L'autoroute 20 (A-20) est une autoroute interurbaine québécoise également désignée comme l'autoroute du Souvenir entre la frontière avec l'Ontario et la ville de Montréal, l'autoroute René-Lévesque le long du fleuve Saint-Laurent dans l'agglomération de Longueuil et l'autoroute Jean-Lesage à l'est de Montréal. Elle constitue l'un des principaux liens routiers du Québec, reliant les villes de Montréal et de Québec via la rive sud du Fleuve Saint-Laurent, parallèlement à l'A-40 située sur la rive nord du fleuve. L'A-20 est l'axe principal du corridor Québec-Windsor dans sa section québécoise. Elle dessert les régions de la Montérégie, de Montréal, du Centre-du-Québec, de Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent. Avec ses , elle est actuellement la plus longue autoroute québécoise. Par contre, un segment d'environ sépare l'autoroute en deux sections distinctes, près de son extrémité est. Elle est accompagnée tout au long de son trajet par différentes routes de desserte locale, qui peuvent aussi lui servir d'alternative lors de fermeture importante. Tout d'abord dans le Suroît, soit entre la frontière ontarienne et Vaudreuil-Dorion, la route 338 lui est parallèle, entre Longueuil et Lévis la route 116 joue ce rôle et finalement de Lévis jusqu'à la fin de l'autoroute à Mont-Joli, c'est la route 132 qui lui sert d'alternative.
Description Autoroute du Souvenir thumb|left|upright=1.0|Autoroute 20 ouest à l'approche de l'Ontario. L'Autoroute du Souvenir est la section ouest de l'A-20. Elle relie la frontière Québec-Ontario près de Rivière-Beaudette en Montérégie à l'échangeur Turcot à Montréal sur . Elle constitue le prolongement de l'autoroute 401, également connue sous le nom autoroute MacDonald-Cartier. Contrairement à l'autoroute Jean-Lesage, l'autoroute du Souvenir est située sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent. Elle fut nommée ainsi en 2007 en l'honneur des combattants d'hier et d'aujourd'hui et elle est identifiée à l'aide d'un coquelicot, symbole des anciens combattants.
Au kilomètre 29, l'A-20 croise l'A-30 (anciennement A-540) avant de devenir un boulevard urbain sur une dizaine de kilomètres (kilomètre 30 à 38) dans les villes de Vaudreuil-Dorion et de L'Île-Perrot. Elle traverse du même coup la rivière des Outaouais. La limite de vitesse est fixée à à Vaudreuil-Dorion et à L'Île-Perrot. L'A-20 redevient une voie rapide au kilomètre 38, tout juste avant la traversée du canal Sainte-Anne et d'atteindre l'Île de Montréal.
L'A-20 traverse ensuite l'ouest de l'Île et rejoint l'A-520 au kilomètre 56. L'échangeur Dorval est l'accès principal à l'Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau. Plus à l'est, l'A-20 croise l'A-13 et, à l'échangeur Saint-Pierre, la route 138 en direction du pont Mercier.
Anciennement, entre la sortie 64 donnant accès à la route 138 est et l'échangeur Turcot, donnant accès à l'A-15 et à la route 136 (ancienne A-720) (sortie 68), les chaussées de l'autoroute étaient inversées, la chaussée ouest étant au nord de la chaussée est. Les véhicules circulaient donc sur le côté gauche de la route, au lieu du côté droit. Les deux chaussées étaient séparées par des voies ferrées. Cette portion de l'autoroute a été reconstruite entre 2015 et 2019 dans le cadre du projet de reconstruction de l'échangeur Turcot, avec des chaussées dans le sens régulier. L'autoroute et les voies ferrées qui la longeait ont été reconstruites plus au nord, au bas de la falaise St-Jacques.
Autoroute 20 - Montréal La section de l'A-20 entre l'échangeur Turcot et le pont Samuel-De Champlain n'a pas d'appellation propre. Cette section forme un multiplex avec les autoroutes 10 et 15 et permet à l'autoroute de rejoindre la Rive-sud.
Autoroute René-Lévesque Cette section de de l'A-20 relie le pont Samuel-De Champlain au pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, en donnant également accès au pont Victoria et au pont Jacques-Cartier. Elle forme un multiplex avec la route 132. Son tracé longe la voie maritime du Saint-Laurent et passe à proximité du centre-ville de Longueuil. Le , la Commission de toponymie du Québec a officialisé le nom Autoroute René-Lévesque pour l'axe autoroutier parallèle au fleuve Saint-Laurent entre Candiac et Longueuil soient les kilomètres 42 à 53 de l'A-15 et les kilomètres 75 à 89 de l'A‑20Communiqué de la Commission de toponymie du Québec annonçant l'officialisation de l'autoroute René-Lévesque..
Autoroute Jean-Lesage L'autoroute Jean-Lesage est nommée en l'honneur du père de la révolution tranquille, Jean Lesage, premier ministre du Québec de 1960 à 1966. Cette portion de l'A-20 se divise en deux sections actuellement séparées d'environ : Section principale entre le Pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine et Notre-Dame-des-Neiges dans le Bas-Saint-Laurent. Section Rimouski entre Rimouski et Mont-Joli.
Section Principale
vignette|Le mont Saint-Hilaire vu depuis l'autoroute 20.
La section principale de l'Autoroute Jean-Lesage, les kilomètres 90 à 541, relie Longueuil à Notre-Dame-des-Neiges en passant par Lévis en longeant plus ou moins la rive sud du fleuve Saint-Laurent. Son extrémité ouest se situe à la jonction avec l'A-25 et la route 132 à l'extrémité sud du Pont-tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine. De là, elle se dirige vers l'est en s'éloignant du fleuve Saint-Laurent. Au kilomètre 98, l'A-20 croise l'A-30 près du Mont Saint-Bruno. Elle franchit ensuite la rivière Richelieu (km 112) au nord du Mont Saint-Hilaire avant de contourner la ville de Saint-Hyacinthe par le nord et de former un multiplex de avec la route 116 entre les sorties 141 et 147. Cette portion de l'autoroute est celle située le plus loin du fleuve Saint-Laurent, soit à environ . Entre Drummondville et Sainte-Eulalie, l'A-20 forme un multiplex de avec l'A-55.
L'A-20 poursuit sa traversée des basses-terres du Saint-Laurent, le bastion de l'agriculture québécoise, en se rapprochant tranquillement du fleuve Saint-Laurent. L'A-20 rejoint finalement ce dernier dans la région de Québec. Entre la région de Québec et son extrémité est, l'Autoroute Jean-Lesage n'est jamais située à plus de cinq kilomètres du fleuve. Au kilomètre 312, elle croise l'A-73 entre les Chutes-de-la-Chaudière et le Pont Pierre-Laporte. Elle contourne ensuite le centre-ville de Lévis par le sud avant de se diriger vers l'est, vers Montmagny, La Pocatière et Rivière-du-Loup. Cette section de l'autoroute offre des vues splendides sur le fleuve et les montagnes de la rive-nord, particulièrement le Mont Sainte-Anne et Le Massif de la Petite-Rivière-Saint-François. À l'ouest de Rivière-du-Loup, l'A‑20 croise l'A-85, en direction du Nouveau-Brunswick. L'extrémité est de la section principale de l'A-20 se situe à Notre-Dame-des-Neiges à environ à l'est de Rivière-du-Loup depuis l'automne 2015.
gauche|vignette|L'autoroute 20 traversant les monts Notre-Dame dans le Kamouraska gauche|vignette|Le passage à niveau sur l'autoroute 20 à Saint-Hyacinthe
La section comprise entre le pont-tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine et l'A-85 à Rivière-du-Loup (sortie 499) fait partie de la route Transcanadienne. La section principale de l'Autoroute Jean-Lesage est entièrement à chaussées séparées, elle possède quatre voies sur la majorité de sa longueur et six voies dans les régions de Montréal et de Québec. Près de la sortie 130 à Saint-Hyacinthe, il y a un passage à niveau (intersection avec le chemin de fer). Auparavant, il en existait plusieurs, mais ils ont soit été remplacés par des viaducs, soit simplement supprimés.
L'A-20 sert de toile de fond au film québécois Québec-Montréal où diverses intrigues se nouent et se dénouent pour des voyageurs le temps du trajet entre les deux principales villes québécoises. L'expression populaire « à l'autre bout de la 20 » fait référence à Montréal si on se trouve à Québec, et à Québec si on se trouve à Montréal.
Section Rimouski La seconde section de l'Autoroute Jean-Lesage, les kilomètres 597 à 641, relie Rimouski à Mont-Joli, à au nord-est. Elle est située à environ de la section principale. Cette section de l'A-20 est parallèle au fleuve Saint-Laurent et à la route 132, ses deux extrémités sont d'ailleurs situées sur cette route. Son tracé débute à l'extrémité est du quartier du Bic, contourne le centre-ville de Rimouski par le sud, à environ et se termine à l'entrée nord de Mont-Joli.
Cette section de l'A-20 est une autoroute à une seule chaussée comptant généralement deux voies et quelques voies de dépassement. Par contre, l'autoroute fut planifiée et construite en prévision de l'ajout d'une seconde chaussée. La majorité des viaducs surplombant l'autoroute comportent l'espace nécessaire pour accueillir les voies additionnelles. Présentement, il n'y a aucun plan pour la construction de cette . Ceci s'explique par le faible débit de circulation pour une autoroute, le débit journalier moyen annuel (DJMA) oscillant entre 7000 et 9900 véhicules. Selon les normes actuelles du ministère des Transports du Québec, il faut un débit de plus de par jour pour justifier la construction d'une autoroute à 4 voies.
Entre les kilomètres 621 et 628, une clôture électrique est installée de part et d'autre de l'autoroute pour empêcher les orignaux de se retrouver sur la route. Il y a également une traverse aménagée sous la chaussée aux environs du kilomètre 624 pour permettre aux animaux de traverser l'autoroute en sécurité.
Historique Le pont Champlain a été inauguré en 1962, mais la première section de l'A-20 fut ouverte en 1964. Au début des années 1960, avant même l'ouverture du pont Champlain, il était évident que les approches sud de ce nouveau pont étaient inadéquates. Celles-ci étaient la route de campagne 3, le long du rivage du Saint-Laurent (actuelle route 132), et la route 9 (actuelle route 134) à dans les terres. Le gouvernement du Québec élabora deux projets autoroutiers pour améliorer l'accès au pont; l'autoroute des Cantons de l'Est vers Sherbrooke et la transformation de la route 3 en autoroute sur , de Candiac à Longueuil, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent. Cette autoroute, très contestée, allait ainsi relier les différents ponts menant à l'Île de Montréal. La portion sud de cette autoroute allait éventuellement devenir les kilomètres 45 à 53 de l'autoroute 15, alors que la portion nord allait devenir les kilomètres 75 à 89 de l'autoroute 20. À l'automne 1962, Montréal fut désignée pour présenter l'Exposition universelle de 1967 dans le cadre du centenaire de la confédération canadienne. Pour ce faire, le réseau routier désuet de Montréal et du Québec devait être amélioré. Dans cette optique, les travaux de transformation des routes 3 et 9 en autoroutes commencèrent en 1963. Ces nouvelles autoroutes allaient permettre, entre autres, de faciliter l'accès à Montréal depuis les États-Unis et l'est du Canada. Le , la nouvelle route 3, construite au coût de 15 millions de dollars, fut mise en service entre Candiac et la Ville de Jacques-Cartier(aujourd'hui Longueuil). Elle possédait déjà 3 voies dans chaque direction.
Lors de la construction de la route Transcanadienne, au début des années 1960, il était prévu de faire passer celle-ci au centre-ville de Montréal. L'Autoroute Décarie et l'Autoroute Ville-Marie sont les deux premières phases de projets. La n'a jamais été concrétisée. La route 136 (ancienne A-720) devait être prolongée au-delà de l'avenue Papineau, aller rejoindre l'avenue Souligny et finalement l'A-25. L'aspect autoroutier de l'avenue Souligny témoigne de ce projet. Au début des années 2000, le ministère des Transports avait annoncé la réalisation de ce projet, soit la transformation de la rue Notre-Dame en autoroute. Devant l'opposition de la ville de Montréal, le MTQ proposa ensuite la construction d'un boulevard urbain. Ce projet fut également abandonné devant l'augmentation des coûts de réalisation.