La savate boxe française est un sport de combat de percussion qui consiste, pour deux adversaires équipés de gants et de chaussons, à se porter des coups avec les poings et les pieds. Elle est apparue au dans la tradition de l'escrime française, dont elle reprend le vocabulaire et l'esprit. Connue dès son apparition sous le nom de « savate » ou « art de la savate », elle a été, tout au long du , désignée par le nom de « boxe française », puis finalement rebaptisée officiellement « savate boxe française » en 2002.

C'est actuellement une discipline internationale qui appartient au groupe des boxes pieds-poings. « Savate » en français veut dire « vieille chaussure ». Un homme qui pratique la savate est appelé un « tireur » tandis qu'une femme s'appelle une « tireuse ».

La savate boxe française a été officiellement répertoriée à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France en 2015.

Historique

Origine

Les premières traces écrites de savate apparaissent au début du (alors que l'existence de la boxe anglaise est documentée depuis le début du ). Selon Jean-François LoudcherJean-François Loudcher, Histoire de la savate, du chausson et de la boxe française, 1797-1978 : d'une pratique populaire à un sport de compétition, éditions Ouest-France, la savate est issue, d'une part de l'évolution de la pratique du duel, d'un regain d'intérêt pour les activités physiques et d'un besoin de savoir se défendre dans la rue.

La savate est donc une réponse à trois tendances de fond de la société française de l'époque, notamment parisienne. Il devient possible, d'une part, de se confronter physiquement en duel sans risquer la mort. On se confronte sans arme sur un mode codifié, qui permet l'utilisation des poings et des pieds. D'autre part cette pratique permet d'entretenir son corps et sa forme physique, ce qui devient plus important pour les Français en cette période. Pour finir, la pratique de la savate permet d'apprendre à se défendre, ce qui en ces temps troublés n'était pas négligeable. La plupart des écoles du début du proposaient d'ailleurs principalement cette activité sous l'angle de la défense personnelle.

La savate naît donc en France, plus exactement à Paris, où les savatiers d'abord pratiquent dans les arrière-salles des cafés puis dans des salles qui accueillent des élèves. Il est à noter que c'est la seule boxe « pied-poing » qui naît en Europe.

thumb|Chausson marseillais sur un navire.

Lorsque le maître d'armes Michel Casseux dit Pisseux ouvre sa salle en 1825, il est le premier à enseigner l'escrime traditionnelle et le nouvel art de la savate : l'escrime des pieds. Il est vraisemblable que Michel Casseux a réuni tout un ensemble de techniques disparates : style des ruffians, des bandits, luttes paysannes... Michel Casseux, quelles que soient ses influences et ses inventions personnelles est le véritable inventeur du système moderne appelé « Savate ». C'est Charles Lecour qui crée en 1830-1840, le sport de combat connu sous le nom de « boxe française » en réunissant la technique des pieds de la savate avec trois techniques de poings emprunté à la boxe anglaise (direct, crochet, uppercut). La « savate-boxe française » se distingue des autres disciplines pieds-poings par le port obligatoire de chaussures et par une technique de coups de pied dits « coups armés ». Joseph Charlemont et son fils Charles Charlemont codifieront toutes ces techniques pour en faire la boxe française pratiquée aujourd'hui.

L'avant-guerre Lors de leur création en 1907 par Georges Clemenceau, les brigades mobiles régionales dites « brigades du Tigre », unités de police judiciaire modernes, s'entraînent à la savate.

thumb|alt=tireurs boxe française|Tireurs de savate.

L'entre-deux guerres À la suite de la saignée de la grande guerre, il ne reste plus que quelques salles en 1930 et dans toute la FranceRégent Bolduc, « La Savate, un sport dans l'histoire », ID magazine , . En 1937 se déroule le dernier championnat de France jusqu'à sa renaissance en 1966. La boxe française survit grâce à quelques passionnés : Jean Dionnot, Marc Kunstle, Claude Simonot et Bernard Plasait, qui la promeuvent comme sport d'éducation.

L'après-guerre La boxe française renaît de l'action de quelques passionnés réunis au sein du Comité National de Boxe Française, dont Pierre Baruzy (président d'honneur), Lucien Alliot (président), Bernard Plasait (Secrétaire Général), Jean Dionnot (Trésorier), Claude Simonot (Directeur technique national) et Marc Kunstle. Les championnats de France reprennent en 1966. En 1969 on comptait et douze clubs en France. La boxe française fut enseignée à l'INSEP. Les professeurs d'éducation physique purent donc l'enseigner aux collèges et lycées. Les championnats d'Europe eurent lieu en 1970. Le premier championnat de France féminin eut lieu en 1982 et, la même année, la première coupe d'Europe se déroula au stade Pierre-de-Coubertin. En 1984, le cap des est franchi et la fédération internationale est fondée le . La première coupe du monde eut lieu en 1989. La discipline assaut est introduite en compétition à partir de 1999 en Belgique lors de la première coupe européenne d'Assaut. Les championnats du monde assaut suivront. 1ère Coupe du Monde Assaut Senior (Paris - France), 1er Championnat du Monde Assaut Senior sur 6 zones "tapis" (Loverval - Belgique).

La boxe française dans le monde thumb|Championnat du monde (qualifications) 2013.

France Avant 2001, voir l'historique plus haut.

En 2001 la fédération française compte plus de et .

En 2007 plus de et , départementaux constitués et .

En 2013 la fédération de savate boxe française compte dans plus de . Les femmes aussi pratiquent la discipline : elles sont plus de et représentent ainsi un tiers des licenciés.

En 2015, la savate est inscrite à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel français et le nombre de licenciés franchit le cap symbolique des Quelques chiffres - Fédération française de Savate Boxe française & DA.

Canada La savate fit son apparition dans le Bas-Canada (province de Québec) au début du siècle dans les salles d'armes et les tavernes de Montréal. C'est la célèbre famille Montferrand qui semble responsable de la notoriété de la savate et surtout, avec les batailles de Joseph Montferrand (1802-1864) contre des boxeurs anglais ou irlandais. En effet, Montferrand un homme fort canadien-français utilisait selon la légende des coups de pied lors des duels et des batailles. Montferrand aurait appris la savate dans les salles d'armes de Montréal avec son père. En 1855, Gabriel Gimié (1830-1869) ouvrait la première salle d'armes à Québec dans laquelle la savate fut enseigné.

En 1978, Claude Resve fonde la Fédération de savate du Québec. Le mot « savate » désigne alors la boxe française. Daniel Jetté fut le premier Canadien à obtenir le gant d'argent. En 1982, il fonde la Fédération canadienne de boxe française-savate et D.A. qui est dissoute en 1984.

En 2004, l'association québécoise de savate boxe française est recréée à Montréal. En 2005, la fédération canadienne de savate voit le jour à Montréal grâce aux étudiants des universités anglophones : l'université McGill et l'université Concordia. En 2005, Savate Ontario est créée à Toronto pour gérer le sport dans la province de l'Ontario.

En 2006, sous l'égide de son président Olivier Bourrier et du directeur technique Lilian Guicherd-Callin, la fédération organise le premier championnat du Canada en assaut.

En 2007, la fédération canadienne compte près de 200 licenciés dont 40 % de femmes. La première championne du monde de savate pour le Canada est Tatiana Vassilieff qui remporta le titre de championne du monde combat en .

États-Unis Sur la côte ouest des États-Unis, le pionnier Daniel Duby démontra la Savate en Californie du Sud. De l'autre côté, sur la côte est des États-Unis, la BF Savate fut importée par le Professeur FFBFSDA Jean-Noel Eynard. Le premier club FFBFSDA/ FIS de BF Savate a été ouvert en 1983 à Philadelphie sous la tutelle du pionnier le Professeur (FFBFSDA/ FIS) Jean-Noel Eynard avec la grande assistance du DTN Bob Alix. En 1988, le US Registry of Savate se forme qui plus tard (1994) deviendra ARSIC-International (American Registry of Savate Instructors and Clubs). Pendant ce temps sur la côte ouest plusieurs petits clubs se forment rapidement sans organisation spécifique sous le nom États-Unis Savate. Deux ans plus tard, un comité compose de Gilles Le Duigou (FIS), Jean-Noel Eynard (ARSIC), Armando Basulto (New Jersey Federation) et Norman Taylor (ARSIC) et certains membres de l'Association de Californie (États-Unis Savate-Californie) décident d'officialiser l'United States Savate Federation (USSF) en tant que branche commune. Norman Taylor est élu président U.S.S.F. par intérim. Grâce aux efforts de promotionnels et d'enseignements de la BF Savate des pionniers les professeurs () Jean-Noel Eynard, Nicholas Saignac et Salem Assli, la savate commence à prendre une importance dans le domaine des arts martiaux aux États-Unis. ARSIC-International (branche promotionnelle) continue très activement et indépendamment à promouvoir la savate dans plusieurs états aux États-Unis.

Madagascar Arrivée à Madagascar en 1986, par le professeur Eric Ramahenina R.

La pratique thumb|L'échauffement.

Environnement La savate-boxe française se pratique sur un ring carré de à de côté (que l'on appelle « enceinte ») avec des gants de boxe, des chaussures homologuées par la FFSBF et une tenue particulière appelée intégrale (forme fuseau ou bas larges). Le bandage des mains est autorisé, les protège-tibias sont obligatoires dans la forme « assaut » mais peuvent être interdits dans certaines séries de combat. Le protège-dents est obligatoire, même à l'entraînement.

Grades Il appartient à chaque club d'organiser des passages de grades (souvent de l'ordre de deux par saison) afin de mesurer la progression des élèves ou des compétiteurs. Dans ce système de grades techniques, les « gants » déterminent le niveau du tireur ou tireuse (nom donné au pratiquant de la savate) et permettent l'inscription à certaines compétitions lorsqu'un niveau minimum est requis.

Voici les différents grades : bleu, vert, rouge, blanc, jaune, et gant d'argent technique ou gant de bronze.

Ces grades sont chacun composés de trois degrés (le gant blanc est donc le grade le plus haut que l'on puisse atteindre au niveau du club puisque les passages de grades pour le gant jaune sont effectués par le comité départemental ou la ligue). Le gant d'argent technique (GAT) est une distinction supplémentaire, il permet de participer à certaines compétitions qui l'exigent. Les sessions de passages du GAT sont aussi organisées par la ligue quelques fois par an. Un autre grade, hiérarchiquement au même niveau que le GAT, est le gant de bronze. Celui-ci voit son application dans les compétitions sous forme de combats. Il ne peut s'acquérir qu'en cumulant des points au fil des victoires en combat. Le gant de bronze ouvre les portes des combats en : casque et protège-tibia interdits.

Il y a également un « grade compétition » : gant d'argent-compétition 1, 2, 3, 4 et 5. Il existe aussi des gants honorifiques Vermeil et Or.

Compétitions Il existe deux types de compétitions en savate : l'assaut et le combat. Ces deux catégories se différencient par la finalité recherchée lors de la compétition.

L'assaut Lors des assauts, les coups ne sont pas portés (on parle alors de touches) et le tireur est jugé sur ses qualités technico-tactiques. La durée de la confrontation peut varier de trois fois à quatre fois , suivant la catégorie des tireurs. Le style est jugé, et la puissance sanctionnée puisque la recherche du hors-combat est interdite. Après trois avertissements, un tireur peut être disqualifié. Le tireur ayant « marqué » le plus de points remporte l'assaut. Les assauts se déroulent le plus souvent en trois reprises de chacune.

Le combat