Ernest Newman, né le , mort le , est un musicologue et critique musical anglais, considéré par le Grove Dictionary of Music and Musicians comme . Son approche critique, visant à une certaine objectivité intellectuelle contrastant avec les points de vue plus subjectifs d'autres critiques professionnels, comme Neville Cardus, se retrouve dans ses ouvrages de référence sur Richard Wagner, Hugo Wolf et Richard Strauss, entre autres. Il a tenu la rubrique de compte-rendu des concerts pour le Sunday Times durant près de quarante ans, de 1920 jusqu'à sa mort.

Biographie Débuts dans le journalisme Ernest Newman, de son vrai nom William Roberts, est né à Everton, un district de Liverpool, fils unique de Seth Roberts, un tailleur gallois, et de sa deuxième épouse Harriet Spark. Ses parents avaient l'un et l'autre des enfants de précédents mariagesNigel Scaife, "Newman, Ernest (1868–1959)", Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004, consulté le 10 juin 2009.. Il fit ses études à la St Saviour's School d'Everton, au collège de Liverpool et à l'Université de Liverpool, obtenant son diplôme en 1886. Son éducation musicale fut entièrement autodidacte, passant par l'apprentissage du piano et du solfège, ce qui lui permettait d'étudier aussi bien la musique vocale, la composition, l'harmonie et le contrepoint par la lecture de partitions. Le jeune William Roberts avait l'intention de faire carrière dans lIndian Civil Service, mais sa santé se détériora soudainement et il lui fut déconseillé de s'établir en Inde"Newman, Ernest", , consulté le 10 juin 2009."Newman, Ernest" , Gale Literary Database: Contemporary Authors.. Il entreprit dès lors de travailler à la Banque de Liverpool, de 1889 à 1903. Durant son temps libre, il étudia jusqu'à neuf langues étrangères, écrivit ses premiers articles de presse, abordant la musique, la littérature, la religion et des sujets philosophiques. Il publia également ses deux premiers livres, en 1895, et en 1899.

Pseudonyme William Roberts, élevé par des parents anglicans, se détourna progressivement de l'Église. Il rejoignit la National Secular Society en 1894, rencontrant ainsi J. M. Robertson qui devait rester un ami de toujours et influencer son approche de la critique d'art. En 1897, il publia un essai intitulé Pseudo-Philosophy at the End of the Nineteenth Century, une critique de l'expression imprécise et subjective. Cette étude mettait en avant, selon lOxford Dictionary of National Biography, . L'ouvrage était signé d'un pseudonyme, Hugh Mortimer Cecil. Les livres publiés par la suite sont tous signés Ernest Newman, nom de plume construit sur un double jeu de mots : New man, l'« homme neuf » portant un regard neuf sur les choses, et Ernest pour la constance (Earnest, en anglais) : Ernest Newman, a new man in earnest.

Le pseudonyme prit bientôt le pas sur le patronyme, jusque dans la vie privée de l'écrivain, quoiqu'il n'ait jamais entrepris de démarche administrative pour en faire son nom propre. En 1894, Ernest Newman épousa Kate Eleanor Woollett, et consacra ses premiers articles sur la musique pour le New Quarterly Musical Review de Granville Bantock. Ce dernier, principal du Birmingham and Midland Institute school of music, invita le journaliste à se joindre à son équipe d'enseignants pour le chant et la théorie musicale en 1903.

Critique musicale Ernest Newman quitta Birmingham en 1905 pour devenir le critique musical du Manchester Guardian, où ses opinions furent souvent l'objet de controverses. Le ton tranchant qu'il avait adopté finit par le faire renvoyerPeter Heyworth, Ernest Newman, notice nécrologique, The Observer, 12 juillet 1959, p.10.. Il quitta donc Manchester dès l'année suivante, engagé par The Birmingham Post.

Durant ce second séjour à Birmingham, Ernest Newman écrivit des études sur Richard Strauss (1908), Edward Elgar (1906), Hugo Wolf (1907) et Richard Wagner (1914). Son Hugo Wolf fut la seule étude en anglais sur le compositeur autrichien pendant plus de quarante ans, et fut traduite et publiée en allemandThe Times, notice nécrologique, 8 juillet 1959, p. 8.. Selon The Times, la monographie de 1914 sur Wagner montre .

Son épouse étant morte en 1918, Ernest Newman se remarie l'année suivante avec Vera Hands, une de ses élèves du Midland Institute. La même année, il décide de quitter Birmingham, W. Beeson, Ernest Newman's Departure from Birmingham, The Musical Times, , p.215., pour s'établir à Londres comme critique pour le journal du dimanche The Observer. Ce journal lui avait offert des conditions exceptionnelles, dispensant le critique d'assister quotidiennement aux concerts dans la capitale, comme la plupart de ses confrères. Cette raison l'avait fait longtemps repousser toute idée de déménagement.

Au Sunday Times En moins d'un an, Ernest Newman quitta The Observer pour son rival, le Sunday Times. Dans sa rubrique, il était . Sa carrière au Sunday Times dura de 1920 jusqu'à sa mort, pratiquement sans interruption, à l'exception d'un séjour aux États-Unis en 1923-1924 où il fut employé par le New York Evening Post.

Il contribua au Musical Times de 1910 à 1955 pour de brèves études sur DebussyThe Musical Times, mai 1910, pp.293–296., « les femmes et la musique »The Musical Times, juin 1910, pp.359–361., ElgarThe Musical Times, octobre 1910, pp.631–634., BrahmsThe Musical Times, mars 1911, pp.157–159., l'« Immortelle bien-aimée » de BeethovenThe Musical Times, juin 1911, pp.370–373., le Festival de BayreuthThe Musical Times, septembre 1911, pp.576–78., LisztThe Musical Times, octobre 1911, pp.633–639, BachThe Musical Times Janvier 1912, pp.9–15., BantockThe Musical Times, mars 1912, pp.165–166, Hugo WolfThe Musical Times, août 1912, pp.506–508, SchönbergThe Musical Times, février 1914, pp.87–89., MedtnerThe Musical Times, janvier 1915, pp.9-11., BerliozThe Musical Times, août 1915, pp.461–463., GranadosThe Musical Times, août 1917, pp.343–347 et MoussorgskiThe Musical Times, February 1923, pp. 93–95.. À partir de 1930, il participa également à des émissions de radio hebdomadaires.

Souffrant de troubles de la vue, Ernest Newman mit fin à son contrat avec le Sunday Times durant l'automne de 1958. Il mourut l'année suivante à Tadworth, dans le Surrey, âgé de 90 ans. Sa seconde épouse lui a survécu.

Publications

Ouvrages musicologiques 1895 : Gluck and the Opera: A study in Musical History 1899 : A Study of Wagner 1904 : Wagner 1904 : Richard Strauss With a Personal Note by A. Kalisch 1905 : Musical Studies 1906 : Elgar 1907 : Hugo Wolf 1908 : Richard Strauss 1914 : Wagner as Man and Artist (revised 1924) 1919 : A Musical Motley 1920 : The Piano-Player and Its Music 1923 : Confessions of a Musical Critic (reprinted in Testament of Music, 1962) 1923 : Solo Singing 1925 : A Musical Critic's Holiday 1927 : The Unconscious Beethoven 1928 : What to Read on the Evolution of Music 1931 : Fact and Fiction about Wagner. A Criticism of "The Truth about Wagner" by P.D.Hurne and W.L.Root 1934 : The Man Liszt:' A Study of the Tragi-Comedy of a Soul Divided Against Itself." 1933–47 : Life of Richard Wagner. 4 vols. 1940 : Wagner (Novello's Biographies of Great Musicians) 1943 : Opera Nights 1949 : Wagner Nights 1954 : More Opera Nights 1956–58 : From the World of Music (3 vols) 1972 (ouvrage posthume, publié par Peter Heyworth) : Berlioz, Romantic and Classic : Writings by Ernest Newman Traductions 1906 : On Conducting d'après Felix Weingartner, 1911 : J.S. Bach d'après Albert Schweitzer, 1912 : divers livrets d'opéras de Wagner (The Flying Dutchman, Tannhauser, The Ring, Tristan, The Mastersingers, Parsifal) 1929 : Beethoven the Creator'' d'après Romain Rolland

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Références

Bibliographie

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