Gaunilon ou Gaunilo, né vers et mort vers , est un moine bénédictin de l’Abbaye de Marmoutier, près de Tours.
Biographie Échange avec Anselme Nous ne savons presque rien de Gaunilon, affirme le médiéviste Kurt Flasch. Il est surtout connu pour sa critique de l’argument ontologique en faveur de l'existence de Dieu, argument contenu dans le Supplément ou Discours sur l’existence de Dieu, 1077-1078. d’Anselme de Cantorbéry. , écrit Flasch. Les objections de Gaunilon constituent un petit texte intitulé . Flasch traduit ce titre par . Elle est adressée à Anselme peu de temps après la parution du Proslogion. Anselme répond ensuite aux objections de Gaunilon et maintient sa démonstration, c'est le . Flasch écrit que l'échange entre les deux moines est et .
Critique faite à Anselme
Gaunilon reproche à Anselme de Cantorbéry de confondre () et (). Ce n'est pas parce que nous pensons , que ceci a un , résume Kurt Flasch. Pour Anselme, il suffit de penser pour connaître évidemment que cela existe, car si cela n'existait pas, nous pourrions encore penser quelque chose de plus parfait, c'est-à-dire quelque chose qui n'est pas seulement pensé mais qui possède aussi l'existence.
Celui qui soutient que Dieu n'existe pas est nommé par Anselme, en référence à l'expression des Psaumes : Ps. 14:1 et 53:1, trad. Louis Segond.. Gaunilon au contraire montre que l'insensé est simplement un (le terme est de Kurt Flasch) : Ce qui faisait la force de la preuve anselmienne (n'inclure aucune hypothèse à l'égard du monde de l'expérience) révélait sa faiblesse aux yeux de Gaunilon : comment être certain de l'existence d'un objet quelconque, si on ne peut ni le connaître par nos sens, ni y parvenir à l'aide d'un syllogisme qui partirait d'une donnée sensorielle ?
Gaunilon conteste que l'on puisse comparer un être existant (tel qu'on ne peut rien penser de plus parfait) avec un être non-existant. Pour lui, il faut déjà présupposer qu'un tel être existe pour démontrer son existence, ce qui est une pétition de principe. Gaunilon illustre son objection avec l'argument de : ce n'est pas parce que nous imaginons une île plus riche et plus belle que toutes les autres, au milieu de l'océan, que cette île existe effectivement. Il faut d'abord prouver qu'une telle île existe dans la réalité.
Gaunilon soutient que l’argument ontologique de saint Anselme échoue parce qu’une telle logique obligerait à conclure que beaucoup de choses existent alors qu'elles n’existent manifestement pas.
Postérité
Confiant dans ses propres arguments, Anselme de Cantorbéry a fait publier les objections de Gaunilon à la suite de son Proslogion. Elles sont donc passées à la postérité avec ce livre et la réponse qu'Anselme a faite à ces objections.
La critique adressée par Gaunilon à la démonstration anselmienne de l'existence de Dieu sera reprise implicitement par deux philosophes ultérieurs qui rejetteront également cette démonstration, selon l'historien de la philosophie Bernard Pautrat. Il s'agit d'Emmanuel Kant dans la Critique de la raison pure, qui cherche à réfuter toutes les preuves de l'existence de Dieu avancées avant lui, et de Thomas d'Aquin dans la Somme théologique (I, q. 2, a. 1).
Thomas ne cherche cependant pas à infirmer toute possibilité de démontrer son existence, contrairement à Kant. Il écarte les preuves a priori pour ne garder que des preuves a posteriori, les . Les preuves a posteriori prennent pour point de départ les effets de Dieu et non son essence directement.
Références
Voir aussi
Bibliographie : Tout ou une partie de cet ouvrage a servi comme source à l'article. . . . .
Liens externes
Liber pro insipiente, la.wikisource.org Sur l’Encyclopædia Britannica
Catégorie:Théologien du Moyen Âge Catégorie:Théologien catholique du XIe siècle Catégorie:Philosophe catholique du XIe siècle Catégorie:Philosophe scolastique Catégorie:Écrivain médiéval de langue latine Catégorie:Date de naissance incertaine (Xe siècle) Catégorie:Décès en 1080 Catégorie:Bénédictin français Catégorie:Moine du XIe siècle