vignette|upright=1.3|La Grande Réserve sioux définie par le traité de Fort Laramie de 1868. La Grande Réserve sioux ( en anglais) est une réserve indienne établie en 1868 par le traité de Fort Laramie qui contraint le territoire des tribus Sioux à une partie du Dakota du Sud et du Nebraska.
Histoire
Traité de Fort Laramie Au milieu des années 1860, le gouvernement des États-Unis met en place une politique afin de rassembler tous les Amérindiens dans des territoires restreints et clairement définis appelés réserves. En 1868, le gouvernement propose un accord aux tribus Sioux (Brûlés, Oglalas, Lakotas, Yanktonnais, Arapahos.) qui s’appellera le traité de Fort Laramie. Ce document prévoit entre autres : La création d'une réserve englobant toutes les terres du Dakota du Sud se trouvant à l'ouest de la rivière Missouri où aucun colon ne pourra s'installer. Ce territoire est nommé, dès le départ, la Grande Réserve sioux (article II) ; Une zone de chasse à l'extérieur de la réserve, dans la zone limitrophe du Nebraska (article XI) et une zone réservée s'étendant dans le Wyoming, le Montana et le Dakota du Nord. Ce territoire n'est pas considéré comme cédé par les tribus amérindiennes () et n'a pas le droit d'être colonisé par les Blancs (article XVI) ; La construction d'une agence du Bureau des affaires indiennes, d'un moulin à broyer le grain, d'un cabinet d'un médecin, de plusieurs écoles situés sur la réserve Sioux. Toutes ces infrastructures seront gérées par des employés payés par le gouvernement (article IV) ; L'organisation de l'attribution de parcelles individuelles aux Amérindiens et l'approvisionnement de vêtements, de couvertures et de rations de nourriture à distribuer à tous les Dakotas et Lakotas vivant dans les limites de la réserve des Sioux (article XIII).
Le traité garantit que toute modification de ce document doit être approuvée par les trois quarts de tous les adultes mâles Sioux (article XII). Au total, c'est un territoire de qui est prévu pour les Sioux. En retour, ceux-ci doivent se limiter à cette superficie plus petite que leur territoire originel, ne pas attaquer les colons Blancs, ne pas s'opposer à la construction de lignes de chemin de fer, ni attaquer ces derniers.
Voyant les forts construits le long de la piste Bozeman être abandonnés, le chef Red Cloud, chef Oglala, signe de bonne foi le traité. Parce qu'ils vivent déjà à l'intérieur ou à proximité des limites de la Réserve sioux, les Lakotas et les Dakotas qui vivent dans le sud-est signent également sans problème le traité de Fort Laramie en 1868.
Cependant, les trois quarts des Sioux ne signent pas le traité. De nombreux Lakotas vivant au nord de la piste Bozeman ne le signent pas non plus. Il y a bien une partie des Hunkpapas, des Sihasapas et des Yanktonais (Nakotas) qui accepte de se déplacer sur la partie nord de la réserve des Sioux. Mais beaucoup refusent comme les Yanktonais dirigés par le chef Two Bears, qui vivent d'élevage sur la rive est du Missouri, refuse de traverser le fleuve pour aller dans la nouvelle réserve. Ceux-ci maintiennent malgré cela une relation amicale avec les agents du Bureau des affaires indiennes. Et il y a surtout Sitting Bull, un Hunkpapa, qui rejette toutes les versions du traité et qui commence à devenir un leader reconnu comme un des seuls à refuser de céder aux instances du gouvernement américain.
Beaucoup de Lakotas refusent de reconnaître le traité de 1868, le jugeant trop défavorable en leur encontre. De plus, le gouvernement ne respecte pas tout de suite les dispositions du traité qui promet la fourniture de rations, de vêtements, et la construction d'écoles. En dépit du traité, toujours plus de Blancs s'installent sur le territoire amérindien. Ces contestataires continuent de vivre dans leurs territoires d'origine se trouvant souvent sur les terres « non cédées » par le traité (voir plus haut l'article XVI), chassent le bison, et maintiennent leurs modes de vie traditionnels.
Mais dans les années 1870, les États-Unis cherchent à mieux faire appliquer le système de réserve et à limiter les Amérindiens à certaines zones pour privilégier les colons. La politique fédérale encourage également les Amérindiens à abandonner leur mode de vie nomade pour une vie sédentaire et agricole. En confinant les Amérindiens dans les réserves, le gouvernement fédéral mène une politique d'assimilation intense. Cela passe par l'abandon forcé du mode vie traditionnel des Amérindiens, par une éducation aux mœurs euro-américaines et également par la christianisation.
Comme moyen d'encourager la christianisation des Amérindiens, le gouvernement fédéral affecte en 1869 diverses confessions religieuses pour administrer les réserves et créer des écoles pour effectuer la politique « civilisatrices » du gouvernement fédéral.
En parallèle, les Lakotas vivants en dehors de la réserve se plaignent régulièrement de la présence grandissante des Blancs. Sitting Bull accuse le gouvernement fédéral d'ingérence et prévient qu'il défendra son peuple. En réponse le gouvernement bâtit toujours plus de forts afin d'assurer la protection des colons.
Ruée vers l'or vignette|Frontières de la Grande Réserve sioux au cours de l'Histoire.
La violation des terres sioux la plus célèbre est celle de 1874 lors de l'expédition des Black Hills par des géologues et des soldats sous la direction du général George Custer, qui est envoyée par le gouvernement fédéral pour trouver des gisements d'or. Les Sioux protestent vivement contre la violation directe du traité de 1868. Bien que le gouvernement admet que cette expédition est illégale, il justifie l'expédition en déclarant qu'elle n'a seulement pour but d'obtenir des informations sur la richesse minérale des Black Hills. Lorsque la rumeur court qu'il y a de l'or dans les Blacks Hills, c'est une véritable ruée vers l'or dans l'est du Dakota du Sud et de nombreux Blancs pénètrent et s'installent dans la Réserve sioux. Les Amérindiens considèrent cette arrivée massive de colons comme une intrusion et tentent de faire valoir leurs droits. Mais l'intervention de l'armée pour empêcher les colons de s'installer dans la réserve est inefficace. En 1875, les Black Hills sont envahies par les prospecteurs.
Malgré ces tensions, le gouvernement des États-Unis intensifie sa politique des réserves pour tous les Indiens de l'Ouest. Il désire que tous les Lakotas et tous les Dakotas soient dans les limites de la Grande Réserve sioux. Les Yanktonais dirigés par Two Bears, vivant sur la rive est du Missouri, sont forcés de se déplacer et de traverser la rivière. L'agent fédéral de Standing Rock met en œuvre une politique visant à « civiliser » les Amérindiens en les encourageant à construire des maisons en rondins et de pratiquer une agriculture euro-américaine.
Le gouvernement fédéral distribue également des rations de nourriture à tous les Amérindiens vivant dans les limites de la réserve des Sioux. Ces rations consistent en de la farine, du saindoux, du bacon, du sucre, du café, et du bœuf. Seuls les Amérindiens vivant sur la réserve peuvent obtenir des rations. Celles-ci sont utilisées comme un moyen de garder les Amérindiens sur la réserve et de les décourager à poursuivre leur mode de vie traditionnel de chasseur. Le gouvernement fédéral distribue aussi des vêtements, des couvertures et du tissu pour les Amérindiens. Cela aussi, est fait pour décourager la poursuite de l'ancien style de vie des Sioux. Néanmoins, les hivers étant rudes et les rations arrivant souvent en retard, les Amérindiens continuent de quitter la réserve pour chasser hors des territoires.
Bataille de Little Bighorn
vignette|upright=1.3|Détail de la carte ci-dessus où l'on voit la zone de conflit entre les Sioux et le général Custer. Le flot de mineurs dans les Black Hills continue, et le gouvernement fédéral fait peu pour décourager ces intrus. Les Sioux refusent de négocier un autre traité. Alors plutôt que de respecter le traité de Fort Laramie, le gouvernement déclare que plus aucun Amérindien n'est autorisé à séjourner dans les Black Hills et tente de forcer tous les Dakotas et tous les Lakotas vivant entre les Black Hills et la rivière Little Bighorn à revenir dans les limites de la réserve sioux.
En , la politique du gouvernement se durcit. Les personnes vivant dans des campement d'hiver hors de la réserve reçoivent l'ordre de se présenter à l'agence fédérale la plus proche avant le , sinon ils seraient considérés comme hostiles et l'armée les pourchasserait.
De nombreux Sioux ne se plient pas au nouveau règlement. En , la campagne militaire contre les Sioux devient intense. Sitting Bull et Crazy Horse, un Oglala, sont les leaders du groupe refusant la domination américaine. gauche|vignette|upright|Le général George Custer. En juin, comme cela est de coutume chez les Sioux, les Dakotas et les Lakotas se réunissent pour chasser et pour procéder à la cérémonie de la danse du soleil. Au cours de la danse du soleil, Sitting Bull dit avoir eu une vision : de nombreux soldats américains morts et une grande victoire amérindienne.
Quelques jours après la danse du soleil, le , le général George Crook attaque les Sioux et les Cheyennes qui campent le long de la rivière Rosebud mais les Amérindiens arrivent à fuir.
Le , George Custer et ses troupes découvrent un grand campement amérindien le long de la rive de Little Bighorn. Custer lance une attaque mais dans cet affrontement terrible de 45 minutes, tous les hommes sous son commandement trouvent la mort. Craignant des représailles après la bataille de Little Bighorn, le camp amérindien se divise et fuit dans plusieurs directions.
Cet évènement va amener de nombreux déplacements de militaires dans la réserve et autour. L'armée traque sans relâche Sitting Bull et ses hommes. Ceux-ci traversent la frontière américano-canadienne en .
Fin 1876 et début 1877, tous les Amérindiens retournant vivre dans la réserve doivent remettre leurs armes à feu et leurs chevaux à l'armée et tous ceux vivant trop loin des agences fédérales doivent s'en rapprocher afin d'être mieux surveillés. Les Sioux sont dès lors confinés dans la réserve et sont considérés comme des prisonniers de guerre.
Perte des Blacks Hills
Traité non respecté À la fin de l'été 1876, le gouvernement des États-Unis essaie de récupérer légalement les Black Hills. Bien que les Amérindiens ne soient plus autorisés à y séjourner, le territoire leur appartient toujours selon le traité de Fort Laramie de 1868. Seulement, les trois quarts des hommes Sioux doivent approuver ce changement pour qu'il soit effectif. Le gouvernement fédéral envoie donc des représentants dans chaque tribu pour expliquer leur proposition et obtenir les signatures nécessaires. Mais les Sioux ne sont pas disposés à perdre encore un peu plus de leur territoire.
Malgré l'absence de voix nécessaire, le Congrès américain ratifie la loi en 1876 et en , s'empare des Black Hills et annule le droit de chasse sur les terres en dehors de la réserve. Lors de l'audition de l'annexion des Black Hills, Henry Whipple, le président de la commission chargé d'obtenir le consentement des Sioux, déclare :
Une assimilation douloureuse En 1877, le contrôle des Sioux est dur et inflexible. L'accès aux terrains de chasse est fermement interdit, et sans chevaux ou armes, les Amérindiens sont contraints d'accepter les rations alimentaires du gouvernement et les distributions de vêtements. Le gouvernement encourage l'autosuffisance en imposant l'agriculture, quelque chose de culturellement nouveau pour les Sioux. La sécheresse, les sauterelles, et le sol alcalin font qu'il est presque impossible pour les Amérindiens d'arriver à l'autosuffisance agricole. Les terres indiennes ne sont pas adaptées pour l'agriculture, alors que la plupart des meilleures terres sont réservées aux colons.