Claude Morini (pseudonyme de Claude Bourgeau), né le à Limoges (France) et mort par suicide le à Nice (France), est un artiste peintre et graveur français.
Biographie L'enfance de Claude est marquée par l'image de son grand-père maternel, le peintre impressionniste hongrois Edmund (Ödön) Pick, surnommé "Morino" (né le dans la ville de KomárnoLa ville de Komárno étant partagée entre les deux rives du Danube, Edmund Pick est né sur la rive qui est devenue tchécoslovaque en 1918. La ville, slovaque depuis 1993, a cependant toujours aujourd'hui une population majoritairement magyarophone.), qu'il ne rencontra qu'une seule fois et à qui - avec sa mère Carmen qui sut aussi l'éveiller très tôt à la passion de peindre - il doit pourtant de côtoyer la peinture depuis toujours. C'est en mémoire affectionnée de "Morino" que l'artiste signera son œuvre Claude Morini: François Bourgeau, fils de Claude Morini, « La passion de peindre » in: ..
Si l'enfance (école primaire à Limoges) et l'adolescence (Lycée de La Rochelle) sont peu portées sur les études, l'éducation chrétienne qu'il reçoit de Carmen (de son métier assistante sociale) s'accompagne d'un sentiment de sollicitude, de solidarité, de "devoir donner au prochain" qui restera chez Claude une ligne directrice: . Pour l'heure, l'adolescent fonde au Lycée de La Rochelle un groupe d'action sociale qu'il baptise "A.V.S." ("À votre service") à vocation de visiter et d'apporter nourriture aux nécessiteux.
En 1956, Claude se rend en pèlerinage à Assise sur les traces de saint François. La découverte émerveillée des fresques de Giotto y déplace sa sensibilité de la vocation caritative vers la peinture. L'année suivante, il entame néanmoins à Paris des études de commerce propres à rassurer ses parents mais inadaptées à son tempérament, encore tout imprégné de la spiritualité d'Assise. Si à Paris - dont par contraste il n'aime ni le bruit, ni la vie pressée, ni les convenances, ni la primauté de l'argentLettre de Claude Morini à Carmen Bourgeau, 1957, conservée par François Bourgeau. - il fonde encore un groupe d'aide aux personnes âgées, , écrit-il à Carmen en fin d'année 1957 : dans un premier temps, il suit les cours dominicaux d'histoire de l'art donnés par l'École du Louvre, puis, dans un second temps (), s'inscrit en peinture dans l'atelier de Guillaume Met de Penninghen (appelé à devenir l'École supérieure d'arts graphiques Penninghen), peignant et dessinant le soir sur toutes sortes de supports comme papiers de récupération et cartons d'emballages. évoque Daniel Cotta avec qui il partage une chambre parisienne début 1958.
En , Claude part vivre auprès de son oncle André Pick (frère de Carmen), franciscain et artiste peintre au Monastère de Cimiez. Conciliant là idéalement méditation religieuse, action caritative et création artistique - Claude fréquente l'École des arts décoratifs à Nice, travaille la céramique à Vallauris - André et Claude trouvent aussi à s'échapper ensemble depuis le port d'Antibes jusqu'à l'arrière-pays niçois, dans une complicité favorisée par la figure communément révérée d'Edmund Pick, "Morino".
C'est peu après sa rencontre avec Monique Beaugrand que Claude Morini est appelé pour le service militaire en à Brive-la-Gaillarde, puis en en Algérie où les lettres qu'il écrit à Monique sont chargées de désespoirClaude Morini, lettres à Monique Beaugrand, 1961, conservées par François Bourgeau.. Rapatrié et hospitalisé pour hépatite et dépression au Val de Grâce fin 1961, démobilisé en , il s'installe à Vallauris et épouse Monique en (ils auront trois enfants, François, Marielle et Antoine). Il vient, par sa première exposition personnelle à la Galerie Cécile de Terssac à Cannes en 1966, à expérimenter durablement la technique de l'aluchromie, mode d'expression qui intéresse particulièrement cette galerie et qui lui offre de véritables débouchés dans l'architecture: on voit alors ses œuvres, principalement sur La Croisette à Cannes, installées dans les halls d'immeubles, les banques, les pharmacies et les salons privés.
En 1975, Claude Morini entame son fort investissement dans la gravure en quoi il voit un art à la fois et accessible au plus grand nombre, car tel est également son souci. C'est dans cet esprit qu'il expose alors dans les lieux publics (Maisons des jeunes et de la culture, banques, hôpitaux) - l'inauguration de l'Hôpital Larchet à Nice en 1979 inclut un accrochage de ses œuvres - et qu'il crée l'Association des artistes libres de la faculté de Blausasc.
À partir de 1978, constate Jacques Simonelli, la peinture de Claude Morini est obsessionnellement .
Le , âgé de 42 ans, confirmant le mal-être et le tourment ainsi révélés, Claude Morini choisit de quitter ce monde.
Postérité Dans son approche segmentée des figurations contemporaines qui lui sera offerte en 1986 par l'exposition itinérante Les figurations des années 1960 à nos jours, Francis Parent attribue à Claude Morini, en même temps qu'à Franta ou Ben-Ami Koller, une qu'il distingue de la figuration d'Abraham Hadad, Roger-Edgar Gillet et Jean Revol, de l'expressionnisme de John Christoforou, Orlando Pelayo et Maurice Rocher, ou d', comme chez Philippe Bonnet ou Gottfried Salzmann. Avec son nom qui demeure attaché à cette exposition, Claude Morini est l'un de ces artistes significatifs de ce que, dans le quart de siècle auquel elle est consacrée, toujours selon Francis Parent, Francis Parent, Entendre l'écrit - Recueil de textes critiques, E. C. Éditions, Paris, 1999, . La mise en majuscules de l'adjectif "NOUVELLE" est de Francis Parent..
Expositions Expositions personnelles
Expositions collectives
Réception critique - Max GalloMax Gallo, in Hommage à Morini, Éditions du Château-musée de Cagnes-sur-Mer, 1985. - BenBen Vautier, Newletter, extrait. - Jean-Pierre Delarge Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Grïnd, 2001. - Frédéric AltmannFrédéric Altmann, Claude Morini, la passion de peindre, Éditions stArt, 2002. - Jacques SimonelliJacques Simonelli, in: . - Philippe Claudel - Michel JoyardMichel Joyard in: .
Prix et distinctions Prix de peinture de l'Union européenne pour l'art moderne, 1965.
Musées et collections publiques Château-musée de Cagnes-sur-Mer. MAMAC - Musée d'art moderne et d'art contemporain de NiceMamac Nice, la collection permanente. Centre international d'art contemporain, Château de Carros. Bibliothèque patrimoniale Romain-Gary, Nice. C.E.S. Risso, Nice (au titre du 1% artistique).
Collections privées Max Gallo.
Notes et références
Bibliographie Michel Gaudet et Suzanne Sauvaigo, avec un texte-hommage de Max Gallo, Hommage à Morini, catalogue de rétrospective, Éditions du Château-Musée de Cagnes-sur-Mer, 1985. Gérard Xuriguera, Francis Parent et Michel Faucher, Les figurations des années 60 à nos jours, éditions du Musée des Beaux-Arts de Carcassonne, 1986. Francis Parent, Entendre l'écrit - Recueil de textes critiques, collection « Esthétique, histoire de l'art, littérature », E.C. éditions, Paris, 1999. Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 (lire en ligne). Frédéric Altmann et Pierre Provoyeur, Claude Morini, la passion de peindre, Éditions stArt, 2002. . .
Liens externes
Site consacré à Claude Morini Transart café Antibes, Biographie de Claude Morini Alexandre de La Salle, En souvenir de Claude Morini. Partie II, sur Art Côte d'Azur Alexandre de La Salle, En souvenir de Claude Morini. Partie III, sur Art Côte d'Azur Alexandre de La Salle, En souvenir de Claude Morini. Partie IV, sur Art Côte d'Azur Alexandre de La Salle, En souvenir de Claude Morini. Partie V, sur Art Côte d'Azur Félix Bourgeau, Gérard Allain, À la rencontre de Morini, film Viméo, durée 21 min 11 s
Catégorie:Naissance en octobre 1939 Catégorie:Naissance à Limoges Catégorie:Décès en mai 1982 Catégorie:Décès à Nice Catégorie:Décès à 42 ans Catégorie:Suicide en France Catégorie:Peintre français du XXe siècle Catégorie:Graveur français du XXe siècle Catégorie:Personnalité liée à Brive-la-Gaillarde