400px|Cultural/historical Tibet (highlighted) depicted with various competing territorial claims.</div>15px 15px 15px 15px 15px 15px Aire culturelle tibétaine15px 15px 15px  Le Tibet revendiqué par les exilés tibétains15px 15px 15px Zones tibétaines désignées comme telles par la république populaire de Chine15px 15px Région autonome du Tibet en république populaire de Chine15px Zones sous administration chinoise revendiquées par l'Inde comme faisant partie de l'Aksai Chin15px Zones sous administration indienne revendiquées par la république populaire de Chine comme faisant partie du Tibet15px Autres zones de la sphère culturelle tibétaine

Le Tibet, ou anciennement Thibet ., (, ) est une région de plateau située au nord de l'Himalaya en Asie, habitée traditionnellement par les Tibétains et d'autres groupes ethniques (Monbas, Qiang et Lhobas) et comportant également une population importante de Hans et de Huis. Le Tibet est le plateau habité le plus élevé de la planète, avec une altitude moyenne de .

Sous l'appellation « Tibet historique », cette aire, revendiquée par le gouvernement tibétain en exil, est composée de trois régions traditionnelles :

l'Ü-Tsang : dont la plus grande partie du territoire est comprise dans la région autonome du Tibet ; l'Amdo : éclaté entre les provinces du Qinghai, du Gansu et du Sichuan ; le Kham : dont le territoire est partagé entre les provinces du Sichuan et du Yunnan et la région autonome du TibetQuelle solution politique pour le Tibet ? - Rapport présenté par Louis de Broissia, sénateur, série Relations interparlementaires France-Tibet, 2006, : « Le territoire revendiqué par le gouvernement tibétain en exil depuis 1959 correspond au Pö Chölka Sum, c’est-à-dire au « Tibet des trois provinces » : Ü-Tsang, Kham et Amdo. Ce Grand Tibet a une superficie d’environ de km, soit sept fois la France. Il représente donc près de 40 % de la superficie de la Chine dans ses frontières actuelles ( de km) ». ..

La superficie du Tibet varie de pour la région autonome du Tibet à pour le « Tibet historique », Le Dessous des cartes, Jean-Christophe Victor. ou « Grand Tibet ». La capitale historique qui, traditionnellement, concentre l'autorité religieuse et temporelle du Tibet, est Lhassa.

Les Tibétains, dont le nombre est de six millions en ChinePopulation. Groupes ethniques - minorités nationales, sur le site SinOptic., parlent un des trois dialectes du tibétain, une langue de la famille tibéto-birmane, et pratiquent majoritairement le bouddhisme tibétain.

Nomenclature

La question « Qu'est-ce que le Tibet ? » appelle bien des réponses. On peut définir ce territoire sous les angles géographique, ethnique et politique (Stephanie Roemer) Stephanie Roemer, The Tibetan Government-in-Exile. Politics at large, Routledge, 2008, (Definition of the area of Tibet) : ., mais aussi historique, linguistique et culturel.

Étymologie En tibétain, le Tibet se nomme Bod (, pays). Certains érudits pensent qu'on trouve les premières références écrites à « Bod » dans le Périple de la mer Érythrée gréco-romain () et le Manuel de géographie de Ptolémée ( mentionnant le peuple Bautai, terme lui-même dérivé du sanskrit Bhauṭṭa que l'on retrouve dans la tradition géographique indienneÉtienne de la Vaissière, "The Triple System of Orography in Ptolemy's Xinjiang", Exegisti Monumenta: Festschrif in Honour of Nicholas Sims-Williams, eds. Werner Sundermann, Almut Hintze & François de Blois (Wiesbaden, Germany: Harrassowitz, 2009), 532..

Pour Léon de Milloué, on lui donna en français, depuis Guillaume de Rubruquis, les noms de ..

Le nom chinois ancien le plus connu pour Tibet est Tubo, mais l'on trouve également les termes Wusiguo (du tibétain Ü (dbus)), Wusizang (du tibétain dbus-gtsang, Ü-Tsang), Tubote et Tanggute. L'exonyme chinois actuel pour la région ethniquement tibétaine est Zangqu ( o), un dérivé métonymique du terme tibétain Tsang (gTsang) correspondant à la région du Tibet central autour de Shigatse, affublé de la dénomination de région (chinois : ).

Le terme Tibet ou Thibet date du Clements R. Markham (ede.): Narratives of the Mission of George Bogle to Tibet and the Journey of Thomas Manning to Lhasa, réimpression par Manjushri Publishing House, New Delhi, 1971 (première publication en 1876)., et est un emprunt du terme sémitique Ṭībat ou Tūbātt, dérivé du turcique Töbäd (littéralement Hauteurs).

Tibet géographique et ethnologique

vignette|upright=1.0|Carte de l'aire culturelle tibétaine. Géographiquement, le Tibet est une région de plateau située au nord de l'Himalaya en Asie. Le plateau tibétain, le plus grand au monde et parfois appelé le « toit du monde », constitue le plateau habité le plus élevé de la planète, avec une altitude moyenne de . Il est bordé de trois gigantesques chaînes de montagnes : les monts Kunlun, la chaîne de l’Himalaya et le Karakoram (ou Karakorum), qui constituent autant de frontières naturellesStephanie Roemer, op. cit., (Definition of the area of Tibet) : ..

Le Tibet ethnique ou ethnologique dépasse les frontières du plateau tibétain et englobe toutes les régions qui furent autrefois habitées uniquement ou majoritairement par des gens d’origine tibétaine, et inclut, outre les territoires tibétains en république populaire de Chine, le Bhoutan, certaines régions orientales, septentrionales, et occidentales du Népal, certaines régions du nord de l'Inde (Ladakh, Zanskar, Lahaul et Spiti Kinnaur, Arunachal Pradesh en partie et Sikkim), ainsi que le Baltistan au PakistanStephanie Roemer, op. cit., (Definition of the area of Tibet) : . Margaret Evelyn Miller, , B - Definitions of Terms, p. 189 : Annika Antoinetta Lundkvist, Vajrayana forms in upstate New York, op. cit. : .. Des populations non tibétaines sont installées depuis des siècles dans certaines zones en bordure du Tibet ; comme c'est le cas par exemple de Hans autour de Xining et dans l'est du Kham, de Mongols autour du lac Kokonor et dans le bassin du Qaidam, de Hui, de Tu (ou Mongour), de QiangAdministrative Division of Tibetan Areas : ., ou de Monba dans le sud de la Région autonome du Tibet et en Arunachal Pradesh.

Tibet politique Selon Melvyn Goldstein, l'historiographie tibétaine en Occident a pris l'habitude de distinguer le « Tibet politique », c'est-à-dire l'État resté sous le contrôle du gouvernement tibétain jusqu'en 1951, des autres régions habitées par des Tibétains. Ainsi, le diplomate et historien britannique Hugh Richardson, différenciait le « Tibet politique » , gouverné par le gouvernement tibétain depuis les temps les plus anciens et de manière continue jusqu'en 1951, du « Tibet ethnographique » comprenant également d'autres régions comme le Kham et l'Amdo, sur lesquels le gouvernement tibétain n'a exercé une juridiction que dans certaines régions et à intervalles irréguliersSur les définitions du Tibet, cf. Melvyn C. Goldstein, What is Tibet? – Fact and Fancy, extrait de Change, Conflict and Continuity Among a Community of Nomadic Pastoralists — A Case Study from western Tibet, 1950-1990, in Resistance and Reform in Tibet (sous la direction de Barnett et Akiner), Londres, Hurst & Co., 1994 : ..

Anne-Marie Blondeau évoque la distinction faite par Melvyn Goldstein, entre « Tibet Politique » qui équivaudrait à la région autonome du Tibet, et « Tibet ethnographique », qui serait ceux que d'autres appellent « Tibet Historique » :

Région autonome du Tibet (Xizang) et autres subdivisions autonomes tibétaines en Chine

vignette|upright=1.0|Les subdivisions administratives autonomes tibétaines de la république populaire de Chine.

La région autonome du Tibet est un ensemble administratif créé en 1965 par la république populaire de Chine, couvrant quelque de kilomètres carrés Vajrayana Forms in Upstate New York, A Thesis Presented to the Faculty of the Graduate School of Cornell University in Partial Fulfillment of the Requirements for the Degree of Master of Arts by Annika Antoinetta Lundkvist, May 2008, p. 19 : ., et désignée sous le nom de « Tibet » par le gouvernement de la Chine mais aussi, selon Andrew Martin Fischer, par la plupart des médias occidentaux Andrew Martin Fischer, , in Population and Development Review, 34(4), (December 2008), note 1, : ., ainsi que par des encyclopédies et des guides de voyageC'est le cas de l'encyclopédie Britannica Concise Encyclopedia et du guide Lonely Planet Chine.. En mandarin cette entité administrative, dont la capitale est Lhassa, est appelée Xīzàng Zìzhìqū ou Xīzàng dans sa forme abrégée. Ainsi, lorsque la république populaire de Chine utilise le terme Tibet, elle fait référence à la région autonome du Tibet (l'une des cinq régions autonomes de la Chine)Tibet - Questions-Réponses, Site de l'Ambassade de Chine en France . ; la Chine y inclut la plus grande partie de l'État indien de l'Arunachal Pradesh, dont elle et l'Inde revendiquent la possession John Powers, History as propaganda: Tibetan exiles versus the People's Republic of China, Oxford University Press, 2004, ..

La dénomination de Tibet pour cette région administrative est cependant contestée par des ethnologues, des historiens et des défenseurs de la cause tibétaine, qui jugent son périmètre excessivement restreint par rapport au Tibet géographique et ethnique, ce qu'ils imputent généralement à des motivations géopolitiques du gouvernement chinois Tibet at a Glance : ., sur le site du quotidien suisse 24 heures (entretien avec Katia Buffetrille), 26 mars 2008.. Françoise Robin précise que cette réalité de « couverture géographique du Tibet » est connue des spécialistes mais elle est restée invisible du grand public..

Autres subdivisions autonomes

La république populaire de Chine a par ailleurs créé des subdivisions autonomes tibétaines dans les provinces chinoises du Qinghai, du Gansu, du Sichuan et du Yunnan (le Tibet oriental, correspondant approximativement au Kham et à l'Amdo). Ces subdivisions sont au nombre de douze avec dix préfectures et deux comtésAnne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille (sous la direction de), Le Tibet est-il chinois ?, ouvrage collectif, Albin Michel, coll. Sciences des religions, 2002, . ..

Tibet historique vignette|droite|300px|Situation approximative de l'Ü-Tsang du Kham et de l'Amdo), superposées aux provinces de la république populaire de Chine. Divers auteurs utilisent l'expression de « Tibet historique » pour désigner l'ensemble formé par la région autonome du Tibet, le Kham et l’AmdoPierre-Antoine Donnet, Guy Privat, Jean-Paul Ribes, Tibet: des journalistes témoignent.Stéphane Guillaume, La question du Tibet en droit international.Claude B. Levenson, La Chine envahit le Tibet: 1949-1959.Les marges culturelles du territoire chinois.Archives de sciences sociales des religions, Numéros 121-124, Institut de sciences sociales des religions.Claude Chancel, Éric-Charles Pielberg Le monde chinois.Max Derruau, La Terre et les hommes : mélanges offerts à Max Derruau, Université de Clermont-Ferrand II. Faculté des lettres et sciences humaines .. Cette expression de « Tibet historique », appliquée à l'ensemble de la région autonome du Tibet et aux préfectures et comtés tibétains, est présente également sur le site de l'association Free Tibet Campaign Ten Facts about Tibet, sur le site FreeTibet : . et sur le site World Tibet News History of Negotiations between Tibet and China 1949-2004 : ..

Pour le dalaï-lama, l'expression « Tibet historique » manque de précision, pouvant s'appliquer à diverses périodes : les , ou l'empire Yuan ou encore la dynastie des Qing Meaningful Autonomy for Tibetans is Our Goal: His Holiness tells FT, : ..

Selon le gouvernement tibétain en exil et la diaspora tibétaine, le Tibet est composé de trois régionsVoir page 1548 in Encyclopedia of the developing world, Volume 3, sous la direction de Thomas M. Leonard, Routledge, 2006. : l'Ü-Tsang, à l'ouest, correspondant à la partie centrale et occidentale de la région autonome du Tibet