La du Tour de Colombie a lieu du 6 au . La (nom officiel) est une course à étapes inscrite au calendrier de la Fédération internationale de cyclisme professionnel (FICP). Composée d'un prologue et de douze étapes, l'épreuve cycliste est remportée par le Colombien Oliverio Rincón.
Présentation En regard du Clásico RCN, le Tour de Colombie souffre davantage de son calendrier et du tropisme européen du cyclisme mondial qui attire les meilleurs coureurs colombiens.
Ainsi Luis Herrera est absent car il participe au même moment au Tour d'Italie (d'ailleurs sa formation Café de Colombia ne délègue qu'une équipe amateur au départ). Fabio Parra n'envisage la course que comme une préparation pour le Tour de France et Álvaro Mejía participait encore au Critérium du Dauphiné, la veille du prologue.
C'est pourquoi Francisco Rodríguez et Oliverio Rincón, n'ayant pas d'objectifs européens, sont considérés comme les favoris. À un degré moindre figurent également Óscar de Jesús Vargas, Reynel Montoya, et . En raison d'une péricardite, Pony Malta voit son leader Pacho Rodríguez ne pas prendre le départ du prologue.
Équipes participantes Équipes Principaux engagés Manzana Postobón Álvaro Mejía, Óscar de Jesús Vargas, Reynel Montoya, Carlos Mario Jaramillo, Gustavo Wilches Pony Malta professionnel , , , Varta - Kelme Fabio Parra, Néstor Mora, Pedro Saúl Morales, Nelson Rodríguez, , Sélection des États-Unis Tom Harberts Sélection du Costa Rica Mario Fallas Sélection de l'Équateur Pedro Rodríguez Castalia amateur Oliverio Rincón, , Café de Colombia amateur Marío Martínez Cafam , José Jaime González Fruticol Omar Neira Pony Malta amateur José Luis Verano, Dubán Ramírez, Demetrio Cuspoca Pinturas Philaac Heriberto Castro, William Mora, Jairzinho Rivas Ferretería Orjuela Haiber Ibáñez Motores Kholer - Dragas HG Germán Darío López
Étapes La a un parcours, développant kilomètres, réparti comme suit :
| Prologue || || Envigado Polideportivo || 22px || align="center"|7 || || Luis Alberto González |- | || || El Carmen - Rionegro || 22px || align="center"|42 || Varta - Kelme || Luis Alberto González |- | || || Bello - Supía || || align="center"|160 || || Jorge León Otálvaro |- | || || Riosucio - Armenia || || align="center"|162 || Reynel Montoya || Jorge León Otálvaro |- | || || Armenia - Cali || || align="center"|209 || Tom Harberts || Jorge León Otálvaro |- | || || Palmira - - Buga || || align="center"|146 || Reynel Montoya || Jorge León Otálvaro |- | || || Tuluá - Manizales || || align="center"|169 || Oliverio Rincón || Oliverio Rincón |- | || || Pereira - Ibagué || || align="center"|133 || Óscar de Jesús Vargas || Oliverio Rincón |- | || || Ibagué - Fusagasugá || || align="center"|146 || || Oliverio Rincón |- | || || Fusagasugá - || 22px || align="center"|23 || Oliverio Rincón || Oliverio Rincón |- | || || Zipaquirá - Sogamoso || || align="center"|194 || Demetrio Cuspoca || Oliverio Rincón |- | || || Duitama - Bogota || || align="center"|204 || Heriberto Castro || Oliverio Rincón |- | || || Bogota (La Caro) - Bogota || 22px || align="center"| || Fabio Parra || Oliverio Rincón
Récit de la course Par un changement de règlement de dernière minute, le prologue devient facultatif (et ne compte plus pour le classement général final) dans le but de permettre à Álvaro Mejía et aux Manzana Postobón de participer. Ainsi seulement 65 des 122 engagés le disputent. De plus, les plus fortes équipes ne déléguent pas leurs meilleurs éléments pour participer à l'exercice solitaire à la différence des équipes de niveau secondaire à qui est offert une occasion inespérée de se mettre en valeur. De manière symbolique, (Pony Malta) remporte le contre-la-montre devant le frère cadet de Fabio Parra, (Varta - Kelme) et Dubán Ramírez (Pony Malta amateur). Il devient leader provisoire de l'épreuve.
Le lendemain se dispute un contre-la-montre par équipes, qui conformément aux règlements internationaux de l'époque n'est pas comptabilisé non plus pour le classement général. L'équipe Varta - Kelme s'y impose devant la formation Pony Malta et les Manzana Postobón. Chez les équipes amateurs, les Café de Colombia dominent les Castalia d'Oliverio Rincón.
Sportivement aucun enseignement ne peut être extrait de ces deux contre-la-montre initiaux. Tant et si bien que le journal El Tiempo considère que le Tour de Colombie commence véritablement lors de la deuxième étape. Celle-ci voit s'extirper du peloton six hommes (, Néstor Mora, Gustavo Wilches, , Heriberto Castro et Mario Martínez), après à peine dix minutes de course. Les trois équipes professionnelles, Pony Malta, Varta - Kelme et Manzana Postobón ont placé chacune un homme à l'avant, avec trois coureurs amateurs. Dans la longue traversée du canyon du río Cauca, les fugueurs ne sont plus que quatre, Castro et Martínez ayant dû céder. Dans les derniers kilomètres, Wilches laisse partir les trois derniers fuyards pendant que le peloton se rapproche. À Supía, Otálvaro, coureur amateur , franchit la ligne d'arrivée en premier, précédant les deux professionnels Mora et Lozano ; le peloton arrivant cinquante-quatre secondes plus tard.
Lors de la troisième étape, deux coureurs, José Luis Verano et William Mora, occupent le devant de la scène une bonne partie de la journée. Ils sont revus par le peloton à quelques encablures d'Armenia, ville-arrivée. Reynel Montoya y remporte le sprint devant Pedro Saúl Morales. conserve la tête du classement général, conquise la veille, avec trois secondes d'avance sur Néstor Mora. L'étape du lendemain parait dévolu à un sprinteur (même si la presse se demande s'il en existe dans les engagés). Deux cent neuf kilomètres dans la vallée du río Cauca sans un seul col répertorié sont au menu. Pas ou peu d'attaque émaille la journée. L'Américain Tom Harberts s'impose à Cali, devant et . L'identité du deuxième et du troisième de l'étape, peu connu pour leur qualité de sprinteurs, semble confirmer l'absence de spécialistes en Colombie. Pas de changement au classement général, Otálvaro conserve sa place en haut de la hiérarchie.
Vu l'étape montagneuse au programme le lendemain, avec l'arrivée en ascension à Manizales, peu d'observateurs pensait qu'il y aurait un déclenchement des hostilités lors d'une journée où, malgré quelques ascensions répertoriées, la fin du parcours est plate. Pourtant, les Pony Malta, les Manzana Postobón et la formation Castalia ont tenté de déstabiliser Fabio Parra. Un moment celui-ci s'est retrouvé sans équipier mais il rétablit la situation seul. Cette escarmouche a comme principale victime, Álvaro Mejía, sans ressources dans les ascensions. Puis les Varta - Kelme passent de la défense à l'attaque avec Fabio Parra, décidé à distancer le jeune pensionnaire des Postobón. Dans la descente de l, les Kelme réussissent à amplifier l'écart avec Mejía. À l'arrivée à Buga, ce dernier arrive dans un groupe d'attardés avec deux minutes de retard sur Reynel Montoya, qui s'adjuge son deuxième bouquet en disposant du groupe des favoris. L'étape a permis de juger les forces en présence avec ceux qui disputeront la victoire finale : Parra, Oliverio Rincón, et deux autres Postobón Montoya et Óscar de Jesús Vargas. Ces derniers pouvant pallier les difficultés d'Álvaro Mejía. conserve relativement facilement sa place de leader de la course.
Victoire comme les observateurs l'attendaient d'Oliverio Rincón à Manizales. Dans la longue montée de Chinchiná à la capitale du département, celui-ci grignote cinquante-deux secondes pour se retrouver à hauteur de . À égalité parfaite avec son coéquipier, Rincón lui subtilise la tête de la course, grâce à sa meilleure position dans un classement annexe, celui de la régularité. À la veille d'affronter l', point culminant de l'épreuve, sept hommes se tiennent en trente secondes. El Tiempo tente de ne pas circonscrire la lutte pour la victoire finale à deux grimpeurs Rincón et Reynel Montoya face au spécialiste du contre-la-montre Fabio Parra (ce dernier n'a perdu que dix-sept secondes lors de l'étape). En n'oubliant pas de mentionner Otálvaro et sa lutte vaine pour conserver son bien. Ni de signaler la supériorité numérique des Postobón et des Castalia en haut de la hiérarchie. Au cours de la journée, les Postobón ont tour à tour lancé à l'attaque Gustavo Wilches, Carlos Mario Jaramillo, Óscar de Jesús Vargas et même Álvaro Mejía, revigoré. L'attitude de cette équipe est à comparer avec celle des Café de Colombia, qui a improvisé avec un effectif de coureurs amateurs. N'ayant plus que trois hommes encore en lice, sa direction pense à retirer l'équipe de la compétition.
La septième étape qui arrive à Ibagué voit un duo prendre une avance respectable sur les autres concurrents et prendre une option sur la victoire finale. En effet, Óscar de Jesús Vargas s'impose devant Oliverio Rincón (dans le même temps) et avec sur le troisième, son coéquipier Reynel Montoya. Viennent ensuite , Fabio Parra et à moins de seize secondes du podium du jour (Parra ayant crevé à un moment fatidique). Le septième de l'étape est à près de cinq minutes, le neuvième a presque dix minutes. perd sur son coéquipier, Álvaro Mejía, plus de vingt minutes. Oliverio Rincón est toujours en tête du classement général avec dix-huit secondes d'avance sur Vargas et sur Montoya. Par ailleurs, comme subodoré la veille, les Café de Colombia ne prennent pas le départ de l'étape.
La huitième étape voit un duo, précédemment membre d'une échappée, parvenir à Fusagasugá avec plus de huit minutes d'avance sur le leader Oliverio Rincón. remporte l'étape devant Carlos Mario Jaramillo (qui ne peut disputer ses chances en raison d'un problème mécanique). Cependant, grâce à sa fugue, Jaramillo monte sur le podium provisoire de la course, à de Rincón. Pas ou peu de changement est à signaler dans le haut du classement général.
La neuvième étape est un contre-la-montre en ascension, de vingt-trois kilomètres, avec un départ de Fusagasugá pour une arrivée jugée sur l'''. La domination exercée sur la course, depuis les premières étapes de montagne, d'Oliverio Rincón s'est de nouveau révélée. Celui-ci conforte sa place en tête du classement général, en remportant l'étape avec plus d'une minute d'avance sur son désormais ultime rival Fabio Parra. En effet, Óscar de Jesús Vargas, seulement à dix-huit secondes du leader le mercredi précédent, a dû abandonner après une vaine tentative de participer au "chrono". Il s'était fait renverser la veille par un chien dans les rues de Fusagasugá. Pour les directeurs sportifs ou les journalistes, la cause est entendue. Les d'avance que Rincón a accumulé sur Parra sont dorénavant suffisants pour ne plus craindre le contre-la-montre du dernier jour (jugé plus favorable à Fabio Parra). Les autres protagonistes sont relégués à un second plan, avec un écart qui parait insurmontable.