Pierre Jourde, né à Créteil le , est un écrivain, professeur d'université et critique littéraire françaisNotice d'autorité personne sur le site du catalogue général de la BnF..

Connu pour ses pamphlets (La Littérature sans estomac, Le Jourde & Naulleau) contre ce que les médias, et notamment les pages littéraires du journal Le Monde, présentent comme la littérature contemporaine, il est l'auteur d'essais sur la littérature moderne (Géographies imaginaires, Littérature monstre) et d'une œuvre littéraire se partageant entre poésie (Haïkus tout foutus), récits (Pays perdu, Le Tibet sans peine) et romans (Festins secrets, L'Heure et l'ombre, Paradis noirs).

Biographie Origines La famille de Pierre Jourde (plus exactement Jourde-Roughol). est originaire de Lussaud, en Auvergne, où il est encore propriétaire d'une ferme en activité. Lui-même naît et grandit à Créteil, en région parisienne, dans une famille modeste : sa mère est caissière, puis institutrice. Son père est le chauffeur de la famille Lesieur.

Jeunesse et formation Il adhère au Parti communiste en 1974. Durant ses études, il est responsable du syndicat Union nationale des étudiants de France (UNEF) à Paris 12Alexandre Duyck, « L'Unef, histoire d'un naufrage », lejdd.fr, 19 janvier 2020.. Il effectue son service militaire en tant qu'aspirant dans l'aviation.

Il interrompt ses études en 1981 pour voyager en Inde, et notamment pour traverser l'Himalaya, ce qu'il fait à trois reprises.

Enseignement

Après avoir été reçu en 1982 à l'agrégation de lettres modernes, il enseigne dans divers collèges et lycées, dans le Puy-de-Dôme, dans le Pas-de-Calais, dans un lycée industriel à Creil, à Coulommiers, et enfin à Chelles. En 1989, il soutient à l'université Paris-Est-Créteil une thèse de doctorat en littérature comparée intitulée « Géographies imaginaires » et consacrée aux mondes imaginaires décrits par Thomas More, Julien Gracq, Henri Michaux, J. R. R. Tolkien et Jorge Luis Borges.

En 1992, il est élu maître de conférences en littérature comparée à l'université de Haute-Alsace. Il soutient en 1994 son habilitation à diriger des recherches sur la littérature de décadence, et est élu en 1995 professeur d'université, spécialiste de la littérature du . qu'il a enseigné à Mulhouse, à Tours, puis à Valence (université Grenoble Alpes).

Écriture et recherches

Il publie une centaine d'articles, des éditions savantes, des essais, des actes de colloques, et Il prend un congé de deux ans de l'université, pour avancer l'écriture du Maréchal absolu, qu'il mettra dix-sept ans à écrire. En 2008, le Centre national des livres (CNL) lui accorde une bourse pour l'aider à terminer ce roman.

À partir de 2009 et jusqu'en 2019, il publie régulièrement des chroniques sur son blog sur le site du Nouvel Obs, Bibliobs : Confitures de culture.

En 2013, il bénéficie d'un détachement au CNRS pour mener des recherches sur l'autocensure des écrivains.

Missions diverses

Il effectue des expertises des cursus universitaires au ministère de l'Enseignement supérieur. Expert scientifique au CNRS, pour les laboratoires situés en Asie et au Moyen Orient, il est missionné pour une inspection du laboratoire de recherche de Jérusalem.

Il siège trois ans au CNL, fait partie du conseil d'administration de la Société des gens de lettres (SGDL) jusqu'en 2025, et du comité de la fondation des Treilles.

Retraite En 2017, il prend sa retraite de l'université.

Œuvre Pays perdu Dans Pays perdu (2003), Jourde retrace la vie des habitants d'un village du Cantal décrite comme très rude et marquée par l'alcoolisme, la solitude, le suicide, etc. Ce roman est inspiré du village de Lussaud, dont est originaire la famille Jourde.

Deux frères, qui habitent en ville, décident de revenir dans leur village natal du Cantal afin d'hériter de leur cousin Joseph qui était un paysan retiré dans sa ferme. Cet héritage est un prétexte pour le narrateur qui, pendant tout le livre, décrit méticuleusement les habitants de ce petit village perdu marqués par la solitude, l'alcoolisme et le suicide. Finalement, c'est la disparition progressive de la société paysanne française qui est le sujet du livre.

Ce roman est inspiré du village de Lussaud dont est originaire la famille de l'auteur, et a suscité une vive émotion parmi ses habitants, d'autant que plusieurs se sont reconnus ou ont reconnu des proches décédés dans les personnages du romanJacques Besnard, « Le jour où Pierre Jourde s'est fait lyncher pour un ouvrage sur son village », slate.fr, 24 juillet 2022.. Lorsque l'auteur y est revenu à l'été 2005, une dispute a éclaté ; Pierre Jourde et ses enfants ont été agressés physiquement.. par certains habitants et chassés du village à coups de pierres. Quatre des cinq agresseurs ont été condamnés le par le tribunal d'Aurillac à des amendes et de la prison avec sursisChroniques judiciaires du Monde..

À la suite de cet événement, Jourde publie La Première pierre, ouvrage dans lequel il interroge la violence que son œuvre a provoquée..

Banlieues françaises et antisémitisme Dans Carnets d'un voyageur zoulou dans les banlieues en feu, ouvrage paru en 2007, il s'attaque au discours des journalistes et à la représentation médiatique des banlieues françaises et des jeunes qui y vivent, phénomène qu'il considère comme une entreprise de déréalisation refusant d'aborder les causes effectives des problèmesEmmanuel Hecht, Le Zoulou et les Belges, lesechos.fr, 27 mars 2007.

La parution sur son blog et sur le site de la revue Causeur d'un article concernant le développement de l'antisémitisme dans ces banlieues et intitulé « Il ne faut pas désespérer Montfermeil », où il s'attaquait à l'attitude consistant à faire d'Israël « Il ne faut pas désespérer Montfermeil », Pierre Jourde, causeur.fr, 12 décembre 2008., .

Ouvrages

Romans et récits

-Carnage de clowns, L'Harmattan, 1999.

-Dans mon chien, Parc, 2002.

-Pays perdu, L’Esprit des péninsules, 2003. Prix Générations. (Pocket, 2005). Livre sonore, Mons (Belgique), Editions autrement dit, 2010. Trad. Italienne Prehistorica.

-Festins secrets, L’Esprit des péninsules, 2005. Prix Thyde Monnier de la SGDL, prix Renaudot des lycéens, prix Valery Larbaud. (Pocket, 2007)

-L’œuvre du propriétaire, Apt, L’Archange minotaure, 2006.

-L’Heure et l’ombre, L’Esprit des péninsules, 2006. Prix Folies d’encre, prix Mille page. (Pocket, 2008). Trad. Italienne -Prehistorica.

-Le Tibet sans peine, Gallimard, 2008. Prix du livre de montagne (Folio, 2010). Trad. Italienne Prehistorica.

-La Cantatrice avariée, L’Esprit des péninsules, 2008. (Pocket, 2009)

-Paradis noirs, Gallimard, 2009 (Folio, 2013). Trad. Croate Sysprint

-La Présence, Les Allusifs, 2010.

-Le Maréchal absolu, Gallimard, 2012. Prix Virilo.

-La Première pierre, Gallimard, 2013, grand prix Jean Giono 2013 (Folio, 2015). Trad. Italienne Prehistorica.

-Winter is coming, Gallimard, 2106. (Folio, 2018)

-Le Voyage du canapé-lit, Gallimard, 2018, prix Vialatte (Folio, 2019). Trad. Italienne Prehistorica.

-La Marchande d’oublies, Gallimard, 2025.

Essais littéraires et philosophiques

-Géographies imaginaires, Corti, 1991, 350 pages, index, bibliographie, cartes et schémas (Borges, Michaux, Gracq, Tolkien). Traduction espagnole : ed. Edere, Mexico, 2004.

-Huysmans : À rebours, l'identité impossible, Champion, 1991.

-L'Alcool du silence (sur la décadence), Champion, 1994.

-L'Opérette métaphysique d'Alexandre Vialatte, Champion, 1996.

-Visages du Double. Un thème littéraire, avec Paolo Tortonese, Nathan, 1996, Rééd. Armand Colin, 2005.

-Empailler le toréador : l'incongru dans la littérature, de Charles Nodier à Eric Chevillard

-Littérature et authenticité, le réel, le neutre, la fiction, L’Harmattan, 2001, 270 pages. Rééd. L’Esprit des péninsules, 2005.

-Portraits des mouches, sur les Songes drolatiques de Pantagruel, L’Archange minotaure, 2007, 79 pages.

-Littérature monstre, études sur la modernité littéraire, L’esprit des péninsules, 2008, 718 pages.

-Géographie intérieure, Grasset, « 26 », 2015.

-La Tyrannie vertueuse, Le Cherche-Midi, 2022.

-Croire en Dieu, pourquoi ?, Gallimard, « Tracts », 2022. Trad.

Pastiches et satires

-La Littérature sans estomac, L’esprit des péninsules, 2002 (Pocket, 2003). Prix de la critique de l’Académie française.

-Petit déjeuner chez Tyrannie, suivi de Le Crétinisme alpin, avec Eric Naulleau, Lyon, La Fosse aux ours, 2003. (Le livre de poche, 2004).

-Le Jourde et Naulleau, Précis de littérature française du XXIe siècle, avec Eric Naulleau, Mango, 2004. Versions revues et augmentées, 2008 et 2015.

-Petits Chaperons dans le rouge, Apt, L’Archange minotaure, 2006.

-La Grande Solderie, Wombat, 2023

Recueils de poèmes, livres avec des artistes

-Territoire des confins (nouvelles, fusains de Kristian Desailly), chez l’auteur, 1988.

-Histoires acéphales (nouvelles, fusains de Kristian Desailly), chez l’auteur, 1988.

-Bouts de monde (proses, aquarelles de Barrie Hastings), Mulhouse, Le Quai-école des Beaux-Arts, 1995.

-Un tas d’amour (aquarelles de Barrie Hastings), Mulhouse, le Quai-école des Beaux Arts, 1996.

-Entrée des créatures, sur des encres de Robert Vigneau, Adana Venci, 2001.

-Haïkus tout foutus (poèmes, encres de Kristian Desailly) Montélimar, Voix d’encre, 2004.

-Brèves de cimetière, dans Qui rira le dernier (poèmes, encres de Kristian Desailly) Montélimar, Voix d’encre, 2006.

-La Quadrature du sexe, sur des photographies d’Henri Maccheroni, Montélimar, Voix d’encre, 2009.

-Quarante ans de rentrées littéraires, sur des photos d’écrivains d’Ulf Andersen, Anabet, 2010.

-Tératologie, sur des photographies de Jacques Crenn, L’échappée belle, 2011.

-Voyage en Auvergne, sur des linogravures de Pio Kalinski, Clermont-Ferrand, Page Centrale, 2012.

-Crucifixion rumba, poème, aquarelle de Barrie Hastings, Saint-Etienne, Le Réalgar, 2012.

-La Vieille à sa fenêtre, poème, peinture de Francis-Olivier Brunet, Saint-Etienne, Le Réalgar, 2012

-Cézallier : Le far centre, sur des photographies d’Emmanuel Boitier, Revoir, 2017.

-La Potiche a peur en rouge, fables express, préface d’Hervé Le Tellier, wombat, 2021

-Trois danses foirées, gravures de Pierre Jourde, Voix d’encre, 2021.

-Oh, gravures de Pierre Jourde, livre d’art à tirage limité, 2022.

Recueils de chroniques et d’entretiens -C’et la culture qu’on assassine, préface de Jérôme Garcin, Balland, 2011.

-La Littérature est un sport de combat, entretiens sur la littérature, préface d’Eric Naulleau, Page Centrale, 2015.

-La Culture bouge encore, avant-propos de Jean-Christophe Buisson, Hugo & cie, 2016

-On achève bien la culture, avant-propos de Léo Sheer, 2024.

Éditions savantes

-« Correspondance de Huysmans et de la princesse Jeanne Bibesco », texte établi, présenté et annoté par Brigitte Cabirol et Pierre Jourde, Bulletin de la Société J.-K. Huysmans, n° 89, .

-Huysmans, « Les rêveries d'un croyant grincheux », texte inédit présenté par René Rancœur, établi et annoté par André Guyaux et Pierre Jourde, Bulletin de la Société J.-K. Huysmans, n° 89, .

-Huysmans : Pierrot sceptique, préface et notes de Pierre Jourde, la chasse au Snark, 2004.

-Huysmans, Romans et nouvelles, édition dirigée par André Guyaux et Pierre Jourde, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2019.

-Huysmans, A rebours, « Folio Classiques », éd., préface et notes Pierre Jourde, 2022.

-Huysmans, En ménage, A vau-l’eau, éd., préface et notes Pierre Jourde, « Folio classiques », 2025.

Anthologies

-Musset, préface d'André Guyaux ; textes réunis par P. Tortonese, A. Guyaux, L. Chotard et P. Jourde, Presses Universitaires de la Sorbonne, « Mémoire de la critique », n°1, 1995.

-Stendhal, préface de Michel Crouzet ; textes réunis par P. Tortonese, A. Guyaux, L. Chotard et P. Jourde, Presses Universitaires de la Sorbonne, « Mémoire de la critique », n°2, 1996.