La Genette commune (Genetta genetta), est une espèce de mammifères carnivores de la famille des Viverridés. Il s'agit de la Genette au sens strict. Morphologiquement proche du chat, mais dotée d'un corps plus allongé et d'un museau pointu, elle se distingue des autres espèce de son genre Genetta par son pelage gris tacheté de noir et sa longue queue annelée à extrémité blanche.

Originaire d'Afrique, elle occupe une vaste aire de répartition incluant le Maghreb, l'Afrique subsaharienne et une partie de la péninsule Arabique. Introduite en Europe par l'Homme, elle est aujourd'hui bien établie dans la péninsule Ibérique et dans une grande moitié sud-ouest de la France, où elle continue de progresser vers le nord et l'est. Animal nocturne et solitaire, la genette est un prédateur agile, capable de grimper aux arbres avec aisance. Son régime alimentaire est principalement composé de petits rongeurs, complété par des oiseaux, des insectes et quelques fruits. Elle est aujourd'hui une espèce protégée en Europe, classée comme préoccupation mineure (LC) par l'UICN.

Dénominations Nom scientifique valide : Genetta genetta (Linnaeus, 1758) Protonyme : Viverra genetta Linnaeus, 1758 Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Genette commune, Genette d'Europe, Genette, Genette vulgaire Noms vernaculaires (langage courant) : geneta (catalan), geneta comuna (catalan), katajineta (basque), kazh-banal boutin (breton)

Parmi d'autres appellations locales, on trouve également janetta (catalan des Pyrénées-orientales), zéneto (Gard) ou encore chat pitois (Charente, qui désigne également le Putois d'Europe).

Taxonomie Histoire vignette|Illustration de la Genette vulgaire (Genetta vulgaris) dans Atlas de poche des mammifères de France, de la Suisse romane et de la Belgique, 1910.|gauche Dans son Histoire Naturelle, Buffon prend la genette pour un animal exotique ne vivant qu’en Espagne, en Afrique et en Turquie, mais ne vivant pas en France ni ailleurs en Europe.

L’intégration de la genette dans le système taxonomique moderne ne s’effectura qu’à la dixième édition du Systema Naturæ proposé par Carl von Linné en 1758, sous le nom scientifique de Viverra genetta . L’espèce Genetta genetta, en est l’espèce type et la localité type se situe à El pardo, à proximité de Madrid, en Espagne

Aux côtés d'autres membres de sa famille, les genettes font partie des carnivores actuels considérés comme étant les plus proches morphologiquement de l'ancêtre commun éteint de l'ordre tout entier.

Sous-espèces Selon , la genette commune se décline en plusieurs sous-espèces, présentées ici avec leurs localités types et leurs synonymes :

Sous-espèces actuelles Par la suite, la genette féline, anciennement G. g. felina, fut reclassée en tant qu'espèce distincte : Genetta felina, sur la base de diagnostics morphologiques comparant 5 500 spécimens de Viverridés issus de collections zoologiques. +Liste des sous-espèces selon Taxon et nom vernaculaire Description et répartition Genetta genetta genetta Linnaeus, 1758Genette d'Europe Sous-espèce type. Présente dans la péninsule Ibérique, en France, aux Baléares et au Maghreb. Pelage gris clair avec des taches noires bien définies. Genetta genetta dongolana Hemprich et Ehrenberg, 1832Genette de Dongola Présente en Afrique de l'Est (Soudan, Éthiopie, Érythrée, Somalie). Son pelage est plus terne et plus jaunâtre que celui de la forme nominale. Genetta genetta grantii Thomas, 1902Genette de Grant Localisée sur les hauts plateaux d'Éthiopie et dans certaines zones de la péninsule Arabique. Se distingue par des marques faciales sombres. Genetta genetta pulchra Matschie, 1902Genette d'Afrique australe Afrique australe (Namibie, Botswana, Afrique du Sud, Zimbabwe). Pelage souvent plus roux ou fauve avec un contraste marqué. Genetta genetta senegalensis J. B. Fischer, 1829Genette du Sénégal Afrique de l'Ouest et centrale (du Sénégal au Tchad). Adaptée aux milieux de savanes sèches et zones sahéliennes.

Description vignette|Squelette de genette commune exposé au Musée des Sciences de l'Université de Coimbra, au Portugal.

Morphologie et biométrie Appartenant à la famille des Viverridés, la genette commune présente une morphologie longiforme et une élégance qui rappelle superficiellement celle d'un petit félin, bien que son museau pointu, ses pattes courtes et son corps très allongé l'apparentent davantage, par convergence évolutive, aux Mustélidés comme la fouine. Sa tête est relativement petite avec des oreilles larges, semi-arrondies et très mobiles, tandis que ses membres se terminent par des pieds digitigrades munis de griffes semi-rétractiles, protégées par des fourreaux cutanés sans être totalement cachées. En termes de dimensions, l'espèce mesure de de longueur tête-corps, auxquels s'ajoute une queue de , pour une longueur totale pouvant dépasser . Le poids de l'adulte varie généralement entre et , bien que des spécimens exceptionnels puissent atteindre des valeurs légèrement supérieures selon les régions paléarctiques. Un léger dimorphisme sexuel est observé, rendant les mâles en moyenne environ 10 % plus massifs que les femelles. Pelage et ornementation vignette|droite|Une genette commune, sur le toit d’un restaurant au Kenya. La fourrure est courte, dense et douce, affichant une coloration de fond gris pâle à gris-jaune, parsemée de nombreuses marques noires ou brun foncé organisées selon un motif précis et constant. Le corps est marqué de quatre ou cinq rangées de taches longitudinales de chaque côté de la colonne vertébrale, les taches les plus hautes étant les plus larges, tandis que celles situées sur les flancs inférieurs et les pattes s'avèrent plus petites et plus diffuses. Une caractéristique diagnostique majeure réside dans la présence d'une ligne médiane noire continue s'étendant du garrot à la base de la queue, composée de poils légèrement plus longs formant une crête érectile que l'animal peut hérisser en cas de stress ou de défense. La queue est quant à elle ornée d'une alternance de 8 à 13 anneaux noirs, avec une extrémité systématiquement blanche ou très claire, critère spécifique permettant de distinguer Genetta genetta de certaines espèces africaines à l'extrémité caudale noire. La face présente un masque facial net, composé de taches blanches sub-oculaires et de marques claires sur les côtés du museau, contrastant avec une fine bande sombre verticale qui remonte sur le front.

Détails anatomiques et variations

Sur le plan ostéologique et physiologique, la genette dispose d'une denture adaptée à un régime carnivore polyvalent. Les dents carnassières sont particulièrement tranchantes pour la découpe des chairs, tandis que les molaires conservent une surface broyeuse permettant une certaine plasticité alimentaire. L'espèce possède également des glandes périanales développées, sécrétant un musc utilisé pour le marquage territorial et la communication intraspécifique. Bien que la livrée tachetée soit la norme, des cas de mélanisme sont documentés, comme celui observé en 2019 dans le sud du Portugal, prouvant que ce variant génétique s'étend sur une large partie de son aire de répartition européenne. Enfin, ses capacités sensorielles sont dominées par une vision nocturne excellente grâce à la présence d'un tapetum lucidum et une audition fine, capable de capter les hautes fréquences émises par les micromammifères, ses proies principales.

Diagnostic différentiel vignette|La genette féline (Genetta felina), présente une coloration plus claire.|267x267px L'identification de la genette commune (Genetta genetta) par rapport à ses congénères repose sur une combinaison de caractères morphologiques stabilisés par la taxonomie intégrative, permettant de la distinguer des espèces aux morphologies proches. Contrairement à la genette féline (Genetta felina) d'Afrique australe, avec laquelle elle a longtemps été confondue, la genette commune possède une extrémité de queue systématiquement noire (ou très sombre), alors que celle de G. felina a une pointe blanche ou claire. Le pelage de fond de l'espèce commune tire sur le gris-jaunâtre, contrastant avec le gris-blanc plus pâle de la genette féline. Vis-à-vis de la genette tigrine (Genetta tigrina), la distinction s'opère par la nature des taches et de la parure dorsale : G. genetta appartient au groupe des genettes à « petites taches » noires et pleines, tandis que G. tigrina présente des taches plus larges, souvent dotées d'un centre roussâtre, et se distingue surtout par l'absence d'une crête dorsale érectile de longs poils noirs, un attribut pourtant saillant chez la genette commune. Enfin, sur le plan biogéographique, la genette commune est la seule représentante du genre naturellement présente en Europe et au Maghreb, ce qui exclut toute confusion avec ces deux espèces strictement subsahariennes.

Répartition et habitat vignette|gauche| En Afrique du Nord, la genette commune est présente le long de la côte méditerranéenne occidentale, ainsi que dans une large bande s'étendant du Sénégal et de la Mauritanie à l'ouest, à travers toute la zone de savane au sud du Sahara, jusqu'en Somalie et en Tanzanie à l'est. Sur la péninsule Arabique, elle a été signalée dans les régions côtières de l'Arabie saoudite, du Yémen et d'Oman. Une autre population discontinue habite l'Afrique australe, du sud de l'Angola jusqu'au Mozambique en passant par la Zambie et le Zimbabwe. Elle occupe une grande variété d'habitats caducifoliés et sempervirents offrant de nombreux abris, tels que des terrains rocheux percés de grottes et des zones de broussailles denses, mais elle s'approche également des habitations et des terres agricoles.

La genette commune est fréquente au Maroc et en Algérie, mais rare en Libye, en Égypte et en Zambie. En Afrique du Sud, elle est commune dans le centre-ouest du KwaZulu-Natal, dans la province du Cap et dans le parc national de QwaQwa dans la province de l'État libre.

Dans la savane soudanienne orientale, sa présence a été enregistrée dans le complexe d'aires protégées transfrontalier Dinder–Alatash lors d'inventaires menés entre 2015 et 2018. Dans le nord de l'Éthiopie, elle a été observée dans le district montagneux du Degua Tembien.

La genette commune préfère les zones à végétation dense, telles que les buissons, les fourrés et les forêts de chênes sempervirents. Pour ses sites de repos, elle utilise des arbres au feuillage dense dans la canopée ou des fourrés épais envahis par des plantes grimpantes. Dans les zones septentrionales, elle privilégie les basses altitudes avec des températures élevées et de faibles précipitations. Dans le parc de Manzanares, au centre de l'Espagne, elle vit principalement entre et d'altitude, dans des zones riches en rochers et en arbustes. Elle tolère la proximité des établissements humains.

Aire d'introduction La genette commune a été introduite dans le bassin méditerranéen depuis le Maghreb comme animal semi-domestique il y a environ 1 000 à 1 500 ans. Elle s'est propagée de la péninsule Ibérique aux îles Baléares et dans le sud de la France. Historiquement, son aire de répartition en Europe était considérée comme limitée par la Loire et le Rhône, censés constituer des barrières à son expansion respectivement vers le nord et l'est. Par conséquent, les spécimens rencontrés au-delà du sud-ouest de la France étaient considérés comme des individus échappés de captivité plutôt que comme le signe de populations reproductrices.