vignette|Tablette Wacom Intuos5 M vignette|Tablette graphique Wacom Intuos4.
Une tablette graphique est un dispositif de pointage servant à tracer à la main des graphiques, des schémas, des dessins, ou du texte manuscrit.
Description Une tablette graphique associe deux éléments. Une surface plane active de faible épaisseur, appelée communément « la tablette », en général aux dimensions de formats de papier normalisés (A6, A5, A4, A3), ou plus récemment d'écrans d'ordinateur tendant vers le panoramique. L'objet possède des bords plus ou moins larges pour des raisons d'ergonomie (possibilité de tenir la tablette sans toucher la surface active, emplacement de rangement pour l'outil associé) et de fonctionnalité (touches paramétrables correspondant à celles du clavier de l'ordinateur). Un stylet s'utilisant comme un stylo, mais sans encre et exclusivement pour tracer sur la tablette. Il peut être équipé de boutons paramétrables et complété par d'autres stylets spécifiques, un aérographe ou une souris.
Type de tablette graphique Il en existe deux types : celles dite « traditionnelles », c'est-à-dire opaques ; et celles avec une dalle, en référence à un écran plat, que ce soit un écran LCD ou LED.
Palette graphique
Les premières tablettes graphiques étaient des palettes vidéo, également appelées palette graphique. Elles étaient notamment présentes dans les années 1980 dans certaines émissions télévisées en direct, permettant à un illustrateur ou un caricaturiste, d'illustrer le propos dans un débat, comme dans l'émission française Droit de réponse (1981 — 1987) animé par Michel Polac. Ce procédé permettait alors à la régie d'intégrer directement le flux vidéo de la tablette dans l'émission en direct.
Tablette traditionnelle thumb|right|Tablette traditionnelle La tablette graphique « traditionnelle » est donc la plus ancienne et présente une surface active opaque. Sur cette surface, le stylet gère la pression et le mouvement. Mais cette visualisation ne se fait que sur l'écran du moniteur. C'est donc le curseur qui affiche l'emplacement où le stylet est en contact avec la tablette. Ceci oblige à regarder le moniteur sans regarder sa main sur la tablette. Cette façon de travailler déconcerte au début car écrire ou dessiner, c'est également voir sa main écrire et dessiner. Avec la tablette, on se rapproche du dessinateur d'après-nature qui ne regarde que son modèle et non sa feuille. L'utilisation de la tablette graphique traditionnelle se situe entre les deux.
Une autre particularité de cette tablette est la reconnaissance du geste du stylet qui se différencie de la souris. Cette dernière propose un mouvement relatif du curseur sur l'écran du moniteur, c'est-à-dire que le curseur démarre de l'emplacement où la main a arrêté la souris précédemment. Pour une tablette graphique, ce mouvement est par défaut absolu, c’est-à-dire que la taille de la surface active correspond à la taille de l'écran : les bords de l'un correspondent aux bords de l'autre.
C'est une contrainte lorsque le rapport de taille est trop élevé entre la surface de la tablette et celle de l'écran. Le geste naturel réalisé avec le mouvement de la main ou du bras sur la tablette et sa réalisation du tracé affiché par le mouvement du curseur sur l'écran peut déconcerter l'utilisateur. Par exemple, un petit trait réalisé sur une tablette de petite taille A6 affiche un trait long et rapide sur un moniteur de .
Le choix de la taille d'une tablette graphique impose donc une adéquation avec celle du moniteur. Le choix de la taille de la surface active dépend également des gestes de l'utilisateur. Un trait au stylet est réalisé par le mouvement du poignet ou par l'avant-bras entier. Des gestes habituels amples demanderont une surface large, et inversement, bien que des réglages de zoom soient disponibles pour s'y adapter.
Tablette avec écran intégré
Le second type de tablette graphique plus récente et actuellement moins répandue, du fait de son prix, est la tablette à écran plat, généralement technologie LCD ou plus rarement LED. La surface active est l'écran lui-même, ce qui permet de retrouver la coordination naturelle du regard, de la main et du support.
L'expression « surface tactile » est, à tort, souvent utilisée pour désigner la surface sur laquelle le stylet fonctionne. Il s'agit d'une surface active puisque seul le stylet ou les autres outils utilisant la même fréquence radio, bluetooth ou la résonance magnétique pour les stylets sans batterie, et non une pression extérieure comme celle d'un doigt.
Support et rotation Les tailles des tablettes à écran proposent des formats plus ou moins élevés afin de permettre un confort d'utilisation. Autrefois, les tablettes étaient assez lourdes, et les plus grands formats actuels le sont toujours. Dans ce cas, elles s'appuient sur un pied solide, permettant de les fixer à l'horizontale ou la verticale, ou parfois pivotant, permettant ainsi de régler son orientation, comme une feuille de papier sur une table. La fonctionnalité de rotation de l'espace du dessin numérique est cependant à présent intégrée dans une grande partie des logiciels de dessin et peinture numérique, évitant d'avoir également à faire tourner les boutons de raccourci, utilisés comme des raccourcis claviers, présent sur la plupart des modèles. Des pupitres existent également, permettant de poser les tablettes les plus fines n'ayant pas de pieds.
Connectique Le fonctionnement d'une tablette graphique à écran plat nécessite généralement une alimentation électrique, un adaptateur HDMI ou auparavant DVI/VGA et une prise USB, la tablette faisant office de moniteur vidéo également. Aujourd'hui, certaines tablettes utilisent un port USB-C, ce qui permet d'avoir le choix entre passer tous les flux (énergie, vidéo et interface de saisie par un seul connecteur, ou bien via le câble, généralement fourni, d'utiliser d'autres types de prises sur les appareils associés (alimentation, USB et HDMI).
Écran tactile
Les écrans tactiles peuvent être considérés comme des tablettes graphiques. Destinés avant tout à être utilisé au doigt, sans stylet, le pointage est souvent moins précis, et la pression n'est généralement pas gérée.
Ils sont principalement utilisés sur des machines automatiques dans des gares, banques etc, et n'ont pas non plus une grande sensibilité ou précision.
Ces écrans se sont répandus dans les années 2010 sur les tablettes tactiles, les smartphones, ou les consoles de jeux portables.
Tablettes tactiles avec ou sans crayon
Depuis quelques années, certaines tablettes tactiles et téléphones mobiles à écran tactile, comportent des stylets actifs, gérant les niveaux de pression.
Le premier constructeur à avoir proposé cela est Samsung en associant à ses séries de téléphones Galaxy Note et de tablettes avec la Galaxy Note 10.1, utilisant les technologies de stylet de Wacom. Elles permettent d'utiliser ce type de tablette comme une tablette graphique à écran intégré. Différents logiciels ont été créés (Adobe, Samsung Notes, Markers), ou adaptés (comme Krita), à des systèmes d'exploitation mobile, afin de les utiliser à cet effet.
Sur des tablettes ou téléphones ne supportant pas les stylets avec gestion de pression, il est possible d'utiliser un crayon à tablette simple, dont l'embout en caoutchouc assure la même fonction qu'un doigt, un peu plus précis que celui-ci mais sans niveau de pression.
Le logiciel libre Markers, pour Android, permet tout de même de récupérer la surface de doigt appuyer sur l'écran pour s'approcher de la gestion de pression du stylet.
Il est également possible sous Linux, d'utiliser ce type de tablette tactile avec crayon, comme une tablette graphique, ou comme tablette tactile simple, via le logiciel pour Android, GFXtablet. Celui-ci envoie les commandes du stylet, avec informations de pression ou du doigt, à l'ordinateur via le réseau par UDP, un service appelé networktablet, tourne sur l'ordinateur hôte, réceptionne le signal du stylet, se charge de calculer la proportion entre les bords de la tablette et les bords de l'écran de l'ordinateur, et envoie le signal du stylet au serveur X, qui le transmet à son tour à l'application. Dans le cadre d'un réseau local, la latence est imperceptible.
Tablettes graphiques autonomes Les tablettes graphiques autonomes sont des tablettes graphiques avec écran intégré qui embarquent leur propre ordinateur. Elles ont l'avantage de ne pas nécessiter d'ordinateur externe, et sont de plus bien plus puissantes que leurs consœurs classiques. Ce type de tablette graphique est surtout utilisé par les professionnels ayant des besoins particuliers, et est bien plus onéreux qu'une tablette graphique normale. Il n'existe encore que très peu de ces appareils, et ces tablettes graphiques sont bien plus chères que les autres.
Fonction Domaines d'utilisation
Une tablette graphique est un périphérique utilisé principalement en infographie en association avec un logiciel spécialisé, c’est-à-dire un éditeur graphique, un logiciel de retouche d'image, de vectorisation, d'illustration, de 3D ou de dessin technique. Un système d'ordinateur peut également proposer en son sein des fonctions utilisant les propriétés de la tablette graphique.
La tablette graphique est également beaucoup utilisé depuis les années 1990 pour la reconnaissance de caractères, dans les pays asiatiques utilisant des écritures complexes, telles que les caractères chinois, notamment en Chine et au Japon.
Les tablettes graphiques sont également utilisées dans le domaine de la musique, comme la Roland DT-100, utilisé avec le synthétiseur . Des pavés tactiles, sont également utilisées depuis les années 1990 pour simuler numériquement le scratch fait jusqu'alors sur un électrophone avec des disques microsillon. Ce type de récepteur s'est multiplié dans différents synthétiseurs des années 2010. Remplaçant notamment assez souvent les molettes de modulation, dans les claviers ou interfaces de saisies compactes.
En infographie L'association de la tablette et du stylet s'apparente à celle de la feuille de papier et du crayon. Cet appareil permet donc de dessiner sur un ordinateur avec une précision et une ergonomie proche de celle des outils traditionnels de dessin. Il pallie le manque de précision et de maniabilité des souris (dérive, prise en main, etc.).
Suivant la qualité du modèle, la tablette permet de mesurer la pression sur la pointe du crayon, l'inclinaison, la rotation, l'accroche, ou d'autres paramètres indispensables en dessin classique. La gestion de ces paramètres (pression, inclinaison) diffère selon les logiciels d'infographie, mais elle a pour but en premier lieu d'adapter l'outil à la propre sensibilité de l'utilisateur. En effet, la tablette graphique propose non seulement de gérer les sensations du toucher, mais également de les personnaliser. Une même tablette peut donc être paramétrée différemment selon le logiciel et selon son utilisateur.
Un certain nombre de fonctions et d'options présentes dans les logiciels d'infographie les plus utilisés concernent uniquement la tablette graphique et sont destinées à un travail plus ponctuel et plus précis. Il est possible également d'obtenir des effets variés dont certains sont impossibles avec une simple souris. Le côté mimétique du stylet avec un crayon traditionnel est renforcé par le fait que la majorité des logiciels gèrent le retournement du stylet en gomme.
Le traitement numérique du tracé est de l'ordre de l'instantané, cependant il est fort possible d'avoir parfois un décalage dans le temps entre le trait fait à main levé et la réalisation de son tracé. Ce problème de concordance s'explique souvent par une mauvaise gestion du traitement de l'image par le logiciel d'infographie ou par l'ordinateur.