Christophe de Coulanges, dit « le Bien Bon », né vers 1607, mort en 1687, abbé commendataire de Notre-Dame de Livry, est l'oncle de Sévigné.
Biographie
Il naît vers 1607Selon Sévigné, il a 80 ans à sa mort, en 1687. Lettre à Bussy-Rabutin, 2 septembre 1687.. Il est le fils du riche financierRoger Duchêne, in Madame de Sévigné, Lettres choisies, coll. « Folio classique », Gallimard, 1988, 304. de Coulanges (1565-1636Alain Garric, « Marie de Bèze », sur geneanet.org.), trésorier des guerres, fermier des gabelles, fournisseur aux vivres. ; et de Marie de Bèze (1576-1634). Le frère aîné de Christophe s'appelle Philippe, comme leur père. Leur sœur Marie, épouse de Celse-Bénigne de Rabutin, est la mère de Marie de Rabutin-Chantal, la future Sévigné.
Réforme de l'abbaye de Livry vignette|180px|alt=dessin à l'encre et lavis de jardins à la française devant les bâtiments de l'abbaye|gauche|upright=1|Notre-Dame de Livry au temps où Christophe de Coulanges en est abbé, en 1642. En 1624, âgé de 17 ansL'abbé Genty dit . — André Hallays dit , âgé de . . — Jean-Jacques Lévêque dit de même. . — Roger Duchêne dit également , mais âgé de . . — Dans le même livre, 651, il dit , âgé de (il le dit également dans Madame de Sévigné, Lettres choisies, , 299)., il reçoit en commende de Louis XIII l'abbaye Notre-Dame de Livry, proche de la forêt de Bondy, sur la route de Meaux, au nord-est de Paris. Mais le rétablissement de la commende à Livry, en 1545, a suscité dans cette maison de chanoines réguliers de la congrégation de Saint-Augustin. Christophe de Coulanges trouve son abbaye dans un triste état : tout est en ruine, l’église s'écroule, les bâtiments sont pour la plupart inhabitables.. En cette même année 1624, le général de la congrégation meurt, et l'on ne procède pas à l'élection d'un successeur : la congrégation se trouve implicitement dissoute.
Le cardinal de La Rochefoucauld est chargé par le pape de réformer en France les maisons de chanoines réguliers.. Il fonde en 1634 la congrégation de Sainte-Geneviève. L'abbaye de Livry s'y agrège en 1637. Christophe de Coulanges donne son assentiment à la réforme de son abbaye. Il joue un rôle plus que discret dans cette affaire, car la séparation des pouvoirs entre l'abbé commendataire de Livry et le vicaire, définie en 1545, lui laisse une autorité limitée : il ne peut intervenir efficacement dans le gouvernement de ses religieux..
Madame de Sévigné à Livry vignette|alt=portrait en buste|droite|upright=0.8| Sévigné.
On a cru longtemps qu'il fut désigné pour tuteur de sa nièce, Marie de Rabutin-ChantalC'est ce que dit notamment Charles Athanase Walckenaer, qui confond d'ailleurs le grand-père de Marie, , mort en 1636, et l'oncle , mort en 1659. Charles Athanase Walckenaer, Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, sur books.google.fr, Firmin Didot, 1842, 9 et 10., après les décès successifs du père de l'enfant en 1627, de sa mère en 1633, de sa grand-mère maternelle en 1634 et de son grand-père maternel en décembre 1636.. En réalité, le , les conseillers du Châtelet confient la tutelle de Marie à son oncle Philippe de Coulanges, et son éducation à l'épouse de celui-ci, Marie Le Fèvre d'Ormesson.. C'est ainsi que Marie va être élevée aux côtés de ses cousins (parmi lesquels Philippe Emmanuel de Coulanges, le futur « chansonnier »). Mais Christophe de Coulanges, à diverses reprises, exerce de fait les fonctions de tuteur, aussi bien pour ce qui concerne l'administration des biens de Marie que pour ce qui concerne son éducationJean Lemoine, , 112..
Lorsque plus tard il réside dans son abbaye, sa nièce y effectue de longs séjoursAntoine Adam, Histoire de la littérature française au , Albin-Michel, 1997, III, 139, . (l'abbé dispose d'un logis séparé qui lui permet d'héberger famille et amis.). C'est surtout lorsqu'elle devient veuve d'Henri de Sévigné, en 1651, que l'abbé de Coulanges reçoit sa nièce et qu'il s'en occupeRoger Duchêne, in Madame de Sévigné, Lettres choisies, , 362, de .. En octobre 1653, Marie lui cède fictivement tout le bien hérité de sa mère, pour qu'il le gère à sa place.. Il joue auprès d'elle , qui travaille obstinément . Il prend également en main les finances de sa propre sœur, Henriette de La Trousse.
Restauration de l'abbaye
S'il y a eu séparation des pouvoirs en 1545, il y a eu en même temps partage des biens entre l'abbé commendataire et les religieux de l'abbaye. Certains travaux sont donc financés par l'abbé, d'autres par les chanoines. En 1652, Christophe de Coulanges restaure complètement la chapelle de Livry .. En 1662 (l'abbaye ne compte cette année-là que huit profès), il concourt avec les chanoines à l'édification d'un nouveau cloître.. En 1663, les chanoines finissent de reconstruire la chapelle Notre-Dame-des-Anges, à Clichy. — Si l'abbé Genty parle du de Christophe de Coulanges pour ce qui concerne le cloître, il ne parle que des chanoines pour ce qui concerne la reconstruction de la chapelle Notre-Dame-des-Anges.. L'abbé de Coulanges se consacre pour sa part à la remise en état de la partie de l'abbaye où lui-même a ses appartements séparés. Il veille aussi à réaménager les jardins et les eaux..
Il reçoit à Livry ses frères, ses nièces et neveux (notamment Philippe Emmanuel de Coulanges) et ses amis. La Fayette, dans sa jeunesse, a sa chambre à l'abbaye de Livry. Elle reste une habituée des lieux. La Rochefoucauld s'y rend également.. Mais c'est Sévigné qui devient peu à peu l'hôtesse principale. L'abbaye de Livry est, après le château des Rochers, le lieu où elle a résidé le plus longtemps..
Dernières années
Le « Bien Bon », ou le « Bon Abbé », comme sa nièce l'appelle dans ses lettres, ne la quitte presque plus. En juillet 1672, elle va pour la première fois rejoindre sa fille en Provence, dans l'espoir de la ramener à Paris. L'abbé de Coulanges l'accompagne dans ce voyage, qui se prolonge jusqu'à la Toussaint 1673. — L'abbé de La Mousse, neveu de l'abbé de Coulanges et cousin de Sévigné, est également du voyage..
Par la suite, Sévigné déploie bien des efforts, mais en vain, pour tenter de le rendre affectueux et généreux envers GrignanMadame de Sévigné, lettre du 25 octobre 1679 à madame de Grignan. Cité par .. Elle ne parvient pas non plus à le décider à retourner en Provence..
Christophe de Coulanges, abbé de Livry meurt le à deux heures et demie du matin, chez sa nièce, à l'hôtel Carnavalet. Il est inhumé dans la chapelle de sa famille, en l'église du couvent de la Visitation du faubourg Saint-Antoine, à ParisRoger Duchêne, in Madame de Sévigné, Correspondance, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1978, III, de 312., où reposent son père et sa mère et d'autres membres de sa famille.. Dans son testament, en date du , il institue sa nièce légataire universelle, renouvelant ainsi des donations qu'il avait faites en 1671Madame de Sévigné, lettre à madame de Grignan, 23 mai 1671.. Le , Sévigné écrit à son cousin Bussy-Rabutin :
Famille
Quelques membres de sa famille :
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie . . .
Articles connexes Abbaye Notre-Dame de Livry Madame de Sévigné
Liens externes
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