont rattachées aux ministères de la Guerre et de la Marine. Des décrets de 1886 et 1892 règlent leur organisation en cas de guerre. L'ADF fait établir par une action en justice en 1889 et 1891 son appartenance à la Croix-Rouge, contestée. Elle ouvre en 1896 à Auteuil un et obtient la même année le patronage du président de la RépubliqueAG de l'ADF, 1909, Décrets.
À partir de 1907, à l'initiative de Suzanne Pérouse, alors présidente de l'UFF, est créé un organe commun de direction aux trois associations : le Comité central de la Croix-Rouge française (CCCRF). Il est composé de quatre délégués de la SSBM, deux de l'ADF et deux de l'UFF. Le président de la SSBM en prend de droit la présidence.
Les crues de la Seine et de la Loire de 1910 sont l'occasion des premières opérations d'envergure en temps de paix et au profit des populations civiles : des centres d'hébergements sont mis en place, de l'aide alimentaire et des vêtements distribués.
vignette|150px|Médaille de la SSBM (1864-1866).
Mais bientôt éclate la Première Guerre mondiale, et la SSBM reprend le chemin des champs de bataille. Sur le front, elle met en place des « ambulances chirurgicales ». À l'arrière, les deux ADF et UFF ne sont pas en reste : organisation d'hôpitaux militaires (environ à la fin du conflit), formation et encadrement de formées, mise en place de péniches-ambulances pour la partie soins médicaux, mais aussi création de sanatoriums, de cantines de gares, d'ouvroirs, aides aux soldats (colis), ouverture d'une agence des prisonniers de guerre ( de fiches recensées), et aussi souscription pour aider les départements de l'Aisne et de l'Oise libérés en 1917.
Fin 1918, la paix revient, et l'entre-deux-guerres commence. Le CCCRF décide de faire porter ses actions sur l'aide à la reconstruction, mais aussi sur la tuberculose, les maladies vénériennes, la mortalité infantile. Les infirmières doivent également lutter contre l'épidémie de grippe espagnole. En 1938, un organe consultatif, le Conseil national de la Croix-Rouge française, est chargé d'étudier les questions relatives au rapport entre la Croix-Rouge et l'État.
Les trois sociétés font partie du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge fondé en 1919 et mandaté pour agir dans les pays victimes de conflits armés, qui comprend le CICR, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et les 190 sociétés nationales qui sont toutes auxiliaires des pouvoirs publics et souveraines dans leur pays.
1934 création des Infirmières pilotes secouristes de l’Air (IPSA) En 1934, des représentantes des trois sociétés de la Croix-Rouge française, Corisande de Gramont pour l’ADF, Françoise Schneider née de Curel pour la SSBM, Vassilia de Vendeuvre (dite Lilia, 1897-1980) pour l’UFF décident de créer les premières équipes d’infirmières de l’Air. Il s’agit de former des infirmières diplômées au pilotage et aux évacuations par voie aérienne afin qu’elles puissent en cas d’urgence constituer des équipes en mesure d’intervenir partout, y compris dans les endroits difficilement accessibles de l’Empire colonial français. Les trois fondatrices obtiennent le concours de l’Aéro-Club de France qui délivrait alors toutes les licences de pilotes en France.. L’Aéro-Club décide d’affecter une partie des fonds d’une collecte destinée à ériger un monument à Hélène Boucher morte aux commandes de son avion le , pour offrir une formation de pilote à des jeunes filles qui veulent devenir infirmières de l’Air. L’appel à candidatures lancé par la Croix-Rouge connait un immense succès dans un contexte où la vie héroïque d’Hélène Boucher suscitait de nombreuses vocations de pilotes chez les femmes. En , la première promotion d’infirmières pilotes secouristes de l’Air fut baptisée du nom de Jean Mermoz.