right|thumb|upright=1.5|Code morse international.

Le code Morse internationalRecommandation UIT-R M.1677-1 (10/2009) Code Morse international, ou l’alphabet Morse international, est un code universel permettant de transmettre un texte à l’aide de séries d’impulsions courtes et longues, qu’elles soient produites par des signes, une lumière, un son ou un geste.

Ce code est souvent attribué à Samuel Morse, cependant plusieurs contestent cette primauté, et tendent à attribuer la paternité du langage à son assistant, Alfred VailPope, Franklin Leonard, , , (avril 1888), . Alfred Vail, Telegraph-Office.com...

Inventé en 1838 pour la télégraphie, ce codage de caractères assigne à chaque lettre, chiffre et signe de ponctuation une combinaison unique de signaux intermittents. Le code morse est considéré comme le précurseur des communications numériques.

Le morse est principalement utilisé par les militaires comme moyen de transmission, souvent chiffrée, ainsi que dans le civil pour certaines émissions à caractère automatique : radiobalises en aviation, indicatif d’appel des stations maritimes, des émetteurs internationaux (horloges atomiques), ou bien encore pour la signalisation maritime par certains transpondeurs radar et feux, dits « à lettre morse » (par exemple, la transmise par un tel feu sous la forme .- signifie « eaux saines »). Le morse est également pratiqué par des amateurs comme de nombreux radioamateurs, scouts (morse sonore et lumineux), plongeurs ou alpinistes (morse lumineux), par des joueurs pour résoudre des énigmes, ainsi que comme sonnerie par défaut de réception de message pour les téléphones portables de marque Nokia (« SMS SMS » en morse). Le seul message identique dans toutes les langues en code morse est « S.O.S. », transmis par trois points, suivis par trois traits, suivis par trois points.

Utilisation du morse vignette|Message transmis en Scott (Morse lumineux), par un timonier, au moyen d’un projecteur (, mars 2005).

Le code peut être transporté via un signal radio permanent que l’on allume et éteint (onde continue, généralement abrégé en CW, pour en anglais), ou une impulsion électrique à travers un câble télégraphique (de nos jours remplacé par d'autres moyens de communication numérique), ou encore un signal visuel (flash lumineux). L’idée qui préside à l’élaboration du code morse est de coder les caractères fréquents avec peu de signaux, et de coder en revanche sur des séquences plus longues les caractères qui reviennent plus rarement. Par exemple, le « e », lettre très fréquente, est codée par un simple point, le plus bref de tous les signes. Les lettres sont toutes codées sur quatre signaux au maximum, les chiffres sur cinq signaux. Les séquences plus longues correspondent à des symboles les plus rares : signes de ponctuation, symboles et caractères spéciaux.

Parallèlement au code morseConvention et Règlements administratifs de l’Union internationale des télécommunications. Recommandation UIT - R M.1170 « Procédures radiotélégraphiques morse dans le service mobile maritime. », des abréviations commerciales plus élaborées ont été créées codant des phrases complètes en un seul mot (groupe de ). Les opérateurs de télégraphie conversaient alors en utilisant des mots tels que BYOXO (Essayez-vous de vous dérober ?), LIOUY (Pourquoi ne répondez-vous pas à la question ?) et AYYLU (Confus, réitérez plus clairement). L’intention de ces codes était d’optimiser le coût des transmissions sur les câbles. Les radioamateurs utilisent toujours certains codes appelés et . Ils sont utilisés par les opérateurs afin de s’échanger des informations récurrentes, portant par exemple sur la qualité de la liaison, les changements de fréquences et les télégrammes.

Service maritime thumb|right|220px|Station radiotélégraphique type Marconi. thumb|right|220px|Antenne radiotélégraphique de canot de sauvetage en 1914.

Les premières liaisons radiotélégraphiques sans fil utilisant le code morse datent du début du . En 1903, la conférence de Berlin attribue la longueur d’onde de () au trafic en radiotélégraphie morse en merConférence de Berlin 1903 attribue la longueur d’onde de . et officialise en 1906 le signal SOS comme appel de détresse. Jusqu’en 1987APPENDICE 34 Mob-87 : (Voir l’ et la (Rév. Mob-87))., plusieurs conférences mondiales des radiocommunications définissent les bandes à utiliser pour les communications en télégraphie morse.

Depuis le , dans le cadre du SMDSM 1999, les services maritimes côtiers et mobiles de France et de nombreux autres pays ont abandonné la veille radiotélégraphique obligatoire et cessé les émissions en morse, notamment sur la fréquence de (maritime et aéronautique) et sur la fréquence de Référence aux dispositions du règlement des radiocommunications RR5.111 ; AP17, Parties A, B., affectées au trafic de détresse ou d’appel en radiotélégraphie, depuis les , un système de satellites de télécommunications ayant pris le relais. À partir de ce moment, le trafic maritime radiotélégraphique et radiotéléphonique utilisant les ondes hertziennes commence à décliner lentement. Cependant, il existe encore à ce jour (2010) des fréquences internationales affectées par l’UIT à la diffusion de l’heure, de la météo marine ou aux communications maritimes en radiotélégraphie (parmi d’autres, à , ou à pouvant aussi être utilisé par l’Aviation civile). La bande des Pour tous les navires, dans la bande hectométrique, la puissance maximale des émetteurs radiotélégraphiques homologués marine est comprise entre et . notamment reste utilisée par une vingtaine de pays dans le monde, parmi lesquels : l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Azerbaïdjan, le Cameroun, la Chine, la république du Congo, Djibouti, l’Érythrée, les États-Unis, l’Indonésie, l’Italie, l’Irlande, Oman, la Roumanie, la fédération de Russie, les Samoa américaines et les SeychellesIUT États signalétiques des stations côtières assurant un service de correspondance publique 2010 Nomenclature des stations côtières.. À quelques exceptions près, la plupart des stations maritimes encore en activité n’émettent plus en morse que leur indicatif d’appel et éventuellement leur fréquence d’émissionPar exemple : « CQ CQ CQ DE HLG HLG HLG QSX 12 MHZ K » qui signifie : « À toute station, vous écoutez HLG (Séoul) sur ».. Aujourd’hui, certaines fréquences destinées au trafic en CW L'emploi des signaux du code Morse n'est plus obligatoire. Toutefois,étant donné que la radiotélégraphie est moins sensible au brouillage et constitue le moyen le plus efficace en cas d'urgence ou de catastrophe, l'utilisation du code Morse dans certaines zones par certains opérateurs pourrait être utile dans la pratique et offrir parfois le seul moyen de communication disponible. de la marine marchande ont encore une affectation, même si elles ne sont plus utilisées que par quelques pays et très rarement : Radiotélégraphie de navires à navires, avec en (Europe et Afrique): avec en (sauf Europe et Afrique) : . : Fréquence internationale de détresse en radiotélégraphie morse. L’appel de routine, de sécurité et d’urgence est autorisé entre l’heure H + 18 et H + 45 et entre H + 48 et H + 15. : Radiotélégraphie de navires. Les stations de navires peuvent utiliser cette fréquence comme fréquence d’appel supplémentaire en radiotélégraphie morse lorsque la fréquence est employée pour la détresse. Dans les zones à fort trafic, la fréquence est utilisée pour l’appel de routine..

Depuis le début du et l’invention de la lampe Aldis, les bateaux peuvent également communiquer en morse lumineux. Alors que la capacité à émettre de tels signaux reste exigée pour devenir officier de la marine marchande dans de nombreux pays, dont la Franceprofmarine.org., cette pratique a tendance à devenir rare et ne se retrouve plus que dans la marine de guerre et chez certains plaisanciers.

Service aéronautique

Les premières liaisons radiotélégraphiques aéronautiques remontent au début du et ont cessé avant les , à une époque où les ballons dirigeables et les avions communiquaient en radiotélégraphie dans la bande aéronautique des (), en vol au-dessus des mers et des océans dans la bande marine des (), sur la longueur d’onde de radiogoniométrie de () et jusqu’en 1930 pour un échange de correspondances transcontinental radiotélégraphique au-dessus des océans dans la bande des ().

En vol une antenne pendante longue de à avait pour but d'établir les communications radiotélégraphiques sur ces longueurs d’onde. À l’extrémité de l’antenne pendait un plomb de lest avec l’indicatif radio de l’aéronef.

Une autre antenne tendue le long de la coque de l’aéronef établissait (à courte distance) les communications radiotélégraphiques en vol et au sol sur la longueur d’onde de () et dès 1930 les communications radios NVIS.

Les fréquences utilisées autrefois par l’aviation pour les communications (notamment celles voisines de ) sont aujourd’hui attribuées aux radiobalises de type NDB qui émettent des signaux radiotélégraphiques automatisés (indicatif composé de deux à trois lettres, transmis en morse à intervalles réguliers). L’aviation utilise également la sous-bande VHF pour d’autres types de radiobalises (systèmes VOR et ILS) qui transmettent également leurs indicatifs (de ) en morse. Pour ce qui est des communications radiotéléphoniques, elles s’effectuent de nos jours sur les bandes VHF pour le trafic local, et HF pour le trafic transcontinental ou transocéanique.

Usage militaire Dans certaines circonstances, la radiotélégraphie présente des avantages par rapport à la radiotéléphonie : par exemple, en cas de fort parasitage, il est plus aisé de reconnaître les signaux codés en morse que ceux, beaucoup plus complexes, transmis par la voix. Également, la radiotélégraphie s’avère être un moyen de communication plus discret que la radiotéléphonie qui demande de prononcer les mots hautement et clairement. Pour ces raisons, la plupart des armées dans le monde forment des officiers radio maîtrisant la télégraphie et disposent de fréquences réservées par l’UIT.

Il arrive également que les navires de guerre, s’ils sont suffisamment proches, utilisent le morse lumineux appelé le Scott pour communiquer à l’aide d’un projecteur, d'un feu de mâture visible sur tout l'horizon (FVTH) ou d'une lampe Aldis. C’est par exemple le cas lorsqu’ils sont contraints d’observer une période de silence radio.

Utilisation par les radioamateurs Les radioamateurs utilisent assez fréquemment le code morse pour les communications de loisir en radiotélégraphie et jouissent à cet effet de fréquences allouées par l’UIT.

Jusque dans les années 1990, pour obtenir la licence de radioamateur aux États-Unis (de la FCC), il fallait être capable d’envoyer encodés en morse par minute. La licence avec le plus de droits exigeait par minute. Jusqu'en 2011 en France, l’épreuve de lecture au son à l’examen, uniquement pour la de radioamateurisme, requérait une vitesse minimum de par minute. Les opérateurs radioamateurs et militaires entraînés peuvent comprendre et enregistrer jusqu’à par minute. Depuis 2012, Il n'y a plus d'épreuve de morse au programme de l'examen radioamateur français.

Le Règlement des radiocommunications (RR) se compose de règles liées au service de radio amateur. Il est révisé tous les trois ans à la Conférence mondiale des radiocommunications (CMR). La révision de l’ du Règlement des radiocommunications à la Conférence de 2003, en particulier, a supprimé l’exigence de connaissance du code Morse à l’utilisation des fréquences inférieures à . Cela affecte la plupart des pays, mais certains (dont la Russie) continuent (en 2008) à l’exiger.

Autres On connaît plusieurs cas avérés d’utilisation par les espions du code morse. On soupçonne d’ailleurs ces derniers d’effectuer régulièrement des communications chiffrées utilisant le morse.