vignette|Le château d'Omonville, en Normandie, est le siège de la juridiction francophone de l'AMORC ainsi que de l'URCI.
L'Antiquus Mysticusque Ordo Rosae Crucis (nom latin, en français : « Ancien et mystique ordre de la Rose-Croix »), également connu par le sigle AMORC, ou encore sous la terminologie « ordre de la Rose-Croix », est une association française loi de 1901 qui se définit elle-même comme étant « un mouvement philosophique, initiatique et traditionnel mondial, non sectaire et non religieux, apolitique, ouvert aux hommes et aux femmes, sans distinction de race, de religion ou de position sociale. Sa devise est : « la plus large tolérance dans la plus stricte indépendance ». Il affirme aider ses membres à atteindre un certain équilibre humain par la réalisation d'une maîtrise personnelle au travers d'une doctrine d'ordre ésotérique et mystique.
Bien que créé en 1915 sous l'impulsion de Harvey Spencer Lewis et à partir d'une synthèse d'« enseignements rosicruciens anciens », l'AMORC se réclame d'une filiation avec la Rose-Croix, fraternité mystique du début du . Son symbole est une croix dorée ayant une rose rouge en son centre, la croix représentant le corps de l’homme et la rose symbolisant son âme en évolution. L'AMORC est divisé en une vingtaine de juridictions de langue, chacune ayant un siège distinct. Bien qu'aucun document officiel ne l'atteste, elle revendique environ dans le monde, dont en France.
En France, un rapport parlementaire publié en 1999 a mentionné l'association parmi les groupes sectaires dans sa section sur les créances, à cause de sa gestion financière. Les dirigeants de l'AMORC ont réfuté ce classement en produisant divers témoignages et documents d'institutions ou de personnalités civiles, politiques et religieuses impliquées dans la lutte contre les dérives sectaires pour étayer cette réfutation.
L'ouvrage Les Sociétés secrètes déclare que l'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix est le mouvement rosicrucien le plus important, https://www.editions-larousse.fr/livre/les-societes-secretes-9782035941763.
Doctrine générale La doctrine, ou ontologie, de l'AMORC indique que, : Dieu est considéré comme l'intelligence universelle qui a pensé, manifesté et animé la Création. Cette dernière est imprégnée d'une âme universelle qui évolue vers la perfection de sa propre nature ; toute la Création est imprégnée d'une âme universelle qui évolue vers la perfection de sa propre nature ; la vie est le support de l'évolution cosmique telle qu'elle se manifeste dans l'univers et sur la Terre ; la matière doit son existence à une énergie vibratoire qui se propage dans tout l'univers et dont chaque atome est imprégné ; le temps et l'espace sont des états de conscience et n'ont aucune réalité matérielle indépendante de l'homme ; l'homme est un être double dans sa nature et triple dans sa manifestation ; l'âme s'incarne dans le corps de l'enfant au moment où il inspire pour la première fois, faisant de lui un être vivant conscient. le destin de tout être humain est déterminé par la manière dont il applique son libre arbitre et par le karma qui en résulte ; la mort se produit au moment où l'homme rend son dernier souffle et se traduit par la séparation définitive entre le corps et l'âme ; l'évolution spirituelle de l'homme est régie par la réincarnation et a pour but d'atteindre la perfection ; il existe un règne supra-humain, formé de toutes les âmes désincarnées qui peuplent le monde invisible ; à l'issue de son évolution spirituelle, l'âme de tout être humain réintègre l'âme universelle en toute pureté et vit en pleine conscience dans l'immanence divine..
Enseignement et buts revendiqués
L'AMORC prône une philosophie à la fois humaniste et spiritualiste, grâce à laquelle il affirme aider ses membres à atteindre un certain équilibre humain par la réalisation d'une Maîtrise personnelle d'ordre ésotérique et mystique. Pour cela, un enseignement est mis à la disposition des membres, échelonné sur douze degrés et fondé sur une recherche/étude personnelle[Philosophie des Rose Croix http://www.rose-croix.org/10_amorc_philosophie_rose.htm. Ceux qui le souhaitent peuvent également se rendre à des réunions et échanger avec d’autres leur compréhension de ce qu’ils ont étudié chez eux.
L'enseignement de l'AMORC se présente sous forme de livrets d'une dizaine de pages, appelés « monographies », envoyés par courrier, ou, depuis peu, consultables par le biais d'un site internet réservé aux membres. Ces monographies traitent de sujets ésotériques et mystiques divers : la nature du Divin, l’origine de l’univers, la structure de la matière, les concepts de temps et d’espace, les lois de la vie, le but de l’évolution, l’âme humaine et ses attributs, les phénomènes psychiques, les mystères de la mort, de l’après-vie et de la réincarnation, le symbolisme traditionnel, etc. Ils comportent également des « expériences », consacrées à l’apprentissage de techniques jugées fondamentales en matière de mysticisme : relaxation, concentration, méditation, création mentale, alchimie spirituelle...
D'après la brochure intitulée « la Maîtrise de la VieTéléchargeable sur internet (fichier PDF) http://www.rose-croix.org/maitrise_vie_internet.pdf », cet enseignement tient compte d'une certaine « progression » d'une monographie à l'autre et d'un degré à l'autre, d'où son aspect initiatique. Voici les thèmes majeurs des neuf premiers degrés.:
: la matière (sa structure, son rôle, etc.) : la conscience (ses phases, ses fonctions, etc.) : la vie (son origine, ses caractéristiques, etc.) : l’ontologie (ses principes, ses lois, etc.) : la philosophie selon la tradition Rose-Croix (son origine, ses courants, etc.) : le corps physique (ses fonctions, son bien-être, etc.) : le corps psychique (sa nature, ses facultés, etc.) : l’âme (sa nature, ses facultés, etc.) : l’alchimie spirituelle (son but, sa méthode, etc.)
Il existe trois autres degrés après le neuvième.
Historique
L'AMORC, bien que créé en 1915, revendique une filiation avec la Rose-Croix, fraternité mystique du début du qui s'est fait connaître en Europe par la publication de la Fama Fraternitatis en 1614, et en France par les deux affiches des « députés du collège principal des frères de la Rose-CroixVoir le texte de ces affiches à la Histoire du rosicrucianisme » placardées sur les murs de Paris en 1623.
Origines revendiquées
Origines égyptiennes de la Rose-Croix, selon deux auteurs du Siècle
En 1617, dans son ouvrage intitulé Silentium post clamores (Le silence fait suite aux clameurs), l'alchimiste allemand Michael Maier situe l'origine de lOrden und Fraternität des Rosen Creutzes (ordre et fraternité de la Rose-Croix), en ancienne Égypte. Il précise que les Rose-Croix sont « les successeurs des collèges des Brahmanes hindous, des Égyptiens, des Eumolpides d'Éleusis, des Mystères de Samothrace, des Mages de Perse, des Gymnosophistes d'Éthiopie, des Pythagoriciens et des [mystiques] Arabes ».
On peut trouver un autre exemple dans l'ouvrage (Traité en apologie afin de défendre la rectitude de la Société de la Rose Croix) (1617) de Robert Fludd, médecin et rosicrucien anglais, qui explique comment « la sagesse [des Rose-Croix] fut extraite de la doctrine des hiéroglyphes qui peut être contemplée dans les pyramides memphytes où les philosophes antiques la célébraientRobert Fludd, tractatus apologeticus integritatem societatis de rosae cruce (1617), page 48 ».
L'Égypte à laquelle font référence Michael Maier et Robert Fludd était figurée par le personnage mythique d'Hermès Trismégiste (c'est-à-dire « le trois fois grand »). L'AMORC dès le début du siècle dernier a ainsi pu développer la théorie selon laquelle les Hermès sont liés aux sages de la dynastie. Du reste, les enseignements de cet « ordre » sont, en grande partie, inspirés de l'hermétisme égyptien.
Origines égyptiennes selon Harvey Spencer Lewis
De même, d'après les écrits de Harvey Spencer Lewis (1883-1939), fondateur et premier « imperator. » de l'AMORC, la Rose-Croix trouverait son origine traditionnelle en Égypte ancienne. Lewis considérait en effet qu'un seul et unique ordre de la Rose-Croix avait existé à travers les âges, avec diverses dénominations et que l'AMORC en serait l'héritier. Il aurait été fondé par le pharaon Thoutmôsis III (env. 1450 av. J.-C.) en regroupant les « écoles de mystères » existantes au sein d'une même entité. Toujours d'après cette théorie, le pharaon Aménophis IV (ou Akhénaton, nom qu'il prit lorsqu'il fonda sa religion monothéiste, env. 1350 av. J.-C.) aurait poursuivi son œuvre.
Selon Valérie Dupont, membre de l'AMORC, des « écoles de mystères » (pour l'instruction des prêtres ou des « divines épousesAu sujet des divines épouses, voir les travaux de Christiane Desroches Noblecourt, qui n'est pas membre de l'AMORC ») se sont reconstituées au cours du règne d'Ahmôsis (env. 1500 av. J.-C.), sous l'impulsion d'Ahmès-Néfertary qui fit rechercher les anciens rituels lors du relèvement de l'Égypte après l'invasion des Hyksos. Toujours selon Valérie Dupont, à la même époque, des mystères plus anciens, ceux d'Héliopolis, auraient été récupérés dans le plus grand secret, et quelques décennies plus tard, Thoutmôsis III en aurait été le réunificateur.
Harvey S. Lewis affirme également que, d'après la tradition orale des Rose-Croix, la grande école de Mystères de Thoutmôsis III, qu'il nomme la « Grande Fraternité Blanche », donna naissance à un « ordre » mystique qui, des siècles plus tard, utilisera le symbole de la Rose et de la Croix, cette dernière n'étant pas dérivée de la croix du Christianisme, mais plutôt de l'Ânkh égyptien. Cet « ordre » se serait ensuite étendu dans le monde antique grâce aux philosophes grecs qui allaient étudier dans les temples d'Égypte, comme Platon et Pythagore. Pendant le Moyen Âge, il se serait développé au sein des cercles d'alchimistes, puis à l'intérieur de l'ordre du Temple, avant de révéler son existence au public au début du .
Lewis exprima ces positions à une époque où les connaissances sur l’histoire du rosicrucianisme n’étaient guère développées. Aujourd’hui, l’AMORC se place dans le sillage du rosicrucianisme du tout en précisant que la tradition rosicrucienne remonte aux Écoles de Mystères égyptiennes, notamment par la voie de l'hermétisme et de l'alchimie, deux thèmes très présents dans les trois Manifestes rosicruciens fondateurs« Rose-Croix, histoire et mystère », Christian Rebisse, Diffusion Traditionnelle, 2003.). Dans ses documents de présentation, l'AMORC distingue ces deux origines, en les qualifiant d' « historique » et de « traditionnelle »()https://fr.calameo.com/read/00091814601fe0d42130d.
Cycle de 108 ans
Toujours selon Harvey S. Lewis, l'« ordre » serait régi par des cycles périodiques de 108 ans, où alternent périodes d'activité et de sommeil. Lewis est le seul à faire référence à un tel cycle dans son ouvrage Complete History of the Rosicrucian Order (Histoire complète de l'ordre de la Rose-Croix), publié en 1928. Selon ses mémoires, Lewis aurait reçu en 1909 une initiation rosicrucienne à Toulouse, France, afin de lui donner les « pouvoirs » de procéder au « réveil » de la Rose-Croix aux États-Unis, ce qu'il fit six ans plus tard en fondant l (ancien et mystique ordre de la Rose-Croix). Ces assertions n'ont aucun étayées par aucune preuve.
Contestation de l'origine revendiquée
Tout d'abord, les doutes sur l'ancienneté de l'AMORC rejoignent ceux sur la réalité de celle du mouvement Rose-Croix en général.