prévention
La dénomination « papillomavirus humain » (PVH) ou virus du papillome humain (VPH) (en anglais human papillomavirus, HPV) s'applique à différents virus à ADN de la famille des Papillomaviridae susceptibles d'infecter l'humain. On en connaît environ différents. Les PVH se transmettent par simple contact et peuvent infecter la peau et les muqueuses. Les PVH infectant les muqueuses sont sexuellement transmissibles. Certains PVH sont notoirement connus pour être les agents étiologiques du cancer du col de l'utérus : 83 % des cancers dus au PVH affectent le col de l'utérus. Ils sont responsables d'un nouveau cas de cancer sur 20 chez les femmes.
Les manifestations cliniques de la contamination sexuelle les plus visibles sont les condylomes acuminés (dits également « verrues génitales », « végétations vénériennes » ou « crêtes de coq »), déjà décrits à l'Antiquité par Hippocrate. Elles sont principalement dues aux HPV 6 et 11. - Les VPH de type 6 et 11 causent des infections bénignes. Ils sont toutefois responsables de 90 % des cas de verrues génitales (condylomes). Ces verrues évoluent rarement en cancer. Mais elles peuvent causer la dysfonction sexuelle et même la dépression, en plus de perturber la vie de couple.. Dans un premier temps, cette infection régresse spontanément dans 90 % des cas mais peut réapparaître par la suite tout au long de la vie d'une personne préalablement infectée.. Lorsque le virus est toujours présent deux ans après l'infection, pour certains génotypes (notamment les HPV 16, 18, 31, 33 et 35), l'infection évolue en cancer du col de l'utérus dans 5 % des cas. Cette découverte a valu à Harald zur Hausen le Prix Nobel de physiologie ou médecine en 2008.
L'infection par le papillomavirus humain peut aussi être un précurseur de la plupart des cancers anogénitaux, ainsi que des cancers de l'oropharynx et probablement de la cavité buccale et du larynx, contribuant à environ par an dans le monde et prématurésInternational Agency for Research on Cancer IARC. Monographs on the evaluation of carcinogenic risks to humans: biologic agents. Human papillomaviruses. Vol. 100B. Lyon, France: IARC; 2012.. En France, plus de cas de cancers sont dus aux papillomavirus chaque année, chez des femmes dans 3/4 des cas (col de l’utérus, vulve, vagin, anus et sphère ORL) et chez les hommes pour 1/4 des cas (ORL, anus, pénis).
Le préservatif est un mode de protection recommandé, mais n'est pas fiable à 100 %. ; la vaccination est de ce fait la prophylaxie recommandée par les autorités de santé. Si elle cible les souches les plus dangereuses pour l'humain, elle est inefficace sur les personnes déjà infectées. Le dépistage du cancer du col utérin, assorti d'un traitement en cas de présence de cellules précancéreuses ou cancéreuses, est un moyen efficace afin de diminuer le risque de mortalité une fois l'infection contractée. Des frottis de dépistage réguliers sont indispensables en complément des vaccins, entre 25 et 65 ans. Ces frottis permettent de prélever des cellules sur le col de l'utérus, pour une analyse en laboratoire (examen cytologique avant 30 ans, test HPV-HR après 30 ans).
En place depuis 2005, la vaccination préventive des adolescentes contre ce type de virus vise à réduire la prévalence de ce cancer. En France, la vaccination est recommandée entre alors que l'OMS la recommande entre , mais un rattrapage peut avoir lieu jusqu'à 19 ans. Depuis 2019, l'OMS recommande d'élargir la vaccination aux jeunes hommes aux mêmes âges que les jeunes femmes, soit entre avec un rattrapage jusqu'à . En effet, près d'un homme sur trois serait porteur du virus..
Au Royaume-Uni, la vaccination a mis fin à la mortalité liée au cancer du col utérin chez les femmes de moins de 30 ans.
Toutefois, en France, seuls 37 % des adolescents sont vaccinés contre le papillomavirus humain, dont moins de 10 % de garçons, un taux qui situe le pays au parmi les européens.
Histoire Vers 1925, Georgios Papanicolaou décrivait des anomalies de la forme, de la taille et du noyau des cellules du col utérin en rapport avec le cancer de col de l’utérus mais sa découverte ne fut considérée en médecine que vingt ans plus tard. Ce dépistage cytologique avait une sensibilité moyenne (50 %.). Sa découverte fut le pilier du dépistage du cancer du col pendant des décennies.
À la fin du , Harald zur Hausen trouva la raison de ces modifications : une infection persistante par le papillomavirus. L'apparition au début des années 2000 d'un diagnostic virologique beaucoup plus sensible fait sur le même prélèvement endocervical que sur celui utilisé pour un frottis cytologique a fait que le diagnostic virologique est maintenant le seul utilisé dans beaucoup de pays. Le prélèvement pour ce test peut être fait par la femme elle-même.
La prévention de l'infection par HPV a été rendue possible en 2006 par la vaccination.
Les papillomavirus humains (VPH) Ce sont des petits virus à ADN double brin circulaire qui infectent les épithéliums cutanés ou muqueux. Le génome est constitué d'environ de bases. Le virion est non enveloppé, il est donc particulièrement résistant dans le milieu extérieur (froid, solvants organiques, détergents). La capside est à symétrie cubique constituée de en structure icosaédrique, de de diamètre, et renferme une copie du génome.
alt=|vignette|Aspect en 3D de l'HPV 16. Rendu de .. Le type 16 est un des agents cancérigènes le plus important de l'être humain..|gauche
Le papillomavirus est hautement spécifique de l'espèce hôte.. Ce virus se multiplie exclusivement dans les kératocytes, type cellulaire présent uniquement dans les cellules de l'épithélium malpighien non-kératinisé comme l'épithélium cervical ou vaginal et l'épithélium malpighien kératinisé comme l'épiderme. L'altération de la production de la kératine est un marqueur de la carcinogenèse.. Il ne se multiplie pas sur culture cellulaire.
Les papillomavirus humains appartiennent principalement au genre α-Papillomavirus. On en compte plus de . identifiés et séquencés Bernard HU, Burk RD, Chen Z, van Doorslaer K, zur Hausen H, de Villiers EM. « Classification of papillomaviruses (PVs) based on 189 PV types and proposal of taxonomic amendments » Virology 2010;401(1):70-9. .. Ils ont une spécificité d'hôte étroite (spécifique d'une espèce), ainsi qu'une spécificité de tissus.
Ils sont désignés par un nombre croissant (HPV 1, HPV 2 etc.) donné en fonction de l'ordre chronologique de leur découverte.
Les virus HPV 16, 18, 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58, 59 sont des virus oncogènes prouvés. Le type 16 est la cause d’environ 50 % des cancers du col utérin dans le monde et les types 16 et 18 représentent ensemble environ 70 % des cancers du col utérin. Certains types de HPV sont des oncogènes prouvés, découverte qui valut à Harald zur Hausen le Prix Nobel de physiologie ou médecine en 2008.
Le génome des virus génitaux code huit gènes (et autant de protéines) Schiffman M, Castle PE, Jeronimo J, Rodriguez AC, Wacholder S, « Human papillomavirus and cervical cancer » Lancet 2007;370:890-907...
Ce virus est particulièrement résistant. Dans les blocs opératoires, les interventions pour ablation chirurgicale de lésions cutanées condylomateuses sont toujours faites en dernier.
Épidémiologie et transmission du virus Avec environ cas de cancers par an en France (col de l’utérus, vulve, vagin, anus et oropharynx)., les femmes sont les plus touchées par les cancers induits par différentes souches de papillomavirus mais les infections à VPH concernent également les hommes avec environ cas de cancers VPH-induits chaque année en France (anus, pénis et plus fréquemment oropharynx) avec un risque d’infection particulièrement élevé chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.
Les papillomavirus humains cutanés sont souvent présents sur la peau normale de sujets sains. On parle d'infections cutanées asymptomatiques, qui apparaissent très tôt dans l'enfance. La plupart des infections à papillomavirus sont latentes ou transitoires. Les lésions induites par ces virus régressent spontanément la plupart du temps. Néanmoins, le caractère cancérigène du virus a été mis en évidence par la capacité du virus à s'intégrer au génome de la cellule pour produire des protéines qui inactivent celles (P53, RB) produites par les gènes suppresseurs de tumeurs.. Plus de 50 % des infections au VPH disparaissent en six à douze mois et 80 % sont guéries avant cinq ans..
La transmission peut se faire aussi par une sonde d'échographie endovaginale. Un protège-sonde doit être utilisé et non pas un préservatif.
La transmission périnatale d’une infection symptomatique semble rare. Lorsqu’elle survient, l’infection est associée à des lésions génitales et à des lésions des cordes vocales. On ignore la durée de la période d’incubation. Habituellement, la transmission périnatale devient cliniquement apparente au cours des deux premières années de vie.
Infections génitales Ce sont les infections génitales qui ont été les plus étudiées. Le VPH est la principale cause d'infections sexuellement transmissibles (IST) aux États-Unis Weinstock H, Berman S, Cates W. « Sexually transmitted infections in American youth: incidence and prevalence estimates; 2000 » Perspect Sex Reprod Health 2004;36:6-10.. Bien que sa prévalence L'estimation de la prévalence dépend en fait des techniques utilisées pour la détection des papillomavirus : recherche du génome, d'anticorps spécifiques. La présence de virus ne signifie pas pour autant qu'il y a infection symptomatique. soit élevée (près de 25 % de la population féminine pubère), elle est particulièrement importante chez la jeune femme de moins de Eileen F. Dunne, Elizabeth R. Unger, Maya Sternberg, Geraldine McQuillan, David C. Swan, Sonya S. Patel, Lauri E. Markowitz. « Prevalence of HPV infection among females in the United States » JAMA. 2007;297:813-819. : plus de la moitié des lésions de bas grade régressent spontanément en quelques années, 10 % évoluant vers des lésions de haut grade ; environ un tiers des lésions de haut grade régressent spontanément, 5 % évoluant vers un cancer.
Les infections par le VPH sont peu immunogènes. Seulement 40 à 60 % des femmes positives à l'ADN viral au col de l'utérus présentent une séroconversion au génotype viral incident. 10 % des infections sont persistantes alors que la charge virale du VPH dans les infections non persistantes atteint un plateau d'environ 13 à 20 mois, suivi d'une phase de décroissance rapide..
On considère ainsi que la majorité des personnes sexuellement actives ont eu au moins une infection à papillomavirus à potentiel cancérogène élevé au cours de leur vie, surtout au cours des premières années de la vie sexuelle.
Le virus se transmet par contact direct avec une peau ou une muqueuse contaminée, par voie buccale, auto-inoculation (la transmission de verrues vulgaires est favorisée par le grattage) et par contact indirect (objets ou surfaces contaminés, locaux favorisant la propagation des verrues plantaires) ; la transmission est sexuelle dans le cas des condylomes anogénitaux ; la transmission du papillome laryngien s'effectue de la mère à l'enfant lors du passage dans la filière génitale.
De 1 % à 2 % des hommes et des femmes infectés présenteront des condylomes exophytiques cliniquement visibles.
La période d’incubation est d'environ deux à trois ans pour les condylomes exophytiques, exceptionnellement jusqu'à après le rapport à risque.