L'éclectisme est une tendance en architecture qui consiste à mêler les meilleurs éléments stylistiques empruntés à différents styles ou époques de l'histoire de l'art et de l'architecture, même exotiques. Il se manifeste en Occident entre les et la fin des années 1920.

Les premières manifestations ont eu lieu dans l'Angleterre du et durent tout au long du . Certaines expériences de la cour des Bourbons de Naples peuvent également être assimilées à cette tendance à Palerme, dans la période de refuge de la République parthénopéenne, comme dans le palais chinois.

Principes Les principes de l'éclectisme en architecture ont été exposés par l'architecte et historien Jean-Pierre Epron dans son ouvrage Comprendre l'éclectisme. Ce mouvement se situe à la confluence de l'historicisme propre au et du rationalisme prôné par Henri Labrouste. Il va à contresens du néoclassicisme, qui consiste à concevoir des bâtiments homogènes d'inspiration unique (de l'antiquité égyptienne ou gréco-romaine au style Louis XVI). De plus, les architectes éclectiques n'ont pas hésité à réemployer et à mélanger des styles historiques jusqu'alors rejetés pour leur interprétation libre du répertoire classique. C'est ainsi que le style néo-baroque, inspiré de l'architecture baroque des , a été appliqué à un grand nombre de monuments occidentaux entre le dernier tiers du et le début du .

Né en France puis rapidement exporté dans toute l'Europe jusqu'en Russie, puis aux États-Unis, le style Beaux-Arts applique les préceptes de l'éclectisme. Un des édifices les plus représentatifs de ce courant est l'Opéra Garnier à Paris, œuvre de l'architecte Charles Garnier inaugurée en 1875.

Pratique, comportement, langage de l'éclectisme Selon François Loyer. la pratique de l'éclectisme manifeste un certain comportement. Dans l'architecture « de style », historiciste, néo-gothique, néo-Renaissance, néo-baroque, néo-byzantine, voire orientaliste., le répertoire des formes est bien emprunté à l'histoire de l'architecture, mais son traitement est très peu conforme à l'esprit initial, empêché qu'il est par une écriture excessive du détail, qui en fait souvent une accumulation. En fait cette pratique réécrit totalement le style du passé auquel elle se réfère.

Claude Mignot., quant à lui, distingue deux modes opératoires. Un éclectisme typologique qui cherche à faire correspondre, selon une convention ou une « convenance » plus ou moins exprimée, tel programme à tel style historique qui sera adapté, modifié en fonction des besoins. C'est ce qu'expose la Ringstrasse à Vienne (Autriche). Le même principe répond à la demande liée à l'affirmation des nationalismes du , comme le palais de Westminster à Londres. L'autre mode opératoire est celui de l'éclectisme synthétique, qui . De manière à peine caricaturale c'est la pratique du poncif, un assemblage de décalques, une succession de « copier-coller ». Plusieurs exemples sont évoqués par l'auteur, comme la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre et l'Hospice Barbieux à Roubaix, le Palais de Justice de Bruxelles. L'architecte César Daly a eu cette formule : « Pour les éclectiques, le passé est un portefeuille de motifs ». Le style éclectique dans la maison L'architecture éclectique est très répandue dans les maisons individuelles de la petite et moyenne bourgeoisie, un exemple remarquable est celui des maisons de la rue Gounod à Lille, les hôtels particuliers, par exemple l'hôtel Dévallée à La Madeleine et certains bâtiments publics de la métropole lilloise construits dans la deuxième moitié du et jusque vers 1930. Ce style architectural est également très courant dans le Nord de la France et en Belgique.

Architectes France

Allemagne Ernst von Ihne Karl Weissbach

États-Unis Richard Morris Hunt Frank Furness Henry Hobson Richardson

Belgique

Henri Beyaert Georges Dhaeyer Émile Janlet Joseph Poelaert Benjamin De Lestré de Fabribeckers

Russie

Alfred Parland Alexandre Kaminski Constantin Thon Andreï Stackenschneider

Pays-Bas Pierre Cuypers

Bâtiments remarquables Argentine Palacio de Aguas Corrientes, Palais des eaux courantes à Buenos Aires, district de Balvanera, 1887-1894.

Espagne Édifice La Adriática (Séville), 1914-1922. Palais de la Députation de Pontevedra Hôtel de ville de Pontevedra

France Église Saint-Augustin de Paris Siège central du Crédit lyonnais Hôtel Cernushi Basilique Notre-Dame de Fourvière

Grèce Villa Bianca à Thessalonique (1913). Ancien palais de justice de Komotiní (1870) Palais Réntis à Athènes (1928)

Italie Palazzo della Provincia à Bari (1932-1935) Palazzetto De Angelis à Rome (1892-1895). Villa Folchi à Rome (1896).

Portugal Palais national de Pena à Sintra, 1839

Roumanie Palais Babos à Cluj-Napoca, années 1890.

Turquie Mosquée Nallı Masjid (1869).

Notes et références

Bibliographie

, Eclettismo, dans Enciclopedia Universale dell'Arte, vol. IV, Roma-Venezia, Istituto per la collaborazione culturale, 1958, coll. 485-500. Leonardo Benevolo, Storia dell'architettura moderna, Bari, Laterza Editore, 2009,.

Bruno Zevi, Controstoria dell'architettura in Italia. Ottocento Novecento, Roma, Newton Compton Editori, 1996, . Piero Adorno, L'arte italiana, édition 4, volume 3, Firenze, Casa Editrice D'Anna, 1998, . .

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Liens externes

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