Le Cinéma du dimanche soir est une case hebdomadaire de programmation de télévision diffusant un film « grand public » en première partie de soirée, présente à l'antenne du au sur TF1. Ce rendez-vous est renommé Ciné Dimanche à partir du .

Historique Historiquement, depuis le début des années 1950, la case du dimanche soir à 20h30 sur la chaîne publique RTF Télévision devenue la première chaîne de l'ORTF en 1964, consacre la diffusion d'un « grand film » de cinéma ou Film du dimanche soirJacques Mousseau et Christian Brochand : « Histoire de la télévision française », page 48, éditions Fernand Nathan, 1982.

Dès les débuts de la télévision publique française nationale en 1945, la diffusion de longs-métrages de cinéma permet de combler l'antenne avec des contenus de qualité et ne nécessitant pas de grands moyens humains et techniques, notamment grâce à l'utilisation du télécinémahttps://books.openedition.org/psorbonne/58144 Marie-Françoise Lévy : « Jean d'Arcy, penser la communication au . Marcel Bluwal : D’un seul coup, la France a découvert la télévision ». Éditions de la Sorbonne, 2014, pages 101 à 105.. Dès l'année 1945https://achdr.over-blog.com/2021/02/aaaa.html Daniel Bottin : « Le bloc programme à Cognac-Jay ». Publication de l'ACHDR : Association du Centre Historique de la Diffusion Radiophonique. Publié le 18 février 2021. Consulté le mai 2024, cet appareil mécanique, électronique et optique associe une caméra vidéo capturant l'image d'un petit écran dépoli où est projeté un film, enregistré sur pelliculehttps://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cpf86625871/le-masque-et-la-plume-daisy-de-galard-le-telecinema Micros et caméras - Le masque et la plume; Daisy de Galard ; le télécinéma. Diffusé le 2 avril 1966, archives INA.fr, vidéo consultée le mai 2024., généralement synchronisé à 25 images par seconde au lieu des 24 i/s, ce qui provoque une légère accélération du tempo du film et de la piste sonore lors de sa télédiffusionhttps://www.radiofrance.fr/franceinter/pourquoi-les-films-que-vous-voyez-sur-votre-tele-ne-sont-pas-toujours-exactement-les-memes-qu-au-cinema-1784897 Julien Baldacchino : « Pourquoi les films que vous voyez sur votre télé ne sont pas toujours exactement les mêmes qu'au cinéma ». Site de la radio France Inter, publié le mercredi 6 mai 2020, consulté le mai 2024..

À partir de 1949, une règle tacite visant à ne pas trop concurrencer l'industrie du cinéma limite la diffusion d'un grand film à la soirée du dimanchehttps://books.openedition.org/psorbonne/58144 Marie-Françoise Lévy : « Jean d'Arcy, penser la communication au . Marcel Bluwal : D’un seul coup, la France a découvert la télévision. 1949 : un grand film le dimanche soir ». Extrait : Une certaine catégorie de professionnels du cinéma, les producteurs et les distributeurs se sont rendu compte tout de suite, en prenant exemple sur l’Amérique, du danger que représentait la télévision pour les films de cinéma. Seule la diffusion d’un film du commerce était autorisée le dimanche soir. Éditions de la Sorbonne, 2014, pages 101 à 105., pour éviter les effets observés en Amérique du Nord à cette période sur la chute de fréquentation des salles de cinéma au profit du grand succès des films à la télévision, secteurs dont les relations sont parfois complexeshttps://www.erudit.org/fr/revues/cine/2007-v17-n2-3-cine1887/016751ar/ Gilles Delavaud (Université Paris 8) : « Penser la télévision avec le cinéma », publié le 16 novembre 2007, consulté le mai 2024.. Le dimanche connaît également une autre programmation cinéma l'après-midi sur la première chaîne, durant la période de la RTF puis de l'ORTFhttps://books.openedition.org/pressesmines/1820 Jérôme Bourdon : « Histoire de la télévision sous de Gaulle. Chapitre 7. Une autre télévision ? » pages 199 à 233, éditions Presses des Mines, 2014..

Ainsi à cette période, le cinéaste Marcel L'Herbier appelle l’État français à définir une certaine chronologie des médias permettant de préserver l’activité des deux secteurshttps://journals.openedition.org/rhsh/6502#text Azzouz Abdallah : « La télévision face au cinéma. Une contribution savante et prospective des critiques et des professionnels de l’audiovisuel (1945-1957) », Revue d’histoire des sciences humaines, publié le 05 novembre 2021, consulté le mai 2024. Par ailleurs, la diffusion d'un grand film le dimanche soir répond aussi pour les dirigeants de la télévision, d'un besoin de repos pour les équipes techniques fortement sollicitées le reste de la semainehttps://books.openedition.org/pressesmines/1819 Procès-verbaux du comité des programmes, Jérôme Bourdon : « Histoire de la télévision sous de Gaulle. Chapitre 6. Une autre télévision ? Jeux, variétés, feuilletons (1958-1967) ». Fonds ORTF, Archives nationales, janvier 1964. Extrait : Dimanche, « jour de repos pour la majorité des services techniques comme pour tout le monde, la diffusion d’un film dispense d’utiliser les studios, pages 175 à 198. Presses des Mines, 2014. 356 pages. .

Durant les années 1950 à 2005, le film du dimanche soir sur la première chaîne reste un rendez-vous récurrenthttps://books.openedition.org/psorbonne/58154 Programme_TV_du_dimanche_31_decembre_1950_au_samedi_6_janvier_1951.html Marie-Françoise Lévy et François Jost : « Jean d'Arcy, penser la communication au . La télévision pour rire en quête d’auteur » : Tableau 1 – Programmation d'une semaine ordinaire de rentrée, 1955. Éditions de la Sorbonne, 2014, pages 107 à 117. http://819lignes.free.fr/Programme_de_television_du_debut_des_annees_50.html Programme de télévision du début des années 50. Dimanche 31 décembre 1950 : à 21h10 en 819 lignes. Publication du détail des programmes diffusés à la télévision en décembre 1950. Site 819lignes.free.fr, consulté le mai 2024..

À partir des années 1960, la télévision française adopte d'une grille horaire visant à fidéliser et habituer le téléspectateur à des rendez-vous réguliers parmi lesquels la case film du dimanche soir sur la première chaîneFrédéric Barbier et Catherine Bertho-Lavenir : « Histoire des médias. De Diderot à Internet ». 351 pages. Publié le 31 décembre 1998, page 127. . Le rendez-vous cinéma de la soirée dominicale sur la première chaîne se consolidehttps://www.cairn.info/revue-hypotheses-2004-1-page-171.htm Isabelle Gaillard : « Télévision et chronologies. 1963 à 20h45 : film du dimanche soir ». Hypothèses 2004/1 (7), 366 pages, Éditions de la Sorbonne, pages 171 à 180.https://thierrylafronde.fr/spip.php?article22 revue Télé 7 jours n°189, novembre 1963, grille de télévision. Site thierrylafronde.fr, consulté le mai 2024..

Au tout début des années 1970, les sondages de mesure d'audience et de satisfaction de l'ORTF placent le film du dimanche soir sur la première chaîne parmi les programmes préférés des français, obtenant de 15,6 à 18,2 millions de téléspectateurshttps://www.lemonde.fr/archives/article/1971/10/25/la-television-est-devenue-un-fait-national_2472801_1819218.html C. D. : « La télévision est devenue un fait national ». Le Monde. Publié le 25 octobre 1971, consulté le mai 2024. Malgré quelques tentatives alternativeshttps://www.lemonde.fr/archives/article/1971/05/28/l-o-r-t-f-va-tenter-avec-le-cinema-un-difficile-mariage-de-raison_2474912_1819218.html Patrick Séry : L'O.R.T.F. va tenter avec le cinéma un difficile mariage de raison (extrait : le remplacement du film du dimanche soir par une dramatique...), Le Monde, publié le 28 mai 1971, consulté le mai 2024., le film du dimanche soir reste plébiscité par le public. Même quelques mois après l'éclatement de l'ORTF en 1975, le film de la soirée dominicale domine l'audience télévisuelle et permet à TF1 conserver sa première placehttps://www.lemonde.fr/archives/article/1975/05/26/cinq-mois-apres-l-eclatement-de-l-o-r-t-f-le-responsable-le-telespectateur-et-le-sondagiste_3102414_1819218.html Jean-Marie Drot : « Cinq mois après l'éclatement de L'O.R.T.F. Le responsable, le téléspectateur et le "sondagiste" ». Le Monde. Publié le 26 mai 1975, consulté le mai 2024. En dehors de quelques retransmissions en direct exceptionnelles de sport, de soirées électorales, d'importants événements d'actualité ou lors des périodes de fêtes de fin d'année, le film du dimanche soir est maintenu sur la première chaîne de l'ORTF devenue TF1 en 1975.

Jusqu'en 1975, les trois chaînes de télévision française ont une programmation complémentaire pilotée par leur tutelle commune, l'Office de radiodiffusion-télévision française. Après l'éclatement de l'ORTF, une certaine concurrence s'intensifie entre les deux chaînes publiques principales TF1 et Antenne 2, dont les missions sont similaires.

Après avoir longtemps exploité l'image en noir et blanc et l'ancienne norme de haute définition 819 lignes, la première chaîne historique TF1 en couleur depuis 1975, diffuse chaque dimanche soir à 20h30 ou 20h40, un film « grand public » désormais sous le titre chapeau Le Cinéma du dimanche soir, à partir de . Le film du dimanche soir est accueilli favorablement par le public et complémente le film du mardi diffusé depuis 1967, dans Les Dossiers de l'écran sur la deuxième chaîne. Cependant, la baisse de fréquentation des salles de cinéma due à la concurrence de la télévision se poursuit durant les années 1970. Dans les années 1980, le jeu d'aventure La Chasse aux Trésors diffusé de 1981 à 1984 sur Antenne 2 est l'une des rares émissions susceptibles de concurrencer le film du dimanche soir. La deuxième chaîne tentera également de programmer sur le même créneau Les Enquêtes du commissaire Maigret à la fin de la décennie ; avec un résultat mitigé. À partir du , l'émission Sport dimanche soir est programmée à la suite du film de TF1.

Selon un rapport d'information du Sénat, les recettes publicitaires des films diffusés à la télévision (quasi négligeables jusqu'au début des années 1980) ont progressé à un rythme rapide entre 1982-1991, plus 30 % par an, en moyenne.. En l'occurrence, et dans une logique de marché, le magazine Sport dimanche soir est supprimé le laissant place à une soirée composée de deux films avec Ciné Dimanche. En première partie, un film récent, en seconde un film classique destiné aux cinéphiles avertis.

Tentatives de programmation alternative La deuxième chaîne de l'ORTF, concurrente directe de la Une, tente dès l'année 1969 de programmer à son tour, un film au même créneau horaire le dimanche soir avec un certain avantage, car elle diffuse ses émissions en couleur alors que la première reste en noir et blanc jusqu'en 1975https://www.lemonde.fr/archives/article/1969/08/22/les-preparatifs-de-la-rentree-a-l-o-r-t-f_2410445_1819218.html Martin Even : « Les préparatifs de la rentrée à l'O.R.T.F. ». Le Monde, publié le 22 août 1969, consulté le mai 2024.. Toutefois, il faut attendre les années 1990 pour que la chaîne publique Antenne 2 devenue France 2 commence à diffuser régulièrement un long métrage le dimanche soirhttps://www.depot101.com/tele/grille/09-04-1995/F2 « Programme TV du dimanche 9 avril 1995 », revue Télé 7 Jours, sur le site Depot101.com, consulté le mai 2024., après avoir programmé dès la fin des années 1980, une case fiction intitulée « Le policier du dimanche soir »https://www.lemonde.fr/archives/article/1991/03/10/les-promesses-de-fiction-d-antenne-2_4011291_1819218.html Les promesses de fiction d'Antenne 2. Le Monde, publié le 10 mars 1991. Consulté le mai 2024; cette concurrence frontale entre TF1 et France 2 se poursuit durant les décennies suivanteshttps://www.cairn.info/revue-communication-et-langages1-2012-4-page-123.htm Séverine Barthes : « Le retour du primetime. Une histoire de la programmation des séries télévisées étrangères à la télévision française ». Revue Communication & langages 2012/4 (n°174) 160 pages, pages 123 à 145..