France Inter est une station de radio française généraliste, nationale et publique, lancée en 1947.

Elle est considérée comme « la voix de la France » jusqu'à la libéralisation des ondes du début des années 1980, et reste aujourd'hui, au sein du groupe Radio France, la principale station de radio du service public.

Depuis , France Inter est la radio la plus écoutée de France, avec quotidiens à la rentrée 2025, soit une audience cumulée de 11,9 %., devant sa rivale historique RTL.

Adèle Van Reeth en est la directrice de à 2026. Céline Pigalle lui succède en .

Historique De la genèse à Paris-Inter (1947-1957)

Les antennes de l'« » (AFN), réseau international de radiodiffusion de l'armée américaine qui a diffusé ses émissions depuis le . sur les ondes moyennes () depuis un émetteur radio de situé à Rueil-Malmaison, cessent leurs émissions le , et transfèrent l'émetteur à la Radiodiffusion française (RDF). Cette dernière y diffuse dès le lendemain à un nouveau programme composé des émissions du Club d'essai, dont l'émetteur de la rue de Grenelle est alors abandonné, et de disques avec une dominance de jazz.

Le troisième programme de la RDF, le Club d'Essai, est déjà diffusé de façon expérimentale en région parisienne sur les ondes moyennes depuis le .. Les programmes expérimentaux ne sont audibles que de à et de à .

En 1947, le nouveau programme prend provisoirement le titre de Club d'Essai avant que Wladimir Porché n'annonce courant janvier la création définitive d'un troisième programme de radio, en plus du Programme Parisien et du Programme National, qu'il nomme « Paris-Inter », officiellement inauguré le . par Wladimir Porché, Jean Vincent-Bréchignac, qui en devient le premier directeur, Jean Luc et Simon Coppans. Paris-Inter diffuse de à minuit un programme essentiellement musical, composé de sessions de disques, des émissions réalisées par le Club d'Essai et de programmes de stations étrangères. En , un sondage réalisé par le journal Radio programme crédite la station de 6 % d'audience, alors qu'elle n'émet encore que sur la seule région parisienne..

Paris-Inter est diffusée chaque jour de à sur ondes courtes () dès le par un des émetteurs d'Allouis, ce qui permet à la station d'être audible aussi à l'étranger, mais aussi dans les zones peu couvertes par les ondes moyennes en France, comme les zones montagneuses. La dernière-née des stations d'État, qui diffuse sur ondes moyennes (), entame le développement de son réseau d'émetteurs en Province en inaugurant sa première fréquence à Limoges le , suivie de six autres la même année. Ce développement est permis par la transformation de la RDF en Radiodiffusion télévision française (RTF) par le décret du , en établissement public doté d'un budget autonome et qui bénéficie d'une redevance doublée sur les postes de radio. Le programme devient véritablement national le avec la remise en service de l'émetteur à grande puissance d'Allouis (Cher), détruit lors de la retraite allemande en 1944. Entre-temps, pour éviter que la France ne perde sa fréquence grandes ondes de , celle-ci est utilisée par l'émetteur alsacien de Sélestat avec une puissance de pour relayer Paris-Inter en Alsace et dans la vallée du Rhin..

France I (1957-1963) Le , Paris-Inter devient France I et diffuse sur un programme qui privilégie l’information directe et reflète tous les aspects de la vie quotidienne, tandis que le Programme Parisien devient France II Régional, chaîne du divertissement et écho des stations régionales. Une des émissions créées à cette époque, en 1958 par Henri Kubnick, va devenir le jeu le plus ancien du paysage radiophonique français, sous les noms successifs de Cent mille francs par jour, Le Jeu des 1000 francs, et des . Face à l'érosion constante de l'audience des chaînes de radiodiffusion de la RTF au profit des postes périphériques et à la fréquence des grèves au sein de l'établissement (voir la grève de 1962), le gouvernement, par son ministre de l'Information Alain Peyrefitte, crée la même année le service de liaison interministériel pour l’information, courroie de transmission entre le pouvoir politique et les journalistes de la RTF. Les directeurs de la RTF, le directeur général Robert Bordaz et le délégué au directeur aux stations régionales Roland Dhordain, qui propose la réforme à Alain Peyreffite, décident de réagir en procédant à une série de réformes dès 1963, notamment la simplification des quatre chaînes de radio en trois stations. : France I et France II-Régional sont fondues l'une dans l'autre le pour former RTF Inter, chaîne des informations, de la gaîté et des conseils pratiques, qui regroupe les émetteurs de France I et France II et se scinde en deux programmes distincts en soirée, Inter Jeunesse diffusé par l'émetteur grandes ondes et Inter Variétés sur ondes moyennes. France III-National devient RTF Promotion spécialisée dans les émissions culturelles. France IV-Haute Fidélité devient RTF Haute Fidélité spécialisée dans la musique classique et contemporaine..

France Inter (depuis 1963) À partir de 1963, Roland Dhordain tente de « transformer Paris-Inter en une radio capable de rivaliser avec les stations périphériques »Le Monde, , .. Le la station devient France Inter, à la suite du concours « Baptême RTF 64 ». Ce concours est lancé auprès des auditeurs à l’occasion de l’ouverture de la Maison de la Radio inaugurée le .. Dhordain détourne à cette occasion les résultats du vote du public qui a choisi France Bleu, France Blanc et France Rouge, et décide personnellement que les trois stations de la radio publique s'appellent France Inter, France Culture et France Musique..

Période de l'ORTF (1964-1975)

L'ORTF succède à la RTF en et les Interservices se développent : Inter-Service Routes, Inter-Service Jeunes, Inter-Service Emploi, Inter-Service Rural, Inter-Service Bourse, Inter-Service Courses, Inter-Service Mer…

Le , est instaurée l'émission qui va devenir l'une des plus durables de l'histoire de la radio, le Pop club de José Artur.

En la grève est votée à l'ORTF. Ce qui n'est pas du goût du président de la République Charles De Gaulle qui demande à Georges Gorse, ministre de l'Information, de « mettre les trublions à la porte », et de placer les émetteurs sous la protection de la police et de l'armée. En réponse, l'intersyndicale de France Inter organise « l'opération Jéricho » : chaque jour des journalistes, ouvriers, lycéens, gens du spectacle, auditeurs marchent pendant une heure autour de la Maison de la Radio. Le , le personnel de l'ORTF reprend le travail. Roland Dhordain, qui a quitté la radio, revient et reprend son poste de directeur. En août, de l'ORTF, dont 23 de la rédaction radio, sont écartés.

Jacques Chancel reçoit son premier invité le dans sa Radioscopie, diffusée ensuite tous les jours en semaine de à . En , les premiers pas des astronautes sur la Lune sont diffusés en direct d’Apollo XI pendant dans le cadre du programme commun Radio Terre diffusé à la fois sur France Inter, France Culture et Inter Variétés sur ondes moyennes.

Période de Radio France, depuis 1975 vignette|Émission mythique des années 1980 produite par Claude Villers en juge président, le Tribunal des flagrants délires ici avec « l'accusé » Patrick Dewaere à droite et l'avocat véreux Luis Rego en bas à gauche, le vendredi .

Le , France Inter devient une des chaînes de la société nationale de radiodiffusion Radio France, issue de l'éclatement de l'ORTF, Radio France conservant la dénomination des chaînes de radios utilisée par l’ORTF (France Inter, France Culture, France Musique, FIP) et créant à cette occasion RFI. Le démarrage de Radio France n'est toutefois effectif que le à minuit et France Inter se dote d'un nouvel habillage. À partir des années 1980, France Inter privilégie les émissions d'information à celles de divertissement.

France Inter s'engage, de fait, en 2005 en faveur de l'adoption du traité constitutionnel européen, mais sans le revendiquer officiellement. Les partisans du « Oui » lors du référendum sont surreprésentés parmi les invités politiques, tandis que Stéphane Paoli, animateur de la matinale, et Bernard Guetta, futur député européen et alors chroniqueur géopolitique, militent ouvertement pour le traité. Stéphane Paoli reviendra par la suite de manière critique sur cet engagement dans un livre-enquête sur la radio..

Entre avril et , les émissions Rue des Entrepreneurs. et Allô la planète. disparaissent tandis qu'en , Frédéric Schlesinger, le nouveau directeur général arrête l'émission de nuit quotidienne très populaire Allô Macha, créée le , malgré les vives protestations des auditeurs..

2014-2022 : ère Laurence Bloch Après dix ans passés avenue du Général-Mangin en raison des travaux de rénovation de la maison de la Radio, France Inter se réinstalle dans ces locaux le .

Le , France Inter se dote d'un nouvel habillage sonore accompagnant désormais la nouvelle grille de programmes de celle-ci, qui a pour vocation à faire remonter les audiences de la radio en chute libre depuis quelque temps..

Début , alors qu'une grève a lieu à Radio France, la Cour des comptes publie un rapport pointant du doigt les conditions de travail « très favorables » des radios publiques concernant le volume de travail, les compléments de rémunération, les avantages en nature, des services en surnombre. Le rapport critique notamment les sureffectifs de techniciens à France Inter en comparaison des autres radiosLes incroyables avantages des salariés de Radio France, bfmtv.com, ..

En 2017, la station est écoutée par plus de d'auditeurs en audiences cumulées chaque jour.. À la fin de l'année 2021 ce chiffre approche plus de d'auditeurs.

Pour la période comprise entre et , 45 % des invités politiques de la matinale de France Inter représentaient le centre (7,2 % La République en marche, 35,5 % le gouvernement et 3 % le MoDem et autres), 20 % représentaient la droite (Les Républicains et les partis proches), 20 % également représentaient la gauche (Parti socialiste, Europe Écologie Les Verts et les partis proches), 7 % représentaient La France insoumise et le Parti communiste français et 6 % représentaient le Rassemblement national..

Depuis 2022 : ère Adèle Van Reeth En , Adèle Van Reeth déclare dans une entretien accordé au Figaro .

En , France Inter licencie son humoriste vedette Guillaume Meurice suite à la réitération de ses propos d'un sketch polémique tenu dans l'émission Le Grand Dimanche soir. Dans la foulée, en guise de solidarité, d'autres humoristes ou chroniqueurs démissionnent, parmi lesquels Aymeric Lompret, Thomas Vdb, GiedRé ou Laélia Véron..

Si la radio marque une fin de saison historique.., la directrice Adèle Van Reeth est visée le par une motion de défiance signée par 80 % des 95 titulaires constituant la rédaction comprenant des chefs de service et des rédacteurs en chef. Ils dénoncent plusieurs et l’impossibilité à après avoir appris par voie de presse le retour de Patrick Cohen à la station à la rentrée prochaine pour tenir l'éditorial politique, poste occupé jusqu'alors par Yaël Goosz. Le choix de la direction est perçu comme un rejet pour la rédaction, épuisée par la campagne des européennes, l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron et les élections législatives anticipées. Si certains refusent de spéculer sur les raisons de cette décision, tous dénoncent . D'autres ont peur d'être accusés de déloyauté en rappelant que cela avait été la cause retenue pour le licenciement de l'humoriste Guillaume Meurice en juin. Une chronique de satire politique tenue par Charline Vanhoenacker est parallèlement annoncée pour les matinées ; sans prévoir de remplacement du Grand Dimanche soir à la suite de la démission successive de ses chroniqueurs après l'éviction de Guillaume Meurice.