vignette|Champignon atomique de l'explosion nucléaire de Nagasaki. Le débat sur les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki porte sur les justifications militaires et pragmatiques ainsi que sur les controverses morales et juridiques entourant la décision par les États-Unis d'utiliser l'arme nucléaire sur Hiroshima puis sur Nagasaki les 6 et , à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Les défenseurs de ces bombardements atomiques déclarent qu'ils ont entraîné la capitulation japonaise et ont ainsi évité aux deux bords de lourdes pertes qu'auraient provoqué l'invasion terrestre du Japon et la prolongation de la guerre. Le pouvoir américain pensait également que le Japon ne capitulerait qu'à l'issue d'une écrasante démonstration de pouvoir de destruction.
Les opposants avancent que ces deux bombardements étaient inutiles, d'un point de vue militaire, et immoraux., et qu'ils relèvent du crime de guerre..
Le premier diplomate français à visiter Hiroshima, six mois après les faits, Francis Lacoste, écrit dans un rapport en date du :
Positions favorables aux bombardements atomiques Le , à l'issue de la conférence de Potsdam, le président des États-Unis Harry S. Truman (en poste depuis quelques mois après la mort de Roosevelt en avril), le premier ministre britannique Winston Churchill et le président du gouvernement nationaliste chinois Tchang Kaï-chek définissent les conditions de la reddition de l'empire du Japon. Cet ultimatum menace le Japon de « rapide et complète destruction ». en cas de non reddition.
Les bombardements étaient préférables à une invasion
vignette|Une carte représentant les forces terrestres japonaises et américaines (mais non les autres Alliés) devant prendre part à la bataille terrestre pour le Japon. Deux débarquements étaient prévus : (1) Olympic, l'invasion de l'île du sud, Kyūshū, (2) Coronet, l'invasion de l'île principale, Honshū. vignette|L'opération Coronet, planifiée pour mars 1946, prévoyait de prendre Tokyo avec le débarquement de 25 divisions, à mettre en rapport avec les 12 divisions du D-Day. Ceux qui plaident en faveur de la décision de lâcher les bombes atomiques pensent que des pertes massives des deux côtés se seraient produites durant l'opération Downfall, l'invasion programmée du Japon. Il était prévu que le gros des forces envahissant le Japon seraient américaines et que le Commonwealth britannique contribuerait avec trois divisions (une de Grande-Bretagne, une du Canada et une d'Australie) Allan Brooke: War Diaries 1939-1945. June 28...
Les États-Unis prévoyaient des pertes élevées pendant l'opération Downfall : entre et d'hommes selon les informations données au président Truman en 1953.. Le sous-secrétaire d'État à la Marine , un membre du Comité intérimaire sur les questions atomiques, a déclaré avoir discuté de l'usage de la bombe dans un contexte de pertes massives militaires et civiles pendant l'invasion lors d'un entretien avec Truman durant l'été 1945. soldats alliés auraient pu y trouver la mort. Bard s'oppose à l'utilisation de la bombe sans avertissement préliminaire, et ne peut pas être accusé d'avoir exagéré les pertes pour justifier son usage. Son récit est une preuve que Truman avait connaissance de ces faits et que les responsables du gouvernement ont discuté de la possibilité de très lourdes pertes ..
Dans un dossier préparé pour Truman le (JWPC 369/1), le comité mixte d'études de guerre estime des pertes de hommes. Des documents de la bibliothèque de Truman montrent qu'une ébauche initiale de réponse à la question posée a vu le général Marshall estimer que « le quart d'un million serait le minimum. » L'expression « jusqu'à un million » avait été ajoutée à l'ébauche finale par l'équipe de Truman pour ne pas apparaître en contradiction avec une déclaration faite plus tôt dans un article publié par Henry Stimson, secrétaire d'État à la guerre. Dans une étude réalisée par l'état-major des armées en avril 1945, les chiffres de pour /jour et de pour /jour étaient développés. Ces évaluations impliquent que les deux campagnes prévues pour la conquête du Japon auraient causé 1,6 million de victimes américaines, dont décès .. Une étude postérieure du comité mixte d'études de guerre, JWPC 369/1, The Final Months of the War With Japan. Part III, note 24, qui a fourni des renseignements de planification à l'état-major des armées, avait estimé qu'une invasion du Japon aurait pour conséquence morts américains et blessés. Remise le après des renseignements obtenus lors de la bataille d'Okinawa, l'étude avait noté les défenses inadéquates du Japon à la suite du très efficace blocus maritime et de la campagne américaine de bombardements incendiaires. Les généraux George C. Marshall et Douglas MacArthur avaient signé des documents approuvant l'estimation du Comité mixte d'études de guerre ..
Outre les pertes militaires chez les alliés, un grand nombre de pertes militaires et civiles combattantes chez les japonais étaient prévues en cas de débarquement et d'invasion terrestres. Les plus récentes estimations du nombre de morts japonais vont de plusieurs centaines de milliers à pas moins de dix millions. L'état-major du général MacArthur avait fourni une estimation du nombre de morts américains en fonction de la durée de l'invasion, et avait également fourni une proportion de 22 Japonais tués pour un Américain. Sur cette base, on peut calculer un chiffre avoisinant morts japonaises pour une invasion courte de deux semaines, et près de de morts si les combats avaient duré plus de quatre mois. Une estimation très largement reprise faisant état de 5 à de morts japonais a été faite par William Shockley et ; le sous-secrétaire à la Guerre John McCloy a repris le premier chiffre, le qualifiant de consensuel.. Environ morts japonais supplémentaires auraient été déplorés en cas d'invasion soviétique de Hokkaidō, la plus septentrionale des îles japonaises ., bien que les Soviétiques ne disposaient pas de la puissance navale nécessaire à l'invasion de l'archipel japonais, sans même parler d'envahir Hokkaidō. Un site de l'Air Force Association rapporte qu'à l'époque on rapportait que « des millions de femmes, de vieillards, de garçons et de filles avaient reçu un entraînement pour résister [aux forces d'invasion], y compris en utilisant des lances de bambou, ou bien se ceinturant d'explosifs pour se jeter sur les tanks en marche». L'AFA note que « le gouvernement japonais avait avalisé une mesure étendant la conscription aux hommes âgés de 16 à , et aux femmes de 17 à (ce qui aurait fourni de soldats supplémentaires) ».
Ceux qui font l'apologie de la solution nucléaire renvoient également à une directive du ministère de la guerre japonais datant du , ordonnant l'exécution des prisonniers de guerre, « lorsqu'un soulèvement massif ne peut être maîtrisé sans recours aux armes à feu » ou lorsqu'un camp de prisonniers se serait retrouvé en zone de combat, « transformant ceux qui parvenaient à s'échapper du camp en force hostile »http://en.wikisource.org/wiki/Document_No._2701, The only existing original copy of this general order was found by Jack Edwards after the war, in the ruins of the prisoner of war camp in Formosa. (Edwards Page 260).
Les nombreuses pertes subies lors de la bataille d'Iwo Jima et sur d'autres îles du Pacifique avaient donné aux dirigeants américains une idée assez claire des pertes auxquelles il fallait s'attendre en cas d'invasion de l'archipel japonais. Sur les Japonais retranchés à Iwo Jima, étaient morts à la suite des combats ou d'un suicide rituel. Seuls 216 furent capturés dans la bataille. Selon le site officiel de la bibliothèque du département de la Marine, « l'assaut de [d'Iwo Jima)] déboucha sur plus de victimes américaines dont et blessés, talks about how many historians have overestimated the number Japanese defenders, with 20,000 and even 25,000 listed. Burrell puts the range between 18,061 and 18,591, with exactly 216 of these taken prisoner. The rest were KIA or MIA.». Dans le cas de la bataille d'Okinawa qui s'étala sur du début du mois d' à la mi-, on déplora parmi les forces engagées comprenant 5 divisions de l'armée et 2 divisions de marines, près de victimes américaines, dont morts ou disparus..
L'armée américaine avait frappé Purple Heart (médailles le plus souvent décernées à titre posthume et récompensant la bravoure ou une blessure au combat) en prévision des pertes lors de l'invasion programmée du Japon. À l'heure actuelle, la totalité des pertes américaines dans les qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale - guerres de Corée et du Viêt-Nam incluses - n'a pas dépassé ce chiffre. En 2003, de ces Purple Heart étaient encore en stockGiangreco, Dennis M. & Moore, Kathryn, « Are New Purple Hearts Being Manufactured to Meet the Demand? », History News Network, . En raison du grand nombre de médailles disponibles, les unités en opération en Afghanistan et en Irak avaient sous la main des Purple Heart immédiatement disponibles pour récompenser les soldats blessés sur le terrain.
La fin accélérée de la guerre a sauvé la vie de civils Les partisans du bombardement soutiennent également que la prolongation de la guerre aurait coûté des vies civiles en Asie et au Japon.
« Pour la seule Chine, selon le chiffre retenu pour le nombre total de pertes chinoises, pour chacun des entre et , entre et personnes mouraient, la plupart n'étant pas des combattants. Pour les autres pays d'Asie, la moyenne s'établissait probablement en dizaines de milliers par mois, mais les chiffres étaient en fait certainement plus élevés en 1945, notamment en raison des nombreuses morts dues à la famine au Viêt-Nam. L'historien Robert P. Newman a déduit que chaque mois prolongeant la guerre en 1945 aurait provoqué la mort de personnes, la plupart asiatiques, mais aussi occidentales. » Frank 1999, .
La fin de la guerre permit la libération de millions de personnes travaillant dans des conditions pénibles, sous le coup d'un enrôlement forcé. Dans les Indes néerlandaises, il y eut « un enrôlement forcé d'environ de romusha (travailleurs manuels). D'autres estimations portent ce chiffre jusqu'à . Près de romusha furent envoyés dans les îles orientales de l'Indonésie et dans les territoires d'Asie du Sud-Est contrôlés par les Japonais, où ils furent ajoutés aux autres Asiatiques dans des projets de génie militaire.
Le seul bombardement incendiaire de Tokyo avait tué près de Japonais Freeman Dyson. Part I: A Failure of Intelligence. Technology Review, , MIT David McNeill. The night hell fell from the sky. Japan Focus, .., de manière directe ou indirecte, depuis . Étant donné que l'USAAF (forces aériennes de l'armée américaine durant la guerre) voulait utiliser ses bombes sur des villes jusque-là épargnées pour obtenir des données précises sur les dommages dus à l'utilisation du nucléaire, Kokura, Hiroshima, Nagasaki et Niigata furent tenues à l'écart des bombardements conventionnels. Sinon, elles auraient, elles aussi, subi des bombardements incendiaires Groves 1962.. Des bombardements conventionnels auraient été maintenus ou intensifiés en prélude à l'invasion. Le blocus sous-marin, ainsi que l'opération de minage de l'USAAF, l'Opération Famine, avaient de fait asphyxié les importations japonaises. Une opération complémentaire visant les chemins de fer japonais était sur le point d'être mise à exécution, qui aurait isolé les villes méridionales de Honshū de toute nourriture produite ailleurs dans l'archipel. « Juste après la défaite, certains estimaient que de personnes allaient probablement mourir de faim, » a fait remarquer l'historien Daikichi Irokawa Frank 1999, ; citing Irokawa, The Age of Hirohito: In Search of Modern Japan (1995), ..