La station de dessalement du Hamma est une installation de dessalement d'eau de mer en Algérie située dans le quartier du Hamma dans la commune de Belouizdad, dans la wilaya d'Alger. Initiée dès 2002, financée par un partenariat public-privé par la société Ionics, pour le compte d’AEC, une société créée par Sonatrach et Sonelgaz, elle est destinée à fournir de l'eau potable aux habitants de la ville d'Alger et de sa région. La station qui utilise la technique de l'osmose inverse est opérationnelle depuis le ..
Historique Le stress hydrique, auquel ont dû faire face les Algérois avant , était dû à une distribution perturbée de l'eau potable, alors que la capitale et ses banlieues devaient être alimentées tous les jours et toute la journée, et ce, grâce à la station de dessalement de l'eau de mer du Hamma, inaugurée en 2005.
Le principe de fonctionnement de cette usine consiste à refouler l'eau de mer désalinisée dans le système de l'Algérienne des eaux (ADE).
De ce fait, les habitants de la capitale du pays bénéficient ainsi depuis 2005 d'une quantité supplémentaire de par jour d'eau potable grâce à cette unité, première en Afrique en termes de capacités, en puisant l'eau de mer qui est abondante, lorsque la pluviométrie vient à manquer.
En butte à la sécheresse et aux mesures de restriction de l'usage de l'eau, le gouvernement algérien décide en 2001 une nouvelle politique de l'eau. L'étape suivante, après une étude de faisabilité, est l'annonce le de la construction d'une usine de dessalement d'eau de mer. En 2002, l'appel d'offres fait le choix d'un partenariat public-privé. Le , est choisi le consortium AEC, constitué avec Ionics et Sonelgaz.
Le , la construction débute avec l'objectif d'une mise en service fin 2004. Mais ce n'est que le que l'usine est déclarée prête à être mise en service.
Opposition Au projet S'il est admis que la station du Hamma devait permettre d'en finir avec le stress hydrique, il n'en demeurait pas moins que sa mise en service suscitait des appréhensions. Cette option était décriée par de nombreux scientifiques au vu notamment des coûts qu'elle induisait et des dangers qu'engendraient les effluents sur l'écosystème marin.
Dans un rapport consacré aux usines de dessalement d'eau de mer dans le monde, le Fonds mondial pour la nature (WWF) ne cachait pas son inquiétude : extraire le sel de l'eau de mer pour pallier un manque d'eau potable est en train de devenir une panacée. Mais, cette solution, selon WWF, représente une menace pour l'environnement et ne fera qu'aggraver les changements climatiques.
À l'exploitation Le fait que le remplissage des retenues d'eau et des barrages rende actuellement inutile la mise en route de l'usine relance régulièrement le débat sur la nécessité de telles installations.
De l'avis des scientifiques, dessaler l'eau de mer est un procédé qui coûte cher, consomme beaucoup d'énergie et rejette dans l'atmosphère des tonnes de gaz à effet de serre, et le recours à ces nouvelles technologies, par ailleurs de plus en plus accessibles, ne va pas sans conséquences pour l'environnement.
Les activités intensives de dessalement peuvent provoquer le développement de saumures et entraîner la destruction de précieuses régions côtières, et ainsi contaminer la vie marine, les cours d'eau, les zones humides, les eaux souterraines et plus généralement les écosystèmes qui assurent l'épuration de l'eau et la protègent contre les catastrophes, comme l'indiquent les spécialistes en pollution et en écotoxicologie marine quant aux conséquences qu'engendre l'exploitation de l'unité de dessalement d'eau de mer du Hamma.
Pollution Puisque l'usine a subi plusieurs arrêts dus à la mauvaise qualité de l'eau de mer captée, l'autre crainte des experts en environnement est que les effluents liquides des unités de dessalement rejetés sans traitement en mer engendreront des dangers cachés par leurs effets virulents sur les écosystèmes.
Il s'agit notamment des effets d'empiétement et de l'entraînement des organismes marins dans des systèmes de refroidissement des condenseurs et de l'impact des saumures, de la caléfaction des produits chimiques résiduels et leurs produits de conversion (acides, métaux lourds, les biocides, détartrants, anticorrosion?).
L'atténuation des effets virulents des unités de dessalement sur les écosystèmes marins nécessite de faire le choix des sites judicieux, tout en combinant les critères techniques et économiques, les incidences sur l'environnement et les coûts et les facteurs socio-humains.
Selon les concepteurs de la grande station du Hamma, toutes les études ont été effectuées avant même la décision de la conception de l'usine. Une série d'études a été faite par des cabinets anglo-saxons auxquels se sont associés des cabinets algériens, notamment sur la qualité de l'eau de mer, sur la faune, la végétation marine, le fond marin, le spectre du courant marin, l'environnement, avant la décision de la construction de l'usine.
Et ce n'est qu'une fois ces études concluantes, c'est-à-dire que le dessalement ne présente aucun danger sur la faune et la végétation marine, que le choix du site de l'usine a été décidé, malgré le risque de la présence du port à côté du site du Hamma.
L'eau est parfaitement saine et permet le dessalement, et le seul risque est une marée noire, et pour cela il y a des détecteurs de trace des hydrocarbures installés à la prise d'eau de mer.
Technologie L'usine utilise un procédé d'osmose inverse et a une capacité de production annuelle de (), pouvant être portée à en agrandissant l'installation.
L’eau purifiée qui arrive dans les robinets est prélevée à au large de la côte à dix mètres de profondeur, après avoir été dessalée selon le procédé d’osmose inverse mis au point par la firme GE. Waterhttp://archives.tsa-algerie.com/politique/algerie-la-station-de-dessalement-d-el-hamma-inauguree-par-bouteflika_2743.html.
Cette méthode est exploitée par mille cinq cents usines de dessalement d’eau de mer dans le monde, qui produisent de m d’eau douce par jour.
Par ailleurs, l’impact de l’opération de dessalinisation sur l’environnement est minime selon les experts de l’AEC, qui expliquent que la quantité de saumure résultant de l’osmose, rejetée dans la mer est dissipée rapidement au moyen d’un système de diffusion..
Osmose inverse L'eau de la baie d'Alger est une eau propre et très pure, et son dessalement dans cette usine permet d'obtenir une eau qui peut être classifiée comme eau minérale, qui écarte tout danger sur l’écosystème marin de la baie d'Alger en raison du rejet des effluents liquides en mer.
Ce système de dessalement est réalisé à l’aide de tuyaux de prise d’eau de mer à au large. L’eau est prélevée de cet endroit à une profondeur de dix mètres par gravité. Elle est par la suite aspirée à l’aide de quatre pompes (l’une reste en stand-by) dans le premier système de filtration. Ce système permet de retenir les matériaux en suspension et tous les déchets avant que l’eau se dirige vers un deuxième bâtiment de filtrage constitué de sable et de gravier.
L'eau est ensuite pompée à haute pression vers un troisième système de filtrage ultraphase (la microfiltration). L’eau devient à ce niveau propre et pure. Puis elle arrive dans le bâtiment d’osmose inverse qui comprend neuf trains de dessalement (un train reste en stand-by). Chaque train peut produire jusqu’à d’eau dessalée pour une capacité maximale de l’usine de . Mais l'usine, selon le contrat, doit produire , les restants sont pour garantir la capacité.
L'osmose inverse consiste à faire ressortir le sel de l’eau à une pression de soixante bars. On sépare les minéraux des petites particules de molécules de sel. Quand l’eau salée traverse une membrane très fine, le sel est retenu. On a de sel dans l’eau de mer : elle sort à . C'est le seuil de l’eau potable qui est acceptable partout dans le monde. La membrane peut retenir jusqu'à 99,99 % de sel de l’eau de mer.
Après l'osmose inverse, l'eau se dirige vers le post-traitement. En résumé, on a le prétraitement, le traitement lui-même et le post-traitement. Pour ce qui est de ce dernier procédé, il s'agit de rajouter des minéraux à l'eau pour qu'elle devienne potable. À noter qu'il y a plusieurs systèmes qui permettent de rendre la qualité de l’eau à un niveau mondial, selon les normes de l'OMS. Néanmoins, Sonatrach et l'ADE (Algérienne de l'eau) ont exigé ce seuil dans le contrat.
L'eau est ensuite refoulée vers des réservoirs de production de d'où elle est refoulée dans le système externe de l'ADE. De là, trois pompes (une reste en stand-by) permettent d’évacuer vers les bassins de l'ADE qui se trouvent à Harcha, Kouba et Garidi. Sont aspirés d’eau de mer et ne sont dessalés que , le reste étant rejeté dans la mer..
Contrôle Pour ce qui est des rejets de la saumure en mer, le rejet des effluents liquides se fait dans un endroit choisi en fonction du flux marin pour qu'il y ait une dispersion rapide de la saumure.
Pour ce qui est des garanties sur la potabilité de cette eau désalinisée, l'usine est équipée d'un laboratoire qui fonctionne jour et nuit et l'eau est traitée à toutes les phases et principalement à la phase de sortie.
Cela en plus d'un contrôle effectué par l'acheteur, l'Algérienne des eaux en l'occurrence. « Le contrôle se fait de manière permanente, de jour comme de nuit, et l'eau qui sort de l'usine pourrait être donnée même aux malades.
Il en va de même pour ce qui est des risques sismiques car, l'usine est conçue pour un séisme de sur l'échelle de Richter.
Construction Les travaux de construction de cette usine, qui ont duré vingt-quatre mois, ont été financés par la société américaine Ge Ionics, qui détient 70 % du capital de la société chargée également de l’exploitation et de la maintenance de cette usine.
Les 30 % restants reviennent à Algerian Energy Company (AEC), société mixte constituée par Sonatrach et Sonelgaz.
En plus de l'usine de dessalement, il a fallu construire un aqueduc de treize kilomètres (dimensionné pour ) pour acheminer l'eau potable produite jusqu'au barrage de Douéra, ainsi que de lignes à haute tension pour alimenter l'installation en électricité. Le pipeline de de diamètre et les câbles électriques suivent un tracé voisin et sont enterrés à proximité l'un de l'autre. Ils rejoignent les réseaux d'eau et électriques dans la banlieue sud-est d'Alger.
La durée de vie de la station est de vingt-cinq ans, conformément au contrat signé avec la firme américaine qui a conçu le projet.
Tunnels et structures immergées Pour assurer le transport de l'eau de mer et le rejet de la saumure, deux tunnels de de diamètre enterrés à plus de sous le fond marin ont été creusés par un tunnelier. Le captage se fait à vingt mètres sous la surface à de l'usine, soit de la plage, et le rejet se fait à ( de la plage) à une profondeur de .
Deux structures de deux cents tonnes distantes de assurent le prélèvement de l'eau de mer à une vitesse de (). La saumure est rejetée à du point de captage par deux dispositifs comportant neuf diffuseurs, également espacés de .
Procédé Douze pompes d'une capacité de chacune introduisent l'eau de mer dans l'installation. Elle est d'abord filtrée puis plus de d'osmose inverse sont utilisées en deux étapes afin de séparer le sel et les minéraux de l'eau. Au cours de l'étape suivante, la reminéralisation, le pH est corrigé, l'eau est chlorée et fluorée.
Intégration dans le paysage