Le , les forces armées argentines lancent l’invasion des îles Malouines, marquant le début de la guerre des Malouines.

Les Argentins montent une opération amphibie connue sous le nom d’opération Rosario, qui prévoit l'invasion des îles Malouines, territoire britannique d'outre-mer, et s'achève par la reddition du gouverneur à Government House.

Défense Le gouverneur Rex Hunt est informé par le gouvernement britannique d'une possible invasion argentine le . À le même jour, il reçoit un télégramme du Foreign and Commonwealth Office indiquant :

Forces impliquées Le gouverneur convoque deux officiers supérieurs des Royal Marines du Naval Party 8901 à Government House à Port Stanley pour discuter des options envisageables pour défendre les Malouines. Il déclare durant cette réunion : « On dirait que ces bougres ne font pas semblantEn . »

Le Major Mike Norman reçoit le commandement général des Royal Marines, étant l'officier le plus gradé, alors que le Major Gary Noott est nommé conseiller militaire du gouverneur Hunt. Les forces britanniques comptent 68 Royal Marines et 11 marins de la Royal Navy, ce qui est davantage qu'à l'ordinaire car la garnison en place dans les îles Malouines est en train d'être relevée : une partie des troupes s'apprêtait donc à quitter les Malouines au moment de l'invasionBattles: The Argentine Invasion royalnavy.mod.uk, consulté le 26 août 2007.

Ce nombre chute à 57 hommes après l'embarquement de 22 Royal Marines à bord du navire de surveillance antarctique pour observer les soldats argentins basés en Géorgie du Sud. La Royal Navy, de son côté, affirme que 85 marines sont alors présents à Port Stanley.

Les Britanniques peuvent également compter sur au moins 25 membres de la Force de défense des Îles Malouines (FIDF). Graham Bound, un habitant des îles qui vécut sous l'occupation argentine, rapporte dans son ouvrage Falkland Islanders At War que jusqu'à environ 40 membres (anciens et actuels) des FIDF se portent volontaires pour le service à Drill Hall. Leur officier supérieur, le major Phil Summers, charge ces miliciens volontaires de garder les installations vitales telles que le commutateur téléphonique, la station radio et la centrale électrique. Jack Sollis, capitaine du navire côtier civil Forrest, met son bateau à disposition comme une station d'écran radar improvisée au large de Port Stanley. Deux autres civils, l'ancien Royal Marine Jim Alister et le citoyen canadien Bill Curtiss, proposent leurs services au gouverneur.

Opération Rosario L'opération amphibie argentine débute tard dans la soirée du jeudi , lorsque le destroyer débarque des forces spéciales navales au sud de Port Stanley. Le gros des forces argentines débarque quelques heures plus tard dans des navires de guerre amphibies de l' près de l'aéroport, sur une plage sécurisée au préalable par des nageurs de combat du sous-marin .

L'opération avait été baptisée « opération Azul » (littéralement « Bleue ») pendant la phase de planification, mais elle est finalement renommée « opération Rosario » (rosaire).

ARA Santa Fe La première phase de l'Opération Rosario est la reconnaissance de Port William par le sous-marin ARA Santa Fe et le débarquement des 14 membres du groupement de plongeurs tactiques près du cap Pembroke, parmi lesquels le commandant de cette unité d'élite, la capitaine Cufré. La mission de reconnaissance débute dès le , lorsque le chalutier Forrest est localisé à travers le périscope à au large de Port Stanley. Le lendemain, le Santa Fe apprend que les autorités britanniques à Port Stanley étaient informées des plans argentins, un changement de plan était donc nécessaire. Au lieu de débarquer sur Pembroke, les commandos prendraient initialement une plage à proximité de Menguera Point, au sud de l'île Kidney Jorge Bóveda, La Odisea del submarino Santa Fe, IPN editores, 2007, et 75-76. La Voz del Interior newspaper, .

Ils quittent l'ARA Santa Fe à . Depuis la plage, les forces spéciales se dirigent vers la péninsule Pembroke en Zodiacs. Ils atteignent Yorke Bay à le . Après avoir installé des balises pour le débarquement principal, ils prennent la piste d'atterrissage et le phare sans résistance. Les sources argentines affirment que les commandos capturent quelques prisonniers. Cette équipe recevra par la suite la tâche de rassembler et garder à vue les Royal Marines après la capitulation britannique.

Attaque sur les baraquements de Moody Brook Dans la nuit du au , le destroyer ARA Santísima Trinidad se positionne à au large de Mullet Creek et met à l'eau 21 bateaux semi-rigides Gemini. Ils embarquent 84 membres des forces spéciales argentines. La force est composée de 76 commandos amphibies et de 8 membres groupe d'élite des Buzos Tácticos (nageurs de combat). du Lieutenant-commandant Guillermo Sánchez-Sabarots de commandos amphibies et une petite équipeSurnommée Patrulla Techo (littéralement « patrouille des toits »). sous les ordres du lieutenant-commandant Pedro Giachino, qui était normalement le commandant-en-second d'infanterie de marine, qui devait capturer Government HouseNaval Party 8901 And the Argentine Invasion (Britain's small wars). Le contre-amiral argentin Jorge Allara, au moyen d'un message radio envoyé depuis l'ARA Santisima Trinidad, demande à Rex Hunt de se rendre sans combattre, mais la proposition est rejetée.

L'équipe de Giachino avait la distance la plus courte à parcourir (deux miles et demi en direction du nord) alors que les baraquements de (où vivaient les troupes britanniques), la destination du gros des troupes argentines, se trouvait à six miles, à travers un terrain accidenté. Dans The Argentine Fight for the Falklands, le Lieutenant-commandant Sánchez-Sabarots, décrit la progression des Argentins dans l'obscurité :

Les marines argentin supposent que les baraquements de Moody Brook abritaient les Royal Marines endormis. Les baraquements étaient silencieux, bien qu'une lumière ait été allumée dans le bureau du commandant des Royal Marine. Aucun sentinelle n'est aperçue et la nuit était silencieuse, à l'exception de cris d'animaux occasionnels. Le Lieutenant-commandant Sánchez-Sabarots ne pouvait entendre aucun mouvement ni à Government House, ni sur les plages de débarquement distantes ; néanmoins, il ordonne à ses hommes de lancer l'assault. Le Lieutenant-commandant Sánchez-Sabarots continue son récit :

Le bruit des grenades alerte le Major Norman sur la présence des Argentins sur l'île, et il retourna donc à Government House. Réalisant que l'attaque provenait de Moody Brook, il ordonne à toutes les sections de converger vers Government House pour permettre à la défense d'être centralisée.

Bien qu'il n'y ait pas eu de Royal Marines témoin de l'assaut, les descriptions britanniques ultérieures sur l'état de la caserne de Moody Brook contredisent la version argentine des événements. Après les combats, certains Royal Marines ont été autorisés à retourner dans les baraquements pour récupérer des effets personnels. Le major Norman décrit les murs comme étant criblés de balles de mitrailleuse et portant des marques de grenades au phosphore blanc — « une opération de nettoyage en règle ». Les Argentins maintiennent que les casernes ont été détruites dans une attaque aérienne le qui a tué trois conscrits et blessé le Major José Rodolfo Banetta Carlos H. Robacio, Jorge Hernández, Desde el Frente : Batallón de Infantería de Marina No. 5, Centro Naval, 1996, in Horacio Rodríguez Mottino, La Artillería Argentina en Malvinas, Clio, 1984, .

Débarquement amphibie dans Yorke Bay vignette|Des LVTP-7 de l'infanterie de marine argentine aux Malouines le 2 avril 1982. Des combats plus intenses avaient lieu à l'est de Port Stanley. Vingt blindés amphibies à chenilles LVTP-7A1, de construction américaine, appartenant au de véhicules amphibies du Lieutenant-Commander Guillermo Cazzaniga et transportant les compagnies D et E du d'infanterie de Marine (BIM-2), basé à Puerto Belgrano, avaient été débarqués depuis l'ARA Cabo San Antonio à Yorke Bay et étaient observés par une section des Royal Marines sous le commandement du Lieutenant Bill Trollope.

La colonne blindée remonte Airport Road en direction de Port Stanley, avec trois Amtracs ( 05, 07 et 19) à l'avant-garde, et, à proximité de la Station de recherche ionosphérique, à exactement , est attaquée par une section des Royal Marines avec des obus anti-chars et des mitrailleuses. Le rapport officiel du Lieutenant-commandant Hugo Santillán, rédigé après la bataille indique :

L'Amtrac sur la droite manœuvre pour sortir de la route et se réfugie dans une petite dépression et, dans le même temps, il débarque les Marines à couvert. Cela laisse les Royal Marines penser que le soldat Mark Gibbs avait marqué un coup direct sur le poste passager du véhicule blindé de transport de troupes.

Le lieutenant Bill Trollope, avec la section , décrit le combat :

Le lieutenant Trollope et ses hommes se retirent dans Davis Street, courant derrière les maisons avec des Marines argentins à leur poursuite, se mettent à couvert et commencent à tirer en direction de la route lorsqu'il devient évident qu'il ne pourraient rejoindre Government House.

Le caporal 'Lou' Armour, commandant la '1 Section', était positionné à Hookers Point lorsque débute l'invasion. Peu après l'attaque sur Moody Brook, il reçoit l'ordre de se replier sur Government House, rejoignant la section du caporal David Carr en chemin.

Les deux sections se mettant à la recherche des hommes du lieutenant Trollope, le caporal Armour décide de tenter une dernière fois de rejoindre Government House. Utilisant les tirs et la manœuvre pour traverser le terrain de football, ils rampent le long d'une haie menant aux jardins de Government House où, après s'être fait tirer dessus aussi bien par les assaillants que par les défenseurs, ils parviennent à rentrer dans le bâtiment en passant par les cuisines. Le caporal Armour explique :

Bataille de Government House et reddition Situé sur une petite colline au sud de Government House, le lieutenant-commandant Pedro Giachino fait face à la difficulté de capturer cet objectif important sans radio et avec une force de seulement seize hommes. Il scinde ses hommes en petits groupes, en en positionnant un de chaque côté de la maison et un à l'arrière. Sans qu'ils ne le sachent, la résidence du gouverneur était le principal point de concentration de Royal Marines, qui étaient deux fois plus nombreux que les commandos argentins.

La première attaque contre ce bâtiment débute à , à peine une heure avant le débarquement amphibie de Yorke Bay, lorsqu'une section de Giachino, conduite par le Lieutenant Gustavo Lugo, commence à échanger des tirs avec les troupes britanniques à l'intérieur de la maison.

Dans le même temps, Giachino lui-même et quatre de ses hommes entrent par l'annexe des servants, pensant qu'il s'agissait de l'entrée arrière de la résidence. Trois Royal Marines, les caporaux Mick Sellen et Fleet et le Marine Harry Dorey, qui avaient été positionnés pour couvrir l'annexe, repoussent la première attaque. Giachino est touché immédiatement alors qu'il passe la porte, tandis que le Lieutenant Diego Garcia Quiroga est touché au bras. Les trois autres se retirent en direction de l'annexe des servants.

Giachino n'est pas tué, mais grièvement blessé. Un médecin militaire argentin, le caporal Ernesto Urbina, tente de lui porter secours mais il est blessé par une grenade. Giachino, voyant ce qui était arrivé, tire la goupille d'une grenade à main et menace de l'utiliser. Les Royal Marines tentent alors de persuader l'officier argentin de se débarrasser de la grenade afin qu'ils puissent lui prodiguer des soins, mais ce dernier refuse, les empêchant d'atteindre sa position. Après la reddition des forces britanniques à Government House, trois heures plus tard, Giachino est emmené à l'hôpital de Port Stanley où il décède en raison de la perte de sang massive.

thumb|250px|La corvette