Daniel Craig (Prononciation en anglais britannique retranscrite selon la norme API.) est un acteur britannico-américain, né le à Chester (Angleterre).
Comédien issu du théâtre, Daniel Craig est particulièrement connu pour avoir été, entre les années 2000 et 2021, l'interprète de l'un des rôles de cinéma les plus célèbres au monde : l'agent secret James Bond. Il apparaît ainsi dans cinq films de la saga qui forment un arc narratif unique : Casino Royale (2006), Quantum of Solace (2008), Skyfall (2012), Spectre (2015) et Mourir peut attendre (2021).
La carrière de Craig a pourtant commencé sur les planches et dans des films indépendants au début des années 1990. Le succès de la mini-série de la BBC Our Friends in the North lui vaut un début de notoriété nationale en 1996. Au début des années 2000, il décroche des seconds rôles dans des films à diffusion internationale : il apparaît ainsi dans Lara Croft: Tomb Raider (2001), Les Sentiers de la perdition (2002), et Munich de Steven Spielberg (2005). Il tient également le premier rôle du thriller Layer Cake (2004), de Matthew Vaughn, dans un rôle de protagoniste froid et rusé qui préfigure le tour que va ensuite prendre sa carrière.
Après avoir décroché le rôle convoité de James Bond, qu'il occupe de 2006 à 2021 et dont les longs et complexes tournages l'accaparent et lui valent plusieurs blessures, ses apparitions dans les années 2010 dans d'autres projets sont sporadiques, et à l'exception de quelques films dont Millénium : Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes (2011) de David Fincher, tout au plus joue-t-il dans quelques pièces de théâtre à Broadway. En 2019 cependant, alors que s'amorce la fin de son engagement comme espion le plus célèbre du cinéma, il entame le rôle d'un détective privé nommé Benoit Blanc dans un policier à grand succès réalisée par Rian Johnson, qui suscite deux suites et devient la saga À couteaux tirés. En 2024, son interprétation d'un homosexuel esseulé dans le film Queer lui vaut également les louanges de la profession et de la critique.
Au cours de sa carrière dans des projets indépendants comme dans des films grand public, Daniel Craig a notamment reçu trois nominations au Golden Globe, une nomination au BAFTA, et deux nominations au BIFA du meilleur acteur.
Biographie Enfance et formation théâtrale Daniel Craig nait le à Chester, en Angleterre. Il est le fils d'une enseignante diplômée en art, Olivia Williams, et d'un ouvrier de la marine marchande devenu ensuite gérant de pubs, Tymothy John Wroughton Craig. Ses parents divorcent quelques années après sa naissance, et Daniel Craig suit sa mère dans la grande ville voisine qu'est Liverpool.. Elle se remarie avec un peintre nommé Max Blond. Elle encourage la curiosité de ses enfants, Daniel et sa sœur aînée Léa, en les emmenant au théâtre ; elle est alors très impliquée au sein de l'Everyman Theatre de Liverpool, où elle connaît plusieurs artistes. Daniel Craig se met à son tour à fréquenter assidument ce théâtre.
Alors que les résultats scolaires de son fils adolescent s'effondrent, Olivia Craig aperçoit une publicité pour le National Youth Theatre et l'encourage à s'y inscrire ; c'est ainsi que le jeune Daniel s'installe à Londres, à seize ans, pour rejoindre cette formation théâtrale, qui est une institution caritative destinée aux jeunes comédiens de seize à vingt-cinq ans, notamment ceux issus de la classe ouvrière.. La troupe, qui à l'époque de Craig compte notamment Catherine Tate, Jessica Hynes et Rupert Penry-Jones, produit parfois des tournées de ses pièces sur plusieurs années., et se produit sur les scènes du West End durant l'été, en profitant des installations et des équipes techniques lorsque les pièces professionnelles sont à l'arrêt. Craig y obtient rapidement des rôles de choix, tout en vivant de petits métiers et en préparant sa candidature à des écoles d'art dramatique. À la fin des années 1980, Craig joue ainsi avec le National Youth Theatre de multiples pièces, dont Roméo et Juliette dans le rôle du comte Pâris en 1987, Marat-Sade dans le rôle de Jean-Paul Marat en 1989., et Blood Wedding entre 1988 et 1990 ; entre 1984 et 1989, une production de Meurtre dans la cathédrale, qu'il joue dans des églises londoniennes à partir de 1984, lui vaut même d'aller jouer en tournée en Union soviétique sur la scène du Théâtre d'art de Moscou....
En 1991, il sort diplômé de la Guildhall School of Music and Drama, qu'il fréquente à la même époque qu'Ewan McGregor et Joseph Fiennes. Ces années-là, beaucoup de rôles pour jeunes hommes suivent la mode des films d'époque Merchant Ivory, qui nécessitent une apparence typée « snob », et Daniel Craig tente de s'en rapprocher physiquement en se laissant pousser les cheveux et en se départant de son accent de Liverpool. Son diplôme lui permet d'obtenir quelques pièces de théâtre, et, dans ses propres mots, des rôles à la télévision.
Débuts au cinéma dans de petits rôles (1991-1996) En 1992, il fait ses premiers pas au cinéma dans La Puissance de l'ange de John G. Avildsen, avec Stephen Dorff, John Gielgud, Armin Mueller-Stahl et Morgan Freeman.
Dans la version londonienne de la deuxième partie de la pièce Angels in America de Tony Kushner, Perestroïka, montée en 1993 par Declan Donnellan, il interprète un mormon à l'homosexualité troublée, face à un amant interprété par Jason Isaacs.
En 1994, il joue aussi le rôle d'un Communard séduit par plusieurs courtisanes, l'une d'elles interprétées par sa future femme Rachel Weisz, dans la pièce Les Grandes Horizontales au National Theatre Studio de Londres. À la même époque, il joue dans une adaptation de la pièce L'Écumeur d'Aphra Behn, au sein d'une distribution qui inclut Andy Serkis.. En 1997, il interprète le colocataire toxicomane de Rupert Graves, Mickey, dans la pièce Hurlyburly de David Rabe, mise en scène par Wilson Milam au théâtre Old Vic..
Figure du cinéma indépendant britannique (1996-2001) La première décennie de travail de Daniel Craig sur grand et petit écran se compose de rôles éclectiques.. Il obtient son premier rôle d'envergure dans la mini-série Our Friends in the North, diffusée en 1996, qui s'avère être un grand succès au Royaume-Uni et lui vaut d'obtenir une certaine notoriété nationale. En ajoutant à cette mini-série sa participation au téléfilm d'époque Un cœur innocent, dans lequel son personnage vit une liaison passionnée et retire volontiers ses vêtements, Craig commence à susciter l'intérêt des magazines féminins britanniques, qui l'érigent en « sex symbol du nord de l'Angleterre ». Peu après, il s'extrait cependant de cette catégorisation parmi les en prenant part par la suite à des films plus audacieux ou subversifs.
C'est ainsi qu'il décroche en 1998, au cinéma, un rôle qui va préfigurer l'une des orientations de la première phase de sa carrière, en étant l'objet de désir de personnages plus âgés : il interprète l'amant du peintre Francis Bacon dans le film biographique Love Is the Devil de John Maybury, face à un Derek Jacobi de vingt-neuf ans son aîné, et avec qui il partage des scènes érotiques sado-masochistes. Les critiques sont excellentes, et après une diffusion enthousiaste dans la section Un certain regard du festival de Cannes, le film permet à ses deux acteurs de recevoir conjointement le prix de la meilleure interprétation britannique (« ») au Festival international d'Édimbourg..
En 1999, dans ce qui figure comme son premier « premier rôle » au cinéma, il interprète un jeune homme schizophrène récemment sorti de l'asile et tombant amoureux dans Some Voices. Lors de sa préparation du rôle, il refuse l'offre d'un psychothérapeute de visiter un hôpital psychiatrique, considérant que les préceptes de la Méthode ne justifient pas l'intrusion dans la vie des patients. La même année, il apparaît dans le drame La Tranchée du dramaturge William Boyd, dans laquelle son air d'autorité naturel lui sert pour incarner un sergent de la Première Guerre mondiale dans une troupe composée notamment de Ben Whishaw et Cillian Murphy.
Il enchaîne les seconds rôles dans de nombreux films indépendants, comme Elizabeth de Shekhar Kapur, Hotel Splendide de Terence Gross ou encore Berlin Niagara de Peter Sehr.
Il remporte en 2000 le prix de cinéma indépendant British Independent Film Award du meilleur acteur pour Some Voices de Simon Cellan Jones. Il avait déjà été nommé en 1999 pour sa prestation de soldat anglais dans La Tranchée de William Boyd.
Second rôle dans des productions de prestige (2001-2005) Au début des années 2000, Daniel Craig est alors considéré comme un acteur de théâtre à la carrière illustre, et à la notoriété bien établie grâce au succès de Our Friends in the North. Il commence à recevoir davantage de scripts, qu'il dit ne pas toujours très bien sélectionner. C'est ainsi qu'il prend part à Lara Croft: Tomb Raider (2001), film d'action dans lequel il incarne le rival et l'amant d'Angelina Jolie, mais il y trouve peu d'intérêt. Malgré une très bonne entente avec Jolie, et l'opportunité de tourner dans les ruines d'Angkor au Cambodge, il admettra plus tard avoir regretté ce choix de carrière. Il cherche, dans ses choix de rôles, davantage à prendre des risques qu'à saisir des contrats bien rémunérés. En , il est membre du jury du Festival du film britannique de Dinard, présidé par l'actrice Emily Watson..
vignette|droite|Daniel Craig aux BAFTA Awards 2007 au London's Royal Opera House. Après Tomb Raider, Craig continue sa carrière aux États-Unis par un petit rôle dans Les Sentiers de la Perdition de Sam Mendes (2002), qu'il présente à la Mostra de Venise en 2002. Son interprétation d'un mafieux instable et malveillant, fils de Paul Newman, lui vaut d'être considéré comme l'une des sensations du moment dans l'industrie, et d'être momentanément en lice pour les Oscars du cinéma. The Independent salue la manière dont il transforme un rôle pas plus grand qu'un caméo en un personnage de chair et d'os, et note que .
Il confirme cette forte impression à la presse par une unique pièce de théâtre en 2002 , dans laquelle il joue trois frères désorientés par le clonage face au comédien expérimenté Michael Gambon, dans la courte pièce A Number de Caryl Churchill. Mise en scène par Stephen Daldry au Royal Court Theatre, cette série de dialogues dans lesquels Craig doit convaincre du caractère unique de chaque personnage cloné lui vaut des louanges, Variety remarquant sa . et la critique de The Independent saluant la performance la plus qu'elle ait jamais vue. Craig crédite cette collaboration avec Gambon, l'un des membres originels de la troupe du National Theatre, et la découverte de son caractère terre à terre, comme ayant eu une profonde influence sur lui..
En parallèle, il s'engage dans un film britannique financé par la BBC, The Mother (2003), sur un sujet alors controversé et peu dépeint au cinéma : le grand écart d'âge dans un couple lorsque la personne la plus jeune est un homme. Le personnage qu'incarne Craig y a une liaison avec une femme de trente-deux ans plus âgée, et une partie de la presse loue l'audace du film, tout en regrettant une fin jugée « pessimiste » car le couple que Craig y forme avec son aînée Anne Reid ne survit pas à la réprobation sociale qui les entoure.. Bien que le rôle de Craig soit en retrait de celui de Reid, c'est à partir de ce film que le potentiel de Craig comme star de cinéma devient évident pour la presse, grâce au charisme physique qu'il exhibe et à ses démonstrations d'empathie. La même année, dans le film biographique Sylvia, il incarne le poète Ted Hughes, mari de la poétesse Sylvia Plath, face à Gwyneth Paltrow. Ce rôle plus conventionnel, dans un biopic, et qu'il incarne sobrement, sans verser dans des clichés, lui vaut l'enthousiasme de la presse américaine qui, du New York Times à Newsweek, n'économise pas ses mots sur le charisme qu'elle décèle chez l'acteur. Il est alors considéré comme un acteur qu'Hollywood suit attentivement.