Ngulu est un atoll corallien de neuf îles situé à l'ouest des îles Carolines dans l'océan Pacifique. Il appartient aux îles extérieures de Yap. Du point de vue administratif, c'est une municipalité de l'État de Yap, dans les États fédérés de Micronésie. C'est l'atoll le plus occidental des États fédérés de Micronésie. Il est situé sur la même zone de subduction que les îles Yap, au point de rencontre de la plaque philippine et de la plaque pacifique.

La superficie totale émergée des cinq îlots pérennes qui composent Ngulu est de seulement . Leur altitude maximale est de quatre à cinq mètres. L'atoll s'étend sur de long et de large sous la forme de seize segments de récifs. Ceux-ci entourent un profond lagon s'étendant sur . Le climat y est de type équatorial, chaud, modérément humide et pluvieux tout au long de l'année. L'atoll est régulièrement affecté par des cyclones. Il possède une flore et une faune terrestre peu diversifiées mais une riche faune récifale et maritime protégée par une zone de gestion marine de (environ du lagon).

Les premiers humains abordent Ngulu aux environs de 300 d'après des sondages archéologiques. Les objets découverts illustrent, dès l'origine, des échanges avec les îles Yap avec l'importation de céramiques. Entre 800 et 1400, de la céramique et des outils attestent de contacts avec les Palaos et les îles Salomon et les îles Marshall. Après 1400 est introduite depuis les îles Yap la pratique de la construction de plates-formes en pierre pour y bâtir les habitations. Les Européens établissent les premiers contacts avec les insulaires dans la première moitié du . Ngulu et le reste des îles Carolines passent sous domination espagnole jusqu'en 1885, puis sont intégrées à la Nouvelle-Guinée allemande. En 1914, l'empire du Japon prend possession de la région, occupation régularisée dans le cadre du mandat des îles du Pacifique créé en 1919. Les îles Carolines passent sous le contrôle des États-Unis en 1944 qui les administrent en tant que Territoire sous tutelle des îles du Pacifique dans le cadre d'un mandat de l'ONU reçu en 1947. Les États fédérés de Micronésie accèdent à l'indépendance en 1986.

La population de Ngulu a toujours été faible. Elle parle une langue appartenant à la sous-famille chuukique des langues micronésiennes. L'alimentation est fondée sur la pêche et l'agriculture vivrière. Le sirop de noix de coco concentré produit à Ngulu était autrefois très apprécié par les Yapais et échangé contre d'autres biens. La toxicité des plants locaux de taro nécessite une cuisson répétée avec du sirop de noix de coco.

Géographie

Topographie

vignette|gauche|Plaque tectonique des Carolines et plaques voisines.|alt=Dessin figurant en bleu l'océan, en brun clair les terres et par des traits verts, bleus, verts et violets les limites et le mouvement des plaques. vignette|Plan de l'atoll de Ngulu.

|alt=Dessin en couleur vives figurant les principaux caractères de l'atoll.

L'atoll de Ngulu est situé à environ au sud-sud-ouest des îles Yap. Il est l'atoll le plus occidental des États fédérés de Micronésie. Il est situé sur la même zone de subduction que les îles Yap, au point de rencontre de la plaque philippine et de la plaque pacifique. L'atoll de Ngulu s'étend sur de long et de large sous la forme de 16 segments de récifs entourant au nord, à l'ouest et au sud un profond lagon central couvrant , auquel les passes de Doriyappu, Doniparo, Donibureeko et Doroppu permettent d'accéder. La partie orientale du récif est profondément immergée. La superficie totale des terres des cinq îlots pérennes, divisés géographiquement en deux, est de seulement . Le groupe nord est constitué, du nord au sud, des îles de Meseran et Lathow (aussi appelée île du Nord). Le groupe sud comprend, d'ouest en est, les îles d'Ylangchel (la plus élevée, d'altitude), Ngulu (la plus grande, et de hauteur maximale). et Wachlug. Les autres surfaces émergées consistent en minuscules îlots de sable ou de gravier dépourvus de végétation, probablement inondés par les fortes marées et les tempêtes, et non reconnus comme des îles distinctes par les habitants de Ngulu.

Cyclones et tempêtes tropicales

alt=Photo satellite montrant une spirale de nuages blancs sur l'océan bleu et des terres vertes|vignette|Le typhon Haiyan approchant des Philippines, le . L'atoll se situe dans la zone de précipitations la plus forte au nord de l'équateur. Il est régulièrement touché par des tempêtes tropicales et des cyclones tropicaux majeurs, également appelés typhons.. En puis en , les cyclones Mitag et Sudal frappent la zone sans que de gros dommages aient été enregistrés malgré de fortes précipitations et des vents à la vitesse élevée... Le , la tempête Parma passe sur Ngulu avec des vents maximaux estimés entre à . Le toit du centre communautaire et quatre maisons, principalement leurs toits de chaume, sont endommagés. Le total de ces dommages est estimé à . Environ des bananiers et des papayers ont subi des dégâts.. En , le typhon Haiyan., puis en , le typhon Hagupit frappent durement l'île sans faire de victime ou de blessé..

La communauté de Ngulu est membre de la FUNSO () créée pour coordonner les aides d'urgence reçues en cas de sinistre météorologique dans les îles de l'association.

Environnement

Protection environnementale

En 2002, dans le cadre d'un plan de gestion environnemental géré par le gouvernement des États fédérés de Micronésie, différents services gouvernementaux des États-Unis et le Programme des Nations unies pour le développement, l'atoll est intégré ainsi que les îles Yap, et les atolls d'Ulithi, Fais et Faraulep, à l'écorégion de la forêt tropicale sèche de Yap. Le programme a pour objectif la conservation et l'amélioration des systèmes écologiques marins, terrestres et d'eau douce et de leur diversité tout en répondant aux besoins humains. En 2009, les chefs traditionnels, ayant fait appel au Programme d’action communautaire de Yap, une organisation non gouvernementale, obtiennent de l'aide pour améliorer la gestion des ressources. Par l'intermédiaire du Micronesia Conservation Trust, il est fourni à la communauté des fonds octroyés par le programme de protection de l’environnement et de protection de l’Union européenne. Les insulaires ont décidé de l'établissement d'une zone de gestion marine de (environ du lagon) pour rétablir et maintenir la résilience et l'intégrité de l'écosystème marin. La zone restante est utilisée pour la subsistance et des échanges commerciaux de faible ampleur. Des limites de prises sont fixées pour chaque espèce. L'argent est utilisé pour mettre en place un système de surveillance par radar afin d'identifier les navires de pêche illégaux.

La pêche illégale, notamment par des flottes de pêche d'Asie du Sud-Est, n'a pas encore eu d'impact important sur les ressources locales. En , quatre bateaux sont capturés et ramenés aux Îles Yap. Durant le premier semestre 2015, un groupe de dix navires est repéré en train de rassembler des concombres de mer et des poissons de récifs. Bien que signalée à l'administration fédérale, cette activité illégale ne déclenche aucune intervention des garde-côtes. Les autorités yapaises organisent en conséquence une flottille de bateaux avec à leur bord des volontaires et des policiers, lesquels capturent à Ngulu environ 35 pêcheurs illégaux et un certain nombre de leurs navires. Ces pêcheurs pourraient être les victimes de la traite humaine par des mafias chinoises ou vietnamiennes.

Flore

alt=Photo d'une plante aux feuilles en forme de goutte d'eau et aux fleurs blanches à pétales en corolle|vignette|Scaveola taccada. La végétation est principalement constituée d'une forêt de cocotiers (). Dans les îles septentrionales, les plages de Meseran sont principalement de sable fin et de roches coralliennes et de sable à Lathow. Elles comportent modérément des touffes d'herbes, des arbustes, des cocotiers, des arbres à pain et des papayers. Dans les îles du sud, des fourrés de se répartissent en parcelles le long de la partie supérieure des plages des îles Ngulu et Wachlug. Ils sont absents d’Ylangchel, qui est plus élevée et présente un rivage rocheux, et qui possède des bouquets d’héliotropes () côté lagon. Ils abritent de nombreux oiseaux de mer en reproduction, de plusieurs espèces.

Faune terrestre

Les insectes sont peu nombreux puisqu'il n'a été observé sur l'île de Ngulu que deux papillons résidents ( et ) et deux libellules ( et ) qui y migrent en août et septembre apportées par les vents d'ouest. Ce faible nombre tient probablement à la petite taille des îles et à la faible diversité des habitats..

L'île de Ngulu abrite quinze espèces de reptiles, soit deux tortues de mer, six geckos, animaux nocturnes et six scinques, animaux diurnes. Aucun n’est endémique et la plupart d’entre eux sont répandus en Océanie. Les tortues abordent les îles de l'atoll pour y nidifier. Les tortues imbriquées ne viennent qu'en petit nombre par saison, pas plus de quatre ou cinq, mais les tortues vertes sont beaucoup plus courantes, de l'ordre de plusieurs dizaines. Les îles du nord sont préférentiellement visitées et au sud, Ylangchel, qui est complètement entourée de plages rocheuses pour la plupart escarpées, n'est pas abordée. La nidification des tortues vertes se déroule principalement de mai à août. Une seconde saison, de décembre à mars, ne concerne que peu d'individus. L'isolement du territoire, la faible population humaine résidente, un braconnage très occasionnel par les visiteurs extérieurs et les pratiques de conservation traditionnelles locales contribuent au maintien des populations de tortues. Les œufs peuvent être récoltés régulièrement mais la pratique locale est de ne tuer des tortues pour se nourrir que lorsque le chef est présent.

Parmi les scinques, les plus abondants, , et , vivent sur toute l'île, au sol et dans des zones ouvertes pour le premier, dans des zones forestières et perturbées pour les suivants. Cet habitat est le même pour qui reste à terre. est quant à lui largement arboricole et est généralement localisé sur les plages rocheuses exposées. Parmi les geckos, a une prédilection pour les zones rocheuses. Les autres dont et , le plus gros, vivent dans des habitats très variés. Le gecko le plus courant, , tout comme et une espèce de indéterminée, est tout de même particulièrement fréquent dans les arbustes du genre . Les îles d'Ylangchel et Wachlug sont plus pauvres en reptiles puisqu'elles ne comptent que six espèces chacune, mais une espèce rare et menacée de serpent aveugle, peut-être , pourrait avoir été vue sur Ylangchel.

De très nombreux fous et sternes nichent sur l'atoll. L'hirondelle rustique y migre en profitant des vents d'ouest en août et septembre.

Des chats domestiques et des rats sont présents sur l'île principale.

Faune récifale et maritime

alt=Photo d'un corail blanc à long pied et formant une corolle.|vignette|Acropora hyacinthus à La Réunion Dans l'atoll, les de coraux recensées, et notamment les porites, couvrent de plus larges surfaces à l'intérieur du lagon qu'à l'extérieur car elles sont moins exposées aux intempéries. Certains coraux comme Acropora digitifera et Acropora hyacinthus sont utilisés pour des analyses de dispersion à large échelle basées sur la génétique.

La plupart des macroinvertébrés sont des crinoïdes, des oursins, des holothuries, des palourdes, et d'autres coquillages comestibles comme les Trochus. Tout comme les coraux, leur concentration est beaucoup plus importante à l'extrémité ouest de l'atoll.

Des crabes, des homards et des calamars sont présents autour des îles.