L'économie du Botswana traite de la situation économique conjoncturelle et structurelle du Botswana de nos jours.

Historique Lors de sa mise formelle sous protectorat par les Britanniques en 1885, le Bechuanaland n'est que l'arrière-cour semi désertique de l’Afrique du Sud, et le rôle du gouvernement se limite essentiellement à contrôler les tensions qui opposent les locaux (essentiellement des Shonas) aux et boers. Le seul projet industriel d’envergure est l’attribution d’une bande de terre à Cecil Rhodes pour la construction du chemin de fer Le Cap - Le Caire vers la fin du .

Lors de son indépendance en 1966 était l'un des 25 plus pauvres du monde, se classe désormais parmi les plus prospères du continent. De fait, il s'agit du seul pays au monde qui a pu lors de la période 1970-2000 afficher une croissance annuelle moyenne de près de 9 %.thumb|left|Le Botswana et ses ressources.Au : Or ; C : Charbon ; Co : Cobalt ; Cu : Cuivre ; Dm : Diamants ; Gm : Pierres précieuses ; Mn : Manganèse ; Ni : NickelSource: USGS

Lorsque le Botswana accède à l’indépendance le , sa capitale Gaborone n'est guère qu’un village de quelques milliers d'âmes, une poignée de kilomètres de routes seulement dans tout le pays sont goudronnées, et l'on n'y trouve que deux écoles secondaires offrant un cycle complet de 5 ans, comptant 80 élèves en tout et pour toutBanque mondiale, Botswana. Towards prosperity for all. A comprehensive Development Framework profile, ref. , 2004, .. La seule « richesse » du pays, essentiellement couvert par le désert du Kalahari, est alors l’élevage extensif de bovins. Les choses changent de manière radicale à partir de juillet 1971 avec l'ouverture par la compagnie sud-africaine De Beers de la plus grande mine de diamants du monde à Orapa. À partir de ce moment, et soutenue par les investissements étrangers et un gouvernement efficace et transparent, la croissance du produit intérieur brut s'est maintenue aux alentours de 8 % annuellement jusqu'à la fin des années 1990. Entre les recensements de 1985-86 et 2002-03, la proportion de la population vivant sous le seuil de pauvreté absolue a ainsi pratiquement diminué de moitié (de 57 % à 30 %).

Avec la stabilisation prévue de la production de diamants, le gouvernement botswanais a commencé depuis le début des années 2000 à diversifier plus sérieusement l'économie et la rendre moins dépendante du secteur minier, notamment avec l’externalisation des services et du tourisme, ce dernier représentant 5 % du PIB et 1 emploi sur 10.

Les rythmes de croissance économique connus depuis 2000 était en ralentissement comparativement aux précédentes années, de l'ordre de 4 % par an. La crise financière de 2007-2010 a eu des conséquences importantes sur la croissance du Botswana, avec une contraction de plus de 10 % du PIB en 2009 selon le FMI, avec probablement une amélioration notable de la situation dans le futur.

En 2022, le Botswana est une petite économie de 2,3 M habitants, pour un PIB de près de 19 Mds USD. Le pays est le septième pays le plus riche d’Afrique sub-saharienne (PIB par tête de 7 250 USD). Alors que le taux de croissance annuel moyen du Botswana était proche de 7% dans la première moitié des années 2010, il a atteint moins de 3% lors de la seconde (hors 2020). Cela s’explique d’abord par les mutations observées sur le marché du diamant – volatilité de la demande et tendance à la baisse des prix.

Ressources naturelles De par sa structure de production peu intensive en main-d'œuvre, le secteur minier est à la fois une richesse pour le pays -les revenus combinés du diamant et du nickel-cuivre passant de zéro à l'indépendance à 90 % des exportations à la fin des années 1980 (avec un trou en 1981, année de dépression pour le marché mondial du diamant)- et une enclave séparée du marché de l'emploi : la part de la population active employée dans le secteur n'a jamais dépassé les 10 % (au début des années 1980) et se maintient aujourd'hui aux alentours de 5 %. Deux compagnies minières, Debswana (une société mixte formée à égalité par le gouvernement botswanais et la sud-africaine De Beers) et Bamangwato Concessions Ltd. (également détenue en partie par le gouvernement botswanais) gèrent les immenses ressources minérales du pays. Lors d'un recensement opéré en août 2004, il est apparu que 64 compagnies se partageaient un total de 556 licences de prospection, dont 432 concernaient le diamant ou des pierres précieuses..

Diamants L'exportation des diamants représente 90 % des exportations.

Après l'extension de la mine d'Orapa (Orapa 2000), Debswana a négocié en 2004 un renouvellement pour 25 ans de ses concessions d'exploitation. Si la participation du gouvernement dans Debswana se limite à 50 % du capital, la part des profits qui lui revient est de 75 à 80 %T. Duncan, K. Jefferis, P.Molutsi, Botswana: développement social dans une économie riche en ressources, Économica (non publié), UNICEF, 1997, disponible en ligne. Les coûts d'exploitation ne dépassant pas 20 %, les profits sont importants.. Contribution du secteur minier aux PIB, budget de l’État et exportationsAnnée PIB (%)Recettesde l’État (%)Revenusd’exportation (%)1967 1,6011972 115441976 1427571980 2331811981 2233651985 4147871989 5159891993 3340821995 335176Source: Office central des statistiques du Botswana La compagnie De Beers ouvrit la première mine à Orapa en 1972, après avoir payé en 1969 20 millions de dollars pour la licence d'exploitation: en quatre mois cet investissement était déjà couvert par les profits générés par la mine. Un juriste envoyé au gouvernement du Botswana par la Banque mondiale insista pour la renégociation du contrat de licence, soulevant l'opposition du cartel qui obtint de la Banque qu'elle déclare que l’avocat n'agissait pas en son nom. La découverte d’un second gisement renforça cependant la position du gouvernement, et l'accord fut effectivement renégocié.. thumb|200px|Les 10 premiers pays exportateurs de diamant. Quatre exploitations sont aujourd’hui en activité : après Orapa (découverte en 1967, ouverte en 1972) vint Letlhakane en 1975, puis Jwaneng en 1982, considérée aujourd'hui comme le gisement le plus riche du monde. Damtshaa a pour sa part démarré ses opérations en 2002. Second producteur de diamants au monde après l’Afrique du Sud avec 30 millions de carats (soit , près du quart de la production mondiale en 2004) pour les seules mines gérées par Debswana, le Botswana est grâce à la qualité de ses pierres le premier producteur mondial en valeur absolue. Grâce aux profits quasi monopolistiques réalisés par De Beers sur les marchés mondiaux, les revenus du diamant sont stables.

Cette polarisation autour du diamant rend l’économie très vulnérable aux chocs externes (crise de la Covid-19 notamment). Conscient du caractère limité de cette ressource (20 à 30 ans de réserves estimées), le gouvernement affiche depuis de nombreuses années comme priorité la diversification de la base productive et multiplie les initiatives pour faire la promotion du pays auprès des investisseurs étrangers et développer les relations commerciales avec l’extérieur.

Nickel, cuivre et autres minerais

L'extraction de ces deux métaux est entre les mains de BCL (compagnie en partie détenue par l'État et qui a subi des pertes d'exploitation chroniques) et Tati Nickel Mining Co. (filiale d'une compagnie canadienne, LionOre Mining Ltd.), les gisements étant situés dans la région de Selebi-Phikwe. Le minerai extrait, un agrégat de nickel, chrome et cuivre, est ensuite envoyé pour raffinage en Norvège et au Zimbabwe.

Tati utilisant jusqu'en 2004 la fonderie de BCL, l'extension de ses opérations et l'acquisition d’un site de transformation propre à la compagnie devrait entraîner une augmentation des volumes disponibles pour BCL, qui après de sévères restructurations commence depuis les années 2000 à dégager des bénéfices. Le lancement par BCL de nouvelles prospections devrait permettre d'utiliser les capacités nouvellement libérées. Cependant, la faible population locale ne pouvant soutenir la consommation de verre produit localement, l'essentiel du minerai est exporté.

Environ d’or ont été extraits du sol botswanais à Mupane, dans la région de Francistown en 2004. Des projets d'exploration et de recherche de plomb, argent, et zinc ont été menés et se sont révélés fructueux dans la zone de Kihabe, à au nord de Gaborone.

Charbon et gaz naturel

Du méthane a récemment été découvert en conjonction avec les mines de charbon de Morupule (près de Francistown, la quantité commercialement disponible étant estimée à . L'exploitation a démarré courant 2004. Le charbon produit (environ /an) est pour sa part destiné pour moitié à la centrale thermique de Morupule, qui fournit 30 % de l’électricité du pays (le reste est importé) et alimente les mines de nickel-cuivre et de natron de BCL.

Infrastructures Routes, transports

Le Botswana ne dispose pas de réseaux structurés de transports en commun.

Si les bailleurs externes ont historiquement assuré l'essentiel des investissements routiers (l'autoroute Trans-Kalahari est par exemple due à la Banque africaine de développement), chaque année 15 à 20 % des investissements gouvernementaux dans les infrastructures sont également assignés au secteur des transports, les montants engagés excédant plus d'une fois ce plancher. En 2003, le pays comptait près de de voies goudronnées: celles-ci s'étendent jusqu'aux frontières avec la Zambie et le Zimbabwe, réduisant ainsi partiellement la dépendance vis-à-vis du géant sud-africain voisin. Les moyens alloués à l'entretien sont cependant encore insuffisants, et nombre de routes sont à reconstruire: les quatre tronçons principaux reliant le pays à l'Afrique du Sud sont également inadaptés à l'important trafic entre les deux pays. L'État explore donc des méthodes alternatives de développement lui permettant de faire face à ces contraintes : les partenariats public-privé se multiplient, l'entretien est délégué au secteur privé, et des péages sont progressivement installés sur les grands axes.

La principale ligne de chemin de fer reste la section du grand projet Le Cap - Le Caire, qui relie la ville sud-africaine du Cap à son homologue zimbabwéenne de Bulawayo, en passant par Lobatse, Gaborone et Francistown. Deux courtes extensions en direction des gisements de charbon de Morupule et de nickel-cuivre de Selebi-Phikwe sont plus récents, mais l'essentiel du réseau conserve un écartement étroit () hérité de l’Empire britannique (les voies modernes ont un écart de ), significatif de son âge avancé. Botswana Railways a cependant adopté un plan sur cinq ans, de 2003 à 2008 pour améliorer ses services.

Des 95 aéroports du pays, 10 ont des pistes permanentes et seul l'aéroport de Gaborone est réellement d'envergure internationale (moins de par an en 2001). Deux autres aéroports, ceux de Maun et de Kasane assurent également des dessertes au niveau régional. Le pays possède sa propre compagnie aérienne nationale, Air Botswana, qui se partage le marché avec quelques petits opérateurs au niveau local et dont la privatisation est annoncée. Si les grands aéroports sont contrôlés par le gouvernement, l'immense majorité des pistes locales dépendent d'opérateurs privésVoir aussi Gape Kaboyakgosi, Air and Road Transport in Botswana, Botswana Institute for Development Policy Analysis, SATRN Working Paper No. 5, avril 2003..

Énergie