vignette|Selon G. Dutilleux (2012), Dutilleux G (2012) Bruit des transports routiers et basses fréquences. Acoustique et techniques, 67, 38-43. (ici, à titre d'exemple : vue de la circulation automobile urbaine à Bangkok, source majeure de nuisances sonores.|alt=Photographie du trafic routier à Bangkok. vignette|L'échangeur de Daussoulx en Belgique ; autre exemple de source de nuisances sonores.|alt=Photographie de l'échangeur de Daussoulx.

La pollution sonore regroupe des nuisances sonores, et des pollutions induites par le son. Elle est néfaste pour la qualité de vie et la santé des humains et d'autres animaux. Elle peut également perturber les écosystèmes.

Selon l'OMS, un Européen sur cinq est régulièrement exposé à des niveaux de bruit nocturnes dépassant la limite d'exposition annuelle moyenne en 2009. à cause du bruit des transports routiers, ferroviaires et aériens.. Selon le docteur Srdan Matic, . En 2024, en Île-de-France, 80 % des habitants sont exposés à un bruit dépassant les recommandations de l'OMS..

Caractéristiques Une grande partie de la population urbaine mondiale est confrontée à des nuisances sonores, en particulier les riverains de routes, de voies ferrées, d'aéroports, de ports et de certaines usines ou zones d'activité. Les nuisances sonores peuvent aussi provenir de voisins bruyants, de discothèques, ou de carrefours très fréquentés.

Dans certains pays comme les États-Unis Unis. et la Chine., le bruit est la première source de plaintes et l'une des premières sources de conflits, au travail, entre voisins, entre collectivités et usagers.. Le bruit est ainsi une des premières causes de plaintes individuelles en Europe. Plusieurs grandes associations se sont formées autour d'aéroports pour lutter contre des niveaux sonores jugés par elles insupportables.

Sources principales Les nuisances et pollutions sonores peuvent résulter de trois sources principales. : transports : trafic aérien et aéroports civils et militaires, voies ferrées, voies routières, sources mécaniques mobiles homologuées (automobiles, klaxons, camions, trains, manœuvres, véhicules non conformes aux législations. : autos, motos, cyclomoteurs, scooters, mini motos, jet ski) ;

voisinage : musique, cris, bruit de tondeuse, alarme intempestive, feu d'artifice, boîtier ultrason, canon à propane ; activités diverses : sources mécaniques continues ou ponctuelles (machines, usines, VMC) ; travaux et chantiers ponctuels ou durables (carrières), manifestations et événements publics (ponctuels ou plus rarement durables) ; des équipements sportifs (stands de tir, kartings, jeux de pétanque…) ; sources animales (aboiement, élevage, refuge), téléphone mobile dans les lieux publics dont les salles de cours, de conférences, de concerts et les transports en commun ; baladeurs numériques trop puissants dans les transports en commun ; musique qui reproduit des sons de batterie, en particulier des rythmes redondants aux fréquences basses. Ces sons, en basse fréquence, passent au travers des murs et des vitrages alors que le reste des fréquences plus élevées est en majeure partie stoppé ; voix criées, par opposition aux voix conversationnelles ou chantées.

Facteurs aggravants vignette|Les jeunes oreilles sont sensibles, et certaines personnes sont hypersensibles au bruit (cas fréquent chez les individus autistes)..

Défaut d'isolation phonique, absence de murs anti-bruits. Matériaux phoniquement réverbérants (réfléchissants), qui peuvent dans certains cas exposer au bruit des locaux ou zones qui ne le seraient normalement pas. Hypersensibilité auditive, ou hyperacousie. Certains symptômes de l'autisme. ou certaines maladies (migraines...).. peuvent décupler la sensibilité au bruit des individus concernés.

Impact économico-environnemental En France, le coût du seul impact humain de la pollution sonore des transports est estimé à d'euros par an, soit environ du PIB national en 2016. Du côté immobilier, la pollution sonore induit une décote annuelle de d'euros..

Selon Bruitparif (2021), la pollution sonore est « responsable d'un coût social de 43 milliards d'euros au sein de la région Île-de-France » (notamment en aggravant les risques cardiovasculaires et de diabète, en diminuant la capacité d'apprentissage, sur des territoires subissant souvent aussi la pollution de l'air).

Enjeux et constats Au cours de l'évolution, et via la sélection naturelle, les animaux ont développé divers mécanismes pour faire face à un bruit de fond naturel (le vent, la pluie, les chants d'autres espèces…), mais depuis quelques décennies, certaines activités humaines génèrent de nouveaux types et intensité de bruit, qui peuvent sous l'eau tuer des animaux, et de manière générale fréquemment influer sur l'audition et sur la communication acoustique de nombreuses espèces animales.

Ces conséquences peuvent aussi s'appliquer à l'humain, en effet, l'inconfort auditif provoque une difficulté de communiquer dans la société et impacte les fonctions cognitives et linguistiques.. Ces dernières peuvent modifier le niveau de performance de l'apprentissage essentiel tel que la lecture et l'écriture en conduisant à des confusions de sons similaires. Il est ainsi commun de voir des effets sur les personnes tel que parler plus fort et s’habituer au bruit quotidien (musique, transport, construction, transport…).

Il existe une altération anthropique de plus en plus forte et rapide de l'« environnement sonore ». Ainsi, une étude conduite par Buxton et al. publiée par la revue en montre qu'aux États-Unis, ce bruit d'origine humaine est responsable d'un doublement du niveau de bruit de fond naturel dans la majeure partie () des zones protégées.. Une pollution sonore diffuse mais significative affecte de nombreuses zones d'habitat essentielles à la survie d'espèces en voie de disparition ( de ces zones présente un niveau sonore au moins décuplé par rapport au bruit de fond naturel). Le bruit de fond a été multiplié d'un facteur 10 ou plus dans des milieux théoriquement protégés par leur statut de réserves naturelles (près d'un quart du total). Dans ces cas, les niveaux sonores connus pour interférer avec l'expérience des visiteurs humains sont atteints ou largement dépassés. Le niveau de bruit y dépasse aussi les seuils de perturbation de la faune, ou affectant la bonne santé de l'écosystème et modifiant la composition des communautés d'animaux (avec peut-on supposer des effets indirects sur la flore et la fonge). Les zones protégées qui ont les réglementations les plus strictes (réserves intégrales notamment) présentaient néanmoins nettement moins de bruit anthropique. Aux États-Unis, les sources de bruit qui affectent le plus les aires protégées sont les transports (terrestres, aériens et sur l'eau) et les activités socioéconomiques, extractives notamment (foresterie, carrières…). Les auteurs estiment que ces données devraient permettre de mieux cibler les mesures à prendre pour atténuer le problème.

De nombreux travaux portent sur la pollution sonore dans les océans, et ses effets sur la faune et la flore....

Conséquences Elle pourrait remettre en cause la possibilité d'ajustements adaptatifs des systèmes de communication animale. Or cette dernière est impliquée dans les comportements tout à fait vitaux pour les espèces, dont la communication avec les petits, l'alerte, la cohérence d'une colonie, la reproduction La pollution sonore peut ainsi affecter le succès de reproduction ou de survie des espèces exposées au bruit. Une ambiance sonore dégradée influe sur la taille du territoire utilisé par un oiseau, et est une source de stress pour lui J. Partecke, I. Schwabl, E. Gwinner Stress and the city: Urbanization and its effects on the stress physiology in European Blackbirds Ecology, 87 (2006), ., et peut le forcer à adapter son chant à différents types de bruits. W.E. Wood, S.M. (2006), Yezerinac Song sparrow (Melospiza melodia) song varies with urban noise The Auk., 123, . et souvent à chanter plus fort H. Brumm (2004), The impact of environmental noise on song amplitude in a territorial bird ; J. Anim. Ecol., 73, pp. 434–440., notamment en ville H. Slabbekoorn, M. Peet (2003), Birds sing at higher pitch in urban noise Nature, 424, . ou le contraindre à surexploiter des micro-habitats E. Fernández-Juricic, R. Poston, K. de Collibus, T. Morgan, B. Bastian, C. Martin, K. Jones, R. Treminio Microhabitat selection and singing behavior patterns of male house finches (Carpodacus mexicanus) in urban parks in heavily urbanized landscape in the Western US Urban Habitats, 3 (2005), .. Une étude (2015). a porté sur le bruit qui semblait diminuer l'espérance de vie des moineaux, et a trouvé que les chromosomes de ceux qui étaient exposés au bruit durant la période de reproduction, présentaient des télomères effectivement plus courts que ceux non exposés, de même pour des poussins élevés en environnement bruyant (expérience faite par le Centre d'Études Biologiques de Chizé (CNRS), démontrant un vieillissement cellulaire anormal). D'autres espèces ont une communication acoustique affectée ; c'est le cas (expérimentalement démontré) de la rainette verte : le bruit routier entraîne une diminution de l'activité des mâles chanteurs (d'autant plus que le bruit est fort).

Le bruit urbain, industriel et routier force de nombreux oiseaux à modifier leur chant.. ; le bruit du trafic routier (autoroute par exemple) est ainsi lui-même devenu un facteur « physique » de fragmentation écologique qui peut ainsi faire disparaître les oiseaux chanteurs aux abords des routes très fréquentée. Certaines espèces d'oiseaux ont survécu en zone urbaine bruyante, mais en modifiant leur chant. Un autre facteur est la situation « sociale » du mâle. S'il est seul, il est fortement affecté, s'il est dans un groupe (chant en chœur), il semble moins sensible au bruit, peut-être car stimulé par la colonie. Chez la rainette, les mâles n'ont pas montré de capacité à adapter la structure temporelle de leurs appels ni la fréquence du chant pour en augmenter l'efficacité (en matière de transfert d'information).