Galina Vassilievna Starovoïtova (en ), née le à Tcheliabinsk et assassinée le à Saint-Pétersbourg, est une militante et personnalité politique russe, assassinée à .

Cette ethnographe, ancienne dissidente soviétique, devenu députée à la Douma, se fait connaître par son combat pour la protection des minorités ethniques, et la promotion de réformes démocratiques en Russie.

Biographie Carrière universitaire Née dans l'Oural, dans la ville de Tcheliabinsk, d'un père biélorusse et d'une mère russe, Starovoïtova obtient une maîtrise en psychologie sociale à l'Université de Leningrad en 1971. En 1980, elle obtient un doctorat en anthropologie sociale à l'Institut d'ethnographie de l'Académie des sciences de l'URSS, où elle travaille pendant dix-sept ansTen years without Starovoytova, Мария Калужская, Grani.ru, 20 November 2008. Elle effectue ses recherches sur le rôle des groupes ethniques dans les villes soviétiques, un sujet alors sensible. Sa thèse, publiée en 1987, est une étude des Tatars de Leningrad. Elle publie d'autres articles d'anthropologie, d'études interculturelles, se déplaçant dans les zones de conflit du Haut-Karabagh et de l'Abkhazie.

En 1988, elle est une partisane de l'auto-détermination du Haut-Karabagh, peuplée majoritairement d'Arméniens. En décembre de cette année, elle accompagne Andreï Sakharov dans son voyage en Arménie, Azerbaïdjan et Karabagh où ils tentent une médiation en vain.

De 1994 à 1998, elle est professeur invité au Watson Institute for International Studies à l'Université Brown situé à Providence aux États-Unis. Elle y tient des conférences sur l'auto-détermination des minorités ethniques.

Carrière politique Galina Starovoïtova commence sa carrière politique, en étant élue lors des élections législatives soviétiques de 1989 au Congrès des députés du peuple d'Union soviétique pour l'Arménie. Au Congrès, elle appartient à la faction réformiste, dirigée par Sakharov et qui compte dans ses rangs des personnalités comme Iouri Chtchekotchikhine, Sergueï Iouchenkov ou encore Boris Eltsine. Elle y concentre son travail sur la question des nationalités et la rédaction d'une nouvelle constitution soviétique. Elle défend également les Arméniens du Haut-Karabagh pendant le conflit arménien-azerbaïdjanais. En , Starovoïtova est de nouveau élue au Congrès des députés du peuple de Russie, depuis Leningrad, où elle sert jusqu'à sa dissolution en .

En 1991, Starovoïtova est porte-parole de Eltsine pendant sa campagne victorieuse à la présidence de la fédération de Russie. Elle devient le conseiller présidentiel sur les questions interethniques jusqu'à son remerciement fin 1992, sous la pression des conservateurs qui lui reprochent d'avoir critiqué le soutien de Moscou aux Ossètes contre les Ingouches dans le Ciscaucasie (Caucase du Nord).

Starovoïtova travaille ensuite à l'Institut pour l'économie en transition de Moscou, au mouvement Russie démocratique, et à l'Institut des États-Unis pour la paix. Avec l'ancien prisonnier politique Sergueï Grigoriants et le financement de George Soros, elle organise des conférences internationales à Moscou dans le milieu des années 1990.

En 1995, elle est de nouveau élue à la Douma, sous la bannière du Parti démocrate, un mouvement qu'elle dirige avec Lev Ponomarev et le prêtre orthodoxe Gleb YakounineChristopher Andrew and Vasili Mitrokhin, The Mitrokhin Archive: The KGB in Europe and the West, Gardners Books (2000), Yevgenia Albats and Catherine A. Fitzpatrick..

Ardente défenseuse des minorités ethniques et du droit à l'autodétermination, elle tente avec Sergei Kovalev et d'autres de négocier avec Djokhar Doudaïev pour empêcher la première Guerre de Tchétchénie. Ce dernier accepte de retirer son exigence d'indépendance immédiate et d'ouvrir des négociations8-я годовщина трагической гибели Галины Старовойтовой, interview with by Vladimir Alexeyevich Kara-Murza, Radio Svoboda, 20 November 2006 mais Eltsine, connu notamment par Sergueï Stepachine, directeur du FSB, décide de lancer les opérations militaires. Starovoïtova devient alors très critique à propos de Boris EltsineBullets Silence Voice of Reason, KM, Perspective, Volume IX, Number 2 (November–December 1998), Institute for the Study of Conflict, Ideology, and Policy, Boston University.

Starovoïtova s'oppose publiquement à l'omniprésence des services de sécurité en Russie et soutient la nécessité de la lustration (la publication de listes de collaborateurs des services secrets de l'ancien régime). Elle se trouve en opposition avec beaucoup des autres parlementairesRussia loses an icon, 21 November 1998, BBC News.

En , elle est à la tête du mouvement Russie Démocratique, devenu un parti officiel, pour les élections prévues en . En , Ievgueni Primakov, ancien directeur du Service des renseignements extérieurs (SVR), est nommé premier ministre, un choix auquel elle s'oppose. Par ailleurs, Vladimir Poutine est nommé à la tête du Service fédéral de sécurité (FSB), un organe dont elle critique les vastes pouvoirs.

Assassinat Starovoïtova est abattue à la porte d'entrée de son immeuble à Saint-Pétersbourg le . L'enquête est dirigée par le Ministre de l'Intérieur Sergueï Stepachine, un membre éminent du parti pro-occidental IablokoWayback Machine (archived December 25, 2007), CNN, 21 November 1998.

Selon l'enquête officielle, le meurtre a été organisé par l'ancien membre de la Direction générale des renseignements de l'armée (GRU) Iouri KoltchineAnna Politkovskaya (2007) , Random House, , .. Toutefois, les personnes qui ont ordonné et payé l'assassinat n'ont jamais été identifiées. En , Iouri Koltchine et Vitali Akichine, le tireur, sont reconnus coupables du meurtre et condamnés respectivement à 20 et d'emprisonnement. est également accusé par l'assistant de Starovoïtova, qui a survécu à l'attaque. Le , Viatcheslav Leliavine est condamné à de prison pour son rôle dans l'organisation de l'assassinat. D'autres suspects, Sergueï Moussine, Oleg Fedossov et Igor Bogdanov, sont toujours recherchésВерховный суд оставил в силе приговор по делу Старовойтовой, lenta.ru, 1 March 2007.

La dissidente Valéria Novodvorskaïa affirme que ce sont les services de sécurité qui ont décidé d'assassiner Starovoïtova du fait de son influence sur Boris Eltsine et de sa résistance à la nomination de Ievgueni Primakov au poste de Premier ministre.

Hommages vignette|250x250px|La pierre tombale de Starovoïtova à Saint-Pétersbourg, 2009. Peu de temps avant sa mort, Galina Starovoïtova crée un prix pour les contributions à la protection des droits de l'homme et la consolidation de la démocratie en Russie, parrainé par Irina Thomason.

En ont été récipiendaires : Gleb Yakounine, prêtre orthodoxe russe Larissa Bogoraz, fondatrice du groupe Moscou Helsinki Anatoli Sobtchak, ancien maire de Saint-Pétersbourg Les mères des soldats de Saint-Pétersbourg Iouli Rybakov, ancien député à la Douma Valéria Novodvorskaïa, cheffe de l'Union Démocratique Starovoïtova est enterrée au cimetière Saint-Nicolas de Saint-Pétersbourg. personnes assistent à ses obsèques.

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