Scientologie, sous emprise () est un film documentaire américain écrit et réalisé par Alex Gibney et diffusé sur en 2015, puis diffusé en France le sur Canal+ et sorti en DVD le sous le titre Going Clear : Scientology - La vérité révélée au grand jour.
Il s'agit de l'adaptation du livre de Lawrence Wright, Devenir clair : La scientologie, Hollywood et la prison de la foi (paru en 2013, traduit en 2015). Le film a été diffusé pour la première fois en au cours du festival du film de Sundance où il a reçu un accueil particulièrement enthousiaste de la part des critiques, pour sa déconstruction méthodique de l’Église de Scientologie.
La Scientologie a, comme à son habitude, réagi avec véhémence au contenu du film, attaquant à la fois les producteurs et les témoins, mais aussi les critiques de cinéma ayant salué le film.
Synopsis Le film propose une histoire condensée de la Scientologie et de son fondateur, L. Ron Hubbard, et traite à partir de là la façon dont les personnalités du monde du spectacle interagissent avec elle et sont utilisées par l’Église. Par de nombreux interviews, il narre un grand nombre de témoignages d'anciens disciples, détaillant les abus et l'exploitation dont ils ont été témoins ou qu'ils ont vécus.
Fiche technique Titre : Scientologie, sous emprise Titre original : Réalisation : Alex Gibney Scénario : Alex Gibney Photographie : Sam Painter Montage : Andy Grieve Musique : Will Bates Production : Alex Gibney, Lawrence Wright, Kristen Vaurio Sociétés de production : Jigsaw Productions Sociétés de distribution : HBO Documentary Films, Pays d'origine : États-Unis Langue d'origine : anglais Durée : 119 minutes Dates de sortie : : (Festival du film de Sundance 2015) ; (sortie limitée) ; ()
Distribution Lawrence Wright Mark Rathbun Monique Rathbun Mike Rinder Jason Beghe Paul Haggis Sylvia Taylor Sara Goldberg Tony Ortega Kim Masters
Narration : Alex Gibney et Sherry Stringfield
Production thumb|upright=1|Alex Gibney, réalisateur, scénariste et producteur du film.|alt=Portrait en extérieur pendant un gala. Le film est tiré de l'ouvrage du journaliste Lawrence Wright (lauréat du prix Pulitzer en 2007), Devenir clair : La scientologie, Hollywood et la prison de la foi, paru en 2013 et finaliste du National Book Award. En , HBO a annoncé qu'Alex Gibney, récompensé par un Oscar pour son film documentaire Un taxi pour l'enfer en 2008, travaillait sur l'adaptation du livre de Wright qui passerait en première au festival du film de Sundance 2015 avant sa télédiffusion en mars. Bien qu'il s'agisse de l'attaque la plus poussée à laquelle se livre HBO contre la Scientologie, ce n'est cependant pas la première fois qu'ils se sont opposés. En 1998, la chaîne payante a diffusé un documentaire intitulé sur les antidépresseurs, ayant entraîné des protestations importantes devant le siège de HBO de la part de scientologues.
La crainte de contentieux avec la Scientologie a conduit de nombreux réseaux de télévision américains à refuser de participer à la production du film. Gibney s'est dit stupéfait d'avoir essuyé un tel refus, et a ajouté que . À cause de la réputation de harcèlement qu'a la secte, Gibney et ses collaborateurs ont été obligés de recourir à des téléphones jetables pour contacter les témoins et à filmer en secret : .
Gibney a expliqué qu'il avait retenu la Scientologie comme sujet (après avoir traité la torture, les fraudes financières et la pédophilie dans l’Église catholique) en raison de l'importance qu'il lui attache : .
Le documentaire a été diffusé sur HBO le , mais il a aussi été projeté dans quelques rares cinémas de New York, Los Angeles et San Francisco depuis le . Vimeo a acquis les droits pour la distribution sur Internet à partir de .
Accueil Accueil critique Le film a été bien accueilli. Rotten Tomatoes enregistre 94 % de critiques positives sur 33 avis, alors que le film obtient sur Metacritic une note de 81 sur 100 d'après 10 critiques.
Lors de sa présentation à Sundance, The Wall Street Journal a décrit comme le . La première du film a attiré beaucoup de monde, y compris des vedettes comme Alec Baldwin, Tobey Maguire, Jason Sudeikis et Maureen Dowd. Chose inhabituelle pour une projection à Sundance, le film s'est fait une ovation debout.
Un critique de Variety a salué l'attention aux détails prêtée par le film, le qualifiant de « poudrière » qui illustre magistralement . Dans The Hollywood Reporter, est décrit comme un qui . Slate ajoute que le film est un . Screen Daily regrette les reconstitutions mais recommande cependant ce .
Dans The Guardian, un critique écrit que . Il ajoute cependant qu'il est dommage que tout le film ne s'appuie sur que les témoignages recueillis auprès d'un groupuscule de transfuges, et regrette le manque de participation de la secte : résultat, un film .
Distinctions 2015 : Academy Television Honors 67e cérémonie des Primetime Emmy Awards : Le documentaire remporta 3 Emmys sur 7 nominations, toutes dans les catégories des programmes non-fictionnels. – Chris Wilson, Sheila Nevins, Sara Bernstein, Alex Gibney, Lawrence Wright et Kristen Vaurio – Alex Gibney – Alex Gibney Meilleure photographie – Sam Painter Meilleur montage – Andy Grieve Meilleur montage sonore – Bill Chesley, Dave Ellinwood et Dan Timmons Meilleur mixage sonore – David Mitlyng et Tony Volante
Réactions de la Scientologie thumb|upright=1|Locaux de l'Église de Scientologie à Los Angeles.|alt=Haut d'un massif bâtiment de couleur bleue, surmonté par une énorme croix dorée, le drapeau américain et le mot SCIENTOLOGY. Comme à son habitude, la Scientologie a réagi vivement à la sortie et la diffusion du film. Dix jours avant la première du film, elle a acheté des annonces-presse pleine page dans les journaux The New York Times et le Los Angeles Times afin d'y dénoncer Going Clear en le comparant au récit discrédité du prétendu viol sur un campus universitaire récemment relaté par Rolling Stone. Par la suite, Gibney a annoncé qu'il est reconnaissant envers la Scientologie d'avoir ainsi attiré l'attention des médias ; il a ajouté ironiquement qu'il regrette qu'elle n'ait pas pu mentionner l'heure où passera le film à l'antenne Cara Buckley, « Sundance 2015: Scientology Documentary Draws Crush of Festgoers ». The New York Times, 26 janvier 2015.. L’Église a également mise en ligne un « rapport spécial » attaquant le film sur son site internet et Twitter, et a acheté plusieurs emplacements de recherche sur Google afin d'orienter les internautes vers des sites anti-Going Clear. Elle a aussi affiché plusieurs vidéos sur son site, y attaquant aussi bien les producteurs que les témoins, avec des titres comportant des mots tels que « propagande », « psychopathe », etc.
La Scientologie s'est plainte que Gibney avait refusé d'interviewer 25 de ses adeptes qu'elle lui avait proposés. Le réalisateur a expliqué qu'il voulait interviewer David Miscavige, John Travolta et Tom Cruise qui ont tous refusé ; à la place, la secte a offert . L’Église a décrit les témoins du film comme la .
Les témoins et producteurs du film ont rapporté des filatures et des menaces physiques et morales, etc. Gibney évoque une réponse « organisée » et « brutale » : . Les producteurs ont pour leur part reçu une , ainsi que des . HBO a annoncé avoir chargé à peu près 160 avocats d'anticiper les éventuels contentieux et poursuites intentables par cette Église connue pour être litigieuse.
Notes et références
Liens externes
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