Microsoft fait l'objet de nombreuses critiques et controverses à propos de son fonctionnement et de ses agissements, faisant régulièrement l'objet d'articles dans les médias. Microsoft a été impliqué dans de nombreuses affaires judiciaires de grande envergure, notamment contre les États-Unis, l'Union européenne et ses concurrents.

Controverses

Monopole et abus de position dominante

Microsoft a rapidement dominé tout le secteur de l’informatique personnelle et s’est imposé comme un acteur incontournable de ce secteur. Microsoft est en situation quasi monopolistique et abuse de sa position dominante, en entravant la concurrence, et également les communautés des logiciels libres et opensource.

L’intégration par défaut d’Internet Explorer dans Windows a pendant des années désavantagé les navigateurs concurrents tels que Firefox, Opera, Safari et Google Chrome qui ont eu des difficultés à s’imposer, bien que par la suite, les parts de marché d'Internet Explorer s'effondrent, étant complètement dépassé techniquement, au profit notamment de Google Chrome..

Microsoft est accusé de développer sciemment des produits fermés ne répondant pas aux standards et freiner l’émergence de normes ouvertes afin de rendre la migration de ses clients vers d’autres systèmes plus lourde et complexe. Cela permet ainsi de se préserver de migrations vers d’autres solutions concurrentes, exploitant ainsi son statut de solution technique la plus répandue pour asseoir un peu plus sa position dominante (cf. les technologies mises en œuvre par Internet Explorer au détriment des normes du W3C - notamment au niveau du CSS et du JavaScript).

Cette position de domination du marché est en partie confortée par la résistance au changement des utilisateurs actuels de Windows, ainsi que l'enfermement logiciel des éditeurs avec Microsoft, qui rend plus cher le développement de solutions logicielles pour des systèmes d'exploitation ou navigateurs web alternatifs, rendant de fait la concurrence déséquilibrée.

Aux États-Unis la question d'utiliser les fait débat. Ces lois permettent de scinder des entreprises en situation de monopole, comme ce fut le cas pour la Standard Oil en 1914, mais ces lois ne sont plus appliquées depuis des années.

Depuis , la législation européenne sur les marchés numérique impose de pouvoir désinstaller des applications qui sont installées par défaut, telles que Cortana ou le navigateur Edge.

Vente liée

La vente liée de Windows avec tout PC de constructeur (les PC d’assembleurs n’ont pas cette contrainte) est aussi très critiquée, sous le nom de « taxe Windows », par les partisans du logiciel libre. Des systèmes fondés sur GNU/Linux sont de plus en plus reconnus comme une alternative possible à Windows mais les constructeurs ne proposent que très rarement au moment de l’achat de remplacer Windows par ces systèmes et d’ainsi réduire le prix (de minimum ). Cet argument ne peut pas être tempéré par le fait que d’autres secteurs de l’informatique pratiquent la vente liée : Apple vend par exemple ses machines Mac systématiquement avec son système d’exploitation MacOS, sur lesquelles Linux et Windows peuvent aussi être installés mais fabrique ses machines. La loi oblige les fabricants de matériels à vendre des produits fonctionnels donc pourvus d’un système d’exploitation. D’autres logiciels utilisent aussi la vente liée (Nero et ses logiciels multimédias liés, les boutiques en ligne et leurs systèmes de DRM…). Il existe aujourd’hui un flou juridique qui ne définit pas précisément la limite entre la vente d’un seul produit aux fonctionnalités multiples et la vente liée de deux produits distincts.

Politique hostile envers les communautés des logiciels libres/opensource Bien que Microsoft soit devenu aujourd’hui un acteur et contributeur majeur du logiciel opensource, l’entreprise a pendant des années mené une politique hostile envers les communautés des logiciels libres et opensource, notamment envers Linux, étant vu à l’époque comme une concurrence dangereuse pour leur modèle économique monopolistique. Cette politique active de dénigrement, menaces envers des développeurs à propos de brevets, sabotages techniques et autres tentatives d’entraves à la concurrence, s’est achevée à la suite du changement de la politique commerciale et les évolutions des priorités et du modèle économique de Microsoft.

En 2001, le patron de Microsoft de l’époque Steve Ballmer, qualifie Linux de « cancer », mais par la suite, en 2016, il déclare avoir changé d’avis.

La suite Office, suite de logiciels phare de Microsoft, s’impose dans les environnements de bureautique, ainsi que ses formats propriétaires (tels que «.doc», «.xls», «.xlt»…). Microsoft fait du lobbying pendant des années pour freiner le développement de formats standards ouverts, rendant de fait l'interopérabilité impossible, les formats propriétaires de Microsoft étant illisibles par les logiciels concurrents. Lorsque la loi impose par la suite le support des formats standards, dont le format open document récemment développé, Microsoft apporte un support très médiocre du format ODF, et est soupçonné de sabotage du format : les utilisateurs, utilisant majoritairement la suite Office, croient alors que c’est le nouveau format qui est mauvais, ce qui les incite à continuer d’utiliser les formats propriétaires de Microsoft.

Collaboration avec la NSA sur la surveillance d'Internet

Microsoft est la première entreprise à participer au programme de surveillance PRISM de la NSA, selon les documents obtenus par The Guardian et The Washington Post en . Cela a été reconnu par les fonctionnaires gouvernementaux américains. PRISM autorise le gouvernement à accéder secrètement aux données des citoyens non-américains sans mandat. Microsoft a nié participer à ce programme.

En , The Guardian affirme, d'après les documents qui ont fuité, que : Microsoft a aidé la NSA à contourner le chiffrement de Outlook.com afin d'intercepter les web chats ; La NSA avait un accès aux emails Outlook.com et Hotmail.com sans chiffrement ; Microsoft a fourni l'accès aux données des utilisateurs stockées sur le service de stockage en ligne OneDrive (anciennement SkyDrive) ; Après le rachat de Skype par Microsoft, la NSA a collecté trois fois plus d'appels vidéo.

Dans un communiqué, Microsoft affirme qu'elle fournit les données des utilisateurs uniquement en réponse à un processus légal.

Collaboration avec le régime de Ben Ali Microsoft collabore avec le régime de Ben Ali dans les années 2000, notamment via le système d'exploitation Windows pour surveiller des opposants et censurer la Tunisie.

Censure en Chine

Microsoft (tout comme Google, Yahoo, Cisco, AOL, Skype, ainsi que d'autres entreprises) participe à la Censure d'Internet en république populaire de Chine. Les défenseurs des droits de l'homme tel que Human Rights Watch et des groupes de médias comme Reporters sans frontières, critiquent ces entreprises notant qu'il est «ironique que des sociétés dont l'existence dépend de la liberté d'information et d'expression aient assumé le rôle de censure».

Liste noire de journalistes John C. Dvorak déclare que dans les années 80, Microsoft a classé les journalistes comme "Okay", "Sketchy" ou "Needs work" et ciblé les journalistes "Needs work" pour tenter de les faire taire. Dvorak a déclaré que des informations sur Windows lui avaient été refusées car il était sur une liste noire. Mary Jo Foley déclare qu'elle s'était vu refuser des entretiens avec le personnel de Microsoft pendant plusieurs années à la suite de la publication d'une histoire basée sur une note décrivant le nombre de bogues dans Windows 2000 à sa sortieMary Jo Foley: The Exit Interview - Robert McLaws: Windows Vista Edition .

Blocage de courriels Microsoft classe automatiquement les courriels issus de certains fournisseurs comme des spams, officiellement parce qu'ils ne répondent pas à certains critères. Cependant, plusieurs fournisseurs de courriels se sont vus bloqués de cette même façon sans que la société ne leur fournisse de justification. Ce fut notamment le cas de Disroot, un organisme qui fournit, entre autres services, des comptes courriels respectueux de la vie privée, et qui dénonce à ce titre un « abus de pouvoir ».

Souveraineté et dépendance aux États-Unis Après l'élection de Donald Trump au début 2025 et sa prise de sanction contre la Cour pénale internationale (CPI), les comptes de messagerie Microsoft du procureur général de la CPI Karim Khan sont bloqués. Microsoft nie être à l'origine de ce blocage sans expliquer toutefois comment un tel blocage est possible, laissant entendre qu'un tel blocage décidé par le gouvernement des États-Unis serait possible.

En , au Danemark, le ministre des situations d'urgence Torsten Schack Pedersen demande en aux autorités et aux entreprises danoises de réduire leur dépendance aux services cloud provenant des États-Unis. Après la décision des villes de Copenhague et Aarhus d'abandonner les logiciels et les services cloud de Microsoft, le Danemark annonce qu'il va commencer à utiliser LibreOffice en remplacement de Microsoft Office pour des raisons de souveraineté suite au blocage des comptes de messagerie du procureur général de la Cour pénale internationale après les sanctions décidées par les États-Unis.

En , l'état allemand du Schleswig-Holstein prend la décision de cesser d'utiliser les outils Microsoft dans le contexte d'augmentation de tensions politiques entre les États-Unis et l'Europe depuis l'accès de Donald Trump à la présidence des États-Unis. La contrainte de mises-à-jour obligatoires imprévues et le coût associé à ces outils est aussi un argument avancé.

Le même mois, en France, une commission sénatoriale signale que Microsoft a reconnu le par la voix de son directeur des affaires publiques et juridiques Anton Carniaux qu'il ne peut garantir .

Fiscalité

Paradis fiscaux Les GAFAM, dont Microsoft fait partie, ont en tant que multinationales les moyens légaux d'échapper quasiment totalement à l’impôt sur les bénéfices en pratiquant l'optimisation fiscale qui consiste à rapatrier les bénéfices dans les pays fiscalement avantageux. Cela leur permet d'engendrer des profits considérables.. Selon un rapport de Moody's paru en , Microsoft possède 130 milliards de dollars US placés dans les paradis fiscaux..

Selon une étude réalisée par Oxfam America et portant sur l'évasion fiscale des plus grandes entreprises américaines entre et , Apple, Microsoft, IBM, Cisco et Google ont transféré plus de 450 milliards de dollars dans les paradis fiscaux, dont 108 milliards concernent Microsoft.

France Fin , Microsoft règle en France un redressement fiscal de plus de 72,4 millions d'euros, dont 16,4 millions dans le cadre d'un accord à l'amiable avec l'administration fiscale..

En , l’administration fiscale réclame d'euros à Microsoft France au titre de l'impôt dû dans le cadre de ses activités de vente d'espaces publicitaires dans son moteur de recherche Bing.. L'entreprise facture ses prestations depuis son siège européen situé en Irlande, pays au taux d'imposition avantageux, même si ses services sont rendus dans un pays tiers par ce que Microsoft considère alors comme une simple filiale faisant office d'agent commercial, or ce montage n'est pas considéré comme valable par l'administration fiscale.

Affaires judiciaires

Abus de position dominante et pratiques anticoncurrentielles

Affaires de l'Union Européenne

Condamnation en 2004 pour abus de position dominante vignette|La Commission européenne, qui a imposé des amendes à Microsoft en 2004, 2008 et 2013. Le , à la suite de quatre années d’enquête du commissaire européen à la concurrence Mario Monti, la Commission européenne rend sa décision dans le procès qui l’oppose à la firme.